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<< Arthur, 18 ans. | Journal d'un roman | Salon du livre de Paris 2008 >>
Ecrire est, je l'ai déjà dit, un art difficile,
et pour réussir un petit roman qui soit tout juste supérieur à la médiocrité, j'ai
travaillé durant 10 mois, de 4heures à 23 heures et bien souvent les
idées nouvelles, sur le fond ou la forme, me réveillaient durant mes courtes
périodes de sommeil. J'y ai jeté toutes mes forces, devenant au fil des
chapitres, économe de chacun de mes mouvements pour garder l'énergie d'aller au
bout sans interruption, écrire encore une ligne, juste une ligne, un mot, une
majuscule, une virgule, une tache d'encre. Le terminer, et s'occuper de ces
satanées douleurs ensuite.
Ayant pris garde de ne pas renouveler les
erreurs commises dans le passé, j'ai travaillé avec un plan précis, page par
page, quasi paragraphe par paragraphe, me permettant de gagner du temps en
corrections. Et de ce point de vue, c'est une réussite et bien entendu un homme
aux bons poumons, s'exclamerait de toute la force de ceux-ci "yééééééééééééééééééééééééé,
j'ai terminé", mais lorsqu'on est pâle comme un œuf dur de cantine, et qu'on est attaché au poteau de torture des médecins,
on a quand même du mal à redresser la tête comme un cheval de bataille au son
du clairon, surtout lorsque vos organes vous donnent l'impression d'avoir avalé
un nid de souris, ou une boite d'allumettes mal éteintes.
Je pensais subir les premières manifestations de fatigue, plus tard, plus vieux vers la cinquantaine, la soixantaine, guère plus. Avec la vie que j'ai mené, je ne me permettais pas d'être trop exigent, et je voyais les premiers symptômes arriver dans dix à douze ans, pas avant. Et voilà, ça se fait déjà sentir, avec une bonne dizaine d'années d'avance, je suis mangé par un emphysème pulmonaire, j'ai un nodule thyroïdien, doté d'un lobe droit traversé par une scissure, tout ça n'est pas un lapsus pour dire Angine, et ce n'est pas ce que j'avais commandé pour la suite de ma vie, mais c'est ce que m'offrent les médecins. Je passe à présent la majeure partie de mon temps, à lire des ordonnances qui n'ont rien de Proustienne, mais qui ont ce petit truc en plus qui passionnent les chercheurs en hiéroglyphes.
"L'incroyable vie de la mort" est terminé, et je le regarde à la façon d'un apoplectique. Il en vaut la peine, il est beau, drôle, et bien écrit.
Publié par nolhart à 12:02:13 dans Journal | Commentaires (12) | Permaliens
11-03-2008 15:41
De Mulke Sujet:
...
11-03-2008 11:22
De Joséphine Sujet:
Faut pt'être pas pousser l'identification !
11-03-2008 11:01
De Cécile Sujet:
A méditer !
11-03-2008 10:07
De Bridget Sujet:
... Url: [Liens]
11-03-2008 09:09
De Joséphine Sujet:
Prenons exemple sur les grands !
10-03-2008 21:13
De Cécile Sujet:
C'est tout toi !
10-03-2008 17:25
De Sarvane Sujet:
Coûte que coûte Url: [Liens]
10-03-2008 15:50
De Maybe.
Sujet:
Et bien... Url: [Liens]
10-03-2008 14:54
De Joséphine Sujet:
Haut les coeurs !!! Aux armes l'écrivain...
10-03-2008 12:55
De louison Sujet:
courage
10-03-2008 12:52
De louison Sujet:
courage
10-03-2008 12:23
De Larent Sujet:
ouarf
Commentaires