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URBANE TATTACK

LA LITTERATURE AU METRE

Nordnmark one point ! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 23... | 18 novembre 2009

 

15 Juillet

 

Pour la réception officielle au Palais Républicain (C'est comme un palais royal mais sans les traditions multi-séculaires, la simple différence entre l'homme et le singe quoi!) j'inaugure l'uniforme que j'ai commandé. Pour être sûr de ne pas faire double emploi avec l'amiral et ne pas simplement me retrouver avec le même uniforme que lui, quelque chose que je déteste par dessus tout lors d'une soirée, j'ai commandé un uniforme de cérémonie d'Adjudant Général du Génie Rural en velours cotelé, il m'a été livrée sur le navire, c'est une merveille, c'est un excellent tailleur, son épouse taille elle aussi très bien d'ailleurs. Certes le velours est un peu chaud sous ce climat mais j'y ai tout de suite mes aises.

Les services futraks ont invité une quantité de pipoles internationaux, ou plus exactement, et je l'apprends très vite par ce cher John Brank qui ne boude plus ni ne se cache, ils leur ont fait payer fort cher: 10000 Dollars Futraks le droit de me saluer et de dîner en ma bienveillante quoique souveraine compagnie.

-Ils ont fait des prix! Pour le Prince de Galles ils ont du payer 25000 $ l'hiver dernier quand il est venu! Me sussure-t-il avec quelque acrimonie.

-Je vous trouve bien amer depuis quelque temps. Même si le destin vous est momentanément contraire prenez sur vous mon cher. Bi Britiche quoi merde!

-Vous êtes là vous? S'exclame le chef de l'état futrak Jan-Bob Kombinartkë, en me tapant sur l'épaule.

S'il y a bien quelque chose qui m'horripile c'est que l'on se montre familier avec moi lorsque l'on n'est point de mes familiers.

Il porte un smoking blanc luminescent de vieux crooner has-bino-las-végasien.

-Dieu de Dieu vous étes éblouissant monsieur le Président! Le complimentai-je.

-Et attendez vous avez pas tout vu, ça clignote...

De fait sa veste se met à clignoter.

-Et là c'est plein phare!

  Il irradie autant qu'une soucoupe volante perdue en grande banlieue.

-Et vous ne craignez pas que tout cet appareillage électrique ne vous transforme en cible commode.

Il s'éteint d'un coup, plus rien.

-Merde les plombs qui ont encore sauté!Et c'est le problême ici l'énergie, j'avais commandé trois centrales à gaz aux lybiens, mais quand il s'est agit de les monter ils se sont trompés dans les plans, il leur a fallu deux ans pour construire la première et c'est là que l'on s'est aperçu que le gaz de ville venait pas jusque ici!

-Ah il faut se méfier des lybiens, personnellement je n'achéterai jamais un porte-avions à ces gens-là! Intervient assez mal à propos le de moins en moins cher John Brank décidément peu inspiré.

-Qui vous parle de porte-avions ! Qu'est-ce que vous voulez que je foute d'un porte avions mon vieux!

-Notre ami nous entretient des ses problêmes energétiques! Dis-je pour recadrer le débat.

-Et comment vous faîtes vous au pays? Ajoute l'édile futrak en s'illuminant à nouveau, on a remis les plombs, mais il tient compte de ma remarque sécuritaire et se met en veilleuse, programme: star en économie d'énergie.

-Oh nous avons en grande partie résolu le problême grâce à des... des porte éoliennes?

-Des... et à quoi ça ressemble votre  truc.

-Si vous voulez cela ressemble étonnament à des ... des porte avions mais sur le pont sont érigées des dizaines d'éoliennes! Précisai-je en articulant une oeillade à destination de ce cher John Branke qui comprend l'intention.

-Rudement intéressant votre truc! Et ça produit?

-Considérable!

-Et en cas de cyclone tropical comment vous faîtes?

Je ne lui dis pas que les cyclones tropicaux sont denrées rares sur les côtes de la Baltique mais j'improvise sans férir quoi que ce soit:

-Nous les remorquons sur les côtes à l'abri mais de toutes les façons les éoliennes sont rétractables et peuvent être rangées dans l'entrepont.

-Lumineux! S'exclame-t-il en faisant des étincelles et en lâchant de la fumée.

Finalement son chef du protocole vient le débrancher alors qu'il commençait à s'enflammer pour notre idée mais aussi plus physiquement et littéralement par toute sa personne et nous nous retrouvons dans son bureau pour négocier l'affaire avec son ministre du budget et du développement accéléré et durable en charge aussi des dessous de table.

Nous en ressortons une heure plus tard contrats en poche pour une livraison d'une douzaine de porte-éoliennes, Sir John Branke  rayonne (c'est contagieux?) il veut m'embrasser, j'arrête là ses débordements lorsqu'un anglais ancien éléve d'Oxford déborde sentimentalement on ne sait pas jusqu'où cela peut aller:

-Allons mon cher, n'oubliez pas que nous sommes en représentation officiel. Cela ne s'est pas trop mal passé on dirait, vous trouverez bien une douzaine de porte avions en réfôrme et des éoliennes ferraillées à retaper, un coup de peinture et hop! Ah oui  et n'oubliez pas ma petite commission n'est-ce pas?

 -Ah là vraiment vous m'avez étonné Tétesse, ce fut... ce fut grandiose!

A ce moment une très forte explosion retentit et le ciel s'embrase comme dans les meilleurs romans sentimentaux.

Je me tourne vers le Président:

-C'est une fort délicate attention, un feu d'artifice mais il ne fallait pas!

Celui-là va lui coûter les yeux de la tête, il a vraiment très bien fait les choses.

-Qué feux d'artifices! C'est l'arsenal qui vient de péter!

 

Rentré au navire nous apprenons que nos ministres du gouvernement révolutionnaire tsilongais en disponibilité sont parvenus à force de pleurs et de chialades sur leur prétendu passé de descendants d'esclaves victîmes une fois de plus de vils manoeuvres colonialistes à convaincre leurs gardiens de les libérer et ils se sont égaillés, le leader N'Gutu N'Gutu en tête dans les rues de Port Glandulk la capital futrak:

-Il n m'étonnerait pas qu'ils fussent mêlés de quelque façon à la pyrotechnie de tantôt! S'inquiéte sir John Brank Strikeman.

-Eh bien mon cher vous avez intérêt à les retrouver et fissa, si l'autre imbécile apprend que ses artificiers ont fait la traversée à notre bord et que c'est nous qui leur avons refilé cette vérole marxiste et révolutionnaire vous pouvez dire Adieu à vos contrats. Quant à vous amiral je vous ordonne de donner la main, si vous n'aviez pas transformé vos marins en tricoteuses sucrées tout cela et d'autres tristes événements plus révoltants encore ne seraient point advenus!

Ah mais! 

(à suivre...) 

 

Publié par urbane à 02:53:35 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

NORDNMARK ONE POINT ! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza /22... | 30 octobre 2009

 

14 Juillet

 

C'est alors que nous arrivions en vue des Iles Futrak que la révolte tsilongaise éclata au grand jour ... en pleine nuit.

Le ministre délégué au Budget demanda le remboursement immédiat des avances consenties à Sir John Branke pour le fourrage de ses chevaux de polo, celui-ci  pour détourner leur colère et faire diversion leur rappela que nous étions le 14 Juillet  dâte émouvante et parlante pour n'importe quel révolutionnaire de carrière et plus encore si les sus-dits révolutionnaires malgré leur position éminente et leur conscience prolétarienne impeccable étaient pour ainsi dire  humiliés, exploités par les impérialistes et les tenants de l'obscurantisme le plus courônné (allusion très fine et adroite quoique assez déloyale que le cher John-Branke fit à à ma personne régnante pour opérer plus complétement sa diversion toute tactique mais qui risquait de me coûter cher!)

Accessoirement ils les avaient fait boire puisant à larges mains dans ses stocks de Whisky écossais Mac Roowin-Blank 20 ans d'âge qu'il avait sauvé de son conjungo naufragé.

Si bien qu'il ne fallut pas longtemps pour que les ministres tsilongais se missent à faire un boucan du diable et de réveiller tout le monde.

Je croisais l'Amiral en pyjama dans le couloir et très vite nous croisâmes, en pyjama, les révoltés très remontés et... à poils comme revenus à l'état de nature en "sans culottes" donc. Outre les revendications toute pécuniaires et qui somme toute ne nous concernaient pas, ils exigeaient d'être déchargés des corvées et d'être logés et traités selon leur qualité ministérielle.

L'amiral se rendit... à leurs doléances, il se rendit même tout simplement leur abandonnant les clefs du navire:

-Les papiers sont dans la boîte à gants sous le radar de surface.

Moi-même je n'en menais pas large, ce qui est le comble sur un navire de haut bord! Quand au Père Fulmance des Emplettes il se préparait déjà avec quelque gourmandise au sacrifice suprême, à son martyre prochain promulgué par des mains et des esprits impies voués tout entier au matérialisme le plus bas.

Heureusement l'on venait de repêcher le fourbe Pezzolino et il nous arriva tout dégoulinant et grelottant dans le couloir au moment où ces messieurs se proposaient de pendre l'unique représentant royal que j'étais en ce jour commémoratif de la prise de la Bastille et de la fin toute provisoire des tyrans supposés.

Ils se promenaient partout en me poussant tout ficelé devant eux et en chantant leur hymne odieux et séditieux, la fameuse "Marche à l'aise!".

Quelle idée j'avais eu aussi de laisser embarquer toute cette canaille bolchevique!

-On pourrait se le guillotiner à la bonne franquette avec un  hachoir de cuisine convenablement aiguisée? Proposa le Secrétaire d'état aux  Sports  (Collectifs bien sûr!).

-Tu as déjà décapité toi camarade quelqu'un avec un hachoir de cuisine? S'étonna N'Gutu N'Gutu qui ne manquait certes pas d'esprit pratique.

-Oui camarade suprême, dans le temps une secrétaire de cellule qui voulait absolument voir les comptes de la cellule dont j'étais le secrétaire adjoint. Je n'avais que ça sous la main, j'étais jeune, ah ce n'est pas le plus commode, je me souviens, je m'étais bien coupé d'ailleurs mais en s'appliquant...

-On va pas en faire une julienne non plus! Et puis celà manquerait de dignité prolétarienne.

-Oui mais Camarade Suprême il souffrirait!

-Certes et ce n'est pas à négliger  

Je disais donc bien heureusement le "à nouveau cher Pezzolino" tout en continuant de grelotter d'abondance comprit d'un seul coup d'oeil la situation et se précipita chez Petcho Larigaïe et le cher Eriktkë le Mauve avant que les mutins mutins n'eussent eu l'idée de les enfermer dans leur cabine et l'on imaginera ma joie lorsque la répression toute militaire et même soldatesque s'abattit sur les commémorateurs, répression conduite par mes compagnons qui avaient levé en un minimum de temps une milice populaire parmi l'équipage.

Eriktkë le Mauve proposa derechef de pendre un ministre sur deux. 

-Pour l'exemple et parce que cela décorerait joliment le navire en entrant dans Port Glandulk la capitale des Isles Futrak.

Je décidais de ne point pavoiser et de faire taire tout esprit de revanche (même à l'endroit de ce "cher" John Branke, où se cachait-il celui-là ?) :

-Mettez-les à vieillir en  câle mon cher, ils s'y bonifieront. décrêtai-je à nouveau régnant  car... détaché ... spirituellement aussi.

N'Gutu N'Gutu éleva une protestation qui lui valut un vigoureux coup de pompe du cher Eriktkë. 

Il s'en souviendrait de son voyage officiel clandestin le camarade suprême.

Et c'est dans une entente renouvelée entre nous tous, seuls et authentiques Nordmois, du matelot cireur de ponts à l'Amiral cireur de pompes, il cherchait à se faire pardonner ses égarements successifs à l'endroit de l'altesse royale que je demeurais malgré lui, que nous fîmes au matin notre entrée dans Port Glandhulk... (à suivre...) 

 

Publié par urbane à 02:54:20 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

Nordnmark one point ! Journal intîme du Prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 21... | 10 octobre 2009

13 Juillet

 

J'ai quelque peu délaissé la tenue de mon journal durant cette traversée, il faut dire que j'étais trop occupé par mes problêmes hépatico-gastriques, je pense maintenant que tout cela est dû à une défaillance de mon oreille interne droite, la gauche va bien, mais la droite est sans doute le siége et le départ de ces incommodements et nausées divers, mauvais réglages, il faudra que je consulte lors d'une prochaine escale, sinon pendant cette semaine de navigation peu d'incidents notables hormis une tempête, une mutinerie et un naufrage... putatif à signaler.

 

Moi-même dois-je l'avouer je n'étais pas trop conscient des événements, enfermé comme je l'étais dans ma salle de bains où je me rafraichissais des heures durant au dessus de la cuvette.

-Ne dirait-on point l'Amiral? Me dit le ministre tsilongais de la réforme agraire en passant l'éponge dans ma baignoire. (une réforme agraire sur trois pieds carrés de terre subsistant ne devrait pas lui valoir beaucoup de nuits d'insomnie).

Je mets le nez au hublot et j'aperçois de fait l'amiral, son état-major, ses marins et même l'orchestre du bord qui nous font de grands signes depuis les chaloupes où ils ont pris place:

-C'est étonnant pourquoi ont-ils quitté le bord? S'interroge-t-il?

-Sans doute vont-ils faire du shopping? Il y a quelque terre détaxée en vue? Lui réponds-je.

A ce moment Pezzolino passe dans le couloir avec trois gilets de sauvetage autour du corps:

-Mais où allez-vous comme ça mon garçon?

-Je vais... je vais nager un peu.

Je m'apprôche de lui, l'attrape au col:

-Mais dîtes-moi ce sont mes gilets de sauvetage en cheviotte que vous portez là bougre de saligaud!

-Je... je les porte au pressing Monseigneur.

 Pour l'achever, moralement parlant  je le regarde dans les yeux, mais profondément et en vrillant, je peux être une vraie tarière quand je le veux:

-Dîtes-moi la vérité, animal: nous coulons?    

-Euh... on en parle... excusez-moi Monseigneur le pressing va fermer! Et il réussit le serpent à m'échapper et à s'enfuir vers le pont supérieur.

Sir John Branke qui faisait une sieste vient aux nouvelles:

-Que de bruits et de mouvement! Altesse j'espére que vous vous portez mieux.

 -Moi sans doute c'est le navire qui est au plus mal semble-t-il.

-Ah bon... oui celà remue en effet mais j'ai connue bien pire. Une scéne de ménage de Calina cela chavire aussi.

-Mais où est notre ami Eriktkë?

-Ne m'en parlez pas Altesse, lui et ses compagnons ont  joué  aux cartes toute la nuit, je ne suis pas ennemi des distractions mais quand même.

Nous partons en délégation vers sa cabine, il gît sur sa couchette physiquement et moralement ruiné tandis que Petcho Larigaïe exulte, il a devant lui un énorme tas de haricots secs:

-Il a perdu 78546 haricots et moi j'en ai empoché 124895!

Il est véritablement trés fier de lui et exulte littéralement:

-Et que comptez-vous faire de cette somme considérable... de haricots mon ami?

-J'hésite soit je les mets de côté... pour la retraite... soit un cassoulet pour fêter notre naufrage!

-Allons allons pas de défaitisme mon garçon! 

-Un naufrage j'en suis! Gueule le Baron mauve en se levant de sa couche le sabre érigé. Aux postes de combat mes braves!

Il me rentre à peu prés dedans:

-Tétesse commandez nous obéissons! Où dois-je mourir pour vous?

Commander face à la vague, rien que l'idée me rend malade et je m'en vais me soulager dans les lavatories.

D'ailleurs cela tangue beaucoup moins, la tempête se calme. Aprés une heure l'Amiral Chips Thor Bahlsen (et son grand orchestre) réintégre son bord et reprend la barre des mains de ce cher Sir John Brank qui est un très fin barreur, n'a-t-il pas dans le temps gagné les grandes régates de Sprung on the Bitch et il a magnifiquement barré le gros animal pendant son absence coupable, il m'avait proposé de le conduire, mais dans mon état cela n'eut pas été raisonnable, et puis je ne prends vraiment de plaisir qu'à la conduite des ferries!

-Eh bien mon cher Amiral, alors quoi une absence? L'humiliai-je de la voix et du regard, encore un peu plus profond que celui que j'adressais ce tantôt au pauvre Pezzolino.

-C'était un simple exercice de sécurité à la mer Monseigneur, je n'ai pas voulu ennuyer Monseigneur avec les manoeuvres habituelles de bord... Monseigneur.

-Dis Tétesse et si on les passait à la planche tous ces lâches déserteurs! Me propose Eric le Mauve de sa voix de basse non pas chantante mais gueulante.

-L'incident est clos mon cher Baron.

-Bougres de pacifistes! Eructe-t-il (il éructe magnifiquement!) en levant haut son sabre, il mesure plus de six pieds.

Il n'en reste pas moins qu'il est quand même incommodant et pour tout dire peu rassurant de naviguer sur un navire dont le commandant peut quitter son bord et vous abandonner d'une minute sur l'autre à n'importe quelle fortune de mer sans même vous en avertir.

-Un homme à la mer! Crie l'homme de quart à la hune.

Je ramasse une paire de jumelles, je distingue très bien un homme fort malmené par les vagues encore contondantes... mais c'est cet imbécile de Pezzolino qui s'est jeté à l'eau à contretemps:

-Ce n'est rien, mon valet de chambre, enfin si vous avez quelque loisirs repêchez-le il a sur lui la clef de ma malle à cravâtes! Cela me contrarierait de la perdre. (à suivre...)

 

Publié par urbane à 21:04:22 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

Nordnmark one point ! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 20... | 18 septembre 2009

 

7 Juillet

 

Deux jours de calme ou à peu prés, comme tous les jours après le repas je vais agréablement le vomir sur la passerelle, l'Atlantique cela bouge quand même, mes aptitudes amphibies semblent m'avoir complétement abandonné, je ne comprends pas.

Quelqu'un se met à crier en dessous alors que je reléve la tête, soulagé d'un gros poids:

-Ma Vafanculo stronzo! Figlio di puta!

Je reconnais la voix de cet imbécile de Pezzolino, il était en train de manger son énième pizza sur un transat et il semble peu apprécier le nappage que je viens de lui livrer sans supplément.

 

Je regarde les matelots s'affairer, les uns lavent le pont, les autres font des travaux de couture, parfont leur bronzage où se consacrent à leurs tricôts, drôles de guerriers, il est vrai que le pacifisme niais dans quoi ils baignent depuis l'enfance ne les prédisposent certes pas aux grandeurs et servitudes militaires, au beau métier de soldat.

D'autant que le ministre de La Défense (mais rien de plus!) a fait repeindre en rose tous les batîments de la flotte y compris les sous-marins maintenant déguisés en suppositoires flashy.

J'en suis là de mes réflexions peu aménes quant à l'évolution du monde quand tombent sur les ponts une demi-douzaine d'hommes-grenouilles!

 

Ah non là je n'ai rien fait pourtant! Qu'est-ce qu'il se passe encore?

Les marins lévent les mains en l'air, un réflexe pourtant à proscrire dans le corps de troupe car il devient vite une habitude néfaste et nuisible au moral des hommes.  

L'Amiral arrive pareillement érigé avec son état-major au complet quand le chef de nos assaillants aéroportés qui brandit un sabre  retrousse sa capuche d'homme grenouille et apparaît alors le visage rubicond de Eriktkë le Mauve, à ses côtés tout aussi hilare le cher Petcho Larigaïe.

Je fais signe à tous de baisser les bras, c'est vrai c'en devient déprimant et j'emmène mes batraciens dans l'arrière-pont.

-Voilà Monseigneur vous m'aviez demandé d'organiser une rencontre avec le Baron Kingööfzethöf, c'est fait.

-Fort bien et je vous en remercie mon cher ami mais ne vous avais-je point mentionné la discrétion comme condition dirimante.

-Dirimante? C'est grave? Va falloir que j'en re-référe...

-Brisons-là mon cher ami et laissez-moi en tête à tête avec le baron, je vous prie.

Eriktkë le Mauve est encore tout triomphant de son exploit aéroporté dont je le félicite sobrement:

-Monseigneur est connaisseur, je le sais.

-J'ai fait mon temps à Saumur...

-EXXcellent!

Je ne lui dis pas que j'y avais été versé  dans les troupes à pied et plus précisément dans le service auxiliaire à la suite d'une cabale aprés que j'eusse nourri la monture d'un chef d'escadron avec une luzerne fermentée qui fit gonfler la pauvre bête jusqu'à son éclatement finale, vrai il y en avait partout . C'était un animal de prix avec quoi il devait concourir aux jeux olympiques dans les épreuves montées de saut d'obstacles, le pauvre garçon, démonté, n'eut plus que la ressource de s'inscrire dans les épreuves à pied où il ne brilla point.

-... puis dans les troupes de marine à Castres.

-EXXcellent! EXXcellent !

Bien que marsouin je ne vis jamais la mer! Consigné aux quartiers par un commandant de compagnie parachutiste qui se scandalisa lors de notre première sortie du fait que je sautasse en pyjama, c'était pourtant un exercice de nuit.   

Aprés quoi je demandais à monsieur mon père d'intervenir dans le cours de ma carrière militaire à fins d'obtenir une affectation plus en rapport avec mes compétences et c'est ainsi que je me retrouvais au tître de la coopération à Gstaad  où je participais à l'implantation de nouvelles remontées mécaniques, expérience très enrichissante, humainement parlant.

-Malheureusement ce que je vois ici n'est guère encourageant!

Je lui désignais du geste non la vastitude de l'océan mais notre contre-torpilleur rose bonbon.

-Certes! Certes! Quelle honte!

-Jusque où tomberons-nous? Vous êtes parlementaire vous mâme?

-Je ne m'en vante pas Monseigneur!

-Malgré tout vous êtes une voix, cher baron, et l'on vous entend, et l'on vous écoute!

-Certes; certes mais l'on m'inculpe plus souvent que l'on ne m'écoute Monseigneur.

-C'est signe que l'on vous craint et que votre parole porte!

-Dans les prêtoires...

Je l'espérais plus saignant le viking.

-Quand même lorsque je découvre les projets de loi que vos collégues se proposent de mettre aux voix... dernièrement encore ces assurances que l'on voudrait prendre sur ma personne sous le prétexte de ne point avoir à dépenser dans un futur improbable l'argent des contribuables...

-Mais ils s'en foutent bien Monseigneur, ils ne veulent que vous... vous diminuer!

-C'est le mot que je cherchais! Ne serait-il possible pour une fois de leur rendre la pareille et tout en conservant l'esprit de salubrité publique de cette proposition de l'orienter vers d'autres instances, autrement plus encombrantes et dépensières que ma très modeste personne...

L'on remarquera avec quelles précautions et subtilités et tournures et nuances et apaisements de langage, l'écrivain que je suis s'était engagé sur ce terrain miné mais je ne peux dire autrement que la réponse de Kingööfzethöf  exprima tout abruptement ma pensée et mes intentions:

-Vous voulez couper les couilles au chef du gouvernement mais c'est mon rêve de toujours Monseigneur!

L'idée l'avait ranimé et il commençait de s'exalter avant que de buter sur le premier obstacle:

-Mais comment ce faire Monseigneur?

-Une proposition de loi de stérilisation des parlementaires?   

-Je ne peux proposer une loi dépopulatoire, même pour des saloperies de parlementaires de merde, mon public ne l'accepterait pas. Dans le Thöf l'hiver hors la baise il n'y a rien pour s'occuper depuis qu'ils ont interdit la chasse aux Rennes et classer les agents des impôts en espéces protégées!

-Et bien agissons comme eux, camouflons notre intention finale     dans une loi de lutte contre le machisme et promouvant l'égalité contraceptive.

-EXXcellent!

Il se propose de déposer son texte dés la rentrée parlementaire en attendant je l'invite à nous accompagner dans notre périple.

-C'est beaucoup d'honneur Altesse pour un petit baron batailleur comme moi.

-Appelez-moi donc Tétesse comme tous mes amis mon cher Eriktkë.

-Ah Tétesse voici mon sabre il est comme moi tendu dans l'espérance de vos ordres.

-Repos Baron!

Nous en restons là de nos effusions toutes viriles et je m'en vais finir de vomir mon dessert, le Baron Mauve a une haleine lourdement chargée. Malgré tout quelle excellente recrue que voilà! (à suivre...)

 

 

Publié par urbane à 05:04:38 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

Nordnmark one point ! by H.T.Fumiganza journal du prince consort Raoultkë de Nordnmark 19... | 23 août 2009

5 Juillet

Je ne cacherais pas que les premiers jours passés à bord me furent pénibles. Incroyable ce que cela peut tanguer un contre-torpilleur, il est vrai que celui-ci n'est pas de la première jeunesse, tiens c'est à noter cela, j'en toucherais deux mots à Sir John Branke: le possible remplacement du sus-dit navire par un plus nouveau, au moins mieux récent.
Est-ce le soudain dépaysement, les ennuis familiaux, bref j'ai été malade à n'en plus pouvoir, je me flatte pourtant d'avoir toujours eu l'âme et le pied marins, allez savoir.
Et cet imbécile de Pezzolino qui s'engouffre de renouvelées pizzas à longueurs de journée et presque sous mon nez.
J'aimerais d'ailleurs bien savoir comment il se les fait livrer à bord.
Nous quittons bien heureusement la Baltique par une porte dérobée et enfourchons gaillardement l'Atlantique, après c'est longtemps tout droit:
-Mais il ne faut pas rater la sortie! Me dit cet imbécile d'Amiral alors que je me renseignais auprès de lui sur la route que nous aurons à suivre.
Le cher Sir John Branke passe une grande partie de son temps avec la délégation tsilongaise, le leader perpétuel N'Gutu N'Gutu 
se plaignant d'être chaque jour de corvée de pluches pendant son voyage officiel.
Et quoi il a bien fallu leur trouver une occupation, rien de plus dangereux qu'un leader révolutionnaire à qui l'on n'occupe pas les mains, alors j'ai donné des ordres pour qu'on le mette lui et ses ministres à la cuisine et aux tâches ménagères du bord .
Je retrouve quelque accalmie hépatico-stomacale sur l'Atlantique jusqu'à ce que ce cher Sir John Branke vienne me trouver fort alarmé:
-N'Gutu N'Gutu s'étonne que les couleurs Tsilongaises ne soient pas hissées en haut de mat prés du drapeau Nordmois?
-Et quoi encore?
-C'est qu'il est votre hôte et toujours chef d'état selon les usages internationaux qui n'ont rien prévu en cas de submersibilité du sus-dit état, d'autant qu'il demeure toujours un ilôt émergé de trois pieds carrés.
-Et bien qu'il aille donc y vivre sur ses trois pieds carrés, si nous passons devant je l'y ferais déposer avec toute sa troupe! Enfin cette farce va-t-elle bientôt finir mon cher ambassadeur? 
-C'est qu'il menace d'appeler en phonie la Caisse d'Epargne d'Uügsborgh... s'il découvre que le compte est vidé...
Je le sens ému et pour émouvoir un britannique de carrière il faut un peu plus qu'un krach boursier ou un sacrifice de belle-mère.
-Et bien soit nous ferons hisser votre torchon nous dirons que c'est là mon nouveau pavillon personnel.
-Ah merci Tétesse... véritablement merci, vous m'êtes merveilleusement amical, c'est d'un brave!
Je demeure accoudé au bastingage, réconforté par ce bel élan et dévisageant l'Atlantique, c'est vaste il n'y a pas à dire.
Je suis en pleine évocation intérieure, invocation poético-philosophique lorsque, levant le nez sur les mouettes, surgit devant mes yeux le drapeau tsilongais que l'équipage est en train de hisser. Je fais appeler Strikeman qui surveille l'opération prés de la délégation Tsilongaise au bord du ravissement.

-Ah vous voilà! Dîtes-moi cher Brank ne dirait-on pas... enfin une paire de...
-Mais c'en sont Altesse, adroitement stylisées: une paire de testiculous de bélier avec un membre turgide au milieu: symbôle de force et de virilité du peuple tsilongais agrémenté d'une faucille et d'un pezburn, c'est un outil agricole, je ne saurais en traduire l'utilité, pour marquer son attachement prolétarien à la cause des peuples, au centralisme démocratique, à l'agriculture administrée et à tout ce genre de choses, l'ensemble sur un très joli fond rouge sanglant et...
-Et c'est ce... cette saloperie bolchévico-rurale que vous m'avez faite accrochée... cet ignominie qui voisine avec nos trois couleurs... bleues... ah non là mon cher... non là vraiment...
-Ne vous tourmentez pas outre mesure cher Tétesse. Dés que nous entrerons dans un port nous les masquerons aisément, j'ai l'habitude vous imaginez bien dans la diplomatie, il faut savoir mettre ses couleurs dans la poche, in ze pocket of ze queen's trousers comme disait mon oncle dans le jardin de ma tante, ce ne sont là qu'enfantillages de peuplades primitives, regardez plutôt comme ils sont contents, ah je ne vous remercierai jamais assez Altesse de...
Je n'entends plus rien de ce qu'il me dit, un vacarme infernal occupant l'air, je regarde sur le pont en dessous, ces p... de nég... les tsilongais s'agitent avec frénésie en tapant sur des bidons d'huile et en vociférant.
Ce pauvre Brank ravi me gueule à l'oreille:
-C'est leur hymne national et révolutionnaire: "la Marche à l'aise" et je me permets de vous faire remarquer chére Tétesse qu'ils la chantent toute entiérement en français pour en marquer uniment le caractère fougueusement révolutionnaire. 
Peuple attachant que ces tsilongais... ne puis-je m'empêcher de penser ému en me raidisssant au passage de leur hymne francophonée. (à suivre...)

Publié par urbane à 01:52:01 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

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