"Mieux qu'une province, une nation véritable" (A. De la Borderie)
La Bretagne tient ses couleurs "Gwenn ha Du" (blanc et noir) de l'époque des premières croisades. C'est sous le drapeau à croix noire sur fond blanc (le Croaz-Du), qu'en 1095 se ralliaient les croisés Bretons. Pierre 1er de Dreux dit Mauclerc, duc de Bretagne (1190-1250), arbora par la suite une bannière ducale herminée.
Pourquoi l'hermine? On peut mettre en avant la présence d'un canton d'hermine sur les armes de Mauclerc. Il reste que la légende ne manque pas de noblesse: Alain Barbe-Torte, poursuivi par les Normands, fut arrêté par une rivière en crue et boueuse, dont le gué avait été emporté. C'est alors que le duc aperçut une hermine, comme lui poursuivie et arrêtée par la rivière. Elle fit volte face, préférant la mort que la souillure. Après cette leçon, Alain Barbe-Torte cria à sa troupe: "Plutôt la mort que le déshonneur !" (devenu la devise de la Bretagne). Et les Bretons remportèrent la victoire, en dépit de la supériorité numérique de leurs adversaires.
Bien des années plus tard, après le réveil nationaliste Breton, Morvan Marchal, l'un des fondateurs de Breizh Atao, se penche sur la nécessité de fournir à la Bretagne un emblème unificateur. C'est donc dans le souci de synthétiser les valeurs traditionnelles et la conception moderne du pays que naît en 1923 le "Gwen Ha Du".
Son franc canton d'hermine rappelle la bannière ducale. Les quatre bandes blanches représentent les pays et évêchés bretonnants (soit le Leon, le Tregor, le Cornouaillais et le Vannetais). Les cinq bandes noires symbolisent les pays et évêchés gallos (le Rennais, le Nantais, le Dolois, le Maloin et le Penthievre).
L'ensemble forme un emblème réalisé dans le respect de la tradition héraldique, à savoir un drapeau clair, visible et reconnaissable de loin, cohérent et évoquant au mieux notre pays. Et c'est pourquoi, le Gwen Ha Du (considéré comme séditieux depuis sa création jusqu'en 1945) est aujourd'hui l'incontournable symbole de la Bretagne.
Commentaire