Dicton :
« Chaque fois qu'un enfant dit "Je ne crois pas aux fées.", il y a quelque part une petite fée qui meurt », James Barrie in Peter Pan
« On a banni les démons et les fées ; Sous la raison les grâces étouffées Livrent nos cœurs à l'insipidité » Voltaire, Ce qui plaît, etc.
Une fée est une créature légendaire issue des croyances populaires (folklore), des mythologies anciennes ou de la littérature fantastique.
Au pluriel, « les fées » désignent une communauté désignée parfois par Petit Peuple, Bon Peuple, Peuple des Fées ou par d'autres euphémismes1, rassemblant une multitude de créatures de la mythologie nordique et du folklore païen : les lutins, elfes, trolls, gnomes, trolls…
Dans la culture moderne, la fée est généralement décrite comme une créature humanoïde féminine, ayant des pouvoirs surnaturels comme par exemple la capacité de voler, de lancer des sorts ou d'influencer le futur. L'oubli et l'assimilation des folklores a créé une confusion, et finit par amalgamer autour d'une vision identique (fée Fata), des créatures aux noms et aux caractéristiques parfois opposées, issues de langues et traditions distinctes.
Devenues sujet de la littérature fantastique (puis du cinéma), les fées regroupent également des créatures purement imaginaires : les créatures fantastiques
Qui sont le fées ? A priori, à peu près tout le monde saura donner une réponse ; la question est de savoir si ce sera la bonne…
Avant d’être des personnages de conte populaire, les fées apparaissent dans les différentes mythologies, celtique et scandinave. En effet, la mythologie celtique évoque les fées sous le nom de Banshee : ceux sont les descendants des Tuatha de Danann qui, après l’arrivée des hommes –les Gaëls-, ont pris possession du monde souterrain, du monde des sources, des grottes et des forêts. La mythologie scandinave, quant à elle, confond, voire associe, les fées avec les elfes qui, eux aussi, sont des êtres surnaturels et éternels du monde sylvestre. De la même façon, dans l’ensemble de l’Europe occidentale, on parle de « pleurantes des bois », d’êtres issues des sources ou des forêts. Dans le Decretum, que Burchard de Worms rédige entre 1008 et 1012, apparaissent des « créatures féminines agrestes qu’on appelle femmes de la forêt ».
Jusque-là, rien de bien étonnant et l’on retrouve dans cette évocation la fée classique, telle qu’on se la représente. Mais allons plus loin et voyons ce que cet Autre monde, ce monde souterrain représente réellement.
Dans toutes les mythologies, et notamment la mythologie celtique, l’Autre monde est celui de la mort. Lorsque la fée Viviane accompagne le corps d’Arthur vers Avalon, c’est bien une évocation du monde des morts. D’ailleurs, tout au long du Moyen Âge, les romans, les poèmes, les décrets ou les manuels de confession qui évoquent les fées le font en les nommant « Parques ». Or, les Parques sont, dans la mythologie romaine et grecque, le nom que l’on attribue aux déesses ou aux génies qui président aux destinées des hommes… et donc finalement à leur mort. Que ce soit dans les récits ou les représentations qui sont faits d’elles, elles paraissent définitivement associées à la mort.
Au Moyen Âge, pourtant, le nom de Parques est à prendre dans un sens plus large, qui embrasse toutes les femmes surnaturelles. Et si, comme pour les Parques romaines, on retrouve cette notion d’accompagnement vers la mort –on a parlé de la fée Viviane mais Mélusine rôdait aussi autour du château à chaque mort imminente-, contrairement aux personnages de la mythologie romaine, elles sont également dispensatrices de richesse et de bonheur. De fait, on retrouve cette fois-ci l’image de la « bonne fée », de la « fée-marraine », si chère aux conteurs. Cette image-là n’est cependant pas complètement en opposition avec l’héritage greco-romain. Comme les Parques romaines, les fées, les « bonnes fées », se manifestent en groupe, de trois ou quatre, pour dispenser bonheur et abondance, pour doter l’enfant nouveau-né. Et cette image, que l’on retrouve dans nombre de contes « de fées », n’est pas si littéraire qu’elle en à l’air. Du moins, elle a un passé, une histoire.
Au XVIIIe siècle, Germain-Poulain de Saint-Foix rapporte une superstition ancienne, que l’on retrouve chez les Bretons ou chez les Moldaves…
A la fin de la première race de nos rois, note-t-il, il y avait encore plus d’un tiers des Français plongés dans l’idolâtrie… A certains jours de l’année et à la naissance de leurs enfants, ils avaient grande attention de dresser une table, dans une chambre écartée, et de la couvrir de mets et de bouteilles, avec trois couverts et de petits présents, afin d’engager les mères, c’est ainsi qu’ils appelés les puissances subalternes, à les honorer de leurs visites et à leur être favorable.
A cette évocation, on ne saurait s’empêcher de voir l’image, si familière à tous, de la bonne fée penchée sur le berceau de l’enfant nouveau-né.
Une fée filandière en train de dérouler le fil d'une existence.
Et cette description n’est pas à mettre au compte d’une quelconque imagination débordante. Burchard de Worms, qui, rappelons-le, écrit au XIe siècle, évoque la même chose dans son Decretum :
Tu as fait ce que certaines femmes ont coutume de faire à certaines périodes de l’année, à savoir : mettant la table chez toi, tu y as placé des mets et des boissons en même temps que trois petits couteaux, afin que les trois sœurs, qu’une antique sottise ne cessant de se perpétuer a nommées Parques, puissent se restaurer en ces lieux…
Là encore trois couverts, donc trois êtres.
Ce rite, cette coutume que l’on voit chez Worms mais également dans un pénitentiel anglais du IXe siècle –un pénitentiel est un ouvrage destiné au prêtres et qui répertorie les péchés et les fautes afin de guider le prêtre dans ses confessions- a très certainement une origine païenne ancienne mais il évoque trop clairement les fées-marraines des contes pour qu’on puisse nier la filiation.
Soyons donc rassurés, une fois de plus, l’Histoire nous a appris que c’est elle qui fait également les petites histoires…
Polysémie et étymologie :
Représentation des Parques — John Strudwick 1885
Le mot fée provient du latin fata, lui-même issu de fatum : la destinée. L'étymologie laisse donc penser que la fée serait liée au destin, dotée d'un don de prédiction ou bien d'une capacité à influencer le destin. Cette racine latine, renvoie donc à une créature tutélaire, celles qui se penchent sur le berceau d'un nouveau-né pour apporter protection et grâces magiques. Cette définition est une référence aux trois Moires, divinités gardiennes du Destin, de la mythologie grecque (les Parques de la mythologie romaine). Avec la fée fata, on retrouve aussi l'archétype classique des fées « matrones », comme dans La Belle au bois dormant.
Le terme moderne « fée », était autrefois utilisé également comme adjectif, tel « fé 2» ou « faé 3», en ancien français. On l'utilisait par exemple à propos d'un bois faé ou d'un bijou fé. L'adjectif prenant alors le sens « d'enchanté », touché par une magie. On utilise également le verbe féer, enchanter ou être enchanté4. Cet emploi élargissait la signification des fées ; elles avaient le don de lancer des sorts, les enchantements, illusions capable d'altérer les émotions et les perceptions, et étaient dotée ainsi de la capacité d'apparaître impressionnantes, terrifiantes ou invisibles.
Notons qu'en français moderne, outre un usage restrictif comme nom, fée a le genre grammatical féminin, ce qui accentue certainement la caractéristique sexuée féminine, d'une vision moderne de la fée.
Des trolls scandinaves.
Mais dans d'autres cultures occidentales, fée est traduit par un mot sans lien avec la racine latine fata. Par exemple, les cultures irlandaises ou scandinaves, avec les racines sidh ou alf5, issus du gaëlique ou du norrois. On constate alors, que la définition de la nature et du rôle des fées est beaucoup moins restrictive, autant dans par l'étymologie que dans le folklore féérique.
Cette comparaison des traductions, permet d'apporter une définition plus globale en se basant sur les références identiques entre les différents folklores :
La fée est une créature surnaturelle et magique, souvent humanoïde et intelligente, liées aux forces de la nature (ou l'Autre Monde), et vivant en marge du monde des humains.
Cette définition élargie des fées, permet alors de rassembler autour du mot "fée" des créatures qui semblent présentes dans toutes les cultures : les elfes et trolls scandinaves, les bansheeds celtes, les apsaras indiens, les kitsunes japonais…
Article détaillé : Liste des créatures comparées aux fées.
Survivance des croyances
Illustration de John Bauer
En Europe, le folklore transmis par voie orale (chants, contes) a laissé subsister d'anciennes croyances païennes, malgré l'influence dominante du christianisme et de la modernité. Voilà pourquoi il est erroné de classer les fées, comme créatures « fantastiques », terme lié à un style littéraire (puis cinématographique) qui réduit les fées à de simples fictions.
La croyance dans l'existence de telles créatures surnaturelles subsiste encore dans certaines contrées d'Europe : par exemple les pays scandinaves, ou bien l'Islande — où le tracé d'une autoroute fut dévié, afin d'éviter un lieu habité par les fées6.
En France, des études ethnologiques7 d'après-guerre avaient relevé la subsistance de telles croyances, notamment en campagne auprès de personnes âgées. La Bretagne et l'Alsace, en raison peut-être d'une survivance des langues régionales, ont conservé de nombreuses traces du Petit Peuple, dans leur tradition orale et leur toponymie8.
On peut aussi relier les fées, aux croyances animistes du Japon pour des créatures et esprits de la nature, liées à la mythologie shinto.
Dans la culture moderne, on peut également trouver la preuve de la pérennité de ces croyances (ou d'une résurgence) dans les cultes néo-paganistes ou néo-druidiques.
Distinctions
Seelie & Unseelie
Dans le folklore, de nombreuses classifications ont été faites à propos du Petit Peuple des fées. L'une des plus influente est certainement la division entre la Cour Seelie (ou parfois Cour de l'Eté ou des Lumières) et la Cour Unseelie (ou parfois Cour de l'Hiver, ou des Ténèbres), d'après le folklore écossais9. Le therme seelie vient du gaélique et signifie "bénis" (unseelie= "non bénis").
Autres
L'autre est la distinction entre les fées vivant « en troupe », et les fées « solitaires »10, distinction émise notamment par William Butler Yeats11.
Ces distinctions sont toutes deux utilisées pour caractériser les « fées », entendues dans le sens de toutes les créatures surnaturelles ; elfes, pixies, ogres, trolls… Elles accentuent l'étrangeté des fées, et se différencient d'une distinction plus manichéenne (plus moderne peut-être), présente dans le folklore scandinave et écossais, qui transpose sur le Petit Peuple les valeurs d'une morale humaine (Bien, Mal), et les différencie entre créatures « bienveillantes » et « malveillantes ».
Katharine Mary Briggs note qu'une troisième distinction peut être envisagée ; celle des fées « domestiques », qui vivent dans les demeures humaines10.
Le conte merveilleux, dit aussi conte de fée, est un genre de littérature dans lequel interviennent des réalités surnaturelles, des éléments féeriques, des opérations magiques, des évènements miraculeux propres à enchanter le lecteur, ou l'auditeur, dans le cas d'une séance de conte.
Caractéristiques du merveilleux
Le merveilleux décrit un monde situé dans un passé ancien non défini ("il était une fois"), ou dans un ailleurs temporel dans le cas de la science-fiction . Il renvoie à un univers naïf où, selon Tzvetan Todorov, le surnaturel a droit de cité. Même imprécision sur le plan géographique avec, toutefois, la récurrence de certains topoi : le chateau, la forêt... Les personnages de ce monde appartiennent à une société artificielle et figée, où ils sont définis par leur place (le Roi, la Reine, le Prince,...), parfois nommés par un surnom qui les caractérise (Cendrillon, Blanche-Neige), même si, chez Perrault la réalité sociale est sous-jacente dans l'évocation des tâches domestiques. Si les fées occupent le devant de la scène, on y trouve aussi des ogres, des animaux qui parlent.
Différence entre merveilleux et fantastique
Le mot merveilleux vient du latin mirabilia, « choses étonnantes, admirables ». Les récits merveilleux et fantastiques sont proches, mais une chose les distingue : l'appréciation face au surnaturel.[réf. nécessaire] Dans un récit merveilleux, on observe une confiance, une crédulité de la part du lecteur, l'auteur ayant bien ménagé l'arrivée du merveilleux pour qu'il passe inaperçu.[réf. nécessaire] Personne ne s'étonnera donc dans un conte de fées, entre autres récits de ce genre, qu'il existe des dragons ou des sorcières. Alors que dans un récit fantastique, les personnages, tout comme le lecteur, ne sont pas dupes du surgissement du surnaturel : on en doute, on le craint, on le ressent surtout comme un élément anormal; le récit étant donc ancré dans la réalité.[réf. nécessaire]
La forme la plus populaire rattachée au merveilleux est le conte merveilleux, mais on le décèle aussi dans le mythe, la fable, la légende, l'épopée, la fantasy. On oppose en général le merveilleux au fantastique ou à la science-fiction.[réf. nécessaire] Ces deux genres ont en effet à justifier l'irruption de l'irrationnel dans le récit (par l'intervention scientifique à venir, par la réalité de causes inconnues qui seront dévoilées). Au contraire, dans le cas du merveilleux, les données du monde surnaturel sont acceptées comme allant de soi par le lecteur ou le spectateur. Pour les Anciens, par exemple, l'intervention des dieux (dans l'épopée surtout) était acceptée comme telle (merveilleux païen); pour les chrétiens, ce seront les anges ou les démons, les saints et leurs dons miraculeux (merveilleux chrétien).
Expressions :
La fée verte : l'absinthe.
La fée électricité : l'électricité, porteuse d'innovation technologique et d'amélioration des conditions de vie (c'est également un tableau monumental de Raoul Dufy).
Une bonne fée s'est penchée sur son berceau : il a une bonne étoile, il a de la chance (référence à la fée marraine de la Belle au bois dormant). Une légende dit que les fées se penchent sur tous les berceaux pour leur donner leurs dons pour la vie.
fée du logis : experte du ménage.
Avoir des doigts de fée : être habile de ses mains.
Vivre un conte de fées : voir ses rêves devenir réalité.
un travail de fée : un travail minutieux.
Le mot provençal fada évoque d'abord quelqu'un qui est possédé par les fées.