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  UrbaneTattack le blog-feuilletons de L'UrbaineDesArts/NovelingPress/info@lurbaine.net


Toujours à la pointe du progrés et poursuivant notre oeuvre d'électrification de la littérature françoise, nous informons les lecteurs d'Urbane Tattack que les ouvrages de l'UrbaineDesArts Editions/Noveling-Press seront désormais téléchargeables sur Smashwords, et ce pour un prix modique qui ne couvre pas mâme le coût de la vapeur (quelle époque!), les premiers tîtres de notre catalogue disponibles en ebook et dans une foultitude de formats attrayants et du meilleur goût parisien sont ici:Lurbaine ebooks

NORDNMARK ONE POINT! version compléte et accessoirisée disponible en ebooks sur Smashwords | 11 mai 2012

Nordnmark one point! version compléte et accessoirisée disponible en ebooks à 5.99 $ sur Smashwords:

http://www.smashwords.com/profile/view/lurbaine

et provisoirement en téléchargement gratuit sur Feedbooks:

http://fr.feedbooks.com/userbook/26753/nordnmark-one-point 

 

 

Publié par urbane à 00:50:41 dans / NORDNMARK ONE POINT! disponible en ebooks sur Smarshwords | Commentaires (0) |

Le président sous l’armoire Chronique du Conquennat (suite et fin) Par Lofti Benayak 1/1 | 22 avril 2012

 

Le président sous l’armoire

Chronique du Conquennat (suite et fin)

Par Lofti Benayak 1/1

 

-Bonjour Monsieur Hollande il y a Jean-Luc qui vous fait dire de la part de Jean-Pierre que Jean-Marcel dit que vous pouvez sortir de sous l’armoire, il a eu les premiers résultats  c’est dans la poche.

-Je sortirais quand il me l’aura dit lui-même. Qui vous êtes vous d’abord ?

-Je suis Jean-Philippe le second sous-conseiller de l’adjoint du conseiller technique principal de votre premier conseiller aux élections.

-J’ai tellement de conseillers que je vais finir par leur mettre des dossarts pour les reconnaître.

-Ah voilà Jean-Luc il va vous le dire lui-même.

-Bon ça y est François c’est bon tu peux sortir de sous ton armoire on les a eus. Je reconnais que ta stratégie était la bonne plus tu te planquais plus l’autre clown se montrait et faisait ta campagne, il a décidément rien compris au film. Bon tu viens pour faire ta déclaration aux français. 

-Non, je sais pas... mais non, je crois que je vais l’enregistrer là.

-Sous ton armoire ? Tu y penses pas ?

-Eh quoi je suis bien là, peinard, il faudra quand même changer la femme de ménage il y a plein de moutons, ça me rappelle quand j’étais avec Ségolène, cette conne avait le syndrome de la femme libérée, elle avait la phobie des aspirateurs et des lave-vaisselle et elle passait son temps à renvoyer nos bonniches sri lankaises. Bon ça va tu peux amener les techniciens je suis prêt.

-Non mais t’es dingue qu’est-ce que va penser la presse étrangère !

-Que je suis un président modeste qui passe ses week-ends sous l’armoire comme n’importe quel cadre de l’industrie quand on lui annonce que sa belle-mère vient pour le week-end. De toutes façons je m’en fous, je sortirais qu’une fois élu pour de bon, avec l’autre nain on peut s’attendre à tout il est capable de faire détourner un TGV sur la Syrie rien que pour me mettre la pression, je suis sûr qu’il me concocte un de ses coups de pute, qu’est-ce qu’il fait en ce moment ?

-Il est complètement rincé il prépare ses Adieux de Fontainebleau. 

-Fontainebleau c’est un Musée National, il aurait pu me demander mon avis ch’uis le futur président quand même !

-Non c’est pas ce Fontainebleau là, c’est le Fontainebleau Palace Hôtel de Miami, il est barricadé là-bas dans la Suite Frank Sinatra avec les Balkany. Alors tu viens ?

-Non, j’attends le second tour, à propos on a reçu les instructions de Bruxelles, du FMI et des américains 

-Oui, oui t’inquiète, il y a rien de changé, t’auras les mêmes chefs que l’autre, il y a qu’un truc au Département d’État t’auras droit à la cantine des sous-chefs de zone, l’autre pendant les réunions aux Nations Unies il avait droit qu’à un panier repas, pour te dire que t’as fait bonne impression et que t’es ‘achement bien noté.

-Eh bien mais tout ça se présente fort bien, tu as pensé à ce que je t’avais demandé, tu t’es renseigné auprès du Mobilier National celle-là d'armoire c’est du Ikea, elle craque méchamment et elle arrête pas de perdre ses vis, je passe mon temps un tournevis à la main à tout resserrer, ça m’angoisse j’ai toujours peur qu’elle me tombe sur la gueule, t’es sûr que le concierge l’a bien montée, on oublie toujours des pièces dans ces trucs en kit, enfin c’est une modeste armoire de campagne... électorale modeste mais je vais quand même pas inaugurer mon mandat là-dessous, non tu vois ce qu’il me faudrait c’est du meuble présidentiel mais attention pas ostentatoire hein ?

-Tu préfères pas du Louis XV ou du Retour d’Égypte... le bronze ça sacralise.

-Surtout non du confortable provincial, essaye de me trouver quelque chose de bien dans le genre Louis-Philippard... mais en trois portes si c’est possible comme ça je pourrais recevoir les ambassadeurs étrangers et garder les mômes à coucher quand ils viendront me voir... maintenant j’en ai presque autant que de conseillers ! Ah j’oubliais il faudra aussi me moquetter l’Élysée le parquet comme ici c’est pas génial surtout pour les coudes, je veux bien la jouer président modeste qui sort ses poubelles lui-même, il faudra d’ailleurs que tu te renseignes sur les jours de sortie des bacs,  mais j’ai droit quand même à un minimum de confort il me semble... bon tu peux les faire rentrer je vais faire ma déclaration au peuple... ah une dernière chose qu’ils oublient pas de mettre les patins, on vient de cirer et c'est quand même la mesure phare de mon programme électoral en 32 positions, 50 astuces et 400 blagues l'usage obligatoire des patins en agglomération !  

 

Publié par urbane à 08:05:24 dans / Le Président sous l'armoire | Commentaires (0) |

NORDNMARK ONE POINT! Journal intîme du Prince consort (pas souvent) Raoultkë de Nordnmark .H.T.Fumiganza 45 | 15 janvier 2012

 

7 Septembre

 

J'embarque donc, certes à regrets mais mon esprit de sacrifice est tout entier aux commandes de mon âme. On m'a proposé de voyager en brise-glace atomique en classe économique, j'ai préféré l'avion, en classe affaires, c'est plus rapide, plus confortable somme toute... et moins dangereux.

Je pose devant les photographes en haut de l'échelle dans un chaud et épais manteau de fourrure et à l'escâle de Reyjkavik je découvre dans les journaux que m'apporte l'hôtesse des Nordnmark Airlines que je suis à nouveau source s'un scandale fabriqué de toutes piéces par les journalistes et les ligues de vertu écologistes, tous m'accusent d'avoir arboré un magnifique manteau de fourrure en peau de Panda, ce que je ne nie pas mais je ne vois pas où est le scandale? Il fait froid là-bas m'a-t-on dit, auraient-ils voulu que j'y débarquasse en slip?

J'arrive enfin à Kloonberg la capitale du Brümnland. Notre Boeing a tourné pendant une heure, à cause de la brume il ne trouvait pas l'aéroport. C'est l'été il fait froid, l'hiver il fait inhumain. Le gouverneur actuel du Brümnland m'attend à la descente de l'avion... avec ses valises, il tient dans une main une torche enflammée pour se repérer et dans l'autre, ses raquettes de tennis et ses cannes de golf.

-Ah Monseigneur!

-Vous pouvez m'appeler "Sous-Altesse ou vice-majesté" maintenant j'y ai droit.

C'est qu'avec tout ça j'ai pris du grade, à propos de grade, il ne m'en reste plus qu'un à franchir, on l'aura remarqué mais re-chuuut !

-Ah oui... comme il plaira à Monseigneur, quel plaisir de vous voir sous-Altesse je vais enfin pouvoir rejouer au tennis!

Il fait signe de sa moufle droite à la fanfare de majorettes en jupettes de fourrure de jouer le "Humpfkë unt Pumpfkë" me salue et monte l'escalier à toute allure et enfin claque la porte du Boeing. Sur ce que le seul journaliste présent, le correspondant du "Kloonberg-Soir" me prend en photos. J'ai l'impression que les adductions de paparazzi n'ont pas encore été installées ici, enfin une heureuse nouvelle.      

Le conseiller du gouvernement pour les affaires Brümnlandaises m'explique le tempérament et la complexion mentale des habitants de l'endroit dans la chenillette qui nous emméne au palais du gouverneur vice-roi.

De son long exposé voilà ce que je retiens: les Brümnlandais boivent leur quatre litres de Krüppen par jour, le Krüppen est un alcool fort tiré d'une ancestrale recette à base de jus de couille de phoque pressé et fermenté, ils battent leur femme, violent leur fille quand elle est en âge, jouent de la corne de brûme avec quelque virtuosité, certains hasardent même qu'il en sont les inventeurs, font des embarcations défectueuses avec quoi ils bravent la mer par pure inconscience, éthylisme chronique ou surestimation de soi, pêchent la morue en bande ou périssent seuls en mer selon l'humeur du jour, érigent des tumulus à tous les croisements  de chemins, se suicident plus souvent qu'à leur tour et font leurs courses au supermarché du chef-lieu chaque samedi bref pour résumer: de vrais bretons ces Brümnlandais!

Le chauffeur arrête la voiture:

-Nous sommes arrivés? S'enquiert le conseiller.

-Non panne d'essence!

Les brumes nous environnent, toutes sortes de brumes, je l'ai dit ici ils s'en font une spécialité.

-Le mieux c'est de finir en raquettes.

Nous chaussons donc les raquettes et en route. Kloonberg est sans doute une ville charmante mais nous n'en voyons rien, à un carrefour nous voulons demander notre route à un agent de police en manteau de fourrure qui se révéle être un ours polaire qui fait son shoppingue dans les poubelles du centre-ville.

-Les putes doivent avoir un mal fou ici? Interrogeai-je le conseiller.

-Avec un bon sonar à morue on s'y retrouve Majesté.

-Là-bas une lumière! Nous crie notre chauffeur à pied en nous désignant un clignotement au milieu de la tempête de neige qui commence à hanter la brume, nous faisons aussitôt route vers la lumière et après dix minutes de marche contre le vent nous débarquons dans un ... sex-shop esquimaud.

C'est très étonnant car les esquimauds étant quoi qu'on en pense frileux, au moins toujours chaudement vêtus, ils ne se mettent jamais tout à fait nus, même pendant leur nuit de nôces et pour eux le sommet de la pornographie est de montrer ses oreilles, on imagine la débauche d'oreilles de toutes tailles le plus souvent congestionnées et mouilléesqu'arborent les jaquettes de films. C'est étonnant mais à force cela en devient troublant et j'en rougis un peu.

La tempête se calmant nous quittons l'établissement et après trois bonnes heures de marche nous arrivons enfin au palais, malheureusement impossible d'y pénétrer à cause des congères qui en bouchent toutes les entrèes. 

-Il faut grimper jusqu'au cinquiéme étage, c'est là qu'est la lôge du concierge, mais moi je peux pas je sors d'arrêt maladie. Nous explique le chauffeur.

Le conseiller se déclarant sujet au vertige et donc fort peu volontaire pour une grimpette, me voilà parti, par la face est, la plus difficile dit-on, à l'assaut de mon propre palais vice-royal., élégant batîment de style "guillauminien triomphant".

A-t-on idée aussi d'installer le concierge au cinquiéme et pourquoi pas sur le toît?

Malgré les engelures et sans l'aide d'un quelconque ustensîle alpin j'aborde au cinquiéme, réveille le concierge afin qu'il précipitât une cordée de secours pour mes camarades dans le même temps où je me fais connaître et lui demande le chemin de mes appartements, il m'y conduit sans plus de formalités ni d'égards et derechef  j'entre en fonction et commence à vice-régner en vidant le frigidaire, j'ai une de ces faims moi, l'altitude ça creuse!

(à suivre...)

 

Publié par urbane à 07:20:36 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

NORDNMARK ONE POINT! Journal intîme du Prince Consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.FUMIGANZA 44... | 23 octobre 2011

Cinq Septembre

 

C'est la rentrée, les vacances sont finies, je prépare mes affaires. Ma Poupetkë m'a fait une jolie surprise, pendant notre absence elle a commandé la remise en état du pavillon au fond du Parc du palais d'Hubertsbörg.

Je lui en suis gré quoique je me m'interroge sur ses motivations réelles, ne serait-ce point un moyen de m'éloigner de la vie quotidienne du pouvoir, l'on parle d'une intervention qu'aurait fait auprès d'elle ce salopard de premier ministre afin de me caserner en dehors de toute influence politique, en quelque sorte des arrêts de réserve, moi qui me suis toujours cantônné à ce rôle ingrât de prince consort tout cela  ne fait que me renforcer dans mes projets que je céle à tous pour le moment, tout ce que je peux en dire c'est que le cher Eriktkë le Mauve vient d'acheter pour quatre tonnes d'armements divers au Bravmekistan Antérieur, mais chut! J'en ai déjà trop dit.

J'y prends donc mes quartiers avec le fidéle Pezzolino qui m'a suivi dans mon exil non sans m'avoir distrait quelques objets en prenant le prétexte du déménagement, je m'en ouvre à lui lorsque je ne trouve plus mon second mocassin en peau de parlementaire, un cadeau du cher Eriktkë (c'est très agréable à porter le cuir de parlementaire et je ne comprends pas que l'on ne l'utilise pas plus dans l'industrie des accessoires de mode?):

-Au moins quand tu me voles des chaussures, vole-moi la paire sans quoi cela ne satisfait personne.

-Oh je vous remercie Monseigneur! Me répondit-il en raflant le second mocassin.

Ce garçon a décidément toutes les audaces mais il m'est utile, le cher Eritkë le mauve m'a appris qu'il était correspondant de plus d'une soixantaine de services secret étrangers, je ne vois pas où il prend le temps pour les renseigner tous utilement et dans le même temps brosser mes vêtements, il faut dire aussi que mes costûmes sont si mal brossés qu'il me faut parfois m'en occuper moi-mâme.   

Second indice qui prouverait assez bien une volonté de la Reine de parfaire mon éloignement, l'ignoble Urinald Fun Froeben vient me prévenir dans un sourire que l'on m'expédie au Brumenland comme Lieutenant Général, représentant de la Reine. Le Brümenland comme on le sait est notre dernière possession ultra-marine, terre large et glacée peuplé de 40000 esquimaux (tous parfums !) tous plus ou moins alcooliques et qui jouxte la partie septentrionale de l'amérique. Cette amérique qui guigne notre possession de longtemps avec son bel appétit de vautour nouveau-né. Le Brumnland tient son nom de cette particularité qu'elle recéle en toutes saisons au dessus de sa tête d'épaisses brumes, qu'il y neige perpétuellement et que l'on s'y géle d'abondance

Voilà donc la vie d'un prince consort que l'on nous veut faire accroire insouciante et sans contraintes à force de presse. Un jour envoyé sur l'équateur à se rôtir la couenne sous un soleil inhumain parmi des sauvages et le lendemain ou presque propulsée en quelque contrées caverneuses ou iglootesques parmi des peuplades mêmement primitives, c'est bien simple j'ai dans mon carnet d'adresses tous les emplumés, chefs tribaux et autres primitifs antediluviens de la planête... avec leurs numéros de téléphone portable et celui de leur agent artistique aux Nations Unies.   

 

Cette promotion me trouble, je vais voir le cher Baron Eritkë le Mauve,  dans sa circonscription du Thöf, je le trouve dans le parc de son chateau des Kingoöfzethöf s'entraînant avec ses camarades, tous en unifôrmes

-Regardez Monseigneur les grenades "def "chinoises que j'ai eu en solde...

Il s'amuse comme un enfant pendant que le clairon résonne toutes les cinq minutes, il n'y a que lui qui raisonne d'ailleurs ici d'où ma question:.

-N'y aurait-il pas eu des fuites concernant nos préparatifs. 

-Vous rigolez Monseigneur nous sommes des professionnels! Dit-il en balançant une grenade chinoise qui explose en délivrant beaucoup de fumée, nous suffoquons tous un bon moment:

-Vous vous êtes fait refilé un lôt de fumigênes mon cher baron.

-Salauds de gniaks!

-Vous les avez achetées où?

-Dans un magasin Bomborama de Beyrouth je vais me les faire rembourser, c'est remboursé ou satisfait sur leur pub. S'exalte-t-il en me montrant un dépliant publicitaire en anglais, en arabe et en couleurs

-Votre avis mon cher baron consens-je ou ne consens-je point? D'autant que le Brumenland ça n'a quand même rien de très attrayant.

-Ah je ne crois pas, c'est très agréable au contraire, c'est comme le Thöf... avec les brumes en plus.

Je regarde autour de moi la plaine rase, boueuse et emmoustiquées car nous sômmes en été, ce n'est guère un encouragement à accepter dolemment mon exil.

-Voyez moi à votre place Monseigneur j'accepterais mais à vos conditions et surtout je demanderais que sa Majesté vous accorde le tître de Vice-Roi du Brumnland, cela ... comment dire? Oui cela habituerait les gens si vous voyez ce que je veux dire....

Ce garçon est un fin politique sous ses emportements de brûte expéditive.

Je me rapatrie donc à Upschloüt et dicte mes conditions, il faut croire que l'on a tant envie de se débarasser de moi car elles sont toutes acceptées, quand même j'ai quelque regrets de découvrir que ma Poupetkë se sépare de moi sans réticence ni regrets, car enfin même si le Brumnland est desservi par l'avion, c'est un éloignement quand même, c'est le cher John Branke, rentré lui aussi dans la capitale qui me livre les raisons de ma disgrâce: les américains ont communiqué au Palais des photos infrarouges de notre expédition punitive contre le relais de télévision du Mont Pipard, de vraies pipelettes ces gens-là, mentalité de bonnîches ils surveillent la planéte entière, on ne peut même plus pisser contre un mur sans être géolocalisé, photographié et dénoncé sinon emprisonné. De plus c'est ce cher Petcho Larigaïe qui m'en informe, la Reine aurait appris le mariage catholique de notre douce Klopilde et s'en serait formalisé, c'est d'autant plus ridicule que l'on n'a jamais trop de bénédictions formées sur le bonheur d'un couple, enfin je pars en exil vice-roi d'un pays brumeux et en espérant en revenir un peu mieux que cela mais chuuut!

(à suivre...)

Publié par urbane à 05:11:59 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

NORDNMARK ONE POINT ! Journal intîme du Prince consort (pas) Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 43... | 29 septembre 2011

 

25 Août

 

Ah non décidément ce dîner officiel à l’Elysées ne s'imposait pas, il nous a fallu quitter shorts et tongs pour nous sangler interminablement dans nos atours officiels.

Fun Froeben lui est ravi, il va pouvoir papoter avec ses collégues français même s'il les tient en piètre estîme, il ne prend pas trop au sérieux nos traditions républicaines sur ce point je suis d'accord avec lui il est toujours ridicule de devoir inventer ce que l'on n'avait qu'à recueillir, la France fut grande, sûre d'elle et pérenne sous nos rois depuis la révolution, elle s'improvise des destins successifs et le peuple français ressemble à un auto stoppeur au bord de la route le doigt ou le poing perpétuellement levés et ne sachant où il couchera à l'étape sur un galetas ou dans un lit de plûmes, le plus souvent d'ailleurs il se réveille au lendemain de quelque aventure sur la paille et dépouillé de promesses et d'espérances.    

Pour ce jour je ne fais pas l'effort d'endosser l'unifôrme je me contenterai d'une queue de pie toute diplomatique et de quelques décorations françaises, la reine est Grand-Croix de la Légion d'Horreur je ne suis que commandeur du Mérite Agricole sans doute du fait de mon grade d'Adjudant Général du Génie Rural  et de mon travail inlassable sur mes terres de Bonpéze, l'étiquette a bon dos une fois de plus l'on me compte les honneurs, alors pour défier Fun Froeben et d'autres je n'arbore ce soir que mon "poireau" et ma Médaille de Sauvetage obtenue à dix-huit ans à Saint Kassek’h, modeste station balnéaire de la côte bretonne où je passais alors des vacances studieuses (quoique venteuses)  après avoir échoué une seconde fois (de presque peu) à mon bachot.

J'avais été décoré en sauvant avec mon brave chien Rataplouf un magnifique Terre-Neuve de haute race, une baigneuse allemande d'une noyade inéluctable, il faut dire que j'avais transpercé son matelas gonflable alors que nous nous livrions à des débordements que seule notre jeunesse pouvait excuser et  bataillant au plus profond de son âme amoureuse j'éperonnais dans le même temps de tout mon jeune tempérament l'ustensile pneumatique qui se dégonfla très vite nous livrant à cette mer que l'on dit cruelle et qui se révéla en sus profonde car sans nous en rendre compte, trop absorbés par nos jeux, nous avions dérivé jusqu'au large et même un peu au delà.

La pauvre Helga, elle s'appelait Helga, se raccrochait à moi et quoique puissant nageur, je me raccrochais autant à elle victîme d'une crampe d'après crampe fort mal venue, bref nous coulions ensemble dans beaucoup de cris et d'insultes mais bien heureusement le brave Rataplouf qui écoutait la radio sur la plage en sirotant un Coca, entendant nos cris ou guidé par son seul instinct sauveteur et son attachement à ma personne vint à notre secours en s'engouffrant dans les flôts et en nageant sur plus de quinze cents mètres à l'aller comme au retour, je remerciais le ciel d'avoir opté pour un Terre-Neuve plutôt qu'un Saint-Bernard quand marraine m'avait demandé de choisir entre les deux races pour mes étrennes quelques années auparavant, je ne crois pas qu'un Saint-Bernard eût montré le même atavisme nautique.

Ramenée sur la terre ferme la donzelle pour faire bonne figure devant ses parents et expliquer ma présence à ses côtés, ou plutôt juste au dessus, me présenta en héros à la presse locale tandis que je mettais modestement en avant le fidéle et robuste Rataplouf et ensemble nous fûmes à l'honneur tous les deux et décorés en même temps sur le front des inscrits-maritîmes de Saint Kassek’h par le contre-amiral Lepontantec'h.

Par la suite j'appris qu'il il avait fallu un certain nombre de rustines pour colmater... ma baigneuse, le matelas gonflable étant lui compté pour définitivement perdu.

 

Mais assez parlé de mes exploits maritîmes revenons sur terre, notre bonne terre de France, nous arrivons donc dans la cour de l'Elysée, le chef du protocole nous annonce que la fanfare et le détachement militaire prévus pour nous rendre les honneurs sont en gréve, de fait nous voyons des militaires assis sur le perron et des musiciens la grosse caisse en l’air vautrés sur les graviers. J'ai honte, dans le temps le Général aurait fort aimablement fait fusiller tout ce petit monde mais la mode de la grandeur est passée dirait-on, le président français nous en administre très vite une nouvelle preuve, il n'a invité que des sportifs suédois, et des artistes norvégiens, l'on dira qu'il n'est certes pas passé loin mais quand même. Seule tête connue Charley Bédouani mon « manageure » que je m'étonne de trouver là :

-Bah bah bah! Je suis venu respirer un peu l'air du pays et prendre des contacts pour notre petite affaire et puis je connais bien le petit, je l'ai connu tout petit... oui enfin encore plus petit que ça ... si on m'avait dit qu'il ferait un jour président celui-là...  

-De la discrétion monsieur Bédouani, surtout de la discrétion. Nous ne nous connaissons pas.   

Je regrette de ne pas avoir emporté d'imperméable de soirée et de lunettes noires de cérémonie.

-Bon j'ai commandé des pizzas au caviar pour tout le monde... la pizza tout le monde aime ça! Nous annonce le Président français tandis que nous prenons place, un peu étonné, autour de la table de 150 couverts.

De fait moins d'un quart d'heure après arrivent dans la cour du palais une noria de mobylettes et de scooters et des dizaines de livreurs de pizza entrent dans la grande salle de réception le carton à la main.

-Quelle idée originale! S'extasie la reine très diplômate quoique tout à fait dégoutée.

A ceux qui n'ont jamais eu devant les yeux et les narines une pizza au caviar, je préfére n'en rien dire, une telle recette ne peut germer que dans un esprit malade, c'est parait-il le plat préféré de notre hôte il la déchire à grandes dents, il s'en met partout sur son smoking de videur de boîte de nuit, sa chemise à jabôts de guitariste manouche et jusque sur l'unifôrme de notre Koonradt constellé de noyaux d’olives et qui toujours très à cheval sur le réglement se retient pour ne pas le prendre par le fond de sa culôtte et le propulser promptement sur les pelouses. 

J'ai re-honte. Dans le temps un type comme ça aurait fait une brillante carrière dans les cuisines, à la plonge ou en julôt casse-croûte aux Batignolles mais sûrement pas dans le 8° arrondissement.

Il vérifie longuement les notes, demande leurs papiers à quelques livreurs étrangers, en fait mettre en garde à vue une bonne dizaine. Quel vil flicaillon!

Au dessert pour lui remettre les idées en place je fais venir Fun Froeben, il porte, un peu gêné, quelques bonnes bouteilles de mon vin de noix.

Je suis adepte de la vieille théorie stratégique de la riposte graduée, aprés sa pizza au caviar, je saute le Chateau Bonpéze 2005 pourtant l'un des plus redoutables crus de ces dernières décennies et je passe direct au vin de noix, pas de quartiers, Dieu reconnaîtra les siens.

On n'imagine pas ce que cela peut-être offensif le vin de noix.

Plus encore que Chateau-Bonpéze il est l'objet de tous mes soins, mon vin de noix, c'est une vielle recette du Père Beignalous dont j'ai longuement parfait la mise au point.

-Monsieur le président vous goûterez bien de ce vin de noix que nous élaborons sur notre bonne terre de Bonpéze.

Il me répond qu'il ne boit jamais d'alcool pendant qu'un maître d'hôtel apporte à la Reine, dans une soucoupe, l'addition.

L'ignoble gnôme explique à ma Poupetkë qui lui demande des explications que c'est comme ça maintenant avec les petits pays de l'Europe mais que les cafés sont pour lui.

Je vois ma Poupetkë blanchir de colère et passer la soucoupe à cet imbécile de Fun Froeben qui met sa carte de crédit dans la soucoupe et la regarde s'éloigner avec un gros regret vers la caisse nouvellement installée en fond de salle derrière laquelle trône une grosse femme fardée et en fourrure.

Alors la Reine ouvre l'une de mes bouteilles et remplit le verre du nabot:

-Les ligueurs sont pour moi.

Il est bien forcé de siffler le gobelet. 

Après quoi nous nous levons pour la petite déclaration à la presse et à la télévision.

Au début il tient le coup, mais très vite il tient surtout le pupitre devant lui, s'y accroche, bredouille, remercie le gouverneur de Caracas, crie "merde aux belges!", salue les pingouins libres du monde entier, décroche subitement et s'étale de tout son... court. (à suivre...)

 

Publié par urbane à 03:41:54 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

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