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Les ailes de Giacomo

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Arthur, 18 ans. | 02 mars 2008

 Un rayon de soleil presque de printemps plonge sur son berceau par la fenêtre de l'hôpital parisien. Il a une petite carrure massive, une tête ronde et chauve, de petits yeux, un petit menton, et son nez n'est encore qu'une ébauche. Le père ressent pour son petit cet amour prenant aux entrailles des êtres.

Des jours, des semaines, peut-être plus, peut-être moins...les mois chassent les années. Dehors, il neige, c'est noël. Son père a envie de l'embrasser dans son lit, de lui caresser les joues, de passer sa main dans ses cheveux. Demain, l'enfant ouvrira ses cadeaux, son père collera les autos-collants sur le garage, et les voitures Playmobile. Il le regarde dormir, grandir, attentif à lui être utile pour écarter les géants qui le menacent en lui prenant la main, pas aussi souvent qu'il l'aurait voulu, « — mais, je ne serai jamais très loin de lui », se dit le père.

La vie passe... dehors, il pleut plus que l'année dernière, c'est déjà son huitième ou douzième anniversaire. L'enfant veut être avocat, musicien, ou président. La vie n'est pas toujours facile, mais chacun son rôle, « — et si certains sont sur des estrades c'est pour prononcer des discours et non pour écouter les tiens, pour l'instant. » lui dit le père. Quand il sera président, ce sera son tour, et il en verra bien d'autres.

Des jours, des semaines, peut-être plus, peut-être moins...les mois chassent les années. Par nécessité, le père s'est fait craindre parfois, mais arriva le moment où il aima encore mieux se faire aimer. Et pour ça, il serait mort, il aurait tué, bravé tous les dangers, tenté toutes les audaces, pour montrer les voies, éclairer les chemins.

Des jours, des semaines, dehors, il fait beau et froid, c'est de nouveau le 02 Mars. La barbe du fils commence à pousser, et ses cheveux sont longs et beaux, il semble posséder ceux que le père a perdu, rien ne change, il y en a toujours le même nombre dans la famille. L'enfant aime Sartre, et c'est vrai, c'est tout de même vrai : il a l'âge de raison. 18 ans, pas plus pas moins, c'est devenu un beau jeune homme, doté d'un bel esprit, il est aujourd'hui majeur, il semble avoir été condamné tout à coup à être grand pour le reste de sa vie, mais même si le temps de l'estime réciproque est venu, son père ressent encore et toujours, pour ce petit devenu grand, cet amour prenant aux entrailles des êtres.

Bon anniversaire, je t'aime.

Publié par nolhart à 10:35:18 dans Puisque c'est écrit... | Commentaires (12) |

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