Le septième degré, qui vient ensuite, est le plus noble et le plus
élevé qui puisse être réalisé dans la vie du temps et de l'éternité. Il
existe lorsque, au-dessus de toute connaissance et de tout savoir, nous
découvrons en nous un non-savoir sans limite; lorsque, dépassant tout
nom donné à Dieu ou aux créatures, nous venons expirer pour passer à un
éternel innommé, où nous nous perdons; lorsque, au delà de tout
exercice de vertus, nous contemplons et découvrons en nous un repos
éternel, où nul ne peut opérer, et au-dessus de tous les esprits
bienheureux, une béatitude immense, où nous sommes tous un et cet un
même qui est la béatitude même dans son essence; enfin lorsque nous
contemplons tous ces esprits bienheureux essentiellement abîmés,
écoulés et perdus dans leur superessence au sein d'une ténèbre qui
défie toute détermination ou connaissance.Publié par lightmood à 04:36:03 dans AMOUR | Commentaires (0) | Permaliens
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Publié par lightmood à 04:33:19 dans AMOUR | Commentaires (0) | Permaliens
"Pratiquement, comment agir avec compassion ? Est-ce qu'il faut tendre l'autre joue quand on me donne une claque ?"
"Pas nécessairement. La compassion, ce n'est pas toujours la gentillesse, la douceur ou la tendresse. La compassion c'est agir vis-à-vis des autres pas par égoïsme mais en faisant ce qui est juste à ce moment-là pour permettre à l'autre de résoudre sa propre souffrance. Parfois les gens ont besoin de douceur, d'aide, mais parfois c'est au contraire le kyosaku, se faire engueuler, qui apporte une aide réelle. Mais avec toujours l'amour au fond du coeur. Ce n'est pas de l'égoïsme, pas de la haine, ce n'est pas une réaction de l'ego. C'est profondément penser au bien de l'autre, ce qui est bien pour lui à ce moment là. Le propre du bodhisattva c'est d'utiliser toute sorte de moyens, librement. Donc, il n'y a pas une recette. C'est une chose à créer avec sagesse.
Sensei Deshimaru disait "Il ne peut pas y avoir de compassion sans sagesse", parce que la vraie compassion c'est d'aider. Il faut comprendre l'autre, mais pour ça aussi il faut se comprendre soi-même, comprendre ses propres illusions. Comprendre que l'autre n'est pas différent de nous, sinon on développe un esprit un peu intolérant. On pense que les autres sont dans l'erreur, ne comprennent rien. "Comment ils peuvent être aussi stupides pour être enlisés dans de telles illusions ? Comment font-ils pour ne pas voir ce qui est juste, ce qui est évident, ce que moi j'ai compris ?". Si on a cet esprit-là, on ne peut pas avoir de compassion. La vraie compassion c'est d'abord d'accepter qu'on a en soi les bonno, la graine, la racine des bonno. Alors ça vous permet d'accepter l'autre dans sa réalité, tel qu'il est, pas tel que vous voudriez qu'il soit.
C'est à partir de cette acceptation qu'il faut aider, en devenant l'autre. A ce moment-là vous pouvez mieux comprendre, devenir l'autre, mais pas totalement parce que, sinon, vous tombez dans cette espèce de sympathie, vous fusionnez avec l'autre : "Ah ! d'accord, d'accord". Mais, à la fin, c'est comme couler avec quelqu'un qui se noie. Donc c'est important d'être à la fois avec, tendre la main, mais en même temps d'être capable de nager ou de se tenir fermement à la rive pour ne pas couler avec l'autre.
Publié par lightmood à 03:38:59 dans AMOUR | Commentaires (0) | Permaliens
Lama Guendune Rinpoché
Cette interview de Rinpoché a été réalisée au Bost en avril 1991 par des membres du KTT de Paris.
- Rinpoché, quelle est la différence entre émanation, et réincarnation ?
-
La différence est fondamentale. Dans émanation il
y a sagesse, dans réincarnation il y a ignorance. Les êtres
ordinaires sont dans l'ignorance; à travers elle, ils accomplissent
des actes créant un poids karmique qui, arrivé à
maturité, conduit à une renaissance particulière
dans l'une des six formes d'existence, par contre, les êtres
réalisés, les bodhisattvas libérés
de cette ignorance et possédant la sagesse, ont le pouvoir
d'agir à leur guise, sciemment, dans le but d'aider les
autres. En essence, il n'y a pas de différence entre les
êtres et les bouddhas, les uns et les autres ayant cette
nature et cet éveil présents depuis le commencement.
La différence réside dans la conscience ou l'ignorance de cela. Les bouddhas, ayant réalisé cette conscience, peuvent développer toutes les qualités qui l'accompagnent. Les êtres ordinaires n'en sont pas conscients, cette vérité leur est voilée et ils subissent le contrecoup de leurs actions motivées par l'ignorance.
- On dit que son Eminence Djamgoeun Kongtrul Rinpoché était la réincarnation du premier Djamgoeun Kongtrul et que Kalou Rinpoché en était l'émanation. Entre ces deux termes, quelle est la différence ?
- "Emanation" et "réincarnation" sont des termes occidentaux. En langue tibétaine, on dit : trul pe ku signifiant "corps illusoire". Il ne faut pas limiter l'action des bodhisattvas à notre perception, celle-ci étant très limitée et ordinaire. En fait le terme trul pe ku, "forme illusoire", peut exprimer l'illusion des êtres qui ne comprennent pas le fondement de la réalité, mais aussi une projection miraculeuse ou une manifestation qui utilise cette irréalité, cette illusion.
Ainsi, lorsque l'on parle du corps d'émanation, il ne s'agit pas seulement pas d'une personne mais, parallèlement à cette personne reconnue par l'institution religieuse, de l'existence de centaines de millions de manifestations similaires qui, sans être forcément "officialisées", oeuvrent dans le même sens que cette manifestation officialisée. Ces corps d'émanation, ces formes illusoires se manifestant pour accomplir le bien des êtres, sont le résultat de souhaits antérieurs de grands maîtres, de bodhisattvas. Au cours d'innombrables vies, ils ont désiré pouvoir aider les êtres de toutes les manières possibles, réaliser tout ce que les êtres peuvent souhaiter, ce dont ils peuvent avoir besoin. Afin que spontanément tout cela arrive, une infinité de formes et d'actions altruistes se manifestent par la force des souhaits antérieurs.
C'est la conjonction du besoin des êtres, de leurs souhaits, et de ceux formulés par les bodhisattvas pour les aider.
- A travers cette question, nous voudrions exprimer le souhait de beaucoup de disciples de Rinpoché, ou de gens qui l'ont simplement rencontré. Ce souhait, c'est avoir quelques indications sur le chemin qu'a suivi Rinpoché qui possède deux transmissions Nyingmapa et Kagyupa.
- Mon lama... c'est Dordjé Tchang! Fondamentalement c'est ma voie. Qui est en fait Dordjé Tchang ? C'est le dharmakaya Kuntou Zangpo.
Il est vrai que j'ai reçu les transmissions de grands maîtres de traditions qui véhiculaient une bénédiction immaculée, sans la moindre faute, sans la moindre interruption. Que ce soit Kagyu, Nyingma, il n'y a pas de différence. II y eut de grands découvreurs de trésors spirituels cachés par Gourou Rinpoché (tradition Nyingmapa) qui étaient en fait des maîtres de la lignée Kagyupa, ces grands maîtres Kagyupa possédant aussi des transmissions Nyingmapa. Pour donner un exemple, on dit que Sa Sainteté Karmapa est l'émanation de Gourou Rinpoché (pour utiliser le terme que vous emploieriez pour désigner une manifestation illusoire). II y a donc une profonde interpénétration entre les deux lignées.
A différentes époques de ma vie, j'ai rencontré plusieurs maîtres, dont les trois lamas qui supervisaient l'éducation au monastère où je résidais, ainsi qu'un grand ermite qui vivait près de ce monastère et qui m'a donné beaucoup d'enseignements. Ensuite, j'ai rencontré le précédent Sitou Rinpoché, puis le précédent Djamgoeun Kontrul Rinpoché, que j'ai considérés tous deux comme mes maîtres. Enfin ce fut la rencontre avec Sa Sainteté Karmapa qui était leur maître à tous. Je me suis donc mis sous la bénédiction de Sa Sainteté, le considérant comme le maître même de mes maîtres précédents. Sa Sainteté m'a dit : "A partir de maintenant, tu es mon disciple, tu recevras beaucoup d'enseignements et d'instructions. Dans le futur, ce sera ta charge de les transmettre et d'être le détenteur de ma lignée".
J'ai tenté de refuser en disant : "Je n'en suis pas capable, je ne comprends rien, je suis comme un animal".
C'est presque contre ma volonté que Sa Sainteté m'a confié cette direction. Parmi les grands maîtres Nyingmapa les plus connus. Sa Sainteté Dilgo Khyentsé Rinpoché m'a donné de nombreux enseignements, et je me suis également appuyé sur Sa Sainteté Dudjom Rinpoché que j'ai pourtant rencontré beaucoup moins fréquemment.
- Au cours de ses pratiques, Rinpoché a-t-il rencontré beaucoup d'obstacles ?
- Comme je n'avais pas de grandes capacités, j'ai laissé les choses se faire naturellement et je n'ai jamais eu d'obstacles.
- Merci, cela enseigne l'humilité et donne beaucoup de confiance.
- Je donne l'enseignement, mais les disciples, par leur confiance, font eux-mêmes leur chemin d'ouverture. C'est à travers leur dévotion qu'ils verront leur progression. Leurs expériences et leur compréhension seront à la mesure de leur ouverture. C'est là leur travail.
- Pourquoi Rinpoché est-il resté trente ans dans une grotte à méditer ?
(En nous répondant, Rinpoché fait le geste très significatif de se recroqueviller sur lui-même, comme un petit moineau devant un aigle fondant sur lui!)
- J'avais très peur de la mort, et surtout de ce qui allait suivre la mort. Je croyais mon potentiel extrêmement négatif et pouvant m'entraîner à renaître dans les mondes inférieurs. Je cherchais un moyen de me libérer. Il ne faut pas croire que je suis insensible à la peur, au contraire; j'ai fait tout ce que je pouvais, et encore maintenant, pour me libérer des conditions qui pourraient faire chuter. Ce fut donc la motivation essentielle de ma pratique, la raison pour laquelle je suis resté si longtemps en retraite.
- A quel moment une personne peut-elle enseigner le dharma ?
- A partir du moment où la personne a accompli toutes les pratiques à faire et où elle a vu la nature de son esprit. Tant que l'on n'a pas réalisé cela, on ne peut enseigner la Voie.
- Dès le début de la pratique, on développe le souhait d'aider les êtres. A quel moment ce souhait devient-il actif ?
- En fait, cet esprit de l'Eveil et ce souhait altruiste pour tous les êtres est déjà présent. Il n'y a pas un moment où on ne l'a pas et un moment où on l'aurait. Par la méditation, il faut simplement s'ouvrir à cette réalité, arriver à voir que depuis les temps sans commencement notre nature primordiale est l'esprit de bouddha qui possède toutes les qualités d'éveil. Si l'on perçoit cela, il est possible aider les êtres, car les qualités inhérentes à cette réalisation opèrent spontanément. La base de l'ignorance est l'attachement à l'identité d'un ego personnel et existant. Dans l'état d'ignorance, nous restons motivés par le bienfait de cet ego. Quand on est concerné uniquement par "soi-même", il est très difficile de se tourner vers le bienfait d'autrui. En fait, cela ne nous intéresse pas. Nous ne pensons qu'à être bien et avoir tout ce qu'il y a de mieux. A partir du moment où nous réalisons la nature de notre esprit comme étant la nature de bouddha, l'ignorance fondamentale est dissipée, l'attachement à l'ego disparaît et, forcément, notre activité devient altruiste. Tant que noue sommes fondamentalement égoïstes, même si nous avons une intention altruiste, si l'on y regarde bien elle reste teintée d'un intérêt personnel ; c'est moi qui ai aidé les êtres, c'est moi qui ai fait tout cela pour les êtres.
Nous essayons, dans toutes les actions, d'en récupérer une petite partie pour nous-mêmes; l'esprit de profit est toujours là. A partir du moment où l'on s'est libéré de cet attachement égoïste, l'activité du corps, de la parole et de l'esprit est uniquement dévouée aux autres, il n'y a plus la moindre trace d'intérêt personnel.
- A quel niveau se situe l'expérience de la claire-lumière ?
- C'est seulement au cours des expériences de la première terre de bodhisattva que l'on commence à appréhender la claire-lumière fondamentale. Si nous prenons la division des quatre phases du mahamoudra (chaque phase ayant trois niveaux; petit, moyen et grand) c'est entre le moyen et le grand niveau de la première phase, tsé tchik, "en un seul point", que l'on commence à avoir les expériences de la claire-lumière. Mais il n'est pas intéressant de le comprendre intellectuellement. Ce sont des sujets d'expériences plus que de réflexion.
- Nous parlions de développer le souhait d'aider les êtres et d'atténuer l'attachement égoïste, mais ce dessaisissement de l'ego ne se fait-il pas de manière progressive ?
- Si. Par la force de la méditation, progressivement, nous arrivons à développer l'esprit de l'éveil et à lâcher cette saisie de l'ego. Nous réalisons totalement ces deux aspects grâce aux accomplissements de la méditation. Et cela ne se passe que si nous méditons. Si nous ne méditons pas, cela ne se fait pas tout seul, et nous continuons à chercher notre intérêt personnel.
- En Occident, nous avons peu de repères. En l'absence de maîtres et sans l'aide de cette connaissance transmise par les monastères et les textes, comment pouvons-nous reconnaître les différents niveaux auxquels nous sommes parvenus ? Comment pouvons-nous savoir exactement où nous en sommes ?
- Le niveau de la méditation, c'est cela (Rinpoché montre le sol) : on est assis sur le sol. Le fruit de la méditation est la réalisation obtenue par cette assise. Même les gens du monde peuvent le comprendre, le niveau fondamental de la méditation, c'est le sol.
- Rinpoché dirige depuis plusieurs années des retraites pour des gens qui ont développé le souhait de poursuivre et d'approfondir leur pratique. Comment perçoit-il cet effort ?
- Je pense qu'ils pourront atteindre l'état de bouddha, en se développant. Par la méditation, ils peuvent voir la nature de leur esprit, s'habituer à cette réalisation et progresser dans cette compréhension. Ainsi, petit à petit, ils arriveront à l'état de bouddha.
- Rinpoché pense-t-il que les gens qui ne font pas de retraites traditionnelles peuvent parvenir à l'éveil dans une vie ordinaire, mais cependant dirigée vers le dharma ?
- Peut-être que petit à petit, ils arriveront à accomplir leurs intérêts personnels. (rires) Si l'on veut progresser sur les dix terres, à travers les cinq chemins, il est bon au début d'avoir une connaissance intellectuelle des différents aspects de la pratique, mais à partir du moment où l'on a acquis ce bagage, il faut l'appliquer. La réalisation, les fruits de la méditation ne viennent que par la méditation et les réflexions ou les discussions sur le dharma sont inutiles. Ce qui fait progresser, c'est la méditation, uniquement. Le lama est essentiel dans cet aspect. Un lama qui est un parfait bouddha peut conduire le disciple à cet état de bouddha. S'il est un bodhisattva, il le conduira à un état de bodhisattva, S'il est un hippie, son disciple atteindra l'état de hippie ! (rires) Si l'on est professeur, le mieux que l'on puisse faire c'est d'aider notre élève à devenir professeur. On ne peut donner plus que ce que l'on a.
- Malgré tout, il y a des gens qui pratiquent dans la vie pas seulement en discutant, mais en méditant réellement...
- On peut pratiquer très bien dans la vie ordinaire. Il est important alors de développer cet aspect altruiste, cette tendance à souhaiter faire le bien des êtres en tout lieu et en toute occasion, à renoncer à toute action négative et à toute nuisance à l'encontre des êtres.
C'est en fait la pratique de l'amour. En développant à l'intérieur de soi la motivation de faire que tous soient heureux, qu'ils aient les causes et les conditions du bonheur, de la joie et de l'absence de souffrance, en le souhaitant profondément, cela devient une éthique de vie.
Nous
essayons alors d'agir en toute occasion dans le sens du bienfait
des autres, et l'activité de l'amour est mise en action.
Cette pensée d'amour développée et devenue
la base de notre être, de notre motivation intérieure,
rejaillit à l'extérieur dans notre comportement
et notre activité quotidienne. La pratique, dans ce sens,
commence par soi-même. En prenant conscience de ce qui est
juste et de ce qui ne l'est pas, nous nous efforçons, tant
dans notre conduite extérieure que dans notre pratique,
de rejeter tout ce qui est action négative et d'accomplir
ce qui est positif pour les êtres. Quand cela devient un
mode de vie fondamental, nous pouvons alors l'enseigner aux autres.
Au travers de cette pratique de l'amour et de la compassion, nous
faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour apporter le bonheur
et les causes du bonheur, et devenant un exemple vivant de ce
qui est à faire ou pas, nous montrons ce qui est juste
et ce qu'il faut abandonner. C'est une affaire de chaque instant...
Quand une émotion particulière s'élève,
de l'animosité envers les autres ou un esprit de malveillance,
il faut en être conscient et le transformer en un esprit
altruiste qui souhaite non plus un bonheur égoïste,
mais celui de tous. Alors la transformation se fait, d'instant
en instant, et nous sommes capables d'aider les êtres. Notre
activité, aussi bien au niveau de l'esprit qu'au niveau
de la manifestation, devient celle d'un bodhisattva. L'esprit
et l'action deviennent purs et, petit à petit, par cette
pratique, nous obtenons aussi les réalisations de méditation
qui sont inhérentes à ces qualités d'amour
et de compassion. Un signe qui montre que quelqu'un a vraiment
développé l'esprit de bodhisattva dans le courant
de son être, c'est qu'il souhaite aux autres le bien qu'ordinairement
nous aurions souhaité à nous-mêmes, et prend
sur lui, pour en libérer les êtres, les difficultés
qu'il voit chez autrui et que nous aurions souhaité éviter
d'habitude. D'une façon ordinaire, nous sommes toujours
préoccupés par notre intérêt personnel
; obtenir le meilleur pour nous-mêmes, éviter ou
sortir le mieux d'une situation inconfortable, quitte à
ce que cela retombe sur les autres, tromper les autres à
notre profit. Un bodhisattva a totalement inversé ce mode
de pensée. Il cherche à chaque fois comment il pourrait
aider les êtres, quitte à prendre sur lui les difficultés,
les pertes et les défaites, et à donner aux autres
la victoire et le bonheur. Là, on reconnaît vraiment
un bodhisattva, on le voit dans sa façon de penser et d'agir.
Si vous habitez une grande ville, vous avez beaucoup d'occasions de pratiquer ce que je viens d'enseigner, de développer l'esprit d'éveil et de nombreux amis vous aideront à le faire ; tous ceux qui vous agressent et vous ennuient sont autant d'amis sur cette voie, à condition d'avoir la patience, car sans patience, vous n'arriverez à rien. Ceux que l'on juge nos ennemis en temps ordinaire dynamisent notre pratique; ils sont en fait des amis spirituels qui enseignent comment développer cette patience, l'esprit d'Eveil. Ils sont très précieux. Dans toutes les grandes villes, nous pouvons souffrir, mais surtout être en contact avec la souffrance des autres. Face à elle, il faut se dire : tous ont été soit mon père, soit ma mère dans une de mes nombreuses existences précédentes et tous veulent le bonheur. Il faut trouver en soi les moyens de les aider, faire que nos pensées ne soient plus égoïstes et tournées vers nous-mêmes, mais au contraire tournées vers leur bienfait, que notre action soit en accord avec le dharma qui enseigne comment libérer les êtres de la souffrance et leur apporter le bonheur et ses causes. L'existence peut nous apporter des conditions de pratique idéales : sur le terrain face à la souffrance des gens, face à notre souffrance, face à l'agression que l'on peut rencontrer. Tout cela doit devenir support de pratique.
- Nous vous remercions Rinpoché de ces enseignements qui feront l'objet d'une réflexion et remettront de nombreuses choses à leur place.
- C'est une bonne chose de mettre cela dans un journal, mais j'espère que chacun le mettra dans sa pratique aussi. Si l'on fait une scission entre ce qui est dit dans le journal et ce que l'on prend pour soi-même, cela présage une pratique erronée! (rires.)
- Au contraire, c'est une très belle occasion de rassembler les choses, de travailler avec tout.
- Et ensuite, il faut le redonner aux êtres ! (rires) Cette vie est très courte. Depuis que je suis né, les choses vont en empirant physiquement. J'ai été très jeune, maintenant j'ai les cheveux blancs, je suis vieux, ma vie arrive presque à son terme; mais j'ai toujours été conscient de la brièveté de cette existence humaine, de son côté éphémère et dé l'importance d'utiliser au maximum la potentialité que contiennent les enseignements. On peut penser que l'on vit très longtemps, mais il y a peu de temps en fait pour faire ce qu'il y a à faire. Il est important d'oeuvrer dans le sens de la pratique, d'arrêter de penser de façon égoïste, car au moment de la mort, on se rendra compte de l'inutilité de toutes les activités mondaines. A cet instant, les seules choses utiles seront le bien accompli, ce que l'on aura appris, la manière dont on aura trouvé un refuge auprès d'un lama, des enseignements, des Trois Joyaux. Même si l'on s'en rend compte au moment de la mort, il ne sera plus temps de le pratiquer. Il faut profiter de cette existence humaine, de chaque instant, pour mettre le dharma à profit. Dans votre pays, on a la chance de rencontrer le dharma, de pouvoir l'étudier et le comprendre. A partir du moment où l'on a un très bon bagage intellectuel, il ne faut pas se borner à cela mais l'expérimenter en soi-même. C'est à cette condition qu'il deviendra utile, sinon cela restera une forme de curiosité intellectuelle, d'érudition qui n'apportera pas les fruits que font mûrir la pratique et la méditation. Il y a une citation qui dit : "Si l'on veut savoir quelles ont été nos actions dans les vies antérieures, regardons notre condition présente, Si l'on veut savoir les conditions de notre vie future, bonheur ou souffrance, observons nos actes maintenant. Ils présagent notre vie future".
Publié par lightmood à 03:12:26 dans AMOUR | Commentaires (0) | Permaliens
Selon l'interprétation courante, l'adoration du Divin impersonnel ne relèverait pas strictement d'un yoga de la dévotion, car les formes habituelles du yoga supposent que l'Impersonnel ne peut être recherché que pour une unité complète où Dieu et notre propre individualité disparaissent, et il ne reste plus personne pour adorer ni personne pour être adoré; il ne reste que la félicité de l'expérience de l'unité et de l'infinitude. Mais, en vérité, les miracles de la conscience spirituelle ne peuvent pas s'enfermer dans une logique si rigide. Quand nous commençons à sentir la présence de l'infini, c'est la personnalité finie en nous qui est touchée et, par conséquent, elle peut fort bien répondre au contact et à l'appel par une sorte d'adoration. Ensuite, nous pouvons considérer l'Infini, non pas tant comme un état spirituel d'unité et de béatitude, et cet état seulement comme le moule et l'atmosphère d'être de cet Infini, mais, au contraire, comme la présence de l'ineffable Divinité pour notre conscience, et là aussi l'amour et l'adoration ont leur place. Et même quand notre personnalité semble disparaître en son unité, c'est peut-être bien - et c'est en fait - le Divin individuel qui se fond en le Divin universel et suprême par une union où l'amour, l'amant et l'aimé s'oublient en la fusion d'une expérience d'extase, mais sont toujours là, cependant, latents et subconsciemment persistants en cette unité. Toute union du moi par amour est nécessairement de cette sorte. Nous pouvons même dire, en un sens, que c'est pour avoir la joie de cette union, cet ultime couronnement de toute la diversité des expériences de la relation spirituelle entre l'âme individuelle et Dieu, que l'Un est devenu la multitude dans l'univers.
Néanmoins, l'expérience vraiment intime de l'amour divin dans toute sa diversité ne peut pas s'obtenir par la seule poursuite de l'Infini impersonnel; pour cela, la Divinité que nous adorons doit devenir proche et personnelle. L'Impersonnel peut fort bien révéler au sein de lui-même toutes les richesses de la personnalité si nous allons jusqu'à son coeur, et celui qui cherchait seulement à pénétrer ou à embrasser la Présence infinie peut découvrir en elle des choses qu'il ne soupçonnait pas; l'être du Divin a pour nous des surprises qui déconcertent les idées de l'intellect limitateur. Mais, généralement, la voie de la dévotion commence par l'autre bout : elle part de l'adoration de la Personnalité divine, puis s'élève et s'élargit jusqu'à son but. Le Divin est un Être et non une existence abstraite ni un état de pure infinitude hors du temps; l'existence originelle et universelle est Lui, mais cette existence est inséparable de la conscience et de la béatitude d'être, et une existence consciente de son être et de sa béatitude est certes ce que nous pouvons bien appeler une Personne divine infinie : Pourousha. En outre, toute conscience implique un pouvoir: Shakti; s'il y a conscience d'être infinie, il y a pouvoir d'être infini et, par ce pouvoir, tout existe en l'univers. Tous les êtres existent par cet Être; toutes les choses sont les faces de Dieu; toute pensée, toute action, tout sentiment et tout amour proviennent de lui et retournent à lui; tous leurs résultats ont lui pour source, pour support et pour but secret. C'est vers cette Divinité ou cet Être que coulera et s'élèvera la bhakti du yoga intégral. Transcendant, elle le cherchera en l'extase d'une union absolue; universel, elle le cherchera en l'infini d'attributs et sous chaque aspect, dans tous les êtres, avec une félicité et un amour universels; individuel, c'est avec lui qu'elle nouera toutes les relations humaines que l'amour crée entre une personne et une autre.
Il n'est pas toujours possible de saisir dès le début la complète intégralité de ce que cherche le coeur; en fait, ce n'est possible que si l'intelligence, le tempérament, le mental émotif, se sont déjà développés en largeur et en finesse par l'orientation de notre existence précédente. C'est à cela que doit mener l'expérience de la vie normale par sa culture toujours plus large de l'intellect et du mental esthétique et émotif, et aussi de nos facultés de volonté et d'expérience active. Elle élargit et raffine l'être normal afin qu'il puisse s'ouvrir sans difficulté à l'entière vérité de Cela qui nous préparait à devenir un temple de sa manifestation. D'ordinaire, les diverses facultés de l'homme sont limitées et, au début, nous ne pouvons saisir de la vérité divine que ce qui correspond plus ou moins à notre nature, à son développement passé et à ses associations antérieures. C'est pourquoi, tout d'abord, Dieu vient à notre rencontre sous diverses appellations limitées de ses attributs et de sa nature divine; il se présente au chercheur comme l'absolu des qualités que celui-ci peut comprendre et auxquelles sa volonté et son coeur peuvent répondre; il révèle un nom et un aspect de sa Divinité. C'est ce que l'on appelle I'ishta-dévatâ dans le yoga, c'est-à-dire le nom et la forme que notre nature choisit d'adorer. Pour que l'être humain puisse embrasser la Divinité dans toutes les parties de lui-même, elle se présente sous une forme qui répond à certains de ses aspects et attributs, et qui, pour l'adorateur, devient le corps vivant de Dieu. Telles sont les formes de Vishnou, Shiva, Krishna, Kâli, Dourgâ, Christ, Bouddha, dont le mental humain se saisit pour adorer. Même le monothéiste qui adore un Dieu sans forme lui donne, cependant, la forme de quelque attribut, une forme mentale ou une forme de la Nature sous laquelle il le conçoit et s'en approche. Mais si l'on est capable de voir une forme vivante, un corps mental du Divin, pourrait-on dire, cela donne à l'approche une douceur et une intimité plus grandes.
La voie d'un yoga intégral de la bhakti consistera à
universaliser cette conception du Divin, à le personnifier intimement
par une relation variée qui embrassera tout, à le rendre constamment
présent pour tout l'être et à lui consacrer, lui abandonner, lui
soumettre notre être tout entier afin qu'il demeure près de nous et en
nous, et que nous soyons avec lui et en lui.
Manana et darshana, penser à lui constamment et en toutes choses, et le
voir toujours et partout, sont indispensables à une voie intégrale de
la dévotion. Quand nous regardons les choses de la Nature physique,
nous devons voir en elles l'objet divin de notre amour; quand nous
regardons les hommes et les êtres, c'est lui que nous devons voir en
eux et dans nos relations avec eux - nous devons voir que nous entrons
en relation avec des formes de lui; quand nous passons au-delà des
limites du monde matériel et connaissons les êtres des autres plans ou
avons des relations avec eux, c'est encore cette même pensée et cette
même vision qui doivent devenir réelles pour notre mental. Au lieu de
son habitude normale de s'ouvrir à la seule forme matérielle apparente
et aux seules relations ordinaires tronquées sans rien connaître du
Divin caché à l'intérieur, notre mental doit se plier à cette
compréhension plus ample, plus profonde, et à cette relation plus
grande par une incessante habitude de félicité et d'amour qui
embrassent tout. En toutes les divinités, nous devons voir le Dieu
unique que nous adorons dans notre coeur et dans tout notre être, car
ce sont des formes de sa divinité. En élargissant ainsi notre étreinte
spirituelle, nous arrivons au point où tout est Lui, et la félicité de
cette conscience devient notre façon normale et ininterrompue de
regarder le monde. Cela nous apporte l'universalité extérieure ou
objective de notre union avec lui.
Intérieurement, l'image du Bien-Aimé doit devenir visible à notre oeil du dedans, elle doit demeurer en nous comme en sa maison, remplir notre coeur de la douceur de sa présence, présider, du sommet de notre être, à toutes les activités de notre mental et de notre vie comme un ami, un maître, un amant, et nous unir d'en haut avec lui-même dans l'univers. Une communion intérieure constante, telle est la joie qui doit devenir proche, permanente, inaltérable. Cette communion ne doit pas se confiner dans une intimité et une adoration exceptionnelles lorsque nous nous retirons profondément en nous-mêmes, loin de nos préoccupations normales, et il ne faut pas non plus la rechercher en laissant de côté nos activités humaines. Toutes nos pensées, toutes nos impulsions, nos sentiments, nos actions doivent lui être référés afin qu'il donne sa sanction ou son refus, ou, si nous ne sommes pas encore capables de cet état, ils doivent lui être offerts en sacrifice d'aspiration afin qu'il puisse descendre de plus en plus en nous et être présent en chacun d'eux, emplir chacun de sa volonté et de son pouvoir, de sa lumière, de sa connaissance, de son amour, de sa félicité. Finalement, toutes nos pensées, tous nos sentiments, toutes nos impulsions, nos actions, se mettront à jaillir de lui et se changeront en une semence divine et en une forme divine; dans notre vie intérieure tout entière, nous prendrons conscience que nous sommes une partie de son être, jusqu'au jour où il n'y aura plus de division entre l'existence du Divin que nous adorons et notre propre vie. De même, en tous les événements, nous finirons par voir les voies de l'Amant divin en nous et y trouverons un plaisir tel que même le chagrin, la souffrance et la douleur physique deviendront des dons qu'il nous fait et se changeront en félicité, puis disparaîtront enfin dans la félicité, annulés par la perception du contact divin; car le toucher de ses mains est l'alchimie d'une transformation miraculeuse. Certains rejettent la vie sous prétexte qu'elle est entachée de chagrin et de douleur, mais pour l'amant de Dieu, le chagrin et la douleur deviennent des moyens de le rencontrer, des empreintes de sa pression, et finalement ils cessent d'exister dès que notre union avec sa nature devient si complète que ces masques ne peuvent plus dissimuler la félicité universelle. Ils se changent en Ananda.
Sur ce chemin, toutes les relations qui entraînent l'union deviennent intensément et délicieusement personnelles. En fin de compte, c'est la relation de l'amant et du bien-aimé qui les absorbe toutes, les contient et les unifie toutes, parce qu'elle est la plus intense et la plus béatifique de toutes et qu'elle entraîne tout le reste sur ses hauteurs, tout en les dépassant encore. Il est l'instructeur et le guide et nous conduit à la connaissance; à chaque pas du développement de la lumière et de la vision intérieures, nous sentons son toucher comme d'un artiste qui modèle l'argile de notre mental, sa voix qui révèle la vérité et la parole, la pensée qu'il nous donne et à laquelle nous répondons, le flamboiement de son glaive de foudre qui chasse l'obscurité de notre ignorance. Mais surtout, à mesure que les lumières partielles du mental se transforment en la lumière de la gnose, à quelque degré que ce soit, grand ou infime, nous sentons notre mentalité se transformer en la sienne et, de plus en plus, il devient le penseur et le voyant en nous. Nous cessons de penser et de voir par nous-mêmes; nous pensons seulement ce qu'il veut penser pour nous et voyons seulement ce qu'il voit pour nous. Alors, l'instructeur s'accomplit en l'amant; il pose sa main sur notre être mental tout entier, l'embrasse et le possède, et en jouit et s'en sert.
Il est le Maître - mais quand nous nous approchons de lui de cette manière, toute distance et toute séparation, tout effroi, toute crainte, toute obéissance pure et simple disparaissent, parce que nous sommes devenus trop proches de lui et trop unis à lui pour que ces choses puissent subsister : c'est l'amant de notre être qui se saisit de nous et nous occupe, nous utilise et fait de nous tout ce qu'il veut. L'obéissance est le signe du serviteur (dâsya), mais c'est le stade inférieur de cette relation. Après, nous n'obéissons plus: nous bougeons par sa volonté, telle la corde qui répond au doigt du musicien. Être l'instrument est le stade supérieur du don de soi et de la soumission. Mais c'est un instrument qui vit et qui aime, et finalement la nature entière de notre être devient l'esclave de Dieu, se réjouit de sa possession et de sa soumission bienheureuse à l'étreinte et à la maîtrise divines. Avec une félicité passionnée, l'instrument fait sans question tout ce que le Seigneur veut qu'il fasse et endure tout ce que le Seigneur lui fait endurer, parce que, ce qu'il endure, c'est le fardeau de l'être bien-aimé.
Il est l'ami, le conseiller, l'aide, le sauveur dans les difficultés et les détresses, le défenseur contre les ennemis, le héros qui livre nos batailles pour nous ou sous le bouclier duquel nous nous battons, le conducteur, le pilote de notre chemin. Et ici, nous arrivons tout de suite à une intimité plus grande; il est le camarade, le compagnon de jeu éternel dans le jeu de la vie. Cependant, il existe encore une certaine division, si plaisante soit-elle, et l'amitié est encore trop limitée par une apparence de bienveillance. L'amant peut blesser, abandonner, être dur avec nous, sembler nous trahir; pourtant, notre amour persiste et même croît par ces oppositions: elles augmentent la joie de la réunion et la joie de la possession; à travers elles, l'amant reste l'ami, et finalement nous nous apercevons que tout ce qu'il fait a été fait par l'amant et secoureur de notre être pour la perfection de notre âme autant que pour Sa joie en nous. Ces contradictions conduisent à une intimité plus grande. Il est aussi le père et la mère de notre être, sa source, son protecteur, celui qui nous chérit avec indulgence, le donneur de nos désirs. Il est l'enfant né de notre désir, celui que nous chérissons et élevons. L'amant est toutes ces choses; l'intimité et l'unité de son amour contiennent la sollicitude paternelle et maternelle et se prêtent aux demandes que nous lui faisons. Tout est unifié dans cette relation plus profonde, et ses visages sont innombrables.
Il est possible, même dès le début, d'avoir cette très
proche relation de l'amant et du bien-aimé, mais, pour le yogi
intégral, elle ne sera pas aussi exclusive qu'elle l'est dans certaines
voies purement extatiques de la bhakti. Dès le commencement, elle
prendra plus ou moins la teinte des autres relations, car le chercheur
recherche aussi la connaissance et les oeuvres, et il a besoin du Divin
en tant qu'instructeur, ami et maître. Quand il grandit en nous,
l'amour de Dieu doit apporter un élargissement de la connaissance de
Dieu et des opérations de la Volonté divine dans notre nature et dans
notre vie. L'Amant divin se révèle; il prend possession de la vie.
Cependant, la relation essentielle restera toujours la relation d'amour
d'où tout le reste découle - un amour passionné, complet, qui cherche
cent manières de s'accomplir et tous les moyens de possession mutuelle,
un million de facettes de la joie de l'union. Cet amour se moque de
toutes les distinctions du mental, de toutes ses barrières et ses cela
ne peut pas être, et de toutes les froides analyses de la raison, ou
il ne les utilise que comme des épreuves de l'amour, des terrains ou
des portes d'entrée de l'union. L'amour vient à nous de bien des
manières; il peut venir par un éveil à la beauté de l'Amant, à la vue
d'un visage ou d'une image idéale de lui, par les mystérieux signes de
sa présence derrière les milliers de faces des choses dans le monde,
par un lent ou soudain besoin du coeur, par quelque vague soif de
l'âme, par le sentiment d'un quelqu'un qui est proche de nous et nous
attire ou nous poursuit avec amour, ou d'une personne béatifique et
belle que nous devons découvrir.
Nous pouvons le chercher passionnément et partir à la poursuite du bien-aimé invisible; mais il se peut aussi que l'amant auquel nous ne pensions pas nous poursuive, qu'il tombe sur nous au milieu du monde et s'empare de nous pour lui-même, que nous le voulions ou non tout d'abord. Il peut même, au début, venir à nous comme un ennemi, avec la colère de l'amour, et nos premiers rapports avec lui peuvent être des rapports de bataille et de conflit. Quand c'est l'amour et l'attirance qui viennent d'abord, les relations du Divin et de l'âme peuvent être encore longtemps brouillées par des incompréhensions et des offenses, par de la jalousie, de la colère, des luttes et des querelles d'amour, par les espoirs et les désespoirs, par la douleur de l'absence et de la séparation. Nous jetons sur lui toutes les passions du coeur, jusqu'à ce qu'elles soient purifiées et se changent en la seule extase de la béatitude et de l'unité. Mais cela aussi est monotone; il est impossible au langage humain de dire l'extrême unité et l'éternelle variété de l'ânanda de l'amour divin. Toutes les parties de notre être, supérieures autant qu'inférieures, sont inondées par lui: le mental et la vie autant que notre âme; même le corps physique a sa part de la joie, sent le contact, est empli dans tous ses membres et toutes ses veines, tous ses nerfs, par la coulée du vin de l'extase, amrita. L'Amour et l'Ananda sont le dernier mot de l'être, le secret des secrets, le mystère des mystères.
Ainsi, quand la voie de l'amour et de la félicité s'est
universalisée, personnalisée, soulevée à ses plus hautes intensités,
quand elle occupe tout, embrasse tout, accomplit tout, elle apporte la
libération suprême. Sa cime la plus haute est une union supra-cosmique.
Mais pour l'amour, l'union complète est la moukti en soi; pour lui, la
libération n'a pas d'autre sens; et elle inclut toutes les variétés de
moukti en même temps, qui, finalement, ne se succèdent pas simplement
l'une à l'autre, et donc ne s'excluent pas l'une l'autre comme d'aucuns
le prétendent. Nous avons l'union absolue du divin et de l'esprit
humain, sâyoudjya; en elle se révèle le contenu de tout ce qui dépend
ici-bas de la différence (mais là, la différence n'est qu'une forme de
l'unité), et aussi l'ânanda de la proximité, du contact et de la
présence mutuelle - sâmîpya, sâ1ôkya -, l'ânanda de se refléter l'un
l'autre (ce que nous appelons la ressemblance, sâdrishya), et d'autres
choses merveilleuses pour lesquelles le langage n'a pas encore de mots.
Rien n'est en dehors de la portée de l'amant de Dieu et rien ne lui est
refusé, car il est le favori de l'Amant divin et le moi du Bien-Aimé.
Sri Aurobindo
(Traduction de Mère)
Publié par lightmood à 14:34:45 dans AMOUR | Commentaires (0) | Permaliens
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jesus: "Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. Donnez, et l'on vous donnera; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour." "Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. A qui te frappe sur une joue, présente encore l'autre; à qui t'enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. A quiconque te demande, donne, et à qui t'enlève ton bien ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement."


Je suis : une chrétienne, et je suis envoyée sur terre pour faire le bien
ne orthodoxe. Je suis quelqu'un de pacifique et de créative. Je m'intéresse beaucoup au bouddhisme et à Bouddha qui avait compris qu'il faut dans la vie de l"équilibre" dans toutes choses. je crois en mon église, ce qui ne veut pas dire que
je suis incapable d'avoir mon avis et de réfléchir. Je m'intéresse aussi au sort du monde, (l'apocalypse de Jean).
J'ai
: la conviction profonde d'être aimé de Dieu bien qu'il soit pour moi une tendre énigme; je crois aussi que Dieu aime tous les hommes et
j'aimerai qu'ils le sachent afin qu'il ne se sentent plus seuls et
abandonnés. La vraie misère c'est de se croire aimé par personne, même
pas soi...et je sais de quoi je parle...
Je pense
: Je suis pour que tou
tes les religions ne fassent qu'une et je ne suis pas la seule.
Je m'oppose : aux torturent qu'on fait sur les hommes ou les animeaux.
Je crois :
: au pardon inconditionnel , à l'amour sans limites de Dieu
et à l'importance de faire connaitre son existence et à le partager, à
la liberté individuelle et à la capacité de chacun d'agir en conscience
en accord avec sa foi, son amour et son respect pour Dieu.
Je ne suis pas
: végétarienne, méchante gratuitement, d'extrême droite ou de gauche, ultra-conservateur and co.,
mariolatre, idolatre, narciss
ique...
Je préviens
: ce que j'écris ici n'engage que moi. Je suis ouvert au débat.




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Jésus affirmait : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Evangile de Jean ch.14 v.6).
Enroulée tel un serpent au bas de la colonne vertébrale, la kundalini dégage un formidable potentiel d'énergie tenu en réserve dans la région du sacrum. Cette énergie active en un éclair les sept chakras (centres d'énergie) situés le long du système céphalo-rachidien et conduit à l'état de samadhi ; un état d'expansion illimitée de la conscience.

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