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URBANE TATTACK

LA LITTERATURE AU METRE

Nordnmark one point ! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 14... | 03 mai 2009

27 Juin

 

Muni d’une fausse barbe, d’une perruque, d’un imperméable, de lunettes noires mais beaucoup plus noires que d’habitude, d’une canne sabre télescopique je m’en vais à travers la ville incognito. J’ai pris rendez-vous avec un professionnel reconnu, français qui plus est, qui vit maintenant en notre belle ville capitale pour se reposer d’une longue et trépide carrière parisienne. Je ne me suis confié à personne j’ai regardé dans le bottin à la rubrique  « artisses managère  » et je suis tombé sur ce nom le seul de sa rubrique: Charley Bédouani. Il me parlait. Où l’avais-je rencontré ? Je me suis souvenu enfin: il m’avait été présenté lors de l’inauguration d’un festival des traditions et folklores à Upsalup, il manageait une troupe folklorique : Herk Trahüdertkë à forte teneur en grandes blondes mamelues. Une merveille, quoique leur prestation, eut été quelque peu dérangée par les dissipations de l’ourse polaire qui était sensée les accompagner dans leur chorégraphie et avait fini par s’échapper et éventrer le Groombler-solo (il joue du Groomble, une sorte de cornnemuse à double-panse et dont il sort un son qui imite quelques fois celui de souris que l’on écrase, d’autres celui d'un lavabo qui se vide ! Un bon instrumentiste peut réussir des merveilles avec cet engin qui ressemble un peu à une énorme paire de testicules (c’est étonnant comme en ce moment le sujet revient dans mes écrits, j’y vois comme un intersigne du destin.). C’est très curieux ! Pas désagréable mais au bout de six heures de Groomble on a envie de lui crever la panse, c’est dire si l’intervention de l’ourse polaire avait été pour moi plutôt une délivrance. ). (a-t-on remarqué que dés que je me lâche un peu la bride ma phrase se fait proustienne, un critique littéraire à écrit que quelques fois dans mes écrits l’on se croirait invité à une fondue ! J’ai pris cela pour un compliment bien sûr.).

A la fin de la représentation il avait tenu à me présenter ses artistes, toutes magnifiquement douées, j’avais d’ailleurs eu une liaison avec… les choristes (il y en avait quatorze, mon record personnel est de 22, toute une ligne de caissières dans un hypermarché que j’avais inauguré en province, j’étais plus jeune alors, et la Reine moins jalouse, heureux temps.)

 

Ses bureaux se tiennent dans le quartier du Port, pas le plus sélect donc, mais plein de vie et de passage. Au septiéme sans ascenseur, sans doute la vue sur le port doit-elle être particuliérement remarquable pensai-je pour m’encourager, je suis décidé à prendre les choses du bon côté.

Arrivé, essoufflé, malgré ma pratique quotidienne des sports, on le serait à moins, sur le palier du septiéme étage, je respire un temps, je m’apprête à sonner quand j’entends des voix, une discussion, presqu’une dispute derrière la porte :

-Ah Mauricette tu me fous bien la paix ma fille, je rentrerais quand mon avocat me dira que je risque plus rien, moi aussi je me fais chier dans ce trou pourri mais j’ai pas envie de retourner en taule ! Entre les douânes, les impôts et les trafics du beau-frère tu crois pas qu’ils vont me laisser en paix. C’est les poucettes dés ma descente d’avion ouais !

A l’accent, aux intonations je reconnais la gouaille d’un natif d’Algérie, quelque pied-noir babelouédien très haut en couleurs et propre à animer la grisaille de notre capitale nordique!

Je toque à la porte :

-Qu’est-ce que c’est encore quoi merde ?

Il m’ouvre, l’homme a dans la soixantaine et quelques et il porte une perruque blonde et chevelue de travers et de grosses moustaches postiches dans les mêmes teintes, l’on pourrait croire qu’il s’est déguisé en viking fausse-blonde, ou en supporter de football.

-C’est pourquoi ?

-Je vous ai téléphoné, j’ai pris rendez-vous je suis monsieur Hank Dedank…

-Ah ouais c’est vous l’artisse de variétés,… venez allons dans mon bureau… permettez je dis un mot à ma secrétaire…

J’entends :

-Mauricette merde !

Son bureau tient plutôt du cagibi, il me rejoint, replie vivement la planche à repasser et balance le chat dans le vide ordures:

-Vous avez un accent ? Vous êtes belge ou quelque chose comme ça ?

-Je suis français.

-‘pas possible, ça alors ça fait plaisir un pays et qu’est-ce que vous venez foutre dans ce pays de merde ? Ah oui vous m’avez dit de la variété. Vous tombez bien j’implante un bureau ici, j’ai décidé de m’ouvrir à l’international, en ce moment je lance un groupe de pop blonde, deux barbus blondinets et deux pétasses d’anthologie c’est de l’ukrainienne d’importation, diplômées de Mathématiques et de Physique Appliquées, je les ai eues pour rien mais sans mentir on croirait de la caissière suédoise,  OBBO ça s’appelle, vous saisissez le concept, on importe les chansons de Roumanie et les chorés de Moldavie, là-bas la main d’œuvre est bien moins chère, on a un parolier/plongeur pour 80 Brelotkën et un musicien/arrangeur/ qui sert en terrasse pour moins de cent. Ce qu’il nous faudrait ce serait d’être sélectionné pour l’Eurovision mais ça c’est magouilles et compagnie… il y a des choses que Charley Bédouani ne fait pas…

J’aurais bien voulu savoir lesquelles ? Mais trêve de jugements moraux il me semble être l’homme de la situation: un professionnel.

Je m’assois, retire barbe, perruque et lunettes :

-Et ce groupe folklorique Hërk Trahüdertkë vous ne vous en occupez plus ?

-J’ai eu des problêmes avec le bétail, je les ai vendus à l’export à un collégue libanais qui s’occupe de la remonte de blondes pour les émirats… mais…mais on se connaît… vous… vous êtes… oh misère !

-Pas de nom je vous prie !

Je lui explique dans le détail ce que j’attends de lui et il convient de la justesse de mon analyse :

-Vous avez raison, il faut professionnaliser la fonction. Regardez en France le Président qui a été nommé ! Il est professionnel, dynamique lui ! Il est éclaboussant de classe !

-Oui mais il tâche un peu non !

-Bah ça c’est normal… quand on éclabousse on tâche toujours un peu !

-Quand même je voudrais quelque chose de moins tapageur et puis j’ai besoin d’une attachée de presse qui…

-Mauricette !

-Plaît-il ?

-Ma fem… secrétaire est une ancienne attachée de presse, elle fera très bien votre affaire.

-Fort bien, convenons d’un rendez-vous… mettons le 18 en 15.

-C’est  noté Mons… Monsieur Dedank. Je vous raccompagne.

-Charley oublie pas de descendre les poubelles et de remonter le chat ! Crie sa secrétaire, la charmante Mauricette, ma future attachée de presse.

 

Sur le trottoir je le quitte rasséréné, ai-je tort, l’avenir en décidera. (à suivre...)

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Publié par urbane à 00:35:26 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

Nordnmark one point ! Journal intîme du Prince consort (pas) Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 13. | 03 avril 2009

 

26 Juin

Autre motif de contentement les premiers journaux parus ont titrés sur mon prétendu coup de folie et le détournement supposé du car-ferry Carl-Emmanuel Proustkë (1654-1732 inventeur du carré pané!), leurs démentis ultérieurs et la proclamation de mes mérites, sans doute exagérés, je le concéde, me remplissent de joie vindicative.  
J’ai fait un retour triomphal au Palais, il m’a fallu me montrer et saluer les populations accourues pendant une bonne heure au balcon prés de la reine et des enfants, le Fun Froeben restant en arrière-plan dissimulé dans les rideaux (incroyable quand on y songe le nombre d’années que ce type aura passé dans les rideaux du Palais ! Il faudra que je lui en offre une paire quand il partira en retraite.) Après ce ne furent qu’ovations et applaudissements. Profitant de ma position j’ai émis le vœu lors du déjeuner de faire remettre en état le pavillon de chasse du grand-Père dans le Parc.
Ma Poupetkë n’a pas osé faire valoir le coût des travaux malgré les messes basses de Fun Froeben toujours planqué dans ses rideaux.
-Nous verrons…
-C’est vrai quoi je n’ai pas d’endroit à moi, bien à moi, un écrivain a besoin d’un tel lieu un peu sacré où…
-Où vous pourrez emmener vos gurgandines ! Grince la chère Gretaetkë en reprenant de la morue aux betteraves. 
-Si vous me consacriez un peu plus de temps ma chère, je serais moins enclin à céder aux tentations.
A ce moment le ponctuel Pezzolino entre les bras chargés de journaux dont un Upshlöut-Match dont je fais la une. Ils ont mis une photo de moi pas très fameuse mais fort épique où l’on me voit titubant entre deux hommes grenouilles la tête en sang et les testicules à l’air, entrant au commissariat d’Umpingen c’était juste avant que l’un des gradés me prêtat un slip. 
J’enfouis le périodique sous d’autres moins tapageurs mais tout autant à ma gloire et exploitant mon avantage, ainsi que nous en avons convenu avec l’ex-pizzaiolo je demande avec quelque ingénuite et un très certain détachement :
-Au fait combien en avons-nous sauvés exactement fidéle serviteur ?
Il sort un bloc de garçon de café et récite :
-1652 suédois, 764 norvégiens et 489 nordnmois plus 53 albanais, 27 chinois, 11 italiens et 3 français Altesse.
-Trois français quand même ! Songeai-je en allumant un cigare… je mérite une seconde Médaille de Sauvetage, (les français m’ont même attribué la Médaille du Travail. Ah les braves gens !) il faudra que j’en parle au nouvel ambassadeur de France que l’on vient de toucher ce Monsieur Chtarbais de la Chtarbotière dont ce cher John Branke m’a dit le plus grand bien : 
-Je vous en prie mon ami…
-Plaît-il ma Poupetkë ?
-Votre cigare, Raoultkë, mon cher vous nous incommodez…
Quels enquiquineurs tous ces hygiénistes nordiques! Depuis qu’ils ont interdit le tabac partout ils ont décroché le record mondial d’ulcéres de l’estomac et de cancers de l’anus. 
Je vais sur le balcon et ce sont des acclamations, je salue avec plaisir, je donne de ma personne sans compter mais la Reine, sans doute un peu jalouse de ma nouvelle popularité me rappelle à l’ordre :
-Rentrez je vous le demande, vous n’allez pas passer votre journée à saluer nos foules.
Me soupçonnerait-elle de quelque arrières-pensées putschistes, taquin, je cueille mes lunettes noires dans la poche de ma veste et quitte la piéce sombre et arrière-pensif.

Finalement je vais fumer mon cigare dans les toilettes des conducteurs de carrosse au sous-sol, c’est interdit partout ailleurs, ils ont même mis des alarmes et des barbelées autour des cendriers, mais eux ont conservé le droit de fumer, une tolérance dû au fait que de tradition ce sont des hongrois qui par le passé et précaution étaient castrés avant de nous être envoyés mais sont maintenant recrutés parmi les magyars ayant eu les oreillons dans leur jeunesse. En compensation ils dépensent en cigarettes ce qu’ils n’allouent pas aux dames faute d’appétence.

Pendant que je tire sur mon cigare assis sur la lunette cette idée me trotte, après tout prince consort ce ne peut-être un but dans la vie, il y a mieux à faire si je passais roi à plein temps, sans dessaisir complétement la reine s’entend et même en lui conservant tous les droits… d’une épouse légitîme, mes ennuis seraient terminés, je n’aurais plus à quémander et je ne serais plus sous la menace de lois scélérates qui du jour au lendemain pourrait me naturaliser hongrois.
L’erreur c’est cette foutue démocratie représentative bourgeoise très dix-neuviéme rentier, complétement dépassée et qui ne représente rien sinon quelques intérêts subalternes mais sûrement pas ceux supérieurs du pays.
Pour ces députaillons la famille royale est tout juste tolérée et encore au titre des minorités visibles.
Mais le peuple lui nous aime, ne serait-ce que parce que nous les distrayons. Au vrai nous sommes un loisir pas cher nous autres « royals ». Par sujet à l’année ? Pas même le droit d’entrée dans un parc d’attractions ! Et avec nous les suppléments sont gratuits. 
Oui il me faut m’adresser directement au peuple, avec la démocratie directe jamais ces saligauds de parlementaires n’auraient pu faire guillotiner notre cousin Louis le seiziéme.
L’instant est historique :
Première résolution, décrêtai-je en tirant la chasse, je vais me munir d’un attaché de presse personnel, et je ne passerai plus par les services de relations publiques du Palais pour mon planingue. 
Seconde résolution décidai-je en me mouchant dans du papier toilette, je vais prendre un agent pour s’occuper de mes droits… mieux un managère, je vais professionnaliser la fonction. C’est ça ! Je m’en vais te professionnaliser la fonction !
Troisiéme résolution: changer de marque de papier toilette, celui-là pue! (à suivre...)

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Publié par urbane à 05:17:50 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

Nordnmark one point! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 12. | 24 février 2009

 

-Hep ticketkë ! M'interpelle le controleur.

L'on imagine dans quel état je me trouve: en partie haute, je suis en sang et en partie basse à poils !

Mais le préposé ne me prend nullement en pitié et titubant il vient à moi en réitérant son injonction :

-Ticketkë !

Je le repousse rageusement et part à la recherche d'un homme sobre. Après avoir sondé les câles et monté sept étages, je suis bien obligé de me rendre à l'évidence, ils sont tous complétement rincés à bord ! Aussi bien les membres d'équipage que les passagers. Même les enfants, même les clebs, même les belle-mères !

C'est tout le drâme de ces contrées rigoristes, austères, mal desservies en bonne humeur et fantaisie, corsetées et frigides, au premier rayon de soleil ou quand l'occasion se présente les naturels se lâchent tout à fait et ne se connaissent plus de limites.

Il faut dire aussi qu'il y a ici trois étages de duty free où le Smörgg la boisson nationale, un alcool fort à base de jus de salami fermenté est en vente libre et fortement détaxée, on gagne facilement 1,67% par rapport aux prix pratiqués chez nos voisins.

Je parviens néanmoins à gagner la passerelle.

-Je veux voir le commandant du navire ! Intimai-je au premier gradé que je croise.

-‘heu cobandant y dort. Me répondit-il en me rôtant à la figure.

Je ne l'ai point encore signalé mais entretemps la houle a forci et le navire commence à balancer.

J'écarte le pécore et promptement j'arrive au poste supérieur, un gaillard barbu, qui ne manque pas de prestance dans un charmant ensemble blanc rehaussé d'or se tient à la barre, je dis qu'il s'y tient mais je devrais dire qu'il s'y cramponne.

-Vous êtes le commandant de ce... vaisseau ?

-‘y me semble... c'est bien la semaine B? ...'oyons... si c'est la semaine B c'est moi qui suis là sinon c'est Henrietkë... l'est pas là Henrietkë ? Alors c'est pas la semaine A et c'est moi qui suis là !... quand même personne a vu Henrietkë ?

-Mon commandant la porte arrière est restée ouverte ?

-Quoi encore ! Mais merde on va re-couler ! Henrietkë il est où ce con-là ? On vous a jamais dit que vous portiez pas de slip ? Ben moi je vous le dis... gare mon garçon ou tu vas te les enrhumer et aussi... aussi vous avez du ketchup là sur la tête... là... et là aussi!  

-Je vous dis que la porte...

-Ah ouais la porte... HoHé les gars ordre d'évacuer le navire on va coulo qu'y dit le jeuno... mais... mais qui t'es toi pour me donner des ordres ? T'es même pas Henrietkë. Foutez-moi ce quidam aux fers !

-Je suis le... le mari de votre reine: Printzip Raoultkë de Nordnmark.

Il se rappôche, me dévisage, il pue le Smörgg à plein nez :

-C'est toi Raoultkë Ôg Grotesqtkë !

L'on pourrait traduire par Raoul le risible, je mets cette remarque déplaisante et ridicule sur le compte de son état... avancé et je réalise  que je n'obtiendrais rien de lui.

Il ne sera pas dit que mon sacrifice aura été inutile. Je réussis à lui faire décramponner la barre et le pousse dans son fauteuil de commandement où il se met à ronfler. Je n'ai jamais conduit de ferry jusque là mais celui-ci braque mal, il me semble fort peu maniable sans doute à cause de l'état de la mer et de l'eau que nous embarquons sans compter. Nous sommes déjà bien enfoncés.

Nous allons tout droit vers la haute mer et le naufrage assuré, il me faut dérouter l'animal vers l'île la plus prôche soit Umpingen. Je mets la barre à droite toute à... tribord donc.

La manœuvre est brutale et l'on commence à tambouriner à la porte du poste de commandement que j'ai pris soin de verrouiller.

En moins d'un quart d'heure nous arrivons à bon port sur Umpingen haut lieu des festivités.

Je suis en train de parfaire mon créneau lorsque me parvient l'écho de la voix reconnaissable entre toutes car invariablement mégaphoné de cet imbécile de Thor Dupondsen, le chef des services de sécurité :

-Monseigneur je vous en prie rendez-nous ce navire et relâchez les 2957 ôtages ! Crie-t-il depuis son hélicoptère tandis qu'à nouveau une pluie d'homme-grenouilles courônnés de bérets verts s'abat tout autour de moi, signe sans doute que le temps est à l'orage !

 

L'on m'a mis dans une chambre que le tapissier est en train de finir de capitonner au modeste hôpital général d'Umpingen lorsque ce saligaud d'Urinald fun Froeben le grand chambellan de la cour vient enfin me chercher:

-Pardonnez-nous Monseigneur, ces messieurs ont cru que vous aviez... à nouveau... perdu la raison et détourné ce bateau...

-Navire ! Froeben, l'on dit navire lorsque l'on est marin. Et je n'ai jamais jusqu'à ce jour perdu la raison, que je sache.

-... vous avez raison Monseigneur: ce navire, ils ignoraient que votre geste avait sauvé la vie de tant de gens...

-2957 Froeben... pas plus que de 2957... mais pas moins...

-Une voiture vous attend Monseigneur.

-Une voiture... oui... oui mais non... je vais un peu rester ici... c'est ici que l'on s'amuse aujourd'hui n'est-ce pas: à Umpingen.

 

Devant la sortie de l'hôpital, une foule importante m'attend pour me fêter...

Des jeunes filles tendant leurs seins dénudées pour que je les leurs dédicacent crient :

-Raoultkë Tek Lof ! (Traduction : Raoul on t'aime !)

Dieu de Dieu me voilà populaire... enfin ! Je me jette dans la foule et me laisse engloutir par elle. C'est si bon d'être aimé de son peuple.

(à suivre...)

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Publié par urbane à 19:37:39 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

Nordnmark one point ! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 11... | 30 janvier 2009

Une fois ! A la vérité, je n'ai point compté mais ce fut bien plus que cela, ces filles d'aujourd'hui sont étonnantes de liberté et de santé, remarquai-je en recherchant mon slip de bain perdu dans les roseaux pendant qu'elles continuent de pouffer. Quand je pense qu'elles ont l'âge de ma douce Klopilde ! Oui bon j'arrête très vite d'y penser pour m'évite des embarras de conscience qui pourraient m'empêcher de dormir surtout après le repas trop copieux que nous fîmes. Je mets enfin la main sur mon slip et embarque sur mon canot en agitant mon slip pour leur faire mes Adieux au moment où passe tout prés de moi un énorme car-ferry, il sont fort nombreux dans le coin, il fait un tel remous que je me retrouve à l'eau.

Grâce au ciel je suis un excellent nageur et je ne mets pas longtemps à rembarquer. Essouflé et réfrigéré, l'eau n'est jamais à plus de 9° dans le coin,  je le regarde s'éloigner, il me semble vadrouiller un peu, l'équipage a du lui aussi faire quelques libations pensai-je quand soudain-je qu'aperçois-je ? La porte arrière est encore relevée comme une soubrette fraîchement troussée. Dieu de Dieu il faut absolument les en avertir. Malheureusement mon téléphone portable est resté dans la poche de mon slip de bain qui gît présentement au fond de la Baltique et après consultation de mes deux plus récentes petites amies, il s'avére que leurs téléphones belgophones ne sont point compatibles avec notre réseau de télécommunications.

Dans tous les cas il faut agir, je re-saute dans mon canot et met les gazs à fond, le ferry futurement tragique va bon train et file vers le chenal et son submersible destin.

Je le double, sur la gauche, babord donc, mais comment l'aborder, je fais des signes à des passagers qui vomissent sur le pont, mais très vite ceux qui me remarquent se moquent de ma nudité, j'aurais du emporter une serviette de bain.      

Je décide d'oser le tout sur le tout et je vais placer mon canot au milieu du chenal.

Instant périlleux, on en jugera, moi seul juché sur ma courte embarcation et ce bateau énorme qui me vient dessus de toute la force de ses surpuissantes machines.

-Es-tu bien sûr Raoul de ne point te fourvoyer ? m'écriai-je mentalement.

Les calculs sont vite faits: même si le commandant se montre assez avisé pour commander l'inversion des machines, je vais très proprement me faire couper en deux par le milieu.

Je décide de la jouer autrement, je vais pour redémarrer mon moteur, Saperlupopettkë ! (Nota: expression idiomatique autant qu'interjective et qui est l'équivalent de : Bigre ! chez nous.) il s'y refuse, on imagine le suspens insoutenable que je soutiens pourtant de mes deux bras musclés: le ferry continue sa marche rien moins qu'inexorable pendant que je tire et retire sur la ficelle... qui me claque dans les mains !

Heureusement j'ai été scout-marin et je parviens à faire un nœud dit de bite ou d'amarrage et retirer prestement sur la ficelle et... enfin le moteur consent à redémarrer.

Soulagé, je fuis à toute vitesse, fait le tour de l'îsle et réussis à me placer sur l'arrière du ferry, l'on aura compris la manœuvre, mettant les gazs à fond, je me propose de rien moins que de pénétrer par son arrière béant, tel un suppositoire en une course échevelée et que j'espère salvatrice. Il ne manque que le lubrifiant. Il y a bien une différence de niveau entre le plancher bas et la hauteur de l'eau mais je pense qu'en cabrant suffisamment mon embarcation en mettant du trim (l'une de mes spécialités quand je pratique le ski nautique: le dosage du trim. Dans le temps de ma jeunesse j'ai fait Cannes-Propriano à ski nautique... et Propriano-Cannes en hélicoptère-sanitaire après avoir refusé une priorité à un barracuda !) je pourrais lui donner suffisamment d'angle et d'élan pour intromettre le géant des mers et allait m'écraser fort aisément contre une file de Volvo.

-Boultkë Raoultkë ! m'encourageai-je en fermant les yeux et en tirant la manette.

Cela fait Vrrroooumfff ! Cela fait Sssssplllaaaashhhh ! Cela fait  Sssshhhbooonggbbliiinttllingkliingg ! Cela fait mal surtout !

Je viens de me manger le tableau de bord en acajou de mon Riva en harponnant une Saab par le milieu.

Je me dégage avec difficultés et en pensant :

« C'est ça que je m'achéterais la prochaine fois, un canot Saab en tôle avec airbags en série plutôt qu'une saloperie de rafiot rital avec des échardes. » (à suivre...)

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Nordnmark one point ! by H.T.Fumiganza Journal intîme du Prince consort Raoultkë de Nordnmark 10... | 10 janvier 2009

 

24 Juin
 

Chic le lendemain de ce jour funeste tombe un 24 Juin, le jour de la Saint Jean, du moins chez nous à Bonpèze, nous la célébrons comme telle, ici dans ces contrées barbarisées de toute antiquité et re-salées par l'hérésie protestante il est hors de question de sacrifier à quelque saint que ce soit alors l'on fête le jour le plus long de l'année le solstice d'été et l'on  bâtit de grands feux, et l'on se saôule de bière, et l'on se vide la vessie et l'on honore sa voisine de palier et l'on partouze en shorts et en chaussettes et l'on revomit sa bière avant de se  re-resservir en bière et en voisine.

Dans la capitale Upschloüt  il est de tradition d'une année sur l'autre que toute la population de la capitale et de plus loin encore, se rende en bateau dans l'une des deux îsles qui encadrent le front de mer de la capitale, dénommées l'île de droite Umpingen et l'île de gauche Sokialisten. Animé  par un étonnant instinct grégaire alors que rien n'est affiché à l'avance toute la population se retrouve sur la même île et boit, se brûle et partouze gaiement, bruyamment, abondamment et casse des assiettes et jettent leur belle-mêre dans les fournaises.

Et par je ne sais quel malédiction chaque année je me trompe d'île et me retrouve seul ou dans le meilleur des cas en compagnie d'ouvriers du batîment marocains ou algériens dépourvus semblent-ils tout comme moi de ce sixiéme sens viking.

Sans doute grâce à cet instinct qu'ils ont découvert l'Amérique avant tout le monde, j'entends les vikings pas les ouvriers magrhébins du batîment qui pour leur part n'ont découvert qu'une chose: on se les géle dans ce foutu pays!

 

Cette année, je prends mon élan, bien décidé à ne point me fourvoyer une fois encore. J'ai fait savoir que je continuais de bouder et défectant aux cérémonies traditionnelles je me donne quartier libre

J'étudie les vents, les données statistiques et les lunaisons avant que de déhaler mon hors bord, nouvelle haquenée et de me lancer dans cette étonnante compétition nocturne. Il est de régle de ne point allumer les feux de son embarcation et au dernier moment, je change de bord, mu par je ne sais quel voix intérieur et délaissant Umpingen  j'aborde sur Sokialisten. Je saute à terre, regarde autour de moi tout en attachant mon bateau.

-Merde encore gouré ! M'exclamai-je intérieurement (c'est moins bruyant et somme toute plus distinguée.)

L'île semble déserte... ah si j'aperçois des lumières, du côté des roseaux là-bas.

Réconforté je me dirige vers elles et je tombe sur une famille de belges les Boeulmans, ils viennent de Liège avec leurs deux garçons, leur grande fille de 17 ans Brigitte et Josy une amie de classe de celle-ci, ils ont garé là  Opel et  caravane pliante et regardent sans envie sur leur tévé portable les grandes fêtes barbares qui se déroulent tout à côté.

Ils me proposent une bière et me déplient un pliant, je ne crois pas qu'ils soient venus pour partouzer autour de grands feux.

Malgré tout je passe des instants très agréables, nous dînons fort correctement de harengs sauce en l'air (j'en consigne la recette dans mon carnet, c'est un peu le concept de la crème retournée mais en plus acrobatique... et salissant.) et nous regardons tous ensemble « Intervilles » en belge non sous-titré, ils voyagent avec leur récepteur satellite pliant et leur réserve de bières portable.

Vraiment une excellente soirée et quand je dévoile mon identité, il faut les voir sortir leur téléphones portables et leurs appareils photos pliants pour immortaliser ces instants vécus auprés d'une altesse.  

Oh je pourrais certes rejoindre à la hâte les festivités mais je préfére contempler la nature inviolée en admirant le coucher du soleil assis sur mon pliant. Ils sont très bien dans le coin sans doute parce que beaucoup moins nombreux qu'ailleurs, je parle des couchers de soleil pas des pliants.

Le père Boeulmans est en train de me raconter les difficultés qu'il a à placer des assurance-vie, il est courtier en assurances pour une compagnie belge: la Défaillante de Liége, après quelque temps, je ne sais pourquoi je commence à trouver le temps long, je regarde ma montre il est plus de onze heures du soir et le soleil n'est toujours pas couché, alors je réalise tout soudain que le soleil ne se couche pas et que c'est même le prétexte à ces renouvelées festivités.

Je me léve pour prendre congé. Les deux charmantes gamines se portent volontaires pour me raccompagner jusqu'à mon canot automobile, j'opine à leur proposition. En chemin elles se montrent mutines à souhait et je surprends même la grande Brigitte murmurer à son amie dans un fou-rire:

-Et si l'on se faisait une altesse une fois ! (à suivre...)

 

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Publié par urbane à 16:58:21 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) |

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