
VOICI UN DES POEMES LES PLUS CONNUS DU LIVRE DE TALIESNIN " LE POMMIER " , LE SENS PROFOND DE CE POEME NOUS ECHAPPE ENCORE:
( Dans ce poème Merlin errant et devenu à demi-fou s'adresse au pommier
avec affection. Est-ce uniquement parce qu'il lui donne nourriture? Ou
bien y a-t-il ici des traces d'un cultes des arbres que les conciles du
haut Moyen-Age ont , en Gaule , souvent dénoncé? )
Pommier doux qui pousses dans une clairière , ton pouvoir naturel te cache aux chefs de Rhydderch.
Il y a presse près de ton tronc et des grands autour de toi.
Il serait une richesse de leurs rangs indomptés!
Maintenant Gwenddydd ne m'aime pas et ne me fait pas bon accueil;
Je suis haï de Gwassawg , le garant de Rhydderch:
j'ai tué sa fille à elle et son fils.
La mort emporte tout homme; pourquoi ne m'appelle-t-elle pas?
Après Gwenddoleu , aucun seigneur ne me témoigne d'égards.
Le jeu ne m'exalte pas; nulle femme ne me visite.
Dans la bataille d'Arfderydd , mon torque était d'or.
bien qu'aujourd'hui je (ne) sois chéri d'une femme couleur de cygne.
Pommier doux , au milieu des fleurs , qui pousses caché dans les pays près des bois ,
j'ai entendu des nouvelles au début du jour , que Gwasawg , le garant de ma foi est en courroux,
deux fois , trois fois , quatre fois en un seul jour.
Hélas! Jésus , que n'est venue ma mort,
avant qu'il n'advienne à ma main de tuer le fils de Gwenddydd!
Pommier doux qui pousses sur la rive d'un fleuve.
L'intendant ne réussira pas à cueillir tes fruits brillants , auprès de toi.
Tant que mon esprit fut calme , j'obtenais , près de ton tronc,
une fille blanche et rieuse , mince , et d'aspect princier.
Pendant cinquante ans , dans la misère du hors -la-loi , j'ai erré avec la folie et les vagabonds;
après le temps des biens appréciés et l'amusement des ménestrels,
maintenant j'éprouve la disette , l'égarement et la compagnie des vagabonds.
Maintenant je ne dors plus; je crains mon seigneur , mon seigneur Gwenddoleu et mes compatriotes.
Après avoir éprouvé la maladie et l'affliction autour de la forêt de Celyddon,
que j'obtienne le séjour béni du Seigneur des Armées.
Merlin l'Enchanteur
Connu sous les noms de « Myrddin » ou « Myrdhin » en gallois, « Merzhin
» ou « Marzhin » en breton et en cornique, Merlin est généralement
représenté comme un mage bénéfique commandant aux éléments naturels et
aux animaux. Il est particulièrement rattaché à la mythologie
brittonique, qui couvrait la Bretagne continentale et l'actuelle
Grande-Bretagne (sauf l'Écosse). De nos jours, son nom est fréquemment
associé à sa fonction d'« enchanteur » (magicien), notamment depuis que
ce terme a servi de titre à la version française d'un dessin animé
populaire des années 1960.
La légende de Merlin
Le nom même de Merlin n'a pas d'origine clairement définie. Certains le
situent à l'époque des druides celtiques. Ce que l'on sait, c'est que
les noms « Merddin », « Myrddin », puis ensuite « Merlinus » ou encore
« Merilun » furent utilisés successivement pour décrire un seul et même
personnage. Le nom de « Merlin » sera adopté plus tard, sans doute aux
environs du XIIe siècle. La légende de Merlin, dont le nom est associé
à des qualificatifs divers tel que « enchanteur », « magicien » ou «
l'Homme des bois », est très complexe. On ne sait pas si ce personnage
a vraiment existé, les sources manuscrites de l'époque ayant disparu.
La plupart des ouvrages qui parlent de Merlin, évoquent aussi Arthur et
les chevaliers de la Table Ronde. Ces textes datent du XIIe siècle au
XVIe siècle, mais des récits mettant en scène Merlin remontent à bien
plus longtemps. Il apparaît qu'un certain Merlinus Ambroisius aurait
réellement existé, de descendance royale. L'influence chrétienne au
Moyen Âge aurait transformé les écrits de départ en légende : la mère
de Merlin ayant enfanté d'un "antéchrist" aux grands pouvoirs. De plus,
certaines femmes deviennent des sorcières s'en prenant aux hommes, même
à Merlin. Bref, sa description varie au fil des époques jusqu'à ce
qu'il devienne le Merlin que l'on connaît à travers les contes et les
dessins animés : enchanteur, prophète, homme des bois, maître des
animaux, sage, un magicien pur et proche de la nature, assez proche du
dieu Pan de la mythologie grecque qui représente l'incarnation même de
la nature. Sur le plan symbolique Merlin représente la bonté et le
rêve,la nature dans sa puissance originelle. C'est sans doute pour cela
qu'il nous captive, car il est la représentation d' un archétype
éternel.
La légende la plus connue quant à son origine le fait fils d'une vierge
et d'un démon, d'où le parallèle chrétien et la qualification
d'antéchrist. Cependant, d'autres légendes (rapportées par Stephen
Lawhead dans son Cycle de Pendragon) lient son existence à la légende
de l'Atlantide, d'où sa mère serait native (Charis, fille du Roi
Avallach d'Atlantide), alors que son père serait breton (Taliesin fils
d'Elphin, roi de Caer Dyvi), selon la légende du Cycle de Pendragon.
Ces divergences d'origine viennent du fait qu'aucune histoire réelle
n'a encore été découverte, et, de ce fait, toute version est possible.
Merlin, dans la geste arthurienne
Son rôle dans le cycle arthurien est d'aider à l'accomplissement du
destin du royaume de Bretagne (royaume mythique regroupant l'actuelle
Angleterre, le Pays de Galles et la Bretagne continentale). Grâce à une
sagesse légendaire, il devient l'ami et le conseiller du roi Uther
Pendragon. À la mort de celui-ci, il organise le défi de l'épée
Excalibur qui permet à Arthur, fils illégitime d'Uther, de succéder à
son père. Puis il incite Arthur à instituer la Table Ronde afin que les
chevaliers qui la constituent puissent se lancer dans des missions
relevant du mythe, notamment la fameuse quête du Graal. À la fin de sa
vie et malgré toutes ses connaissances, Merlin ne pourra rien contre la
destinée du royaume de Bretagne et la fin tragique du roi Arthur.
La légende de Merlin n'est pas à l'origine intégrée dans le cycle
arthurien. Le personnage sera en quelque sorte « christianisé » par la
suite pour pouvoir y figurer, mais on peut y reconnaître l'archétype du
druide : proximité avec la nature, pouvoirs magiques, connaissance
surnaturelle, sagesse, longue vie, rôle de guide et de conseiller des
puissants. Dans un monde chrétien alors en plein essor, il représentait
ce qui restait de la tradition ancienne : le monde druidique moribond.
La fin de Merlin
]
Devin et magicien, Merlin tomba, selon la légende, éperdument amoureux
de la fée Viviane, à qui il confia le secret pour se lier un homme à
jamais. La fée Viviane entreprit donc de réaliser cette magie, traçant
les "neuf cercles" autour de Merlin endormi. La magie étant puissante,
Merlin fut enfermé pour l'éternité dans sa geôle, au grand regret de la
fée Viviane qui ne croyait pas que la chose fut possible. On dit aussi
que même maintenant, il est encore enfermé. Ainsi, dans la forêt de
Brocéliande, sur une stèle est écrit : "ici a été enfermé Merlin
l'enchanteur par la fée Vivianne".
Merlin dans les œuvres culturelles
Les premières références littéraires à Merlin sont galloises.
Différents textes distinguent clairement la différence entre deux
personnages nommés Merlin. Les Triades Galloises, par exemple, font
état de trois bardes : Taliesin, chef des bardes, Myrddin Wyllt et
Myrddin Emrys. Si les deux bardes appelés Myrddin étaient à l'origine
les variantes d'un même personnage, leur histoire est devenue si
différente dans les premiers textes que nous possédons à leur sujet
qu'il convient d'en traiter séparément, même si certaines péripéties
appartiennent aux deux.
Merlinus Caledonensis, Myrddin Wyllt
(« Myrddin the Wild » : le sauvage) Ce Myrddin n'a rien à voir avec
Arthur et apparaît après la période arthurienne. Les premiers poèmes
gallois concernant la légende de Myrddin le présentent comme un fou
vivant une existence misérable dans la forêt calédonienne, ruminant sur
sa triste existence et sur le désastre qui l'a précipité si bas : la
mort de son seigneur Gwenddolau, au service duquel il était barde. Les
allusions faites dans ces poèmes servent à montrer les évènements de la
bataille d'Arfderydd, où Rhydderch Hael, roi de Rheged, massacre les
forces de Gwenddolau, tandis que Myrddin devient fou en regardant la
défaite. Les Annales Cambriae datent cette bataille en 573 et nomment
les adversaires de Gweddolau Gwrgi et Peredur, fils d'Eliffer.
Une version de cette légende est préservée dans un manuscrit de la fin
du XVe siècle, dans une histoire intitulée Lailoken et Kentigern. Dans
ce récit, saint Kentigern rencontre en un endroit désert un fou nu et
échevelé dénommé Lailoken, que d'aucuns appellent Merlynum ou Merlin,
qui lui déclare être condamné à errer en compagnie des bêtes sauvages à
cause de ses péchés. En outre, il dit avoir été la cause de la mort de
toutes les personnes tuées durant la bataille « en la plaine entre
Liddel et Carwannok ». Après avoir raconté son histoire, ce fou
s'éloigne et fuit la présence du saint pour retourner à son état
sauvage. Il apparait encore plusieurs fois dans le récit jusqu'à ce
qu'il demande finalement les derniers sacrements au saint, prophétisant
être sur le point de mourir d'une triple mort. Après quelque
hésitation, le saint exauce le souhait du fou ; alors les bergers du
roi Meldred le capturent, le frappent à coups de bâton, le jettent dans
la rivière Tweed où son corps fut percé par un pieu, sa prophétie se
trouvant ainsi accomplie.
La littérature galloise comporte nombre d'exemples de littérature
prophétique, prédisant la victoire militaire de tous les peuples celtes
de Grande-Bretagne qui se rassembleraient pour rejeter les Anglais - et
par la suite les Normands - à la mer. Certaines de ces œuvres ont été
interprétées comme les « prophéties de Myrddin », exceptée celle nommée
les Armes Prydein.
Geoffroy de Monmouth a également parlé de ce Merlin sauvage et
prophétique dans sa Vita Merlini, qui semble être une adaptation très
proche de nombreux « poèmes de Myrddin ».
Merlin Ambrosius, Myrddin Emrys
Ce fut Geoffroy de Monmouth qui introduisit Merlin dans le cycle du roi
Arthur. Si Geoffroy est surtout connu pour son personnage d'Arthur,
c'est surtout de Merlin qu'il a traité, faisant du barde prophétique de
la tradition galloise un personnage central de ses trois livres :
Prophetiae Merlini, Historia regum Britanniae, et Vita Merlini. À la
suite de son second livre, où Merlin apparaît dans le conte du roi
Vortigern, Aurelius Ambrosius et Uther Pendragon, dont le règne précéda
immédiatement celui d'Arthur ; Merlin devient aussi dans plusieurs
œuvres ultérieures un personnage des contes du roi Arthur.
Geoffroy narre seulement trois contes de Merlin. Dans le premier,
l'auteur attribue à Merlin l'histoire du garçon sans père que rapporte
Nennius à propos d'Aurelius Ambrosius. Merlin est issu de la fille d'un
roi (peut-être la reine d'Irlande Medb, épouse de Ailill mac Máta) et
d'un démon, et l'épisode a lieu à Carmathen au pays de Galles, patrie
de Myrddin. Geoffroy mentionne simplement que Merlin était aussi
dénommé Ambrosius, camouflant ainsi le changement qu'il opère par
rapport au récit de Nennius. Une longue suite de prophéties est alors
ajoutée. Le second conte rapporte comment Merlin crée Stonehenge, ayant
pour fonction d'être la sépulture d'Aurelius Ambrosius. Le troisième
conte narre comment Merlin transforme l'apparence d'Uther Pendragon,
lui permettant ainsi d'entrer dans le château de Tintagel pour y
engendrer son fils Arthur.
Quelque temps après, le poète Robert de Boron remanie cette matière
dans son poème Merlin, mais en y ajoutant de nombreux détails altérés
et dénaturés d'une manière suggérant que la version de Wace, qui avait
adapté le récit de Geoffroy en français, était désormais entrée dans la
tradition orale et que celle-ci était ce dont Robert de Boron avait
connaissance, ainsi que d'autres contes de Merlin. Seules quelques
lignes de ce poème nous sont parvenues. Mais la prose qui en fut issue
devint populaire et fut plus tard incorporée dans deux autres romans.
Dans le récit de Robert de Boron, Merlin est engendré par un démon
surgi de l'enfer et une vierge, tel un antéchrist. Mais sa mère,
enceinte, conseillée par son confesseur Blaise qui s'était aperçu de la
situation, avait fait baptiser l'enfant à sa naissance pour faire
échouer ce complot satanique. Quoi qu'il en soit, Merlin, moitié homme
et moitié démon, avait des pouvoirs magiques extraordinaires comme la
connaissance du passé, du présent et de l'avenir, cette dernière étant
un don de Dieu.
Robert de Boron parle avec beaucoup d'emphase du pouvoir de Merlin de
se transformer, de son caractère facétieux et de son rapport avec le
Graal. Ce texte introduit également Blaise, le maître de Merlin,
dépeint comme transcrivant la geste de Merlin que Merlin lui dicte
lui-même, expliquant comment cette geste devra être connue et
préservée. Ce texte relie également Merlin au Graal.
Tandis que le mythe arthurien s'étoffait et s'embellissait, les aspects
prophétiques de Merlin perdaient parfois leur emphase afin de faire de
lui un magicien, le mentor et le confident d'Arthur. D'autre part, il
est dit dans la Prose Lancelot que Merlin n'avait jamais été baptisé ni
n'avait jamais rien fait de bon dans sa vie, sinon des œuvres
démoniaques. Les contes arthuriens médiévaux abondent en ce sens.
Dans la Prose Lancelot et autres récits plus tardifs, la chute de
Merlin est causée par son amour pour une femme nommée Nimue, qui lui
extorque ses secrets magiques, les retournant contre lui. D'autres
textes évoquent le nom de Viviane, autre personnage clé du cycle
arthurien. Merlin serait tombé fou amoureux d'elle et, à sa demande,
lui aurait appris plusieurs sorts, dont celui d'emprisonner un homme à
tout jamais. Viviane l'emprisonna pour le garder auprès d'elle, soit
dans une grotte où il mourut, soit dans un palais magique où il vivrait
encore, ce palais étant parfois situé dans la forêt de Brocéliande, en
Petite Bretagne.
Il y a ainsi trois récits de Merlin à l'époque d'Arthur qui couvrent
aussi les premiers temps de son règne. Le plus ancien, connu sous le
nom de Vulgate Merlin, inclut le Merlin de Robert de Boron. Il peut
être considéré comme une sorte de préfiguration des trois romans du
Cycle de Lancelot. Il existe également une variante incomplète connue
sous le nom de Livre d'Arthur. Le second est le plus souvent intitulé
Suite de Merlin. Il s'agit d'un long roman en prose qui ne nous est pas
parvenu intact mais qui nous est maintenant connu sous le nom de Livre
du Graal, conçu comme l'entière histoire du Graal et d'Arthur et ses
chevaliers. Ce livre inclut également le Merlin de Robert de Boron. Le
troisième enfin s'appelle Les prophéties de Merlin et contient donc les
prophéties du personnage (la plupart relatives à des évènements
politiques de l'Italie du treizième siècle), tandis que d'autres sont
révélées par son fantôme après sa mort. Ces prophéties sont intercalées
avec des épisodes relatant les faits et gestes de Merlin et diverses
aventures arthuriennes dans lesquelles Merlin n'apparaît pas du tout.