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Une enquête de la cellule Homicide 22 par J-P.Chassavagne 1/3
La cheffe Gringeaux et le mangeur de foule.
J'appartiens au peloton de gendarmerie de Saint Salvat en Chiais, un matin au moment de ma reprise de service alors qu'on discutait avec les collégues autour de la fontaine à Pernod, dans la gendarmerie on est un peu traditionaliste et on est jamais passé au Ricard, donc ce matin-là notre chef à tous le major Émile Furher dit Furher Émile c'est un alsacien, m'est tombé dessus et m'a annoncé que j'allais être envoyé temporairement en renfort à la Cellule homicide 22 qui enquêtait sur une série de meurtres qui avait été commis dans le 22.
Putain je m'ai pensé un sériale killeur, comme à la tévé, il faut dire que dans le coin l'assassin est du genre petit bras velléitaire, il défenestre la belle-doche ou l'épouse trop casse-noix, il la balance dans la mare et puis basta il va se coucher bien beurré, le lendemain y a plus qu'à le cueillir et le plus souvent y se souvient de rien sinon que ça faisait longtemps qu'il avait pas aussi bien dormi.
Les plus entreprenants étranglent les chats ou violent leur progéniture à mesure qu'elle grandit ça économise sur les cadeaux d'anniversaire, certains font de belles carrières là-dedans mais ça va jamais beaucoup plus loin, bon y a bien eu avant que j'arrive une affaire de filles de la DDASS qui auraient disparu par douzaines mais le procureur avait classé l'affaire avant de rejoindre son nouveau poste à Tahiti.
Alors on pense bien qu'un sériale killaire dans l'arrondissement ça fait tout de suite rêver avec les prophéties bibliques qu'y faut éplucher en hébreu ancien et la spy...psychologie à appliquer en couches épaisses et la police scientifique car elle est une disciplîne scientifique maintenant au même tître que le Scopone scientifico ou le Marxisme qui ne l'était pas moins, ah l'exploitation des traces, nouvelle métaphysique du gendarme, traces de tout avec un simple follicule séborrhéique on vous détecte aujourd'hui un albinos homicidaire et alopécique à 50 kilomètres à la ronde.
J'ai moi même suivi un stage de "profilage" à Maubeuge, c'était passionnant sauf qu'à la fin y a des collègues, des marseillais, ils marchaient au Ricard et ça leur avait tourné le sens hiérarchique, qui ont décidé de voir si ça marchait pour de bon, alors ils ont volé l'attaché-case de notre instructeuse en chef et ils lui ont envoyé une lettre anonyme. Elle était vachement colère mais elle a aussitôt mis en marche ses techniques de profilage et ça a failli mal se terminer pour le boucher-charcutier en bas de l'immeuble qu'elle avait déjà branché sur le secteur le type était sur le point de tout lui avouer alors qu'il n'y était pour rien.
La veille de ma première journée à la Cellule Homicide 22 j'ai mal dormi, j'étais nerveux, ma femme m'a refilé deux cachets pour dormir et forcément j'ai eu du mal à me réveiller et je suis arrivé en retard. J'ai essayé de faire le moins de bruits possible pour pas me faire remarquer, la réunion avait déjà commencé je croyais bien avoir rattrapé le coup quand j'ai entendu :
-Bon ça fait un. Vous avez droit à deux retards, au troisième c'est la garde à vue pour retardage avec récidive sur l'horaire affiché (art 963 du nouveau code pinal).
Je me suis retourné, c'était un adjudant-chef de gendarmerie mais femelle, elle était habillée toute en cuir camouflé avec des leggins remontant et lacés serrés, je savais même pas que ça existait des uniformes commak et surtout elle avait une paire de roberts pas possible et une règle à la main.
La règle depuis que je suis môme ça m'a toujours fait beaucoup d'effet à cause de mademoiselle Rompie mon institutrice qui était elle aussi une dresseuse hors pair.
D'ailleurs ça avait l'air de faire de l'effet aussi sur les autres.
-Je suis la cheffe Gringeaux Josiane... repos...
Elle avait le regard réglementaire bas sur la ligne d'horizon mais elle était toute brushée et avait le minois enluminé, ça plus les lolos je me suis mis à bander pas possible et la serviette sur le devant de mon dispositif armé j'ai rejoint ma place.
Il y avait sur l'estrade avec elle un profileur belge, c'est les meilleurs paraît-il, un morpho-psycho-sociologue libanais d'origine grec qui ne parlait qu'anglais, un professeur d'université exégète des textes sacrés anciens et nouveaux (un grand spécialiste de l'interprétation de l'annuaire du téléphone) et enfin son chef d'agence bancaire qu'elle avait mis en garde à vue pour frais d'agios en bande organisée sur fonctionnaire non consentant en unifôrme (art 897 et suivants) et surtout pour qu'il lui garde son chien.
La Cheffe Gringeaux Josyane nous a fait un exposé sur l'affaire.
Depuis trois ans un type s'attaquait aux foules dans les stades, dans les grands magasins, dans les zones piétonnières du 22. Elle nous a passé des films pris par les caméras de stade ou de rue où l'on voyait des foules de consommateurs, supporteurs ou promeneurs en train de brouter le pavé tranquillement le samedi matin, soudain apeurées et le sériale killeure qui s'ébattait là-dedans comme une lion au milieu des gnous, le mangeur de foule isolait sa victime et commençait à l'entamer, ça giclait de partout, les foules ne savaient quoi faire elles continuaient d'avancer quelques fois il attaquait une seconde victime et le troupeau partait de l'autre côté c'était étonnant à voir et révoltant aussi s'attaquer à des foules c'est quand même dégueulasse et tellement lâche.
Fin de la projection.
-Vous l'aurez remarqué le grand problème c'est que le prédateur porte un masque d'où l'absence concomitante d'identification. A-t-elle conclu avant de passer la parole au profileur belge mais le morpho-libanais a voulu placer un mot et comme c'était pas son tour elle l'a fait mettre en garde à vue pour causage quand c'est pas son tour en réunion (art 568bis et suivants), en plus ses papiers étaient pas en régle et elle lui a monté sans supplément un dossier d'expulsion.
Le profileur belge nous a disséqué fort habilement la psychologie de notre assassin, je dis "notre" car on l'avait tous un peu adopté, vous pensez bien, notre premier.
-Je dirais que c'est un sociopathe qui montre une réelle agressivité.
C'était bien vu et on prenait des notes.
Ensuite ça a été... le tour du livreur de pizza c'était la pause déjeuner, la cheffe Gringeaux l'a fait mettre en garde à vue pour gourage sur pizzas aggravé de contestage de crîme contre l'humanité et de tentative de fuitage en mobylette (art 741 ter) parce qu'elle avait commandé une Santa Stafilo-Coca et il lui avait apporté une Margherita-Vichy.
Avec les collègues on a un peu discuté pendant la pause. Ils m'ont mis au courant, ils disaient que la Cheffe Gringeaux outre son goût pour le motif était une championne de la police scientifique moderne et plus particulièrement de l'extraction du poil axillaire.
-Le poil axillaire qu'est-ce que c'est que ça?
-Eh bien pour les analyses ADN quand tu te retrouves embarqué avec un chauve qu'est-ce que tu fous? T'es bien emmerdé non alors aujourd'hui les instructions exigent qu'on prélève un poil axillaire, sous les aisselles si tu préfères, problème les gonzesses qui se rasent, alors la Cheffe Gringeaux a développé une nouvelle approche scientifique par l'arrière...
-L'arrière de quoi?
-Ben du gardé à vue.
-Mais comment qu'elle fait?
-Ben tu vois pas? Elle lui extrait un poil du cul quoi! Mais alors elle a une de ces techniques pour ça!
Merde un peu que je voyais, là que je m'ai pensé que c'était quand même une grande chose la police scientifique et que la vocation m'est tombée dessus! (à suivre...)
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Publié par urbane à 20:16:48 dans / Une enquête de la Cellule Homicide 22 - La Cheffe Gringeaux et le mangeur de foules | Commentaires (0) | Permaliens
24 Juin
Chic le lendemain de ce jour funeste tombe un 24 Juin, le jour de la Saint Jean, du moins chez nous à Bonpèze, nous la célébrons comme telle, ici dans ces contrées barbarisées de toute antiquité et re-salées par l'hérésie protestante il est hors de question de sacrifier à quelque saint que ce soit alors l'on fête le jour le plus long de l'année le solstice d'été et l'on bâtit de grands feux, et l'on se saôule de bière, et l'on se vide la vessie et l'on honore sa voisine de palier et l'on partouze en shorts et en chaussettes et l'on revomit sa bière avant de se re-resservir en bière et en voisine.
Dans la capitale Upschloüt il est de tradition d'une année sur l'autre que toute la population de la capitale et de plus loin encore, se rende en bateau dans l'une des deux îsles qui encadrent le front de mer de la capitale, dénommées l'île de droite Umpingen et l'île de gauche Sokialisten. Animé par un étonnant instinct grégaire alors que rien n'est affiché à l'avance toute la population se retrouve sur la même île et boit, se brûle et partouze gaiement, bruyamment, abondamment et casse des assiettes et jettent leur belle-mêre dans les fournaises.
Et par je ne sais quel malédiction chaque année je me trompe d'île et me retrouve seul ou dans le meilleur des cas en compagnie d'ouvriers du batîment marocains ou algériens dépourvus semblent-ils tout comme moi de ce sixiéme sens viking.
Sans doute grâce à cet instinct qu'ils ont découvert l'Amérique avant tout le monde, j'entends les vikings pas les ouvriers magrhébins du batîment qui pour leur part n'ont découvert qu'une chose: on se les géle dans ce foutu pays!
Cette année, je prends mon élan, bien décidé à ne point me fourvoyer une fois encore. J'ai fait savoir que je continuais de bouder et défectant aux cérémonies traditionnelles je me donne quartier libre
J'étudie les vents, les données statistiques et les lunaisons avant que de déhaler mon hors bord, nouvelle haquenée et de me lancer dans cette étonnante compétition nocturne. Il est de régle de ne point allumer les feux de son embarcation et au dernier moment, je change de bord, mu par je ne sais quel voix intérieur et délaissant Umpingen j'aborde sur Sokialisten. Je saute à terre, regarde autour de moi tout en attachant mon bateau.
-Merde encore gouré ! M'exclamai-je intérieurement (c'est moins bruyant et somme toute plus distinguée.)
L'île semble déserte... ah si j'aperçois des lumières, du côté des roseaux là-bas.
Réconforté je me dirige vers elles et je tombe sur une famille de belges les Boeulmans, ils viennent de Liège avec leurs deux garçons, leur grande fille de 17 ans Brigitte et Josy une amie de classe de celle-ci, ils ont garé là Opel et caravane pliante et regardent sans envie sur leur tévé portable les grandes fêtes barbares qui se déroulent tout à côté.
Ils me proposent une bière et me déplient un pliant, je ne crois pas qu'ils soient venus pour partouzer autour de grands feux.
Malgré tout je passe des instants très agréables, nous dînons fort correctement de harengs sauce en l'air (j'en consigne la recette dans mon carnet, c'est un peu le concept de la crème retournée mais en plus acrobatique... et salissant.) et nous regardons tous ensemble « Intervilles » en belge non sous-titré, ils voyagent avec leur récepteur satellite pliant et leur réserve de bières portable.
Vraiment une excellente soirée et quand je dévoile mon identité, il faut les voir sortir leur téléphones portables et leurs appareils photos pliants pour immortaliser ces instants vécus auprés d'une altesse.
Oh je pourrais certes rejoindre à la hâte les festivités mais je préfére contempler la nature inviolée en admirant le coucher du soleil assis sur mon pliant. Ils sont très bien dans le coin sans doute parce que beaucoup moins nombreux qu'ailleurs, je parle des couchers de soleil pas des pliants.
Le père Boeulmans est en train de me raconter les difficultés qu'il a à placer des assurance-vie, il est courtier en assurances pour une compagnie belge: la Défaillante de Liége, après quelque temps, je ne sais pourquoi je commence à trouver le temps long, je regarde ma montre il est plus de onze heures du soir et le soleil n'est toujours pas couché, alors je réalise tout soudain que le soleil ne se couche pas et que c'est même le prétexte à ces renouvelées festivités.
Je me léve pour prendre congé. Les deux charmantes gamines se portent volontaires pour me raccompagner jusqu'à mon canot automobile, j'opine à leur proposition. En chemin elles se montrent mutines à souhait et je surprends même la grande Brigitte murmurer à son amie dans un fou-rire:
-Et si l'on se faisait une altesse une fois ! (à suivre...)
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Publié par urbane à 16:58:21 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
Exclusif: en direct du Basses-Côtes du Nord Globe Challainge:
... 47 ° jour de mer à bord de mon trimaran Préparation H, le douziéme du nom, putain ce que ça passe vite, j'en ai déjà coulé onze! Temps pluvieux, pas de vent, j'ai tiré des bords mais rien à faire il vient pas un souffle, je me suis collé en plein dans les quarantiémes languissants, avec mon parapluie à la main, j'ai l'impression d'être place de la Concorde un soir de Novembre. Envie de me flinguer.
J'ai eu mon QG navigation par liaison satellitaire ils me disent que Jacky Bourlevec'h sur son Raviolis Buitoni 9 me reprend du terrain. Et puis cette saloperie de mât télescopique qui veut pas se déplier, je savais bien que c'était une connerie d'installer ça mais le sponsor a tellement insisté, putain d'ingénieurs, c'est les mecs d'Airbus qui ont mis le truc au point si je peux dire, au point, je commence à comprendre pourquoi les airbus se cassent la gueule, drôle de nouvel an.
Bon puisqu'il y a rien à faire sur le pont, je vais aller voir en bas mes mails et puis j'ai encore une liaison satellite tout à l'heure avec mon sponsor en direct d'une maison de retraite des Basses-Côtes du Nord.
Ma vocation? Mon père est flic, ma mère est enseignante, c'est dire s'ils ont des loisirs, eh ben dés qu'ils ont un moment ils sortent le bateau, ah pour ça en Bretagne les fonctionnaires ils sont plus souvent sur l'eau que derrière le guichet, comme ça que j'ai attrapé le virus.
Et puis je suis breton on l'aura deviné à mon nom: Legadupec'h en celtique ça veut dire: le seigneur de la lande qui possède aussi un petit quelque chose en grande banlieue quant à Drouadlom c'est un nom de barde dans les légendes celtiques Drouadlom c'est le vieux barde qui radote toujours les mêmes conneries, en quelque sorte le vieux barde adjudant et casse bonbons. Cest sans doute le côté fonctionnaire qui a plu à mes parents.
S'il y a vraiment rien à faire je remettrais au moteur, tout le monde le fait, je vais quand même pas me gêner, Bourlevec'h sur son Raviolis Buitoni 9 il s'est même installé deux gros Perkins, s'il croit qu'on l'a pas vu, moi un petit Penta Volvo me suffit, y faut pas exagérer quand même ça doit rester de la marine à voiles un peu, surtout que maintenant c'est vraiment commode et bien foutu, moteurs compacts et insonorisés en vue de l'arrivée on fait notre caca et on largue les réservoirs auxiliaires et le moteur et ni vu ni connu. Il faut comprendre il y a une telle pression des sponsors pour qu'on passe à la télé et le 27 ° y passe pas souvent à la tévé... sauf si c'est une gonzesse.
Bon voy-ions les mails, nombreux, pas mal de factures, gaz, eau, électricité, crédits bagnole et maison aussi, c'est pas croyab' maintenant les factures vous suivent même sur l'océan.
Il y a aussi les mômes qui se renseignent pour savoir comment "faire navigateur solitaire?" il y en a des mignonnes du genre:"... j'ai quinze ans je suis en seconde économique j'aime bien m'isoler longtemps dans les vouatères closétes qu'est-ce qu'il faut faire comme études pour devenir plus tard navigateur solitaire ou rentrer à la tévé?" Bien entendu je leur réponds de poursuivre leurs études même si pour moi ma licence de sociologie maritime de la faculté de Ploumanac'h m'a pas servi à grand chose et je leur envoie quelques échantillons de Préparation H, ils risquent d'en avoir besoin surtout s'ils veulent rentrer à la télé plus tard.
Quand même j'ai beau critiquer, quel beau métier que navigateur solitaire, j'y renoncerais pour rien au monde, même pour un emploi de fonctionnaire, encore il y a pas deux mois on m'a proposé une place à la météo à Rennes.
Tout en tapotant sur le clavier du bout des doigts je pense à ma Bwégnolée, ma fiancée Bwégnolée le Guirvaouc'h, qui est restée au pays breton. Il vaut mieux pas que j'y pense, sans quoi je bande comme un taureau et je me cogne à tout quand je me déplace dans le carré. Au bout d'un moment j'en ai marre, de pianoter et de bander comme un con et je surfe un peu sur le vouébe, je tombe sur un site de salop de coquines qui font des trucs pas possible et je commence la lessive du moussaillon, je suis pas loin de conclure quand apparait sur l'écran à la place de mes chaudasses toute une foule de petits vieux proprets rangés en ordre de bataille prés du pédégé de Préparation H
-... Drouadlom nous sommes en direct de la maison de retraite Jacques Mesrine de Quimperlé... Drouadlom vous êtes en direct! En direct Drouadlooooome! Gooooool! S'époumone le présentateur de la soirée pendant que je lâche la purée... en direct satellitaire.
Je me dépêche de couper la liaison mais le mal est fait, je crois bien que je peux dire adieux à mon Préparation H numéro 13 que j'avais déjà mis en chantier.
-Bon réagissons en breton, s'agit de pas lambiner maintenant, si je gagne pas la course autant entrer à la Météo!
Je descends dans la cale et j'essaie de mettre en marche le moteur, mais il veut pas démarrer et pour trouver un concessionnaire Volvo dans le coin, ça va pas être commode. Quelle saloperie soit il démarre pas soit il fait de l'auto-allumage!
Je bricole, je démonte et remonte et enfin après une bonne heure de boulot, je réussis à lancer l'engin, bon il fume un peu mais ça m'étonnerait que je rencontre du monde avant quelque temps alors je le mets à fond, histoire d'enrhumer ce con de Jacky Bourlevec'h.
Au bout de deux heures j'éteins le moteur c'est l'heure de la troisième liaison satellitaire de la journée, cette fois je passe dans le journal de vingt heures y s'agit de pas se louper ce coup-ci, un 31 Décembre y va y avoir du monde.
Je m'envoie un seau d'eau salée dans la gueule, me décoiffe, je monte le son de mon portable et je règle la caméra de pont, je passe à huit heures sept, j'ai pas longtemps à patienter:
-Drouadlome vous m'entendez ... nous sommes en liaison avec Drouadlome Legadupec'h qui est quelque part dans l'Atlantique à bord de Préparation H ... ah voilà l'image...
Au moment où je lâche ma réplique (tout est scénarisé avant le départ avec la chaîne, les sponsors et les annonceurs):
-Bonjour Claire!
Voilà pas que ce putain de moteur démarre tout seul et se met à pétarader et lâcher de la fumée comme un schooner hors d'âge
-Vous êtes à côté d'un cargo Drouadlome il semblerait, il y a comme de la fumée et du bruit derrière vous? Mais qu'est-ce qui se passe? C'est quoi ce bruit de moteur?
Putainc'h! Le moteur qui s'emballe, je suis maudit! Cela grince, siffle, fume, pétouille et ratatouille, j'ai honte, je crois bien.
-Euh... euh... et sinon... euh vous avez des projets Drouadlome?
-Ouais je rentre à la Météo Lundi... Allez bonne annéede merde tout le monde!
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Publié par urbane à 20:32:04 dans / Drouadlom Legadupec'h navigateur solitaire! | Commentaires (0) | Permaliens
22 Juin (suite)
Ce garçon, Petcho Larigaïe, n'est que sensibilité, c'est ce que j'apprécie le plus chez lui, rien de l'intellectuel parisien déssiqué, d'abord il y a, sa bonne humeur, un enjouement permanent tout frisé de son accent béarnais. Il n'y a que dans le choix des lectures qu'il fait à la Reine qu'il me désarme un peu, mémoires d'officiers parachutistes, de rescapés du djebel, chroniques de la Légion Etrangère et des troupes de marine, ils nous détaillent même les phylactères d'illustrés en couleurs qu'il prise particulièrement contant les exploits de militaires culturistes et suréquipés oeuvrant à longueurs de bulle pour la survie du monde libre... tout celà à force de répétitions lassent un peu l'auditoire sans représenter exactement toute l'étendue et la diversité de la littérature française je pense quoique la Reine s'en accommode fort bien, tout juste si elle ne demande de temps à autre la signification de quelque expression argotique ou militaire.
Avec le cher Petcho Larigaïe nous marchons quelque temps dans le Parc et je m'ouvre à lui, je sais qu'il peut être de bon conseil.
-... oh entendez-moi bien, ce que je vous en dis mon cher, ajoutai-je je n'en fais pas une affaire personnelle mais une question de principes. Habeas corpus et tout ce genre de choses, vous voyez, une atteinte à l'intégrité de l'individu pris dans le cas général même si l'on veut faire de moi la victîme sacrificielle autant qu'inaugurale de sordides calculs comptables. Ils admirent les rosbifs, grand bien qu'ils les imitent doncque jusqu'au bout en matière de libertés individuelles et du droit à disposer librement de soi-mâme.
Après un temps de réflexion, il me dit :
-Il faut que j'en référe... je veux dire, laissez-moi le temps de la réflexion Monseigneur, je ne voudrais pas m'engager à la lègère dans une affaire aussi grave vous concernant.
Malgré tout j'ai fait préparer par le fidéle Pezzolino mon bagage au cas où il me faudrait déménager dans l'urgence, je n'ai aucune envie de sacrifier pour de basses menées démagogiques mes capacités génésiques.
Quelle n'est pas ma surprise de découvrir mon serviteur de l'autre côté des grilles du Parc attendant le bus devant l'arrêt Palais Royal .
Il faut voir comme il est fagoté, il porte trois vestons en cheviotte superposés, deux chapeaux de chasse empilés, trois parapluies et de volumineuses et lourdes (je le vois à la courbure de ses épaules) valises en cuir Hermés. Tiens pensai-je ce garçon a la même dilection que moi pour la cheviotte et les bagages Hermés... avant que de réaliser que ce sont mes vestons et mes valises et que le gredin s'enfuit en emportant une bonne part de mon trousseau.
Je cours sus à lui, ramasse, en passant, un fusil dans la cahute d'entrée de la Garde et je sors dans la rue, marche prestement jusqu'à l'arrêt de bus, je suis en robe de chambre, robe de chambre, habillée certes, mais robe de chambre quand même, il y a un grand nombre d'Upschloutiens employés de bureau ou ménagères qui attendent le bus de 11 heures 24 et l'arrivée en armes du second personnage de l'état, moi-même donc, ne manque pas de les étonner, je pointe l'arme sur Pezzolino qui se jette à genoux puis tout à fait à plat ventre à mes pieds en pleurant d'abondance:
-Altesse ne me tuez pas j'ai des enfants oh oui tellement d'enfants !
Tiens première nouvelle il se disait célibataire jusque là!
Les usagers sont effrayés et c'est un « ÔÔÔÔÔÔ !!! » unanîme mais très vite ils sont agréablement surpris par ma simplicité, après tout le prince consort qui vient assassiner son prochain en pleine rue comme tout le monde, c'est très démocratique tout ça.
Il y a quelques flashs qui partent comme en approbation.
Finalement le vil personnage obtempère à mes objurgations et nous rejoignons le Palais lui devant, les valises à la main, moi derrière pointant mon fusil lorsqu'une escouade d'une vingtaine de policiers municipaux montés et en armes eux aussi nous entourent tout soudain, suivis d'une autre vingtaine mais cette fois ce sont des gardes Royaux toujours à chevaux qui entourent les policiers, bref cela commence à faire de l'uniforme et du crottin sur les trottoirs :
-Monseigneur, je vous en prie, rendez-nous ce fusil et relâchez l'ôtage. Crie dans un mégaphone l'un des gradés perchés.
-Ce n'est pas un ôtage, mais un domestique fautif et c'est une affaire privée captainkë (nota : c'est l'équivalent de commandant chez nous) Thor Dupondsen (c'est le chef des services de sécurité), j'ai droit de haute et basse justice sur ma domesticité, alors un conseil ne vous mêlez pas de ça et lâchez cet appareil bruyant vous êtes ridicule !
Je passe sous les fenêtres de la Reine dans cet équipage étrange et nombreux avec ce crétin qui continue de gueuler dans son mégaphone, je léve les yeux, j'aperçois ce saligaud de Urinald Fun Froeben qui exulte derrière les rideaux.
Finalement je fais grâce à cet imbécile de rital après l'avoir fait mettre à poils et je regagne dignement mon pavillon de chasse au moment mâme où des parachutistes en tenue d'hommes grenouilles coiffés de bérets verts atterrissent qui, pour les plus chanceux, dans le grand bassin, qui, pour les plus maladroits et nombreux, sur les pelouses.
Qu'est-ce que ça encore ! Tsss ! Tsss ! Sans doute ce salopard de premier ministre qui prévenu en grand hâte par Urinald Fun Froeben et sa clique aura déclenché je ne sais quel plan Orsektkë d'urgence aussi superfétatoire que ridicule.
Semaine éprouvante, certes mais où je crois malgré les adversités successives avoir su conserver ce qui me tient le plus à cœur: ma dignité.
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Publié par urbane à 17:09:31 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
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