Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

URBANE TATTACK

LA LITTERATURE AU METRE

  UrbaneTattack le blog-feuilletons de L'UrbaineDesArts/NovelingPress/info@lurbaine.net


Toujours à la pointe du progrés et poursuivant notre oeuvre d'électrification de la littérature françoise, nous informons les lecteurs d'Urbane Tattack que les ouvrages de l'UrbaineDesArts Editions/Noveling-Press seront désormais téléchargeables sur Smashwords, et ce pour un prix modique qui ne couvre pas mâme le coût de la vapeur (quelle époque!), les premiers tîtres de notre catalogue disponibles en ebook et dans une foultitude de formats attrayants et du meilleur goût parisien sont ici:Lurbaine ebooks

Vente flash! | 13 mai 2007

Si vous aimez le ton Urbane Tattack, venez retrouver les romans et recueils de nouvelles inédits de ses auteurs: H.T.Fumiganza, G.M.Neoletto, L.Benayak, J.P.Chassavagne ect... sur le sîte rénové (nouvelle moquette, plantes grasses, filles excitantes et chipster Belin à volonté) de l'Urbaine des Arts:

http://lurbaine.net

Publié par urbane à 06:10:36 dans / La Réclâme Parlée de L'Urbaine des Arts | Commentaires (0) |

Walter Chéchignac 15 par h.T.Fumiganza | 10 mai 2007

15.
La Détestation.
 Je ne vous cache pas que j'avais plutôt envie de vomir que d'admirer la vague comme me le conseillait Walter Chéchignac.
Il faut dire aussi qu'il n'y a rien de plus roulant sur la vague et vomitif qu'un chalutier, hormis peut-être un dragueur de mines.
-Je croyais que vous aviez fait votre temps dans la marine ? Ironisa le Chef ‘von le Gueuzec en faisant allusion à ma publication récente sur les murs de La Conche.
-Pour une fois vous êtes mal informé monsieur ‘von Le Gueuzec, j'ai fait mon service militaire à Saumur puis dans l'arme blindée.
-La cavalerie, il n'y a que ça ! Concéda nostalgique l'ex-garde républicain.
-Oh vous n'imaginez pas combien je la regrette moi aussi en ce moment !
-Regardez mon cher La Gaspérine, ils vont remonter le chalut. Allons-y.
-Non merci ça va... plus tard peut-être...
Trop tard le pont fut envahi d'une poiscaille convulsive comme  jeunaille technophréne que les hommes d'équipage, avec le renfort de son Excellence se mirent à trier avec  sûreté et dextérité avant que d'en basculer le plus grand nombre dans les cuves de cale et de remettre le restant à la mer. Il ne demeurait pour toute animation sur le pont lessivé que quelques petits poulpes nouveaux-nés d'une trentaine de grammes, ébaubis et touristes.
Walter Chéchignac s'assit prés du commandant Kelbonbec qui commandait le bâtiment, et avec gourmandise et dans le même mouvement que les autres marins, ils ouvrirent leurs couteaux, débouchèrent les bouteilles de muscadet, après quoi il tranchèrent par le milieu des petits pains qu'ils garnirent avec de ces « poulpiots » qu'ils noyèrent de mayonnaise, c'était le nom que l'on donnait à cette spécialité conchoise: « le poulpiot-mayo »  ils croquèrent là-dedans et le plus terrible était que la bestiole innocente, le nourrisson se défendait, s'accrochait au petit pain et résistait de toutes ses pattes sous la poigne et devant la mâchoire inexorable.
Un terrible et inhumain « Pssrroouiiit ! » concluait à chaque fois le combat trop inégal.
-Vous ne voulez pas goûter au casse-croûte conchois, monsieur La Gaspèrine ? Me demanda fort civil le commandant Kelbonbec en rattrapant l'un des sandwiches ambulatoires qui venait de tenter sa chance et cherchait dans un admirable et ultime geste de résistance à gagner l'Angleterre.
Je regardais cette belle figure salée de marin dessalé, et sa bouche que l'on ne pourrait mieux dire que carnassière, ourlée de mayonnaise et dévorant ce sandwich vivant, et j'allais vomir encore une fois, contre le vent, le reliquat des restes de mon petit-déjeuner.
 Vrai cette sortie en mer ne s'imposait pas et je comprenais mal pourquoi Walter Chéchignac avait tant insisté pour me faire participer à une pêche au Blétznec, la denrée du coin,  peut-être voulait-il me faire admirer son chalutier « La Détestation »
C'était certes une fort belle unité moderne, déjà d'un certain tonnage malgré son jeune âge mais je devinais qu'il ne devait pas seulement se consacrer à la pêche, ou alors en eaux troubles.
Je ne compris le véritable but de l'excursion qu'en retournant au port, quand nous nous arrêtâmes prés du yacht bleu qui se tenait à l'écart dans l'avant-port.
-Excusez-moi mon cher La Gaspérine une visite à rendre ! Me dit Walter Chéchignac déguisé maintenant en plongeur autonome et palmé, il plongea aussitôt et même derechef avec deux de ses hommes dans les mêmes dispositions grenouillesques et aventureuses.
Le innocents devant un tel synchronisme professionnel n'auraient peut-être vu là qu'une répétition de ballet nautique, pour ma part, je ne pouvais m'empêcher de penser  que dans la fréquentation de ce garçon, fort intéressante et enrichissante au demeurant, je m'attendais toujours à me faire surprendre par la Brigade mondaine, sur terre ou sur mer, en quelque état ou circonstances délictueux.  
Il nous fallait attendre, espérer que l'aventure ne se terminât point en expédition mexicaine :
-Vous n'avez pas entendu capitaine Kelbonbec ? Oui, on aurait dit des coups de feu.
-Des chasseurs de mouettes.
-Cela se chasse la mouette ?
-Tout se chasse monsieur La Gaspérine, ça dépend de l'appétit qu'on en a. Sourit le dévoreur de nouveau-né.
Repus il était encore plus effrayant que dans la faim le philosophe-hauturier. 
 Ils revinrent, enfin ! Avec un prisonnier, hélas !
-Tenez changez-vous ! Lui ordonna Walter Chéchignac en lui tendant des vêtements secs.
Même en été l'océan Atlantique virait à l'Arctique le soir et l'autre tremblait, mais  pas seulement à cause de la météo défavorable.
C'était un grand mousse qui se révéla être, sitôt sa combinaison néoprène retiré dans un : Shaaarrttthllaaartflaac ! très évocateur, une grande blonde insipide d'une quarantaine d'années avec une poitrine bénigne  mais dont le regard me disait quelque chose, c'était de ces regards sur lesquels l'on se retourne après les avoir croisés, un regard gris, infini et las, de ressuscité, ou en moins littéraire et mystique: un regard de pute nordique après la fermeture.
-Vous ne la reconnaissez pas ? Me dit Walter la grenouille tout en se dégrafant lui aussi.
Rien de plus étonnant qu'un streap-tease d'homme-grenouille, ça fait shplaaaac ! ça fait shploooof !
-Non je vois pas ?
-Et comme ça insista-t-il en lui retirant son bonnet de marin !
-Merde Milady de Winter !
-Arrêtez vos conneries La Gaspérine, c'est l'accompagnatrice de Mademoiselle Br... Et à bord du bateau nous avons retrouvé, siégeant dans le salon un Graffenberg bleu nuit, châssis long !
-Qu'allez-vous en faire ?
-Du piano rien, elle, le Chef ‘von le Gueuzec va l'interroger.
-N'y allez pas trop fort.
-Ne vous inquiétez pas, il aime la spontanéité, le premier jet.
-Justement ça.
-Vous oubliez mes chiottes La Gaspérine ?
-Il faut savoir pardonner. Et puis ce n'est pas elle qui les a fait sauter.
-Non mais elle y aura participé et avec l'intention de nuire et de faire mal et même de buter du monde dont vous mon cher. Et encore je compte pour rien l'orchestre de chambre retrouvé dans le port ! Et non plus le dérangement !
-C'est une femme ?
-Justement non.
Elle avait descendu son short et force était de reconnaître qu'elle possédait tout l'attirail réglementaire du turfiste buveur de bière.
-Pourquoi tout est-il toujours compliqué avec vous mon cher Valter ?
-Parce que la vie n'est jamais simple que sur les pierres tombales mon cher La Gaspérine, mais ne vous inquiétez pas le Chef ‘von le Gueuzec va vous simplifier tout ça.
Je prenais en pitié ce pauvre garçon et n'osais imaginer la suite des événements.
-Dans tout les cas je vous serais reconnaissant de me ramener au port.
-Mais nous y sommes mon cher, nous y sommes.
Il avait raison, je débarquais, bien décidé à ne plus jamais fréquenter de tels personnages.
 Je retournais à l'auberge de La Chaudasse, où m'attendait dans le hall, la Marie Bertalot avec son gros conjoint congénital :
-Ah ben on vous cherchait de partout monsieur La Gaspérine, regardez voir ce que La Rincée a trouvé ce tantôt en faisant le ménage à la permanence du Quai des Brunes.
Elle sortit d'un sac Franprix un chose brunâtre et consumé, que je mis quelque temps à reconnaître pour ce que cela avait été : un képi de capitaine de gendarmerie.
Je bredouillais en me remémorant les paroles de Walter Chéchignac offensantes à l'endroit de ce corps que... qui... quoi...
-Se pourrait-il que...
-Ben ça m'en a tout l'air.
-Mais après tout il est possible qu'ils l'aient perdu pendant que les pompiers combattaient encore l'incendie.
-Ah ça ça m'étonnerait vu qu'on s'est fait la réflexion avec La Rincée du temps qu'ils mettaient pour venir, quand ils sont arrivés il y avait plus de flammes, plus rien, que de l'eau, de l'eau partout, on a passé la matinée à tout évacuer.
-Bien, bien, je vous remercie je vais aviser, voulez-vous prendre quelque chose un café.
-Non, non on veut pas vous déranger, vous avez tellement à faire pour préparer la réunion de demain !
C'était la vérité, j'entrais en campagne le lendemain.
Je quittais le couple Bertalot-La Rincée et montait dans mon appartement.
J'y trouvais un mot de Médpeu et La Branlaye qui m'informait de leur rappel précipité à Paris et de l'assurance de leur meilleur souvenir dans les heures délicates que j'allais connaître.     
Je commençais à croire à une conspiration organisée sinon contre ma personne, à tout le moins contre ma candidature. J'étais assez proche du découragement et je ressentais une certaine appréhension, les évènements me devenaient incompréhensibles, peut-être avais-je été trop docile à trop de choses et de gens dans trop de circonstances pendant toutes ces années de formation, l'on m'avait battu le chemin maintenant les mêmes cherchaient à effacer ma trace et je ne savais à qui, à quoi et comment faire face.
Mais aussi pourquoi Valter m'avait-il abandonné ?
 Je pris une douche, passai mon pyjama et j'allai dans ma chambre, le gigolo de la Belle de Mai, l'amant  marseillais de l'américaine propriétaire du yacht bleu, reposait sur mon lit, il avait la gorge ouverte depuis l'orient jusqu'à l'occident de son imbécillité comme en suivant les pointillés de sa chaînette en or doré.
Je crus pouvoir hurler mais je n'y parvins pas, l'appréhension qui s'était transformée en trouille me nouait la gorge en même temps qu'elle dénouait mes sphincters.   
Je mouillais mon pantalon de pyjama, un cadeau de maman, sans pouvoir bouger ou articuler.
-Asseyez-vous ! Me dit Mademoiselle Br..., qui venait de surgir des doubles rideaux et marchait à moi dans sa longue robe de soirée noire et décolletée.  (à suivre...)

Publié par urbane à 04:04:18 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (0) |

Walter Chéchignac 14 par H.T.Fumiganza | 30 avril 2007

14.
L'Auberge de La Chaudasse.
    Dartemont-Belcourt en short et lunettes de soleil avait ressorti la vieille R4 du garage du Coin Maurin où elle avait été rapatriée après le tragique et démonstratif accident de ces demoiselles Dartemont et elle avait entassé là-dedans sa sœur  et leur descendance :
-Nous allons à la plage. Nous expliqua-t-elle de sa voix haute  et assurée de meneuse de revue... de fin d'année à Notre Dame de Sion. 
Ces dames après s'être concertées avaient décidé de passer les grandes vacances à La Ponche en famille mais sans délaisser pour autant la marche de la Maison Dartemont Sœurs. Chacun même étant tenu d'y apporter sa contribution, selon ses moyens.
-Cela risque de tourner au Club des cinq en vacances, vous ne croyez pas Chef, si vous devez supporter toute la famille pendant vos enquêtes. Plaisanta Walter Chéchignac, visiblement embarrassé par la tournure absurde que prenaient les événements.
Mais il était d'un avis différent le veuf double :
-C'est de la vie mon cher Valter et j'arrive à un âge où l'on ne doit pas refuser la vie quand elle se présente à vous, le soir dans mon appartement, je mets quelques fois l'oreille au plancher rien que pour les écouter vivre en dessous.
Le Veuf Double occupait les combles de l'immeuble Dartemont du Coin Maurin.
-Et puis dans l'affaire Ernestine Le Gourvenon... mais si le parc à huîtres sanglant... c'est elle qui a trouvé le fin mot de l'affaire... le garde-pêche c'était bien lui qui avait étranglé le maître-nageur et tout ressemé en Belons.
La Ponche l'été devenait une station touristique et la population se multipliait à la vitesse des petits pains dont il est question dans les Ecritures fameuses. Le touriste aussi était nourrissant. Pour ma part ce qui m'inquiétait n'était point la fréquentation touristique mais ma permanence brûlée et plus encore les intentions, sûrement mauvaises, que ce geste criminel dénonçait.
 Le capitaine de gendarmerie, un homme charmant, en tapant son rapport sur son ordinateur portable malgré les épais pansements qu'il portait aux mains, il s'était brûlé m'avait-il confié la veille en organisant un barbecue pour son escouade, ne m'avait point caché que l'enquête serait difficile.
-Enfin on va croiser le fichier des pyromanes avec celui des pilleurs de tronc d'église et quand on aura le profil ‘sychologique on l'enverra à Paris. On vous préviendra.
-Tant qu'à croiser les fichiers, me fit remarquer en sortant de la gendarmerie Walter Chéchignac, c'est plutôt celui des gendarmes de permanence et celui des grands brûlés que j'aurais croisés.
-Allons don' vou plaisantez, mon cher Valter. Un service public que le monde entier nous envie.
-Le K.G.B aussi c'était un service public.
 Dartemont-Belcourt, accompagnée de ses nièces déguisées en allumeuses estivales, après avoir souri comme en bienvenue à Walter Chéchignac qui lui bredouilla ses hommages, se tourna vers moi :
-J'ai appris monsieur La Gaspèrine l'incendie de votre permanence électorale, j'espère que vous étiez bien assuré ?
-Oh ce n'est pas tant cela qui m'inquiète chère Madame mais bien plutôt ce que ce geste peut augurer de violences et d'affrontements imbéciles.
-Je sais le Chef ‘von le Gueuzec très occupé en ce moment mais voulez-vous que nous nous mettions avec ma sœur sur l'affaire... ou bien encore les jumelles, elles montrent beaucoup d'instinct et d'esprit de suite, savez-vous...
-Ma tante, vous oubliez que Monsieur ‘von Le Gueuzec nous a confié l'affaire du satyre des plages, c'est du travail.
-Quel dommage que vous n'ayez pas de chien chère Madame il nous aurait peut-être mis sur la piste... fit remarquer avec causticité Walter Chéchignac enhardi par la colère et la rage de piétiner en terrain même pas conquis.
Elle enleva ses lunettes de soleil, pointa son regard bleu dans celui très noir de Valter, qui soutint l'échange et le prolongea comme à plaisir, il était certain qu'un fort potentiel passionnel existait entre ces deux-là.
-Mon Dieu nous ne demandons qu'à rendre service, cher monsieur, dans la mesure de nos moyens, sans doute les vôtres sont-ils plus importants, il ne tient qu'à vous d'en faire le meilleur usage. 
Il n'était pas difficile de deviner que son excellence aurait volontiers brossée l'impertinente sur le capot de la R 4, mais il y avait les enfants innocents, les vacanciers en shorts et les usages diplomatiques, alors il évacua la pression dans un sourire pirhanesque.
-Vous avez raison, madame, nous allons nous occuper de ces malotrus.
La Renault 4 démarra, puis cala, redémarra et s'éloigna enfin elle était à bout de potentiel et chargée à plein bord de rires d'enfants et de ballons de plage.
-Elle me cherche, vous avez vu La Gaspérine. Commenta Valter en s'essuyant le front.
Ils se cherchaient c'était l'évidence mais se trouveraient-ils ?
Le Chef ‘von le Gueuzec demeurait soucieux.
-Cette histoire ne me dit rien qui vaille... a propos on a retrouvé tes boliviens de l'autre jour... mon petit Valter... prés de Ventimiglia, sur un chantier, coulés dans des piliers de béton.
-Assassinés ? Demandai-je.
-Qu'est-ce que vous allez imaginer là ! Non ils auront glissés.
Je détestais quand Walter Chéchignac prenait ce ton railleur, il en devenait vulgaire et populard.
-C'est Guido Giannetti notre correspondant en Italie qui m'a téléphoné la nouvelle tout à l'heure. Tu vois ce qui m'inquiète c'est toute cette vaisselle qui est faite après une modeste expédition ratée. Une dizaine de morts pour un pétard mouillé.
-Vous croyez toujours que c'est monsieur La Gaspérine qui est visé ?
-Non, je peux comprendre que l'on veuille le tuer mais j'imagine mal que l'on y consacre autant de moyens.
-Merci c'est flatteur.
-Moi alors ? S'interrogea Chéchignac, qui avait sans doute quelques règlements en train.
-C'est l'hypothèse la plus probable mais ce n'est pas la seule.
-Et pourquoi pas vous chef, les suédois veulent peut-être venger l'affront que vous leur fîtes, jadis.
-Ce sont des neutres, ils ont perdu l'habitude de l'honneur. Tes affaires parisiennes ne te donnent pas de souci en ce moment ?
Le Chef ‘von le Gueuzec avait baissé de ton pour évoquer les « affaires parisiennes du consul » ce devait être encore du joli.
-Ma foi non, c'est le grand calme. Il y a peu de touristes alors on fait le chiffre avec les habitués et les provinciaux, d'après le dernier reporting que m'a envoyé Merry.
-Elle va bien Merry ? Toujours en beauté.
-Elle tient le coup.
Je me sentais maintenant mal à l'aise au milieu, c'était sans doute le terme le plus approprié, de cette conversation ornée de sous entendus et de souvenirs pris en commun. 
Que faisais-je parmi ces gens et comment le Rassemblement pour l'Union ou l'Union pour le Rassemblement, je ne savais plus, enfin ce parti de merde quoique de gouvernement pouvait-il cousiner avec de tels personnages. Sans doute leur avaient-ils rendus de grands services dans le passé et encore à l'occasion se montraient-ils utiles, mais quand même.
Quand ils en eurent terminé de leurs silences à œillades et de leurs propos clignotants, je dis :
-Je crois que je vais prendre une chambre à l'hôtel. Je ne peux quand même pas vous envahir pendant six mois. Qu'en pensez-vous mon cher Valter. J'en ai vu un qui me semble très convenable prés de la Cathédrale.
-Tiens don' il y a une cathédrale prés de cet hôtel de passe, je ne l'avais jamais remarqué ! Rigola en grand le Chef ‘von le Gueuzec.
  *
 Malgré leurs avis contraires et argumentés: « ... ce n'est peut-être pas le moment de vous émanciper quand ça valse dans tous les coins !... vous avez bien le temps, la maison est grande et confortable et sous la garde de Dona Chupita Bonita y Gomez et du jeune Conchito, qui de fait est du matin,  vous ne risquez rien !... là-bas la patronne est irlandaise et les putes poivrées, venez pas pleurer si vous vous attrapez  une chaude pisse sans compter qu'elle a été plusieurs fois condamnée pour son haricot de mouton... allez quoi merde faisez pas le con La Gaspérine ! »
Je demeurais inébranlable.
Je crois que Walter Chéchignac préférait seulement m'avoir sous la main, je recouvrais ainsi toute ma liberté, d'ailleurs l'Auberge de la Chaudasse  me parut d'entrée fort convenable, agréable maison à colombages et torchis de... enfin bâtie selon les prescriptions et traditions locales, meubles cirées et service en vernis, mon appartement donnait sur la Cathédrale Sainte Trahoudulde.
La patronne Mrs. Adam (comme le verre avait spirituellement remarqué Médpeu : le verre Adam... à dents !) était une irlandaise rousse  prospérante et agissante, son époux une espèce de cocu de serre  tardif et malingre, lui aussi anglogène, les servantes accortes, bien entendu et comme annoncées plus haut, mais si l'on mettait d'entrée le holà à leur familiarité commerciale et hors de propos, l'on pouvait trouver là le repos et même un certain confort.
Bien entendu j'avais réquisitionné d'office deux chambres pour  La Branlaye et Médpeu, ils quittèrent la maison du consul Chéchignac à regrets mais prirent très vite leurs aises dans leur nouveau logis.
-C'est... c'est charmant... et pour ce qui est des prix cela reste encore très provinciale, très raisonnable, quand on voit ce que l'on paye à Paris pour la moindre pip... je veux dire pour un service en chambre... décent j'entends.
Nous étions réunis pour notre première soirée ici dans la salle à manger autour d'une Guiness et d'un homard au gingembre, éthiquement discutable, et encore avions-nous soigneusement évités, sur mon injonction, le haricot de mouton aux airelles. 
Au dessert devant une jelly branlotante « cherry and juniper », La Branlaye proposa pour nous remettre de nos émotions gustatives d'aller boire un verre dans une boîte de nuit « tout à côté », je ne pouvais pas leur refuser un moment de détente surtout pris « tout à côté ». Je devais remobiliser mon équipe, les élections approchaient et ma campagne d'affichage avait démarré dans la sobriété sous une photo de moi en tricot de marin (pour faire oublier mon parachutage et me donner une couleur locale) à rayures molles (pour rassurer l'électorat flottant) et avec une gâpette de cap-hornier (histoire de montrer que malgré tout il y avait quelqu'un à la barre) : un slogan fédérateur choisi par mes conseillers:
«  Jean-Thierick La Gaspérine un vrai vote de conchois. »
N'est-ce pas que c'était assez con... chois ce que ces cochons-là avaient trouvé mais enfin il m'en garantissait les effets et s'engageaient à me rembourser mes frais de port si je n'étais pas élu, alors, pourquoi douter, vrai j'avais confiance.  
Les premiers résultats étaient d'ailleurs fort encourageants puisque l'on se foutait de moi partout où j'étais affiché à travers la ville.
-C'est bon... c'est très bon... comme une donzelle au premier rendez-vous, qui se défend, se moque mais qui est troublée... on va les sauter ils vous attendent, je vous dis qu'ils mouillent déjà !
-Je ne suis pas Letroncheur Messieurs.
-On sait... on sait...
Et La Branlaye disait cela avec comme du regret. Je crois qu'ils n'étaient pas encore tout à fait convaincus de l'existence terrestre de ce Jean-Thiérrick La Gaspèrine qu'ils leur fallaient vendre à tempérament à des électeurs notoirement insolvables ou du moins point décidés à s'endetter pour de l'article de Paris.
-Et puis il y a votre prénom breton cela rassure. Se rassura La Branlaye.
A dire le vrai je tenais ce prénom faussement bretonnant non point d'une quelconque hérédité armoricaine mais parce que Monsieur mon père le ci-devant Président (il avait été président très jeune, de tout et de n'importe quoi) Régis Cardemeule s'était présenté fin cuit quand il m'avait déclaré à l'état civil de la mairie du XXII° :
-Son prénom ?
-Jean-Thierry-hips !
-Jean-Thierrips ?
-‘pa' ça ! ‘ean-Thierry-hic !
-Jean-Thierrick  s'pas breton ça ?
-Oui...ic !
A quoi tient le destin... s'pas?
 *
 La boîte de nuit n'était pas « tout à côté » mais « tout en dessous » de l'hôtel et donc du niveau de la mer et la tenancière était aussi rousse que la patronne de l'Auberge de la Chaudasse, d'ailleurs... d'ailleurs c'était elle, elle mais en string de cuir et son mari en slip léopard déguisé en Tarzan tubard tenait le bar.
-Dîtes donc vous vous foutez de moi vous deux ! En plus cela m'a tout l'air d'être une boîte à partouzes votre boîte de nuit !
-Ah vous croyez... on ne connaît pas bien la ville mais maintenant que vous me le faîtes remarquer... c'est curieux en effet... enfin l'on doit pouvoir se faire servir trois babys sans trop de dommages.
Médpeu s'en alla négocier au bar avec Tarzan pendant que je m'installais avec La Branlaye dans un recoin, le plus sombre, heureusement les recoins sombres ce n'était pas ce qu'il y avait de rare, il n'aurait plus manqué que je me fisse remarquer dans un tel lieu :
-Vous craignez pour votre fleur ?
-Je crains pour mon élection mon cher et je pense que cela vous concerne un peu.
-Ils élisent pas une rosière. Mais puisque je vous dis que c'est dans la poche, détendez-vous quoi merde, il faut savoir mettre un peu de mou dans la bretelle de temps en temps sans quoi on ne fait pas une carrière politique, vous tiendrez pas le coup mon vieux déboutonnez-vous quoi 
-C'est aussi un conseil politique ?
-Mais tout est politique la bretelle comme le reste !
-Votre formation gramciste qui vous donne des renvois.
D'ailleurs du mou il n'y en avait pas beaucoup autour de nous, l'établissement était certes d'un standing infiniment supérieur à celui du 10/18, mais la grande majorité des consommateurs consommait et une minorité agissante regardait. Je crus même reconnaître parmi la distribution et dans les premiers rôles les deux jumelles Dartemont-Chambeulac très affairées à dresser une meute de mâles, elles avaient des fouets et les faisaient  claquer sur les fesses des fauves bedonnants et rôtants dans un très beau travail en férocité.
-Ne serait-ce point ces demoiselles Chambeulac ? Interrogeais-je Cyril Médpeu qui nous revenait avec trois whiskys.
-Ma foi, il me semble en effet... mais comment se peut-il... voulez-vous que j'aille me renseigner ?
-Je ne vous le conseille pas, buvez vos verres messieurs et retirons-nous !
A ce moment retentit un :
-Bordel de merde qui c'est qui me fout la lumière dans les yeux !
C'était l'organe considérable de Letroncheur, il n'y avait pas à se tromper, il était reconnaissable entre tous et l'ayant supporté toute une soirée il m'était devenu familier. Il était la nouvelle attraction de la soirée et Mrs.Adam braquait le projecteur sur la scénette charmante de Letroncheur au milieu des dames. Médpeu me détailla les protagonistes :
-La blondasse de droite est la femme du notaire Maître Jeanneton, il est conseiller général vous lui avez été présenté, je crois, la brune qu'il saillit est Madame Lecornec la femme du pharmacien... d'ailleurs le pharmacien c'est le chauve à côté...
Letroncheur comme en un jour d'ouverture, ne rationnait pas les cartouches, il en mettait même quelques unes au pharmacien et entre deux passées refroidissait le canon dans le seau à champagne.
-Quel numéro quand même !
Ils étaient fascinés par la vitalité du bonhomme Letroncheur, pour ma part j'en avais assez vu et commandait le repli :
-Allons messieurs en route !
A ce moment cette imbécile d'irlandaise gastronomicide envoya son projecteur sur notre mouvement tactique.
-Mais putain c'est le mousse ! S'exclama Letroncheur en me reconnaissant.
J'étais reconnaissable maintenant. Ah elle était réussie leur pré-campagne de notoriété à ces deux crétins
Letroncheur avait dételé et se précipitait vers moi, l'arme à l'azimut en gueulant :
-Nom d'une bite je vais te l'inaugurer moi le mousse ! ‘ va' te le faire mousser le parisien !
Croire que je l'inspirais. Il ne pouvait pas laisser la marine tranquille, non.
Je tentais de courir, d'échapper, ne pas connaître le même sort que le pharmacien, mais je butais dans un pouf ou une pouf', je ne saurais jamais et tombais le nez dans la moquette framboise parsemée de capotes usagées multicolores comme alpages au printemps.
Letroncheur était pratiquement sur moi quand les jumelles Chambeulac, délaissant là leur... leur enquête, s'interposèrent avec une grande fermeté d'âme et dans de démesurés claquements de fouet :
-ZiiiipSchlaaaaaaaac ! ZiiiiipSchlaaaaaaaac ! Au coin et vite !
Letroncheur arrêté dans son élan, dégustait et paraissait même y prendre quelque plaisir, il ne rugissait plus :
-Ouïlle ! Aïlle ! Mal, j'ai mal !Ouïllle plus fort c'est bon !
Je me retrouvais, emporté par Médpeu et La Branlaye dans ma chambre.
 Je reposais encore convalescent de mes émotions sur mon lit quand ces demoiselles Chambeulac vinrent me visiter.
Je les remerciais, bien entendu mais non sans m'étonner de leur présence dans un tel lieu :
-Oh on rend juste service à Mrs.Adam, sa dominatrice titulaire Maîtresse Bertha s'est faite mordre par le receveur des postes, comme ça on se fait un peu d'argent de poche sans compter qu'on rencontre du monde et que ça fait bien avancer notre petite enquête sur le satyre... on soupçonne le pharmacien.
Braves petites, décidément elles avaient la vocation, il me semble, non ? (à suivre...)

Publié par urbane à 03:36:45 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (0) |

Walter Chéchignac 12 Bis par H.T.Fumiganza | 21 avril 2007

12.bis
Garni diplomatique.
 Le Consulat Général se trouvait sur le port de La Ponche dans un vieil hôtel particulier d'armateur que Walter Chéchignac avait rénové avec adresse et un bon goût suranné, on se serait un peu cru dans l'un de ses films français de qualité bourgeoise des années cinquante. Las Islas Bravados y Perditas pouvaient être fières à bon droit de leur représentation en France.
Il y avait une antique dactylographe posté derrière une machine à écrire Royal hors d'âge. Tout en tapant à deux doigts faiblards, et en remontant ses lunettes qui pendaient sur sa poitrine creuse, pour vérifier sans cesse sa prose, elle faisait aussi la police parmi les quelques ressortissants bravadiens échoués sur les canapés de cuir. Quand j'entrais elle tentait de chasser la fumée qui avait envahi la pièce en ouvrant en grand les hautes fenêtres :
-Stoppa la fumita ! Je ne le répéterais pas deux fois, cela devient invivable ! Ah Dona Chupita a bien raison : quelle race infernale!
Les autres se marraient.   
-Et vous là !
Elle s'adressait à moi comme une vieille institutrice d'antan aurait fait avec un cancre connu de ses services.
-Vous n'êtes pas un représentant j'espère ? Son Excellence reçoit les contrebandiers en tournée, les trafiquants assermentés et les représentants en articles d'importation seulement le Jeudi .
-Non madame je...
-Mademoiselle !
-Pardonnez-moi Mademoiselle je, je suis un... un ami de son Excellence, il m'a dit de venir le voir.
-Vous avez rendez-vous donc il va vous recevoir, c'est bien... c'est bien assoyez-vous... je vous appellerai... votre nom?
-La Gaspèrine.
-Quelle classe ?
-Euh... 6° B4... je redouble.
-Tachez de travailler cette année. Je  ne vous conseille pas de voisiner avec toute cette pouillerie ou vous allez attraper de la vermine...
Elle sortit une bombe désodorisante Brizznet de l'un de ses tiroirs et nous vaporisa en abondance de « senteurs du soir des îles caraïbes » qui tiraient plutôt sur le parfum de vécés collectifs, après quoi elle actionna un interphone qui devait sans doute marcher encore au charbon .
-Mon petit Valter ton camarade est là... très bien je le fais entrer... oui, oui, je leur ai préparé leur petit goûter à ces vauriens... et toi tu ne veux rien prendre... je t'ai acheté des pains-z-au chocolat... bien comme tu veux... vous pouvez entrer. 
Dans le même temps où elle me désignait la porte, je la vis sortir d'un placard des brioches au sucre, des barres de chocolat Milka et des bonbecs et commençait la distribution aux fumeurs hilares.
-... trois par personne... ah ne commencez pas à chercher à me filouter ! Décidément des voleurs de poule voilà tout ce que vous êtes tous...
 Le bureau de son Excellence impressionnait par sa taille et sa hauteur de vue, des fenêtres on pouvait découvrir tout le port de la Ponche en plein labeur et plus loin l'océan passablement désœuvré. Aménagé dans le style quatrième république prospérante de meubles lourds et ministériels, l'on s'y sentait bien et surtout étonnamment à l'abri.
Aux murs étaient accrochés des fresques stalino-roboratives représentant les principales réalisations en génie civile de ces dernières années « en Las Islas Bravados y Perditas », les barrages de Las Hermanas Nicas et d'El Gondolfo Coronito renommés pour leurs fissures géantes, un révolutionnaire pouvant y tenir debout sans retirer ses cornes, l'autoroute traversante A Uno y Basta, interdite au public, le Pont suspendu sur la Pelada y Gratos qui présentait de visibles signes d'affaissement et l'Usine de retraitement d'huiles lourdes de las Coyones actuellement en plein retraitement pour malfaçons congénitales. 
-Bonjour La Gaspérine, l'air de Paris vous réussit, vous avez pris des couleurs !
Il n'avait pas tout à fait tort je devais le reconnaître. J'étais allé à Paris pour obtenir des éclaircissements et des encouragements, je les avais obtenus et au delà et j'en revenais pleinement satisfait et rasséréné.
A ce moment Mademoiselle entra comme une petite souris, elle trotta vitement à travers la grande pièce, déposa sur le bureau deux pains-z- au chocolat et repartit sans un mot.
-Elle a de la suite dans les idées votre secrétaire. Elle vous aime bien, je crois, elle vous admire.
-Mademoiselle de Plombelec ? Oui sans doute, c'était mon institutrice, elle m'aime bien mais pour l'admiration voyez plutôt Dona Chupita, c'est son héroïne.
-Votre gouvernante est de là-bas m'a-t-on dit ?
-Elle descend en droite ligne (de pêche) de l'amiral Chupito y Gomez héros de l'indépendance de Las Bravados y Perditas, qui à la suite d'une fausse manœuvre coula dans le port de Las Perditas son chalutier de combat empêchant pour partie le débarquement des troupes amenées par la flotte monégasque à fins de réprimer, dans le sang bien évidemment, l'héroïque insurrection du F.L.B, Front de Libération Bravadien. Selon les décomptes de l'institut Révolutionnaire de la statistique la répression colonialiste fit 79685 morts.Un pain-z-au chocolat mon cher ?
-Oui, oui merci. Qu'est-ce que la flotte monégasque vient faire là-dedans sccroutch ? Interrogeais-je un peu surpris mon pygmalion, le cher Valter doncque.
-Mais ami La Gaspérine, las Islas Bravados y Perditas était la seule colonie monégasque répertoriée. Lors du vaste mouvement de décolonisation et de libération des peuples c'est donc son aïeul qui fut couronné père de la patrie et en fit une démocratie populaire, réussissant dans la même semaine à diviser le niveau de vie par quatre-vingt-quatre, à doter dans les mêmes proportions sa fille unique et à faire lance-pierrer (ils n'avaient plus les moyens de fusiller) 79685 réactionnaires, que voulez-vous il était d'une nature comptable.
-Non pas possible ?
-La vérité diffère quelque peu de l'histoire officielle, la  flotte monégasque ne se composait que d'un navire océanographique commandé par le commandant Coustard, il s'était échoué en matant de trop prés des baleines bleues en pleine partouze estivale,  la  répression du pouvoir colonial fit seulement trois blessés légers, des gardes monégasques qui s'étaient reçus des pots de géranium dans la figure, là-bas, dans les cas d'émeute on ne dépierre pas les rues, on ne  lance pas des pavetons, on dégarnit les balcons et on balance des pots de géranium.
-Chaque pays a ses traditions et elles sont toutes respectables.
-Sur injonction du Prince Rainier régnant, le vice-prince délégué, l'adjudant Pierrot Bavallo signa l'acte d'émancipation et depuis le bonheur règne là-bas en même temps que la nostalgie monte. Au marché noir le Paris-Match coûte une petite fortune.
A l'époque tout fut nationalisé, la société des bains de mer aussi bien que les matelas de plage; les night-clubbers, les putes, les plagistes et les milliardaires furent dorénavant nommés en conseil des ministres, l'avortement fut autorisé jusqu'à la quatre-vingt-septiéme année suivant la conception et l'euthanasie dés l'avant-veille. La réglementation fit des progrès fulgurants, aujourd'hui encore vous en pâliriez de jalousie mon cher, la respiration est rationnée, l'asthme ou plutôt les asthmatiques vaincus... Le progrès règne partout quoique la population stagne en bouffant des racines de coromel...
-De... de Coromel ?
-C'est une plante indigène, avec une crème brûlée, c'est divin! Malheureusement il n'y a plus de crème, et le feu même est contingenté.
-Mais comment fait-on ?
-On bouffe froid.
-Et c'est ce pays que vous représentez ?
-Ma foi il me semble, mon cher, que vous souhaitez en représenter un autre qui n'est pas moins fautif et ne montre pas autant de franchise, alors tant qu'à jouer à un jeu de con... 
-Mais quand même la population ne fait rien contre un tel régime et ce tyran d'Adamsen Pinocevic de sinistre renommée ?
-Pinocevic n'est point un tyran c'est un démocrate transgressif.
-Pardon ?
-Ils sont allés plus loin que vous et vos collègues, n'en soyez pas jaloux mais c'est un fait, vous êtes d'accord que la transgression est l'un des moteurs du progrès social et que sans vos grands ancêtres transgresseurs de 89 nous serions encore en monarchie autant dire dans les ténèbres et jamais quiconque n'aurait eu l'idée de se déplacer dans un véhicule automobile, s'élever dans les airs ou même inventer la pomme de terre?
-Sans doute... oui sans doute...
-Et bien Pinocevic transgresseur de la démocratie n'est simplement qu'une manière de créateur d'avant-garde, un démocrate cubiste si vous voulez, et si parce qu'il pratique la démocratie non-figurative vous l'appelez un tyran, je dis: attention au conformisme petit-bourgeois mon cher.
J'étais ébranlé, quand même dans n'importe quelle soviet de maternelle française, le seul nom de Pinocevic révulsait les âmes simples de nos institutrices même les moins militantes et faisait lever du pot la jeune garde, ne disait-on pas qu'il avait même osé profaner des stades de foutebôle en y parquant des opposants dans les débuts de son régime militaire .
-Mais... mais... mais...
-Vous partez pour l'alpage ?
-Mais c'est un régime  despotique ?
-Ce n'est pas n'importe quel régime despotique c'est « le » fameux régime dissocié despotique : une alternance de médiocrité fanatisée et de monstruosité familière, mi-ogre, mi-bon papa, les gens aiment bien ça : qu'on leur tienne la main même si dans le même temps on leur serre les couilles au bleu : « Quand la merde monte dans l'étable la chaleur aussi », c'est l'un des dictons préférés de notre Maréchal Président Trou du cul à vie.
-Vous voulez dire qu'il existe une réelle solidarité entre...
-Je veux dire que chacun est le flic de chacun et vice-versa et puis leurs pratiques sociales sont d'une grande... « modernitad », d'ailleurs j'ai abonné le nouveau premier ministre Arrivistos Filandrosos, un technocrate d'origine indubitablement grecque, un peu dans vos tailles d'ailleurs, à votre estimé bulletin du Cercons, il en fait son miel croyez-moi, tenez, il y a peu, à la télévision, sur la Una j'ai assisté à ce qu'ils appellent une exécution sociale thérapeutique, le grand succès d'audience du samedi soir, le condamné, pardon le sociopathe récurrent, n'est plus exécuté au petit matin mais à la fin du journal télévisé, un travailleur social, le plus souvent un psychologue-barman souriant et avenant, vient lui proposer de lui parler de sa petite enfance, et à la fin de l'entretien il lui offre de prendre un Daïquiri Lithique ou de regarder le feuilleton social de la Una...
-Et alors ?
-Ils choisissent toujours le Daïquiri fatal...
-L'alcoolisme sévit donc tellement sur vos îles ?
-Il sévit moins que les programmes tévévisuels, eux rigoureusement imbuvables.
-Mais enfin je ne sais pas il y a bien une opposition ?
-Tout à fait elle est retranchée dans l'extrême centre-est du pays : la Sierra Bogart, de temps en temps quand les récoltes de leur fumette locale la Chuma, baissent ou que les prix du marché chutent ils tendent quelques embuscades aux milices gouvernementales ou mènent quelques actions d'éclats au accents viriles de leur chant de combat, le fameux : « Mi rompa los bonbones ! » Mais très vite il y a des négociations, discussions, création de sous-commission, rapport d'étape, parce-qu'ils ont  braisé tout vivants quelques technocrates ils s'estiment encore des hommes et on leur vote en retour des subventions et des droits à prîme et ils se réunissent tous en cercle pour entonner le « Vamos a ganar » c'est l'hymne national un Te Deum d'Artistico y Gomez sur lequel on a calé des paroles esotérico-foutebolisantes.  
-Et Dona Chupita Bonita y Gomez ?
-Elle est l'âme de la révolution anti-révolutionnaire... calculez pas ça chiffre tout de suite là-bas.
-Et vous ne craignez pas que l'on sache qu'elle est réfugiée chez vous ?
-Mais tout le monde est au courant, notre Maréchal Président pot de chambre à vie lui fait verser une pension de Chef de Bureau Honoraire de l'Agence Révolutionnaire pour l'Emploi, il fait suivre son courrier ici et il paye même sa carte naranja tres zonas quand elle retourne au pays pour y mener des actions clandestines, et quand elle lui téléphone d'ici il accepte tous ses PCV. Il adore quand elle l'insulte.
-Elle paraît d'une nature paisible pourtant ?
-Vous plaisantez. Tenez pas plus tard que la semaine dernière quand il a fait passer sa loi sur la consommation autorisée de viande de nonne pendant les périodes de congés payés afin de permettre de mieux reconstituer les forces du prolétariat utile, eh bien que croyez-vous qu'elle fit : elle a confectionné une bombe très étonnante avec des boulons de 12, du permanganate azoté et plein de bonnes choses trouvées dans mon garage, une vieille recette de passionaria, qu'elle a faite bouillir trente-six heures à feu doux et adressée en recommandé au palais présidentiel, il y a eu quatre-vingt seize morts au service du courrier, le Président a tenu à la féliciter par téléphone et à lui annoncer lui-même le strike vainqueur. Elle l'a traité de burrito, d'encoulado, de couardito, de morvito et même... d'empéchado, la pire des insultes pour eux, mais et c'est bien là la preuve de son humilité foncière elle a reconnu que cela n'avait pas été si difficile étant donné qu'ils étaient en sureffectifs flagrants dans les services postaux de la présidence comme partout là-bas dans l'administraçion révolutionnaire. N'est-ce pas que cette modestie est admirable ? 
-Mais... mais ... ils sont donc tous fous là-bas... et d'abord  qu'est-ce que c'est  que cet Adamsen Pinocevic ?
-Le taulier... ah c'est une nature le fils Pinocevic, le papa avait fait fortune dans le sanitaire de couleur pour la classe moyenne métis, un très brave homme d'ailleurs, le fiston est devenu marxiste à Portofino, sa Porsche a eu une panne, il est tombé sur un agent de la marque indélicat, et c'est comme ça qu'il a perdu la foi dans les valeurs de l'occident soit pour l'essentiel le service après-vente, il est rentré chez lui, il a pris le pouvoir et il a nationalisé toutes les concessions autos mais depuis quelques années il s'est converti au libéralisme, la grâce lui est tombé dessus au milieu d'une réunion Tuppervouaire...
-Qu'est-ce que vous racontez là ?
-Oui le premier ministre uruguayen organisait des réunions Tuppervouaire dans les années 90 lors des sommets internationaux. Un moyen de se faire un peu de gratte.
Aussi sec il est devenu représentant Tuppervouaire exclusif pour las Bravados y Perditas et depuis tout le monde là-bas organise des réunions et s'y repasse des boîtes alimentaires alors que personne n'a plus rien à y mettre dedans.
Signe qu'il a recouvré la foi il m'a même autorisé à ouvrir une concession Ferrari à La Bravade.
-Ferrari ? Il est rancunier. Et cela marche ?
-Je n'ai qu'un client mais un gros, vous devinez lequel.
-Quel imbécile !
-Oh non ce n'est pas un imbécile, plutôt un mélange de politicard démagogue et rural genre troisième république, de psychopathe bavard et emmerdatoire, de branleur marxisto-freudien et de chanteur de charme entraînant. Je vous le présenterai, c'est toujours une rencontre... nourrissante et il se peut montrer un fort joyeux compagnon quand il le veut bien.
-Et vous vous flattez de son amitié ?
-Concedo...Il faut vous dire que j'étais dans la Porsche sus-mentionnée quand elle est tombée en panne, il m'avait pris en stop alors que j'avais la police italienne au train, on a tenu trois jours retranchés dans la concession Porsche, au matin du quatrième jour on a forcé le destin et réussi une sortie en Vespa 400 Abarth.  Forcément cela crée des liens.
Mais je n'écoutais plus ce qu'il me disait, je cherchais une explication, la plus rationnelle possible.
-La Vespa ? Oui... oui sans doute c'est très amusant, moi mâme j'en ai une à Paris... mais quand même j'essaie de comprendre... ou alors c'est la drogue cette Fuma Chuma qui rend fou et tient tout l'édifice ?
-L'édifice mon vieux il y a beau temps qu'il est par terre et que chacun vient y ramasser des pierres ou un bout de tôle pour aménager son terrier... quant à la Fuma Chuma elle a surtout des qualités aphrodisiaques.
-Elle se fume comme le cannabis ?
-Non, elle, elle se fume par tous les trous aussi bien en suppositoires que par les oreilles ou dans les trous de nez, il suffit voyez-vous d'en rouler une feuille très serrée de se la caler dans l'un des orifices sus-mentionnés, d'y mettre le feu et la fumigation vous envahit. Pour quoi il est conseillé aux plus assidus qui en arrivent à se calfeutrer tous les trous, pour s'éviter les courants d'air dans le cerveau, de ne jamais s'asseoir non plus que de s'endormir pendant « una fumita ».
 Le téléphone sonna, et oui il sonnait encore ici, quel bonheur  que de retrouver dans un livre de telles clarines provinciales annonçant que papa sera en retard pour le dîner et que belle-maman l'attende pas ou que le monsieur du garage dit que la traction avant est réparée.
Walter Chéchignac décrocha et commença une conversation en espagnol à laquelle je ne comprenais rien, ayant fait Deutsch fur Unter Menschen en première ligne... je veux dire en seconde langue.
J'allais jusqu'à la fenêtre afin de contempler les vastitudes océaniques et me goberger de pensées dans les tons. Il y avait une fort belle longue-vue de marine en cuivre astiquée, postée à demeure devant la fenêtre.
Le soir venait, démesuré, flatteur, et les pêcheurs de moules rentraient bredouilles de la chasse aux crevettes, au fond de moi je ne pouvais m'empêcher de penser :
« Quand même quel pays aux traditions attachantes et qui en même temps ne craignait ni ne réfutait la « modernitad », je veux dire la modernitude ! Après tout ce devait être fortement énergétique la viande de nonne, pourquoi ne pas en servir dans les cantines scolaires ? Il faudra que je demande au Cercons la réunion d'une commission d'experts sur le sujet.»
Après cette bonne résolution et quelques autres réflexions assorties, je mis l'œil à la lunette d'approche et observait la vie des quais.
A l'autre bout du port sur le quai des Brunes une fumée noirâtre montait comme d'un caboteur forceur de blocus... oui sur le Quai des Brunes ma permanence brûlait... (à suivre...)

Publié par urbane à 02:18:38 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (0) |

Momo dealer chauffagiste par G.M.Neoletto 2/2 | 13 avril 2007

Momo dealer chauffagiste par G.M.Néoletto 2/2

     « Pouacre » j'ai enfin trouvé c'est Monsieur El Kawa qui avait fait des études de littérature française à l'Université d'Alexandrie qui m'a expliqué que ça voulait dire « vilain » ou moche pas reluisant, dans tous les cas c'est très péjoratif enfin... c'est... 1.64 la bouteille de Fanta ! »

C'était... c'était cher ! Mais bon à partir de ce jour plus rien n'a marché comme avant, et les emmerdes se sont accumulées, d'abord il y a eu le drame que tout le monde se souvient, je résume Shubiduwa et Kéboniako deux pôtes à moi, des concurrents mais des pôtes quand même, deux revendeurs de Katoub enfin qui étaient en train de dealer tranquilos de la coke prés de la piscine à la sortie des scolaires et v'là pas que des flics débarquent comme ça sans prévenir, personne les avait invités pourtant, Shub et Keb y se taillent vite fait pour aller planquer la recette et la marchandise, là où ils la mettaient d'habitude dans le local du compacteur à poubelles y sont bien peinards et attendent que les keufs se barrent quand ce con de Menendez le gardien portugais, se rappelle d'un coup le trou dans la couche d'ozone et son devoir citoyen, enfin les couenneries qu'on sert aux petits blancs pour leur anesthésier les gonades et qu'y se tiennent tranquilles, et ce con de portos il actionne le compacteur, un machin de quatre tonnes que la mairie avait installé rapport au développement durable et tout ça.

On imagine la suite. Compactés qu'ils ont été les copains,  tout ce qu'on a retrouvé c'est deux cubes bien ficelés avec leurs casquettes sur le dessus. On aurait dit ces trucs, mais si les prix: les césars qu'on remet aux acteurs.  Et tout ça à cause de ces salauds de schmitts alors là ça a été l'explosion. Vrai les Mokrani ils étaient indignés, ils avaient pas envie non plus de voir débarquer des cars de flics à chaque fois qu'il y avait un anniversaire dans la Cité.

Alors on a tout niqué : le stade, la salle omnisports, la Glandothéque, la Branlothéque, la Smurfothéque, la Pornothéque, la Murothéque, la Tournantothéque, le dojo olympique, la piscine à vagues, la patinoire d'altitude, l'échangeur de skate 12 pistes,  le parcours de golf 32 trous et retour, le terrain de cricket en ray grass du Sussex, la grande roue et son parc d'attractions, même ... vrai on dormait plus, et le jour ces cons de pompiers qui faisaient un boucan du diable pour venir éteindre qu'on pouvait même plus se reposer l'après-midi, alors on leur a itou cramé la casernothéque.

Enfin quand même le maire et le préfet ils sont venus voir l'imam Meklouf le louf pour qu'il balance une fatwa et que le calme revienne et il a posé ses conditions : plus jamais de flics et le jour de la mort de nos pôtes commémoration officielle avec les représentants officiels... en slip et surtout plus un portugais (c'est tous des racisses) et plus un greffier dans la cité, ça lui était pas passé y faut croire sa haine des chats.

 

Et un mois après ils inauguraient avec le préfet la stèle sur le compacteur à poubelles mais aussi sec la stèle elle a été pulvérisée pasqu'il fallait bien compacter malgré que c'était jour de commémoration. Alors le député-merde a dit  qu'on pourrait peut-être la mettre ailleurs pour éviter d'en acheter une trop souvent et tout le monde lui a gueulé après pasque c'était là qu'on la voyait  et qu'on avait bien compris qu'il voudrait bien qu'on la voye pas pasque sans doute que ça lui rappelait la colonisation et l'esclavation et tous les trucs que ces salauds de français ont fait comme d'attaquer la Pologne en 39.

Le maire il a dit qu'il nous comprenait et qu'il était solidaire, et d'arrêter de taper et qu'il en payait une autre et que c'était sa tournée de stèles. Et il en a commandé une douzaine, il tremblait de partout mais surtout des genoux. Et on lui a exigé pasqu'il y avait la tévé qui tournait (des journalistes de France 3 Basse Meuse en stage à Quimper) des équipements pasque c'est vrai il y avait (plus) rien et que c'était un scandale de nous traiter comme ça pire que des bêtes. Et Katoub qui s'était élu représentant démocratique de la Cité et délégué des jeunes–t-en colère (malgré ses 48 balais) il a demandé qu'on agrandisse immédiatement les caves (il avait un arrivage prévu de quinze tonnes direct de Medellin et il savait pas où le garer).

Ça l'a surprenu le préfet il a dit :

-Ah tiens don' et pourquoi don' ?

-Pour...pour pratiquer notre foi ! Il a répondu vachement digne Katoub.

-Mais mon garçon il y a une mosquée de 16000 m² en construction dans le quartier, avec tous les équipements prévus : bibliothèque coranique, salon de thé coranique, stand de tir coranique, simulateur de vol coranique...

-Mais ça n'a rien à voir !

-Bien... bien ... comme il vous plaira... monsieur le maire vous notez : vous m'agrandirez les caves...

-Mais ça va nous coûter une fortune monsieur le préfet et puis j'ai déjà mon projet de tramway à gazogène rapport au plan inter local de développement durab'qui...!

-J'ai des ordres de Paris. Je vous ferai avoir une subvention de Bruxelles au titre du respect des minorités et de la lutte contre la tremblante ... de l'élu...

La tremblante de l'élu... personnellement moi j'aurais abattu tout le troupeau !

 

Enfin depuis chaque année il y a une cérémonie avec toutes les personnalités locales, y vient même des parisiens et des chantrices et des acteuses la coke de quimper c'est une spécialité et y nous vident le stock, tout le monde vient voir l'inauguration puis la pulvérisation  de la nouvelle stèle su' le compacteur c'est devenu une tradition.

Là-dessus Katoub me dit :

-Dis donc Momo t'es bien chauffagiste ? T'en connais un bout  sur les chauffe eau alors ?

-Ben ouais Katoub pourquoi ?

Et y me dit qu'il y a la la vieille Mémé Mokrani qui veut pas retourner à Casa dans la villa qu'il lui a achetée  pasque là-bas ils passent pas les Feux de l'amour, elle a plus de chauffe eau et il veut lui en payer un neuf :

-Alors tu lui  prends le meilleur et tu lui installes !

Difficile de refuser un truc à ce mec là, c'est un dominant comme disent les flics, un mordeur depuis la maternelle. Alors je suis allé à Castorama et j'ui ai pris à la mémé un Chaffoteaux & Maury X7B8500 full options, le vendeur m'a dit que c'était la Rolls des chauffe-eau et que d'ailleurs le roi du Maroc il avait le même.

 

Ah on peut pas dire je lui ai soigné les soudures à la vieille, vrai j'en ai chié, une semaine j'ai passé dessus, j'ai fait de mon mieux mais y faut croire que l'autre connard m'avait vraiment foutu la poisse ou que chauffagiste c'est plus costaud que dealer pasque le lendemain de l'installation quand elle a voulu le mettre en marche  la vieille, ça lui a pété à la gueule et rasé tout l'étage. Depuis j'ai  Gaz de France et les Mokhrani au cul !

Moi je le dis artisan c'est vraiment difficile en ce moment.

Publié par urbane à 04:06:42 dans / Momo dealer chauffagiste | Commentaires (1) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| >>

Tell a Friend

SocialTwist Tell-a-Friend

oups

Thèmes

LurbaineVisual

<A href="http://www.blogarama.com/"><IMG src="http://www.blogarama.com/images/button.gif" border="0" alt="blogarama - the blog directory" title="blogarama - the blog directory"></A>ogorama

blogarama - the blog directory

Diggons

Mon profil sur Diggons.com

UT Infocoms

Rechercher

Luna

critéo

K und K

Lurbaine infocom

mailto

Tags

   A.Lagueulebée La Dame à la mycose Urbane Tattack L'UrbaineDesArts Editeur Humour et Décoloration grand concours de Cougnes   Berluscono   Blondeur vagale   Chômdur   Chômmou   Communiqués   Demain j'arrête de péter by lofti benayak   Déconnation   Editions la Découverte   Exclusif : le Prix Glancourt décerné à H.T.Fumiganza pour Walter Chéchignac (L'Urbaine des Arts Editeur) au premier tour de scrutin.   France 2   Fumiganza   G.M.Neoletto   Grand jeu concours Urbane Tattack de quelle couleur est le cheval Blanc d'Obama L'Urbaine des Arts   Gross Paris Plage   H.T.Fumiganza   Happeningue   Humouritude   Interview du webmaster de http://urbanetattack.blogg.org lurbaine des arts éditeur   L'UrbaineDesArts   L'UrbaineDesArtsEditions   La Cellule de maintien idéologique 3/3 Par G.M.Néoletto   La Gouv'Ac 2 par Lofti Benayak 1/1   La dernière lettre de votre petit Guy... urbane tattack l'urbaine des arts editeur humouritude et décoloration Guy Hocquet   La sextape de Christine Boutin et Jean-Louis Boorla (extraits). Urbane Tattack Humour et décoloration L'urbaine des Arts Editions   Lauvergeon pas tirable   Le Parisien   Le Royal Chouquettes à l'assaut! 1/1 by G.M.Neoletto   Le clochard dans le bac à sable de lofti benayak urbane tattack l'Urbainedes Arts feuilletons   Le dernier des... permanents!   M'sarkozy &fils   Michael Jackson est ressuscité   Nicolas Sarkozy est retourné en prison lofti benayak urbane tattack feuilleton sur internet l'urbaine des arts éditeur Nick Sarkozaïe went back to jail. Par Lofti Benayak 1/1   Nordnmark one point ! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark   Nordnmark one point ! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 15... urbane tattack humour l'urbaine des arts editeur   Nordnmark one point by H.T.Fumiganza Urbane Tattack L'Urbaine des Arts éditeur web-feuilletons   Nordnmark one point!   Nordnmark one point! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 17 L'urbaine des arts votre web feuilleton sur Urbane Tattack   Nordnmark one point! journal intîme du Prince Consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza L'Urbaine des Arts Urbane Tattack littérature humour   Noveling-Press   Prince consort pas Raoultkë de Nordnmark L'Urabaine des Arts votre feuilleton de l'été sextape Christine Boutin   Raoultkë de Nordnmark journal intîme du prince consort de Nordnmark H.T.Fumiganza L'URBAINE DES ARTS Editeur URBANE TATTACK humour   Raoultkë de Nordnmark prince consort roman humoristique bt H.T.Fumiganza feuilleton Urbane Tattack   Revue Lurbaine http://revue.lurbaine.net urbane tattack l'urbaine des arts editeur humour fumiganza   Strategical closeed!   Urbane Tattack blog   Urbane tattack   UrbaneTattack   UrbaneTattack réveillon chez les régressifs Lofti Benayak   VEHM   au merveilleux pays des putes   bienvenue à l'armée russe   bienvenue à nos libérateurs   blog interdit aux mâles blancs et aux chiens   by H.T.Fumiganza 18... urbane tattack   couilles   dalaï-lama urabane tattack carla bruni   droit   ebooks lurbaine   feuilletons   france   grand prix simone veil de la famille française   hommage national au dernier soixante huitard   humour   humour bd festival   humour et course à pied   humour feuilleton urbane-tattack blogg.org h.t.fumiganza lurbaine des arts éditions nordnmark one point journal intîme prince consoert raoultkë de Nordnmark   je veux un bébé non fumeur; fumiganza;humour;sexe   jean-pierre Chassavagne   journal de François.F. soumis   journal de la France de pendant par François F... soumis   l'urbaine des arts   l'urbaine des arts editeur   l'urbaine des arts editeur france   l'urbaine des arts éditeur humour et décoloration   l'urbaine des arts éditions   la garde à vue loisirs préféré des français   la présidence Choukroun & fils   la sextape d'Ingrid Bettancourt   le schtroumpf aux étoiles   lofti benayak   lofti benayak urbane tattack   loisirs préférés des français   lurbaine.net   mon infernal féminin   nain de cirque   opposable   paris   proclamation   revue   sarkozy   scandale   sondage IFLOP   urnbane tattack   vider   walter chéchignac ht fumiganza lurbaine des arts urbane tattack   web-feuilletons   webfeuilletons   éco lieux mémoriel jean-pierre chassavagne urbane tattack l'urbaine des arts éditeur A.Sottos  

Kliosk

fuseaux

morback

game

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03