Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

URBANE TATTACK

LA LITTERATURE AU METRE

  UrbaneTattack le blog-feuilletons de L'UrbaineDesArts/NovelingPress/info@lurbaine.net


Toujours à la pointe du progrés et poursuivant notre oeuvre d'électrification de la littérature françoise, nous informons les lecteurs d'Urbane Tattack que les ouvrages de l'UrbaineDesArts Editions/Noveling-Press seront désormais téléchargeables sur Smashwords, et ce pour un prix modique qui ne couvre pas mâme le coût de la vapeur (quelle époque!), les premiers tîtres de notre catalogue disponibles en ebook et dans une foultitude de formats attrayants et du meilleur goût parisien sont ici:Lurbaine ebooks

Walter Chéchignac 18 par H.T.Fumiganza | 11 juin 2007

18.
Réveil parisien.
    Nous avions quitté La Conche très tôt, à l'heure où les pêcheurs impatients réveillent leurs femmes en cassant le vase de belle-maman  avec leur gaule.
Je me taisais, à côté de moi, Walter Chéchignac conduisait, en silence, lui aussi, très vite, très bien sans doute, mais trop vite, trop bien et... trop seul. Son individualisme, son indépendance m'exaspéraient tout autant que la sollicitude intéressée qu'il me témoignait.
Il avait ressorti de ses collections, l'un des ces bolides Scalextrix des années soixante et dix avec quoi il moquait la gendarmerie locale, une Chapparal avec un aileron de deux mètres de haut et à son bord il se faisait fort de rallier Paris en moins de deux heures et douze minutes, son record personnel, nous étions dans les temps et sans doute avec les dizaines de photos-flashs des radars que nous avions déclenchées sur notre passage aurions-nous eu de quoi garnir un bel album de vacances.
Mais aujourd'hui Son Excellence s'en fichait bien des souvenirs.
Il avait des soucis et ce n'était pas tant les événements récents survenus à La Conche et dont le total de bilan atteignait une dizaine d'assassinés qui l'occupaient que ses affaires parisiennes.   
Pour ma part, il me fallait changer d'air, je ne supportais plus La Conche sur Ponche et son climat grand-guignolesque, où les égorgements succédaient aux décapitations et devant quoi je craignais malgré tout de perdre sinon la vie au moins une bonne part de ma raison .
Et puis j'avais à faire à Paris, d'abord me montrer à la filière champignons-pomme de terre... non c'était pas ça ! La filière... betteravière voilà merci, c'était bien l'avenir de la betterave à nœuds qui occupait toutes mes pensées, ensuite il me faudrait passer prendre quelque fonds au Parti pour mon début de campagne, il tardait à me les débloquer et les extravagances vénériennes et comptables de Médpeu et La Branlaye avaient aggravé l'ulcère de mon contrôleur financier, aussi je comptais bien y trouver les éclaircissements et les apaisements nécessaires.
Enfin et c'était là mon dessert, j‘avais rendez-vous chez mon éditeur afin d'y signer les exemplaires d'envoi de mon dernier ouvrage. J'avais écrit en effet un roman, pendant mes rares heures de loisirs, que j'avais confié à l'un de mes camarades de promotion qui l'avait présenté à l'un des camarades de promotion de son oncle qui pantouflait depuis le golf de Saint-Claoud à la présidence de la filiale française de Toxicals corp. (Toxics and Chemicals wolrlwide Medellin's Cartel corporation) et dirigeait pendant ses heures de loisirs, le travail de son swing lui laissant encore quelques heures de détente, une collection chez un éditeur parisien, camarade de promotion et de klubeu-ahousse.
Ce n'était certes pas la première fois que j'étais publié, les bulletins du Cercons et divers essais en faisaient foi dont un très remarqué:
« En side-car vers l'Europe nouvelle »  un abrégé bilingue de collaboration active et passive et un Manuel pratique de réglementation simplifiée en douze volumes rédigé avec un camarade de promotion, obscur administrateur civil :  Guillaumerde (son père à lui s'était toujours montré exactement sobre mais il aurait résolument préféré une fille) Dondla, entièrement sur papier réglé et en trois exemplaires, ouvrage qui m'avait valu un réel succès critique et universitaire, d'ailleurs en ces matières l'on disait maintenant le « La Gaspérine » comme dans le temps le Mallet-Isaac ou le Larousse-Encouleurs.
Mais comme le pauvre Encouleurs le cher Dondla était passé à la trappe. C'était d'autant plus injuste que sur les douze volumes, je n'avais rédigé que l'introduction du premier tome et la conclusion du dernier, mais enfin il faut croire que mon nom et ma personne attiraient assez bien la lumière, d'ailleurs le cher Dondla s'en fichait et il préparait une suite à notre œuvre commune, une manière de vingt ans après :
-Avec les mêmes personnages ? Lui avais-je demandé avec  quelque ironie.
-Oui, oui sans doute. Il entendait mal l'ironie, ce n'était pas sa langue natale, peu de gens la parlent il est vrai de nos jours.   
Quand même avec tout ce qu'il s'était pris sur la gueule grâce à nos bons conseils, le héros de l'ouvrage : l'usager passait assujetti, contrevenant puis ci-devant au mérite devait être passablement fatigué.
 Mais cette fois, pour ma part, on le comprendra il s'agissait de toute autre chose, une œuvre plus intime et personnelle, certes c'était un roman, une histoire simple et très actuelle, un jeune homme moderne et parisien, fin et sensible, pesamment diplômé et travaillant dans un combinat d'état se faisait voler sa bicyclette, un cadeau de mère d'ailleurs, su' le Pont de l'Alma, devant se rendre à un rendez-vous de la plus haute importance et où son avenir personnel et administratif risquait de se décider, il avait dû se résoudre dans l'instant à en emprunter une autre, bien entendu, cela n'était pas allé sans lui causer un grave problème éthique d'autant plus effrayant que le vélo dérobé appartenait à un immigré africain d'ethnie toumgou, qui l'avait rattrapé après cinquante mètres et lui avait infligé « dérrréchef » une correction sévère.
Je ne vais pas raconter toute l'histoire bien entendu, je laisse à mes possibles lecteurs le soin de la découvrir, mais je peux dire qu'elle n'était pas sans intérêt et très contemporaine, abordant les grands problèmes de notre époque: le manque de garages à vélos à Paris en particulier, d'autant que très vite une relation quasi-amoureuse, au moins très fusionnelle, s'ébauchait entre le jeune toumgou immigré et le jeune parisien amoché et qu'ensemble ils se lançaient sur les traces d'un réseau d'extrême droite, de la pire blondeur, qui dérobait nuitamment et avec force violences les vélos de jeunes immigrés méritants et sans défense.
Certes il y avait là-dedans quelques éléments autobiographiques, je peux bien dire que dans la réalité le cher Aboubacar frappait beaucoup plus fort que dans le livre mais pour l'essentiel, et je la revendiquais pour telle, il s'agissait d'une œuvre d'imagination qui se déroulait dans une grande métropole de nos jours, l'un ces lieux magiques, de mélange des cultures et de métissage bienvenue où tout peut arriver, loin, très loin de la province ethno-centrée et franchouillarde, concho-ponchaine, poncho-conchaine ou autre où il ne se passe jamais rien.
J'avais pensé pour le titre au « Voleur de bicyclette », cela enchanta mon éditeur classé et swingueur mais la petite secrétaire intérimaire quoique renseignée sinon cultivée nous dit que c'était déjà pris, alors je m'étais rabattu sur « Le vélo » je prisais ce genre de littérature minimaliste où tout est dit en peu de mots.
Ce crétin de Walter Chéchignac appelait ça :
-... la littérature anorexique d'une époque sans faim où des petits cons prétentiards avec des petits riens réussissent à faire  pas grand chose.
Il en était resté l'imbécile à « the english bravour » , antique géographie sentimentale: l'île au trésor prés du phare Dickens. 
Il me lâcha prés de la chambre des députaillons, place Otto Abetz* où étaient les bureaux du Parti.
  -Bon, on se retrouve à midi à La Bégude, c'est un restaurant tenue par des amis qui se trouve rue Lucien Van Impe prés du Boulevard Zootelmelk... allez à tout à l'heure mon petit vieux.
Il démarra sous les injures haineuses des cyclistes que son dix cylindres rageur venait d'enfumer.
Quant à moi, en le regardant s'éloigner très vite, trop vite et encore plus seul, je regrettais un peu de l'avoir insulté (mentalement) tout le temps de notre voyage, c'était la première fois qu'il me donnait du « mon petit vieux » et je devinais qu'il se rendait lui aussi à un rendez-vous important et autrement dangereux que ceux qui m'attendaient.  
 *Homme de gauche et syndicaliste. Propagateur du vélo à Paris
Gérald Sopalin le délégué national aux délégations me fit un peu attendre, mais il recevait un militant me renseigna sa secrétaire, et dans ces moments il régnait à l'étage et dans les bureaux un silence religieux. Le militant c'était la denrée rare au Rassemblement pour l'Union. Sur les fichiers hors nos 156298 élus locaux, départementaux, régionaux, européaux et galacticaux abonnés d'offices, pensionnés mais non cotisants, nous en comptions 321589 de militants de base et encore le chiffre comptabilisait-il un bon nombre de trépassés ressuscités par le seul verbe républicain de notre maréchal-président-tricard à vie mais dans la réalité il n'y en avait de réels, de terrestres et matérialisés sur la place de Paris que onze, c'est dire que l'événement était d'importance: la visite d'un militant de base, qui plus est électeur et votant, la merveille ! ( l'un des derniers avec le fameux Père Jaunet des Batignolles qui depuis 36 n'avait pas raté une élection, le con!).
-Il était prévenu ? Demandai-je à la secrétaire dans le recueillement.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             
-Justement non, il a débarqué comme ça, en  revenant de faire son marché. C'est Marcel Grougnard de la section Capucines.
-Ah ça a dû lui faire un choc au cher Gégé.
La porte s'ouvrit, le Gégé, il était blanc et raccompagnait le pépère porteur de cabas d'où dépassait un poireau avec les égards qu'il aurait servis à un premier-ministre en visite d'état.
-... je suis content... vous êtes bien installés... je repasserai...
-Je vous recevrai toujours avec plaisir mais la prochaine fois prévenez-moi, on aurait pu se rater monsieur Grougnard... vous imaginez      
Il ne se le serait pas pardonné le cher Gégé de rater l'occasion historique, le passage de la comète électorale, il lui aurait fallu attendre 643 années avant d'en recroiser un.
 *
 -Ah mon cher La Gaspèrine, alors vous voilà redevenu parisien, cela me fait plaisir, j'espère que vous n'allez plus vouloir nous quitter de sitôt ? Vous n'êtes pas fait pour la province, je vous l'avais bien dit.
J'hésitais, titubais, défaillais presque, j'étais pourtant certain de ne pas avoir manqué le début, l'ouverture et même d'y avoir poussé quelques arias.
-Je... je ne comprends pas. Je... je dois retourner à La Conche... c'est chez moi... mais si... pour être élu...
Je me laissais tomber dans le fauteuil visiteur.
Il actionna son interphone :
-Madame Moineau cognac vite !
J'essayais de reprendre mes esprits sans assistance alcoolisée.
-Mais... mais La Branlaye et Médpeu m'ont dit... ils sont revenus...ils...
-Ah ils sont chez vous ces deux-là, on les cherche partout... enfin pas moi... le juge d'instruction Larance-Lerouge surtout... ils ne vous ont pas dit, ils ont été inculpés dans l'affaire des sous-marins fictifs Boliviens...
Une vieille affaire, des sous-marins que l'on avait vendus à la Bolivie, que l'amirauté bolivienne avaient réglés franco de port (ports dont ils étaient d'ailleurs dépourvus mais c'était en prévision de la revanche contre les chiens chiliens (difficile à dire !) qu'ils les avaient commandés) mais qui n'avaient jamais été livrés, le préposé ayant prétexté d'une sonnette défaillante.
-Alors ils se sont réfugiés chez vous ces deux saligauds...
-Mais comment... mais pourquoi eux ?
Je reprenais un peu de vigueur et la colère devant une telle injustice me raviva les sangs :
-Vous savez bien que tout le monde a touché là-dessus même la dame pipi de chez Lipp.
-Taisez-vous, pas de nom je vous prie ! C'est tombé sur eux voilà tout, pour l'ensemble de leur œuvre, souvent nommé jamais récompensé, une inculpation d'honneur en quelque sorte, et je peux vous dire qu'ils ont intérêt à bien se calfeutrer parce que les boliviens sont très ... très colorados en ce moment. Mais parlons plutôt de vous, je vous ai enlevé un belle épine du pied.
-Alors je ne suis plus candidat ?
-Mais non et c'est l'un de vos camarades de promotion : Joël Noyeux  qui va vous remplacer dans ce pays de sauvages, vous devez être soulagé ? Contre Letroncheur il n'a aucune chance pour la mairie. La négociation a été rude, enfin il n'a pas été chien et il a consenti à lui laisser une place au conseil général et un pourcentage sur les cantines scolaires. D'ailleurs votre remplaçant doit rejoindre son affectation cette nuit... enfin si le plafond n'est pas trop bas. Mais comment vous n'étiez pas au courant ?
-J'ai dû manquer la première.
Je vidais les deux verres de cognac que nous apportait la môme Moineau au grand désappointement de Gégé-ex machina ex-alcoolique anonyme, et je me levais, j'étais plus grand que lui et salement remonté, il battit en retraite prudemment derrière son bureau long, rangé et incontournable comme une barricade d'imprimeurs. 
-Noyeux ! ‘l'est même pas breton me surpris-je à lui rétorquer racisse et déçu. Et puis merde, j'y suis j'y reste. ‘fallait pas m'y envoyer !
-Allons mon petit vieux reprenez-vous et puis vous ne perdrez rien au change, vous pouvez m'en croire, monsieur le secrétaire général pense à vous soit :  pour le poste de commissaire général aux chantiers de jeunes ?
-Je n'ai aucune envie de faire carrière en short long dans le bâtiment. 
Ma réponse abrupte l'obligea à relancer très fort :
-Soit pour occuper les fonctions de Résident Général en Seine Saint-Denis.
Bougre ils y allaient fort, me proposer un tel poste à mon âge.   
Il sentit qu'il avait mis en plein... en plein dans l'orgueil Gaspérinien :
Il ajouta :
-Malgré votre jeune âge et en toute honnêteté vous en sentiriez vous capable ?
-Je me connais assez pour savoir que je ne serai pas z' inférieur à la tâche qui me serait confiée, bien sûr je n'ignore rien des... des « événements » en cours, les attentats du Front de Libération Neuftroâsien (F.L.N) ainsi que les rodomontades de l'A.L.N  (Armée de Libération Niquetaracienne) sur la frontière Seine et Marnaise mais je saurais, je pense, engager une politique de dialogue constructif z'entre les communautés pouvant déboucher, je ne privilégie z'aucune voie bien entendu mais je n'en exclue non plus z'aucune, à moyen... ou court terme sur l'indépendance pleine et entière.
-Ce sont aussi les sentiments de notre premier ministre : une politique de fermeté soit mais sans hochements de menton ou obstination obtuse. 
-Je saurais me mettre, ou me faire mettre par des conseillers choisis, dans le sens de l'histoire en préservant bien entendu tous les intérêts... mettons la plus grande part... au moins une petite partie... enfin il faudrait et je ne transigerai point là-dessus que la si longue présence française ne fut point oubliée du jour au lendemain en ces départements qui nous furent si chers non plus que mes droits à retraite (je levais les bras au ciel, que j'avais très grands, les bras pas le ciel, vrai je devenais gaullien dans l'exercice du tombé de pantalons), je les veux  préservés et confortés par une indemnité compensatrice et un éventuel reclassement à valeur indiciaire équivalente en... en métropole.
-Vous les aurez, connaissez-vous Plombières ?
-Mère y va prendre les eaux quinze jours à la saison.
-Fort bien et mieux encore si vous y avez des souvenirs heureux ?
-De mère fort peu, en fait je crois presque aucun, depuis l'enfance nous nous sommes croisés quelques fois mais rien de plus, la création : sa peinture, ses livres, ses amoures mâmes, l'occupe tellement.
-Oui, je... je comprends. Non je vous demandais cela parce que nous avions pensé à cette agréable station thermale pour y mener les premières négociations avec le Cheikh Choupinot et les délégués du Gouvernement Provisoire.
-Plombières fort bien.
Je ne pouvais m'empêcher de penser: quelle drôle de manie nous avons, nous autres français, de déshonorer ainsi avec obstination toutes nos villes d'eaux.  
 *
 J'arrivais à La Bégude de fort bonne et décidée humeur, Diable ce n'était pas tous les jours que l'on vous annonçait de telles nouvelles, c'était de ces dates qui comptent dans une carrière, Père, pour les intimes le Président Régis Cardemeule qui, au temps de Giscard et alors qu'il était chef de cabinet de quelqu'un de ses sous-ministres, avait décolonisé les Nouvelles-Hébrides à lui seul, au bénéfice exclusif des anglais et en empochant une honnête commission au passage ainsi qu'une prîme de rendement exceptionnelle, oui Pére lui saurait me renseigner sur les conditions, tarifs et remises consenties au décolonisateur modèle.
Car à dire le vrai, j'apercevais même quelques possibles profits pécuniaires si comme on le murmurait l'ex-sultanat de Brunei  finançait le gouvernement provisoire.
Que l'on ne voit surtout pas de pareilles spéculations sous un mauvais jour, l'indépendance apparaissait à tous les observateurs sérieux comme inéluctable et nous permettrait peut-être de garder la Seine et Marne, si l'O.N.U bien entendu ne s'en mêlait pas de trop prés... et ne nous bombardait pas de trop haut. 
 J'arrivais donc gai et enjoué dans la maison du malheur.
La Bégude était de ces restaurants parisiens années 50, confortables et non sans agrément mais  anonyme et où les serveurs tous quinquagénaires dataient autant que la carte et où le menu du jour semblait de l'avant-veille. En salle quelques fumeurs de cigares faisaient le siége patient de leur digestion à petites lapées de Grande Chartreuse 1904 mais je cherchais en vain parmi la clientèle le cher Valter, j'étais dans de telles dispositions d'esprit que j'étais prêt à lui pardonner mes énervements de ce matin devant son individualisme régnant sinon souverain.
Les serveurs me paraissaient assez éteints, même s'ils accomplissaient un service parfait mais tout de même je fus un peu étonné quand à l'entrée un peu vive d'un client impatient ou affamé le demi-chef de rang à côté de moi sortit un pistolet-mitrailleur de sous la cloche en argent de la table roulante.
Oh certes il se hâta, devant l'innocuité offensive de l'arrivant, de reposer l'arme dans le canard au jus mais quand même, dans une maison bourgeoise telle que celle-ci, c'était là un geste d'artilleur... qui détonnait.
Je me renseignais auprès d'un maître d'hôtel morne et hautain, sans doute un peu trop cinéphile .
-Hum ! Hum ! Je crois que monsieur Chéchignac a réservé une table pour deux.
-Son Excellence a sa table réservée à l'année, je vais vous conduire si vous voulez bien.
 Je lui pris le train mais très vite après avoir remonté les salles, sans nous arrêter, nous nous retrouvâmes dans le Privé et plus loin, plus haut plutôt, puisqu'il nous fallut suivre un escalier en colimaçon nous traversâmes deux bureaux meublés de téléphones en bakélite, de canapés ronflants et de meubles dans le style IV° flamboyant, reconstruction lourde qu'affectionnait si fort le cher Valter.
Enfin le maître d'hôtel frappa à une porte, il était midi mais la pièce était dans l'ombre, il y avait des perfusions et tout un appareillage électronique autour du lit sur lequel reposait son Excellence Walter Chéchignac, le torse et un bras bandé endormi ou anesthésié ?
Quelque chose en moi me hâta le cœur et les sens, et d'imaginer cet homme dont au vrai je ne savais rien, en péril de mort me causait une peine importante et désordonnée.
-Il... il est mort ? Demandai-je à l'un des deux types qui le veillaient.
-Non, non ne vous inquiétez pas il en a vu d'autres.
Mon trouble était visible, je levais la tête vers mon interlocuteur qui se présenta :
-Je suis Bédoncle, je suis le taulier, vous êtes le fameux La Gaspérine c'est ça ? Venez passons à côté, il va dormir un peu, se reposer. Il en a besoin, je lui avais bien dit que la vie de province c'est usant.
Il me montra un sourire rescapé d'une grande inquiétude.
Ce n'était assurément pas la vie de province qui l'avait à moitié tué, le cher Valter mais bien ces quelques heures parisiennes qu'il venait de passer sans grande prudence dans l'intimité de quels crimes !
      
Dans la pièce d'à côté deux femmes parlaient à voix basse, l'une était une bonne sœur, en noir, l'autre une grande brune moins sœur mais en rouge, plus très jeune, dans les trente-cinq ans, mais d'une beauté surprenante, tout de suite agissante, à l'ancienne, très allurée, un charme de cocotte mais avec une autorité de sociétaire.
J'avais la même sensation devant ce genre de beauté très femme que quand je me promenais en forêt enfant et que soudain une source m'apparaissait, une joie physique et brutale, l'instinct renseigné et comblé et dans le même temps la découverte de l'éternité sensible.
Bref dans l'instant j'en tombais amoureux. Pourtant elle avait pleuré, elle s'était inquiétée, triturait son mouchoir comme un chapelet de veuve à venir, mais rien ne pouvait la gâter.
-Ma chère Merry je vous présente Monsieur La Gaspérine.
Elle se tourna vers moi, elle avait les yeux verts et d'une infinie patience, rien ne me trouble plus que cette patience chez les femmes, ce pas plus long, plus accompli, ce temps qu'elles ont en plus, je n'arrivais même pas à parler et je me montrais presqu'aussi ridicule que le cher Valter devant Dartemont-Belcourt.
Les esprits déductifs et autres psychologues de terrain me diront que je sublimais comme un puceau redoublant devant la nouvelle maîtresse des septièmes.    
Mais à ceux-là je dis merde tout hautement !
Car ce que j'avais devant moi, je le savais, c'était bien la grande Merry tenancière des escarpées et douteuses affaires parisiennes de Chéchignac, peut-être avait-elle été pute en quelque antique pratique, mais  sa vocation était bien maintenant là: dans l'éternité et en cet instant elle m'apparut comme la France incarnée, non pas l'intérimaire, l'ignoble pouffiasse, Marianne de mes fesses, jument éructante, dépoitraillée et vérolée  que l'on se plait à exhiber à la relève montante et sacrifiée mais la belle Merry, Jeanne ou Geneviève, inquiète, survivante et patiente.
Et c'était elle que cette petite ordure de Sopalin et tous ses pareils à l'âme servile voulait que j'enchaînasse et menasse aux marchés aux esclaves la solder aux barbaresques.
A ce moment de haute exaltation mon téléphone portable sonna, c'était Gérald Sopalin qui m'invitait à un dîner informel sinon clandestin à Matignon avec quelques intellectuels concernés, forcément concernés:     
-Ah vous voilà vous ! Eh ben il peut bien venir votre Cheikh Choupinot, je vais te lui refaire le coup de la prise de la smala mouais à ce con-là! Et quant à vos putains de Nouvelles-Hébrides vous pouvez compter sur moi je te les reprendrai  aux britiches !
C'était d'autant plus ridicule que j'aurais été bien incapable de les situer ces îles modiques que mon père coupable avait cédées à vil prix à notre concurrent historique en matière de plantation de drapeaux et de confiscation d'îles introuvables.
Comme un cosaque ivre, je balançais mon portable dans la cheminée, heureusement éteinte et je marchais à elle, la belle Merry pas la cheminée bien sûr, je pris son visage dans mes mains et la baisais sur la bouche, longtemps, elle se laissa faire, longtemps.
L'éternité vous dis-je... et avec tous les suppléments encore. (à suivre...)

Publié par urbane à 04:46:40 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (0) |

La dernière lettre de votre petit Guy avant de se faire fusiller. | 04 juin 2007

La dernière lettre de Guy Hoquet à lire dans les écoles (de commerce) :
    Mon cher papa, ma chère maman, ma mémé, mon pépé, ma petite sœur chérie et mon gentil chien Rataplouf que j'aime tant,  tout à l'heure les allemands vont me fusiller contre un mur c'est vraiment pas chic de leur part après tout ce que j'ai fait pour eux, même s'ils m'ont dit que je pourrais choisir mon mur.
Ils me reprochent de leur avoir loué une kommandantur avec seulement des douches et sans baignoires ce qui leur pose des problèmes administratifs d'après ce que j'ai compris j'ai eu beau leur espliqué que dans le coin l'hygiène était rudimentaire et que c'était déjà beau que les gens de la Gestapo puissent disposer d'un coin toilette  mais va te faire voir, rien à faire ah quand ils ont une idée dans la tête ceux-là !
Là dessus est arrivé le problème du mur à fusillés, le Père Grenot me louait son mur jusque là et moi je le sous-louais aux allemands pour qu'il puisse fusiller sans avoir à se déplacer dans le centre-ville et voilà pas que le vieux Grenot proteste qu'y en a marre qu'ils lui salopent tous son bien et qu'y-z-ont qu'à aller s'en chercher un autre, le Hauptman Gruber (garçon très korrek soit dit en passant) va pour le réquisitionner et l'autre vieux forban décide d'abattre son mur dans la nuit avec ses garçons. Colère des allemands qui sont obligés d'aller fusiller en ville (ils ont bien essayé contre les murs du cimetière mais ils étaient trop bas et ils ont perdu deux pelotons qui s'étaient pas rendu compte qu'ils se faisaient face !) et arrestation des Grenot père et fils et de votre petit Guy.
En cette heure ultime je pense bien sûr... à  mon chien Rataplouf, ce qu'il pouvait être rigolo quand il lapait l'eau du bocal du  poisson rouge.  

Bon vous direz à bonne maman de dire à Tati Loulette d'enlever les juifs du grenier de la Rue de Constantine pour les mettre au sous sol de l'appartement du square Montholon en leur demandant un supplément parce qu'il y a l'électricité dans la cave.

 

Quand même j'ai bien du regret de faire « fusillé » alors que j'aurais tellement voulu faire « agent immobilier ». Non mais  imaginez rien qu'avec les armées d'occupation le passage qu'il y a quand je pense qu'on annonce les américains, ils ont débarqué en Normandie à ce qu'on dit, sans doute qu'ils vont chercher à se loger ces gens-là, normal non et j'ai justement en portefeuille une kommandantur impeccable à Caen avec 75 chambres et une reprise minimum si l'affaire est faite rapidement, les anciens locataires qui sont là depuis quatre ans sont très Korreks eux aussi parce que c'est rudement bien installé: tout confort moderne, baignoires même dans les caves, piscine, barbecue et batterie de D.C.A  dans le jardin, il y a juste à refaire les peintures (vert de gris pas terrib') et changer quelques tableaux.

Ah oui si j'avais vécu je serai monté à Paris, je crois qu'il doit y avoir de l'avenir là haut! J'ai jamais compris pourquoi ils voulaient tous habiter dans cette ville de suicidé mais  je te leur aurais loué, moi, à tous ces couillons des deux pièces sur cour cafardeuse au prix d'un château en Auvergne giboyeuse. Ah vrai c'était la fortune assurée.

Au lieu de quoi il faut que je me choisisse un mur, d'un autre côté comme ça je reste un peu dans l'immobilier. Je crois que je vais prendre le grand en briques qui est juste en face de la cathédrale, c'est passant et il est bien exposé, il y a pas de frais à faire et il conviendrait très bien à une jeune couple de résistants jeune mariés communisses ou à un martyre héroïco-gaullard comme moi. Ah merde c'est vrai il y aura ces cons de Grenot, à quatre de face on risque de devoir se tasser et forcément je serai moins héroïque!

Bon je les entends qui arrivent, c'est pour nous, ma dernière pensée aura été:  finalement j'ai bien fait de prendre le chandail à trous que m'a tricoté bonne maman sans ça j'aurais pas su quoi mettre je sais toujours pas si c'est une exécution habillée ou pas et comme c'est ma première... et ma dernière...

 

Merde !... mais... on dirait... mais c'est plus les allemands... ouais c'est les américains ! Bon, je vous quitte, bises à tous.

 

                                                 Votre petit Guy qui pense à vous.

 

De ce jour Guy Hoquet n'a plus jamais écrit... il s'est fait installer le téléphone.

version imprimable: http://revue.lurbaine.net

Publié par urbane à 05:42:39 dans / La dernière lettre de Guy Hoquet avant d'être fusillé | Commentaires (0) |

Walter Chéchignac 17 par H.T.Fumiganza | 27 mai 2007

17.
Un Dimanche en famille.
    Le père Belcourt continuait ses éternels mots-croisés dans son redondantesque tricot de laine, m'agaçait çui-là, il ne les avait sûrement pas fait à tempérament ses mômes.
A la cuisine son épouse s'affairait à sa sauce au beurre blanc au milieu des garçons qui s'étaient donnés pour objectif la remise à l'eau du plateau de crustacés et la confection d'une bombe glacée à retardement pendant qu'au salon les Dartemont-Chambeulac me draguaient technico-tactique.
Mère et filles en des croisements de jambes sud-américains me montraient leurs ischio-jambiers et leurs cuisses, magnifiques d'ailleurs, j'étais un beau parti, après tout.
Il me manquait juste d'être nommé élu pour continuer ma carrière. L'espoir m'était revenu en même temps que La Branlaye et Médpeu, ils ne m'avaient donné d'autres explications qu'une course urgente à faire en grande banlieue et repris leur place avec un grand naturel sur ma note de frais, j'ai peut-être oublié de dire que j'occupais à l'époque les fonctions de Délégué Général à la Filière Betterave à nœuds, ce qui m'accordait des loisirs et laissait accroire à quelques compétences valorisantes dans les sucres, la vérité était que la betterave me laissait indifférent et que c'était mon secrétaire général un jeune con...seiller référendaire de trois promotions après moi qui s'appuyait les dossiers et les discussions avec ces cochons de betteraviers. J'avais eu le malheur d'en recevoir un une fois, qui pour faire authentique avait dégoutancé mes tapis avec ses bottes boueuses alors que tout le monde savait qu'il demeurait ordinairement  rue de la Pompe et ne mettait les pieds dans ses productivistes installations betteravicoles qu'au moment de la chasse... à la subvention .
Dans tout les cas je me promettais de monter bientôt à Paris et d'abord afin de réclamer une grande explication aux instances du Parti. 
 Hulme de Chambeulac était attendu pour le café, je redoutais sa venue car il m'avait laissé entendre lors de notre dernière rencontre qu'il avait une demande en cours d'exonération de taxation fiscale de sucres betteraviers importés pour laquelle il souhaitait mon avis et sans doute plus si affinités. En bon parisien je savais passer le champoingue quand on m'avait tendu la gel douche mais je ne voulais point trop me compromettre surtout en ce moment :
-Mon mari est tellement occupé répétait son épouse for désœuvrée.
 Le Chef ‘von le Gueuzec, lui, faisait le tour de son ex-appartement, il alla même se recueillir devant le grand lit de la chambre qu'il avait tant de fois conjugalisé, où il avait labouré et pâturé, pèlerinage sentimental qu'il effectuait en pantoufles sur le parquet ciré, mais après tout après avoir été le titulaire et l'occupant des lieux, il n'avait pas eu beaucoup de chemin à faire pour en devenir le voisin de dessus.  
On frappa à la porte, je me resserrais sur mon canapé, attitude mal interprétée par ces dames qui, croyant que je celais à leurs yeux un début d'érection,  rapprochèrent leur dispositif de siége.
-Eh bien mon cher La Gaspèrine, un peu de décence, vous êtes dans le monde. Me murmura Walter Chèchignac, le nouvel arrivant, en distribuant cornets et ballons à la populace enfantine  accourue, braillante et plébiscitaire, il avait une drôle de côte chez les mômes le tueur d'hermaphrodites. 
J'effectuais un repli stratégique vers le balcon sous les sourires pesants de ces dames car je venais de découvrir en me levant que je bandais effectivement, sans doute l'évocation de la regrettée Mademoiselle Br...
Au dehors il faisait beau et chaud l'été poussait les feux et les  conge'payes et ertétistes entraient à flots en dessous dans la pizzerias qui venait de s'installer à l'instigation de Dartemont-Belcourt, pour amortir les frais d'entretien de l'immeuble  Dartemont-sœurs, dans le local du rez de chaussée, jusque là fermé.
Elle ne manquait pas d'esprit d'entreprise la mère de famille.
Le gérant de l'établissement était un sympathique prukhmen (ils le sont tous, note pour la 17° chambre correctionnelle.) qui proposait à la carte  27 sortes de pizzas et une douzaine de variétés de staphylocoques, il avait un personnel nombreux.
La répression des fraudes avait même découvert 14 types d'urines différentes dans les cacahuètes du comptoir, c'est dire le choix qui s'ouvrait au gastronome en pénétrant ici, mais le record n'avait pu être homologué, à cause du sus-mentionné personnel nombreux .
   Il avait été dressé une table pour les mômes, ils n'étaient plus cinq mais au moins sept car ils avaient reçu le renfort de cousins  réservistes, les demoiselles Dartemont-Chambeulac qui y avaient été affectées, se jugeant trop grandes maintenant pour aller avec les mômes, refusèrent de rejoindre leurs affectations et la table des grands se trouva trop petite pour accueillir tout le monde, alors Walter Chéchignac se proposa pour présider la table des mômes.
Présidence qu'il assura, malgré les protestations de ces dames Dartemont-Chambeulac qui jugeaient sa présence indispensable à leur table, avec bonhomie, sans renforts de police et une incertaine autorité mais durant laquelle je remarquais comme il observait Dartemont-Belcourt derrière ses moustaches et ses lunettes d'écaille.
Walter Chéchignac la regardait, il la contemplait, je ne dis pas avec du désir, non c'était plutôt de l'envie, une grosse envie môme et baveuse de cette vie copieuse prés de cette femme-là, il aurait tout pris, la femme, les gosses et sans doute même le mari pour passer prés d'elle le restant de ses jours.
Pourtant il n'était ni chaste ni fidèle mais il avait un jour par fort vent d'orgueil quitté sa route, pris des chemins de contrebande pour rejoindre au plus vite un destin en partance pour n'importe quoi, il y était arrivé, avec n'importe qui, il en était revenu, de n'importe où et il n'aspirait maintenant qu'à retrouver la nationale, celle des départs en vacances, des notes de gaz et des rappels du percepteur.
 *
 -Vous avez vu on parle de notre affaire dans le journal !
Nous en étions au dessert d'un repas lourd et entendu, pas mauvais mais définitivement provincial et je me rappelais en ces instants, avec nostalgie mes agapes parisiennes dans mon restaurant préféré « L'ensucé » où le chef Jean-Luc Lendoffé me préparait sa spécialité de rate et foie de limaçon au jus de Saint-Jacques givré dans son terreau frais du jardin et pois gourmand (un ! il n'y en avait qu'un, de pois gourmand, on n'était pas là pour bâfrer non plus !), ce n'était rien que des produits vrais mais appareillés, je devrais dire mis en musique, en bouche, de telle façon que cela donnait sur un mélange de parfums et de saveurs inédit et d'une parfaite sincéritude. Et pourtant je prisais peu les abats.
Alors bien sûr le gigot pommes soufflées des familles à côté de ça !
Je le répète, nous étions en province, n'est-ce pas ? Si encore, Dartemont-Belcourt avait eu l'idée, l'invention, l'audace de ne pas le faire cuire son fichu gigot ! Peut-être ? Oui alors...
A mes côtés dans cette difficile digestion, et encore il restait à venir la bombe glacée après quoi patientaient les gamins, les petites Chambeulac étaient toute excitées, elles avaient été engagées par le syndicat d'initiative de la station afin d'enquêter et d'identifier un pervers qui sévissait dans le coin, il s'exhibait en imperméable sur les plages, mais il était d'une espèce des plus redoutables puisque lui ne montrait rien, il gardait tout: ses lunettes noires, son cache-nez, ses knickerbockers, ses chaussettes de montagne, son pull à col roulé, son chapeau tyrolien, aussi le syndicat d'initiative s'était-il alarmé de la présence d'une engeance pareille dans une station balnéaire très correctement ensoleillée :
-Vous imaginez si la presse s'empare du scandale on va encore dire qu'il fait moche en Bretagne. Leur avait expliqué indigné  devant tant d'indécence morale le président de l'établissement.
Et le journal local : « Le Conchois Libéré » faisait bruit de ces rumeurs, interrogeant même quelques estivantes angoissées :
« Il peut pas montrer sa raie comme tout le monde çui-là ! On a peur pour les gamins, un type qui porte pas de string, vous imaginez, c'est pas normal, c'est malsain... »
La Préfecture questionnée, prenait la chose très au sérieux et allait dépêcher d'urgence une cellule de soutiers psychologistes.
-Ce n'était pas le pharmacien donc ?
-Non, non, nous avons enquêté, il adore s'exhiber avec sa femme dans les parkings de supermarchés. Si on vous racontait...
-Euh... plus tard mesdemoiselles... Alors c'est peut-être un pudique ou ... un enrhumé ?
C'est à ce moment que Hulme de Chambeulac débarqua, bien avant le café donc et ma fuite préméditée :
-Tiens donc vous fumez la pipe vous maintenant ? Lui fit remarquer son épouse acidulée.
-Toujours quand je suis sur une enquête.
Lui aussi « il s'y croyait », comme auraient dit les mômes.
Ce n'était pas les satyres frileux qu'il coursait mais un comptable adultère, cela avait toujours été l'une des grandes spécialités de la maison Dartemont-Sœurs, les enquêtes dans les villes d'eau et stations balnéaires, la surveillance du curiste en rupture de conjungo :
-Le bonhomme en question pour corser l'affaire serait parti avec la secrétaire du patron et l'encaisse de T.V.A de l'année, vrai un joli coco !
Il parlait comme dans les romans policiers d'avant-guerre le cocu de réserve et semblait avoir oublié notre petite affaire betteravière, à mon grand soulagement, en même temps que sa plasticité morale d'avocat d'affaire, car, lui, il était là pour punir.
-J'ai profité d'une visite à faire en banlieue pour commencer la filature, je le course depuis ce matin, il a retenu dans une sorte d'hôtel de passe prés de la Préfecture, l'auberge de la ...
Il sortit son carnet :
-... la Chaudasse c'est ça...
-Ce n'est pas une préfecture mais une cathédrale.
-Ah bon, vous croyez ?
-Je la croise tous les jours, j'ai même vue dessus depuis ma chambre.
-Ah parce que...
-J'ai élu résidence à « La Chaudasse » et ce n'est pas un hôtel de passe mais une auberge typique d'un confort très correct d'ailleurs.
-Et avec toutes les commodités à l'étage...
-... et en sous-sol ! Ajoutèrent Walter Chéchignac hilare et le Chef ‘von le Gueuzec enluminé par le Pomerol.
-Tiens don' eh bien si vous le permettez j'irais vous rendre visite dés ce soir afin de parfaire mes repérages. Je sens que mon affaire est sur de bons rails.
Sur de bons rails peut-être, mais entre de bonnes mains, j'en doutais, quand on prend la cathédrale Sainte Trahoudulde, magnifique édifice de style gothique renonçant pour l'hôtel de passes de la république, le pire restait à craindre. 
-Et en ce moment, ‘gardez-le ! Il se dore la couenne sur la plage, mais je vais te le serrer moi et nom d'une petit bonhomme il causera.
Sans doute le cher Hulme de Chambeulac n'avait-il pas les compétences en la matière de Dona Chupita y Gomez ni du Chef ‘von le Gueuzec, sprinter d'exception mais je devinais bien pire chez lui:  de la bonne volonté.
-Zut et rezut ! Il est parti, je dois le suivre. Saperlipomerde il ne m'échappera pas !
-Mais Hulme vous ne restez pas pour le dessert ? S'attrista Dartemont-Belcourt qui aimait bien les « générales » de famille qui affichaient complet.
-Non... J'ai la Jaguar en panne...
-Grave ? Demanda Valter connaisseur ?
-Non c'est juste le dégivreur de moquette qui a mis le feu au bar à liqueurs, bon, je prends la Renault 4 !
-Non pas la R.4 !... Elle cale.
Ce fut un cri mais inutile il était déjà dans l'escalier maître Rouletabille.
Sur ce la bombe glacée explosa, sans lui !
Une vraie et belle explosion qui rendit sourd les convives et tâcha les murs.
Dartemont-Belcourt après avoir fait les constatations d'usage, s'emporta :
-Mais... mais qui a fichu un pétard dans la glace? Que l'imbécile qui a fait ça se dénonce sans quoi... je punis tout le monde !
Inutile de préciser qu'avec Walter et le Chef ‘von le Gueuzec nous n'en menions pas large, elle devait être terrible dans la punition, Dartemont-Belcourt, peut-être pas autant que ma regrettée Mademoiselle Br... mais très bien quand même.
-Mais maman tu disais que c'était une bombe glacée !
-Ils ont raison c'est de la publicité mensongère, ma chérie !
Il n'aurait pas dû causer le cruciverbiste.
-Dans tout les cas mon ami, vous voilà privé de dessert.
Ce fut le seul puni, le gilet de laine, et nous nous rabattîmes avec les mômes sur les petits fours frais pendant qu'il nous regardait manger, na !
Terrible ! elle devait être terrible dans l'intimité ! C'était aussi l'avis du Chef ‘von Le Gueuzec qui s'empiffrait d'éclairs z'au ‘ocolat.
 *
 Nous somnolions quand le téléphone tinta dans l'appartement comme une clochette en bout de gaule dans une quiétude de bord de Marne, c'était cet imbécile d'Hulme de Chambeulac, ce fut son épouse qui répondit, elle était en pleine réussite, et raccrocha très vite :
-Il me téléphone pour me dire que la marée monte !
-Que veux-tu il est à l'âge où l'on découvre le monde.
Les deux sœurs convinrent en rigolant que les maris étaient décidément quelques fois d'une innocence alarmante, mais voilà pas que l'autre récidive mais cette fois avec plus de détails, elle lui laisse un peu de temps, sa dame, elle n'est pas en veine côté réussite et il explique son cas :
-Il est en panne du côté des Bouchots et la marée monte.
Elles se re-marrent un grand coup les sœurettes.
-Voulez-vous que nous y allions ? Se propose Walter Chéchignac, galant et secourable.
-Allons-y tous, cela sortira les enfants ! décrète Dartemont-Belcourt en se levant de la méridienne où elle se reposait de sa matinée, nous laissant voir tout à loisirs ses jambes, admirables comme à l'ordinaire chez les Dartemont sœurs, nièces et grandes tantes, une vraie maladie de famille.
-Il faut qu'ils s'aèrent, je ne sais pas ce qu'ils font d'ailleurs ! Où sont-ils passés ? S'ils ne font pas de bruits c'est qu'ils sont encore en train de faire une connerie !
De temps en temps elle se lâche, c'est son côté fille de colonel.
-Tu devrais les mettre en pension ! Lui dit Dartemont-Chambeulac sa sœur à l'esprit pratique.
-C'est ça et pourquoi pas à l'asile tant qu'on y est!
-Oh moi ce que j'en disais ...
 On les cherche partout dans l'appartement immense et on les retrouve dans la buanderie en train de torturer la fille de la voisine, elle est déjà à poils et attaché aux rails.
-Mais enfin ça va pas ! Mais Dieu du ciel vous êtes des monstres !
-Ben quoi on fait notre enquête...
-C'est vrai quoi elle allait parler...
-On voulait juste savoir que si c'est elle qu'avait volé les vignettes Pikémon de Pin-Pin ?
-Vous allez tout de suite la détacher et vous excuser !
-‘m'en fous, je les a tous en double déjà ! Conclut le plaignant,  Pin-Pin le cousin collectionneur.
 *
 De fait nous n'aurions pas tous tenus dans la Jaguar de fonction du cher Chambeulac et puis nous n'aurions pas non plus beaucoup avancé puisqu'elle était en panne... de moquette, si j'avais bien suivi.
Manque de chance la familiale monospacieuse de Dartemont-Belcourt était en révision chez Peunault-Reugeot le concessionnaire automobile consensuel de La Ponche.
Alors le cher Valter avait trouvé dans ses sous-sols, juste ce qu'il nous fallait, une Checker Aerobus, c'était jaune, ça faisait sept mètres de long, avec une bonne dizaine de portes et c'était immatriculé dans le New Jersey (nouveau parce qu'indémaillable nous fit remarquer le désopilant Médpeu, ‘pas oublier de demander au si serviable et adroit Valter de lui mettre une balle dans la tête au génie du marquetinge électoral quand je n'en aurais plus l'usage, il commençait à me les agacer !), bref cette espèce de boa constrictor de la production automobile nord-américaine avait toutes les qualités pour participer à une filature discrète, c'était le cher Hulme qui allait être heureux de nous voir s'il n'était pas encore noyé et donc toujours sur la trace de son comptable fautif. 
Les mômes eux étaient tout contents parce qu'ils avaient chacun leur portière même la petite voisine qui pas rancunière avait voulu en être du spectac' de la noyade annoncée et pré-vendue du tonton Hulme.
-C'est du belge !
-Je vous en prie Medpeu, les circonstances sont dramatiques !
Malgré tout l'ambiance était bonne.
 *
 -Ne vous inquiétez pas chère madame, votre mari n'est point en danger, la marée nous est favorable...
-Mais je ne m'inquiète pas.
Quand même lorsque nous arrivâmes sur les lieux du possible drame, la Renault 4 avait de l'eau jusqu'au capot et nous commencions de désespérer de retrouver sinon vivant au moins flottant le cher grand Hulme :
-Eeeeh ! Ooooh ! Je suis là !
Il était perché sur l'un de ces rondins érectiles sur quoi prospèrent les moules. Il faisait de grands signes, et l'on aurait crû un homme de pont unique survivant de quelque porte-avions coulé, les demoiselles Dartemont-Chambeulac se précipitèrent vers leur papa avec un bel enthousiasme filiale, sans s'inquiéter de se mouiller les pieds, sacrifice d'importance à quoi nous n'étions pas encore tous acquis, mais après quelques mètres et alors qu'elles touchaient presque au but elles semblèrent s'évanouir dans l'onde.
Valter, le Chef ‘von le Gueuzec et moi-même nous nous décidâmes avec une belle unanimité à porter secours à ces jeunes filles et donc à mouiller nos chaussettes.
Secourues, sauvées, survivantes, elles nous désignèrent ensemble, le bout de bois juste à côté de celui qu'occupait le stylite du barreau de Paris.
De fait il était lui aussi occupé, un plaisantin avait à grands soins posé la tête découpée d'un contemporain sur un mouchoir à carreaux.
Oubli de pique-niqueur, farce douteuse ou tentative de mise en culture d'un nouveau genre ?
 Revenus tous ensemble au rivage, le Chef ‘von le Gueuzec convint que la décollation avait été parfaitement exécutée et qu'elle était toute fraîche, tous les regards se tournèrent alors vers Hulme de Chambeulac qui récupérait avec difficulté de son temps au désert d'eau.
-... mais... ‘est pas moi... ‘uis pour rien... ‘eu 'ous le jure !
-Et vous savez pas à qui ça peut appartenir? Lui demanda le Chef ‘von le Gueuzec qui tout en interrogeant du regard et de tout son instinct flic la tête déposée devant lui sur le sable, essorait ses chaussettes.
-Mais si... c'est... c'est le comptable ! Enfin un bout... A un moment, il est parti avec la secrétaire vers les bouchots, ils avaient l'air très amoureux, je ne pouvais pas les suivre, ils s'en seraient rendu compte, j'ai attendu pendant une heure qu'ils aient fini leur petite affaire et qu'ils reviennent, rien, alors j'ai suivi les traces de pas mais la marée montait et puis j'ai aperçu quelque chose... et puis...
L'affaire se corsait, au loin, plus au loin, très au loin de nos jeux d'adultes, les enfants et les mamans ramassaient des coquillages et se faisaient de rondes joues et de belles cuisses.
 Enfin le Chef ‘von le Gueuzec replia les coins du mouchoir sur le reste comptable, fit un joli nœud avec et chacun de retenir son souffle et sa pensée, il semblait savoir ce qu'il avait à faire, je préjugeais qu'il allait l'empocher mais non, il commença de creuser le sable, peut-être son instinct de chien policier qui lui commandait d'enterrer les indices comme ses collègues épagneuls civils inhument leurs os et trophées divers, mais non quand la tête fut bien calée, il prit trois pas d'élan et d'un drop magistral du pied droit l'envoya dans l'océan à plus de soixante et dix  mètres de là.
-C'est... c'est indigne... un reste humain... un élément d'enquête... une... un...
-Une pièce à conviction oui, et qui pouvait aussi bien emporter la décision de messieurs les jurés et vous valoir vingt ans de bagne cher maître !
-Joli coup de pied ! Approuva Walter Chéchignac.
-Ah bravo c'est malin et maintenant qui c'est qui va n'aller le chercher le ballon ? Demanda le cousin Pin-Pin fotebaleur évadé du stalag des coquillages. (à suivre...)

Publié par urbane à 04:59:50 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (0) |

La vraie soupe au mégot parisienne par G.M.Neoletto 1/2 | 20 mai 2007

La vraie soupe au mégot parisienne par G.M.Neoletto 1/2

 

Avec Jean-Nick Kloporth nous sommes amis depuis bientôt dix ans, nous avons fait Sup de Conss' ensemble, promotion Jean Luc Delarue. Sup de Conss', oui ce n'est pas encore très connu, c'est l'Ecole Supérieur de Contrôle Sociale. Nous sommes tous deux fonctionnaires, lui travaille au Laboratoire Central de Paramétrage Social LCPS et moi à l'Observatoire Parisien de Conduites Antisociales non Agrégogênes OPCANA. Les crétins qui rêvent de revenir à la loi de la jungle nous qualifieraient sans doute de flics sociaux mais je pense que nos missions sont quoiqu'on en dise d'une grande utilité.

Malgré les RTT, les 21 heures de boulot hebdomadaire, les pauses café, apéritives, repas, digestives (non l'addition c'est en face !), les congés maladies, ressourcement, éthiques, les formations aux nouvelles réglementations administratives, formations aux nouvelles simplifications administratives, formations aux nouvelles formations. Bref en dépit d' un planningue dingue, nous trouvons encore le temps une fois par mois de nous faire de petites bouffes.

Le mois dernier il m'avait gâté en m'invitant chez Jean-Luc Le Gerbeur à La Compoilade Boulevard Eddy Merckx dans le 5° où j'avais dégusté un Haricot de Mouton servi en tube (oui comme le dentifrice !) accompagné d'escargots à la nage (indienne): une merveille ! 

Ce mois-ci me revenait donc le choix du restau' et je me décidais en contraste avec toute cette modernitude pour l'authenticitude d'un vrai bistrot parisien et lui donnait rendez-vous au Sapeur Couronné rue Jacques Anquetil dans le 18°. 

L'établissement était tenu depuis cinq générations par la même famille d'auvergnats, ce n'était pas l'un de ces remakes, au demeurant fort sympathiques, où un couple de jeunes gens régressifs: très comme il faut en noir amincissant font comme si, jouent à la marchande, au mastroquet comme avant : à preuve on a gardé le zinc en strat années 50, mis des affiches et des photos d'époque aux murs et on a même engagé à l'année un poivrot qui a sa licence professionnel.

Non là le tenancier était poilu de partout, il lui en sortait même des oreilles, il avait un accent chuintant et plus important que tout un mégot perpétuel au coin de la bouche.

Car la spécialité du restaurant c'était la vraie soupe au mégot à l'ancienne, je sais que pour certains de mes collègues hygiénistes sociaux de strict observance cela peut heurter leur croyance profonde et sembler une pratique quelque peu transgressif sinon blasphématoire mais enfin si l'on veut conserver à la vie parisienne un peu de son charme natif il faut montrer une certaine tolérance vis à vis de l'indigène et de ses coutumes, et puis quoi ! même si je ne prise pas loin de là les carreaux vichy (qui me rappelle un peu trop la période la plus sombre de notre histoire) j'aime à me laisser aller dans une ambiance désuète et surannée  même si je me replonge tout de suite après dans les délices de notre contemporanéité compulsive. A ce propos j'ai lu quelque part que la mairie de Paris allait  remettre en service une compagnie de sergents du gay (je ne suis pas sûr de l'appellation exacte) qui nous prouve assez que même dans une ville musée il faut des gardiens et savoir renouer avec des traditions utiles.

Le tramway à gazogène étant une fois encore en panne (on doit assumer les aléas du progrès). J'avais pris un vélo-taxi et pour une fois le type n'était pas un fainéant, j'arrivais en avance, j'en profitais pour me faire cirer les chaussures devant l'entrée du restaurant. Jean-Nick lui eut un peu de retard et dés son entrée je lui plaçais ma première semonce :

-J'espère que tu as fait attention et que tu n'as pas encore garé ton vélo sur un passage clouté, deux fois dans la semaine ça fait beaucoup !

-Ah ma vache là tu m'as eu : 1-0 !

C'était un rituel entre nous que de mettre en avant les fautes sociales de l'autre commis au cours du mois écoulé ; rien de plus simple grâce à nos fonctions nous avions chacun libre accès aux fichiers et il nous suffisait de les croiser.

  

C'est pour ça que j'ai voté Sarkopéte,  parce qu'il a compris, lui, et avant tous les autres que le croisement des fichiers et le flicage mutualisé était la grande aventure du 21° siècle : nos cathédrales à nous !

Je posais sur la table la cellophane entourant la barrette de shit Equitabeule Traide que je venais d'acheter dans un distributeur automatique (ghanéen) à la sortie du métro.

-Ne jette pas l'emballage n'importe où pour un type qui a eu un avertissement pour tri non réglementaire de ses déchets cela peut être grave ! 1 partout !

Ah l'enfoiré il avait lui aussi croisé les fichiers: de fait j'avais écopé d'un avertissement quinze jours auparavant pour avoir mis un pot de yaourt vide (bio le yaourt quand même !) dans le mauvais container d'une amie chez qui je passais la soirée, la police avait remonté la filière grâce aux traces ADN laissées sur l'opercule fermant le yaourt (je fais partie des 77 % de consommateurs de yaourts qui lèchent l'opercule) et j'avais passé 16 heures en garde à vue au commissariat du 15 °.

Nous nous racontâmes quelques anecdotes de travail, Jean-Nick me raconta en particulier qu'il avait participé à une opération de gendarmerie visant à retrouver dans un village de la France rurale un type (après un profilage serré on était sûr du sexe de l'individu) qui envoyait des lettres anonymes à fort contenu discriminant et sexiste à la députeuse UMPpiste du cru, l'opération avait été remarquablement combinée: à six heures du matin neuf cents gendarmes mobiles en treillis et la mitrailleuse à l'azimut avaient investi le village, parqué les 380 hommes de plus de seize ans dans un parc à bovins, déroulé les barbelés et monté le mirador (ils ont en des pliants très commodes maintenant) et ils te leur avaient gratté la glôte à fins de recueillir les traces ADN.

Le maire un extrémiste, élu du Flan National avait protesté que c'était là des méthodes dignes de la Gestapo, mais manque de chance pour lui après une rapide perquisition il fut trouvé à son domicile des armes de guerre: couteau suisse (allemand) à décapsuleur renforcé:

-J'ai fait l'Algérie. Fut sa seule explication.

Il l'avait faite mais du mauvais côté. Il suffisait de voir les décorations qu'il affichait sans vergogne dans sa salle à manger.    

Malheureusement la moisson n'avait pas été suffisante l'anonyme utilisant des enveloppes autocollantes et pré-timbrées ce qui laissa nos pandores perplexes.

Le juge d'instruction, c'était Plombiveau, ordonna alors de procéder à un second grattage mais à l'opposé soit au niveau du rectoum de chacun des 380 suspects, il avait repéré des traces douteuses sur les missives, ce qui fut fait, sans protestation cette fois, l'édile rétif ayant été incarcéré entre temps (il purge une peine de deux années de prison pour refus d'obtempérer à un banal examen qui nous en aurait appris bien plus sur lui et sa destinée terrestre que n'importe quel introspectif moyen n'en découvrira jamais sur sa propre personne !).

Hélas là encore ce fut  sans grand résultat, hormis un taux un peu supérieur à la moyenne d'hémorroïdaires.

Mais on ne soulignera jamais assez combien le métier de gendarme est devenu une activité passionnante, outre le grattage de conduit (dans les deux sens) sur suspect, le gonflage et dégonflage de ballons multicolores, le planquage derrière panneaux pour surprendre le contrevenant et autres disciplines nourrissantes, s'est ajouté la pratique de la psychologie.  

L'un des brigadier chefs profileurs assermentés eut l'idée somme toute astucieuse de faire procéder à une analyse ADN des fautes d'orthographe, de syntaxe et de ponctuation et grâce à cela le coupable fut confondu: un garçon de ferme solitaire et renfermé...

-... en bonne justice il devrait en prendre pour vingt ans... si le lobby onaniste ne fait pas pression ! Conclut un peu désabusé Jean-Nick.

Ah les groupes de pression c'est notre hantise quoique je ne conteste aucunement leur nécessité.

Après quelques anecdotes du même tonneau glanées au long de nos divertissants travaux de fonctionnaires/factionnaires le grand moment vint enfin: toute fumante et odorante arriva la soupière porté à grand train par la belle-fille du patron :

-Bon appétit messieurs !

L'appétit ne nous fit point défaut, nous en reprîmes deux fois chacun.

-Alors tu en penses ? Demandai-je à Jean-Nick.

-Elle est fameuse ! Il y a longtemps que je n'avais pas bouffé une soupe au mégot aussi bonne !

La soirée se passait donc au mieux et nous nous dirigions gentiment vers les sempiternelles et loyales profiteroles quand je ressentis le besoin de me rendre aux vaters.

Ils étaient parfaitement tenus, l'on devinait que c'était là le domaine réservée de la patronne, elle y avait apporté sa touche personnelle de mauvais goût franchouillard : abattant en bois mouluré, balayette haute époque en vrais poils de sanglier et porte-rouleaux surdoré, bref on y était bien et j'y musais quelque temps.

Malheureusement sur le chemin du retour je me trompais de porte et là je vis... je vis simplement ce que sans doute je n'aurais pas du voir, l'innommable: le cuistot auvergnat tout érigé qui trempait son doigt dans la sauce à fins de la goûter et  savoir si elle était ou non trop salée. Il fit plusieurs fois le geste, trempant et re-trempant jusqu'à satisfaction. J'en fus... on le comprend bien... bouleversé et quand je revins à notre table Jean-Nick vit mon changement :

-Qu'est-ce que tu as Jean-Fultre ?

Je n'arrivais pas à articuler, enfin je bredouillais :

-Il... il trempe...

-Tu veux dire... tu es sûr ?

-Je l'ai vu de mes yeux vu : il trempait son gros doigt dans la sauce.

-Ah ben ça alors...

Il était aussi anéanti que moi. (... à suivre...)

Publié par urbane à 06:19:42 dans / La vraie soupe au mégot parisienne. | Commentaires (0) |

Walter Chéchignac 16 par H.T.Fumiganza | 19 mai 2007

16.
Une étape de plaine.
 Elle me faisait toujours autant d'effet la pianiste, b... andante et déprédatrice, sombre aussi et décidée, ah ça très décidée, un peu trop même à mon goût, comme je n'obtempérais pas assez vite, elle me poussa sur le lit et je mettais les fesses de mon pyjama mouillé dans la tâche de sang frais qui peu à peu envenimait le couvre-lit blanc, maman n'allait pas être contente, les affaires d'école c'était sacré pour elle.
-Qu'avez-vous fait de Thursten ?
-Euuuuuuuh ! Répondis-je aussi sec.
J'avais beau me concentrer et la vue du désuet mais affûté rasoir à manche qu'elle tenait à la main ne m'aidait pas dans l'exercice, je ne me souvenais pas d'avoir rangé de Thursten dernièrement.
-Quel Thursten ? Biaisais-je.
-L'homme qui était sur le yatte ?
-Quel yatte ?... ah oui vous voulez dire le yotte... votre... accompagnatri... teur donc ?
-Ne faîtes pas l'idiot !
Elle s'approcha un peu plus, je soupesais mes chances, qui venaient de me remonter sous les aisselles, sans doute était-elle suffisamment exercée pour me saigner aussi vite que l'athlétique gigolo, j'abdiquais :
-C'est pas moi, madame...
-Mademoiselle !
-Pardon Mademoiselle, c'est Valter qu'a tout fait... c'est lui  qui l'a attrapé...
Je reniflais aussi un peu.
-Vous voulez dire ce salaud de Chéchignac ?
-C'est cela mâme.
-Conduisez-moi à lui.
Dans l'instant où elle remisait son rasoir dans son sac, je crus voir une ouverture et je bandais mes muscles avant que de bondir et lui sauter tel un fauve à la gorge quand elle s'écarta très vite et j'allais percuter de la crinière le radiateur en fonte.
Maintenant elle avait sorti de sa pochette à malices un pistolet 9 mm para  et me tenait en joue en souriant. 
-Relevez-vous vous êtes ridicule !
-Bien Mademoiselle.
-Et puis mettez un imperméable vous n'allez pas sortir comme ça ! Et puis vous fermerez la porte derrière vous ! Et puis ne traînez pas j'ai encore de la route.
Elle savait se faire obéir, aussi j'obéissais, c'était étrange mais malgré le grand péril où j'étais cela ne me déplaisait pas de lui obéir.
 *
 La maison du Druide paraissait comme abandonnée, bien entendu je m'en voulais d'avoir dénoncé mon petit camarade, mais malgré tout, la nature humaine est ainsi faite, j‘étais presque impatient de connaître la suite, peut-être parce que je n'avais plus de peur à pisser ou parce que je comprenais que dans l'affaire je n'étais point l'objectif principal, tout juste figurais-je en hallebardier de complément. Quand même il semblait que Valter et le Chef ‘von le Gueuzec avaient vu juste en inspectant le yacht bleu et en prenant un otage.
Elle s'apprêtait à briser un carreau d'un coup de talon aiguille mais je me manifestais :
-Maîtresse j'ai les clefs si vous voulez .
-Allez-y !
Elle me méprisait tout à fait et je n'en prenais que plus de plaisir.
« Il faudra quand même que j'essaye les petites Chambeulac un de ces jours, notais-je dans mon esprit affairé et délicieusement humilié. »
Nous entrâmes dans le grand hall démodé mais personne ne vint à nous.
Où était donc passés Dona Chupita Bonita y Gomez  et le fier Conchito, qui n'était pourtant pas du soir ?
-Il n'y a pas de domestiques ? Me demanda Mademoiselle Br... ?
-C'est leur jour de sortie, Maîtresse. Mentais-je
-Arrêtez de m'appeler Maîtresse !
-Bien Maîtresse.
A ce moment le Grand Vate, le père de Walter Chéchignac sortit des chiottes en se rebraguettant, un journal à la main :
-Tiens salut mon gars, alors la lunaison a été bonne avec une grande bringue comme ça t'as pas dû t'ennuyer.
C'était sans doute le seul esprit frappeur qui usait encore de tels exercices libératoires, il comprit mon  interrogation et s'expliqua:
-Comme le gris, le goût des pommes, la nostalgie des chiottes, lire son journal sur la lunette et surtout tirer la chasse à la fin et regarder sa merde qui s'évacue, ça qui me manque le plus de pas pouvoir admirer ma merde, de plus rien chier. Allez salut mon gars et bonne... bandaison. Ah ! Ah ! Ah !
-Bonsoir monsieur.
-Qui était-ce ?
-Le père de Walter Chéchignac. Maîtresse
-L'engendreur de cette petite ordure ?
-Tout à fait.
-Mais je vais le tuer, lui aussi.
-Vous pouvez pas, maîtresse, vu qu'il est déjà mort.
Elle ne m'écoutait pas et vida son chargeur vers le Grand Vate, qui s'éloignait son journal à la main en humant les murs, sans autre retentissement que des trous dans le plâtre.
-Raté ! Maîtresse.
Décidément elle semblait cultiver quelques préventions et animosités contre le cher Valter pour s'attaquer ainsi et sans sommation à  sa parentèle.
-Oh vous ça va bien hein !
Soudain des bruits, comme des cris qui venaient d'en dessous, des sous-sols, nous parvinrent, je n'imaginais que trop bien, le spectacle que l'on risquait de découvrir si l'on s'engageait dans les escaliers :
-Suivez-moi !... non passez devant plutôt ! Ordonna-t-elle.
Je tremblais à l'idée de me retrouver dans quelque succursale encore en activité de la rue Lauriston, et puis qu'elle serait sa réaction de soliste quand elle verrait son ami le cher Thursten dans les fers et tenaillé par le Chef ‘von le Gueuzec, que j'imaginais déjà tout à son inspiration.
Enfin après beaucoup de couloirs et presque autant d'escaliers, à son commandement je poussais une lourde porte en fer et elle entra son pistolet à la main, vrai l'on se serait crû dans l'une de ces dramatiques policières où les dames fonctionnaires toutes récurrentes d'autorité  par souci d'édification et d'éducation équinamiste des foules tévéspectateuses, défouraillent pour un stationnement dans les clous, donnent de grandes baffes aux suspects et se grattent les couilles avec une énergie de sous-brigadier, mais tout en restant féminines bien entendu. 
Je venais loin derrière mais j'arrivais enfin et détaillais le motif.
Au milieu d'une cave voûtée et à peu prés gothique, se tenait assis sur une chaise, et solidement attaché le cher Thursten, qui fumait autant qu'un bravadien adepte de la si particulière fumita, mon regard remonta jusqu'aux fils électriques que Dona Chupita Bonita y Gomez appliquaient à certains endroits stratégiques de l'intimité de l'accompagna/teur/trice/teuse/tontaine, intimité complexe et variée, qui mettait à la disposition de ses tortionnaires un plus grand nombre de muqueuses et de points sensibles que la moyenne des tortionnés.
Le chef ‘von le Gueuzec en fond pédalait sur une manière de home-trainer qui se révéla être une artisanale génératrice d'électricité :
-Anda ! Anda ! Plus vite il va parlaré ! L'encourageait l'héroïne bravadienne.
-Plus vite, facile à dire, je voudrais bien vous y voir, je suis pas un grimpeur moi ! Celui-là pour le faire parler il faudrait au moins  du triphasé ! 
-Les mains en haut ! Gueula Mademoiselle Br... sur un ton suisse-alémaniac qui n'était plus du tout féminin.
Le cyclo-routier s'arrêta de pédaler, le jeune Thursten de souffrir et presque de fumigéner et Dona Chupita d'encourager.
-Vous, allez le détacher !
-Bien maîtresse.
Je m'exécutais.
Le pauvre garçon tomba de sa chaise et Mademoiselle Br... d'ordonner :
-A genoux tous !
-Euh moi aussi Maîtresse ?
-A genoux comme les autres trou du cul!
Elle était très colère, Maîtresse, et maintenant elle n'était plus tellement excitante, vrai dans ces moments on aurait dit un sergent d'active, un va de la gueule de carrière, d'ailleurs vue de prés, elle ne faisait plus tellement jeune, elle était quand même très maquillée .
Je pouvais témoigner de son esprit de décision, j'en avais eu des preuves récentes et sanglantes et notre avenir se présentait fort mal.
Le jeune Thursten s'était relevé et lui aussi était très remonté contre le petit personnel du saint office et commençait à tataner sec la figure du Chef ‘von le Gueuzec qui serrait les dents.
-Tiens bute-les plutôt, ça te défoulera ! Dit-elle en envoyant son pistolet à son ami.
Mais celui-ci ne parvint pas à l'attraper, il faut dire que l'on a quelque excuse à se montrer maladroit lorsque l'on vient de recevoir une balle dans l'œil droit tirée par l'irremplaçable   Walter Chéchignac, le cher Conchito,lui, qui n'avait décidément pas d'horaires  avait visé l'oreille et n'était parvenu qu'à allumer le plafonnier.
Mademoiselle Br... à la vue de son ennemi personnel vida sa pochette sur le sol, se baissa, délaissa son poudrier pour attraper son rasoir fétiche et se jeta sur son excellence qui n'évita pas tout à fait la lame, son bras entaillé sanguinolait tant qu'il pouvait et la douleur lui ayant fait lâcher son automatique allemand, il fit face avec à propos et lui décocha un osso-bukitaméhari fulgurant en partie basse et qui exécutée selon les prescriptions du vieux maître d'Okinawa calma considérablement son adversaire, Mademoiselle Br... optant alors pour un repli tactique en se tenant le bas ventre et en marmonnant :
-Ah l'en'ulé mes ‘ouilles !
Elle referma la lourde porte avec une force étonnante.
 
J'aurais du être soulagé mais ce que je venais de vivre me terrifiait plus encore que ma mort prochaine et affichée il y a peu.
Cet homme si amical et civilisé, ce cher Valter pouvait tuer, assassiné très proprement son prochain. Il y avait là sur le carreau un être humain mort, et rendu ainsi par la faute, et l'autorité, du si sympathique mais tant effrayant Walter Chéchignac.
-Eh bien vous avez l'air secoué mon cher La Gaspérine !
-Béh... c'est qu'il est mo...
Je ne voulais pas le blesser aussi retrouvais-je assez mes esprits pour user devant l'indigène de circonlocutions euphémisantes ainsi que l'on m'avait enseigné à l'Ecole:
-... il est... il est invivant...
-Ah ça il me semble oui !
Il souriait et la colère alors me prit d'autant plus facilement que le danger était passé :
-Et vous... vous l'avez tué... Lui dis-je sur un ton de reproche... calculé, je l'avais vu brillant à 15 mètres au tir sur travs olympiques, je l'imaginais aussi bien exercé sur fonctionnaires d'élevage.
-Vous pouvez remercier notre vice-consul qui m'a prévenu à temps  car ils s'apprêtaient à en faire de même avec vous, mais peut-être auriez-vous préféré vous faire administrer par de tels paroissiens ?
-L'on peut dire que vous arrivez bien mon petit Valter, je ne nous voyais pas beau  avec ces cannibales! Soupira de sa voix de basse, c'est à dire à grand bruit, le Chef ‘von le Gueuzec en se frottant les genoux avant d'aider la chère Dona Chupita à se relever.
-Ma sciatiqua, Dio que dolore !
-Je n'imaginais pas qu'une femme pût montrer une telle virulence.
-Revenez à la réalité mon garçon votre Mademoiselle Br... n'a jamais été demoiselle ! S'exclama le Chef ‘von le Gueuzec.
L'adroit Valter nous renseigna sur la véritable identité de nos assaillants.
-Ce sont les fameux Gil et No, quand j'ai vu la pianiste l'autre soir, je me suis dit que je l'avais déjà vue quelque part, il y avait longtemps et ce n'est que cette nuit en feuilletant des vieux programmes de monsieur mon père que j'ai compris, regardez plutôt :
Il avait sorti de son veston une feuille jaunie qui annonçait la Foire à l'Andouille 1973 avec la présence « exceptionnelle » du Grand Vate Marcel Chéchignac et plus bas en petits caractères Gil et No artistes transformistes.
-Ils tournaient un excellent et inventif numéro de travestissement dans les cabarets et music-hall européens dans les années 70/80, ils faisaient de la musique, de la danse, de l'acrobatie, à force d'opérations et de maquillages savants ils avaient fini par se ressembler comme frères... et sœurs,  au long de leur carrière ils avaient créé un grand nombre de personnages, un jour l'un jouait Mademoiselle Br... et l'autre Thursten l'éphèbe ou la jeune danoise au pair et le lendemain c'était l'inverse ou autre chose, d'où notre expédition de tout à l'heure, j'ai pensé que de tels duettistes ne supporteraient pas la séparation.
-Et je servais en quelque façon de chèvre !
-Que voulez-vous depuis que vous vous êtes mis dans la tête des idées d'indépendance mon cher !
-Et puis je crois que monsieur La Gaspérine en tenait  assez pour  cette mademoiselle Br... ! Remarqua le si psychologue Chef ‘von le Gueuzec .
-Qu'sss vous ‘acontez ! Mais pourquoi ? Pourquoi en avaient-ils après nous ?
-Rassurez-vous leurs motifs étaient purement platoniques et professionnels, il y a quelques années ils se sont lancés  concurremment à leurs activités artistiques dans l'assassinat à façon, excellente réputation sur le marché, je m'étais un peu documenté quand Jean-Guy Pantaloni avait voulu mettre la main sur mon cercle de La Muette
-Vous... vous avez employé des tueurs à gages ?
-Non, à l'ordinaire je préfère le forfait et puis tout comptes faits Paul-Antoine Andréacci m'avait prêté de ses petites mains et le travail avait été aussi bien soigné va. Ne pas penser à fermer la porte derrière soi ne plaide pas pour leur professionnalisme.
Sa remarque me fit mal, parce que ce n'était pas à maîtresse Br... qu'il revenait de la fermer cette porte mais bien à moi, humble et  indigne soumis, oh j'aurais mérité d'être battu... vrai je la regrettais déjà.  (... à suivre...)

Publié par urbane à 04:47:36 dans / Walter Chéchignac (roman en accés libre jusqu'au...) | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| >>

Tell a Friend

SocialTwist Tell-a-Friend

oups

Thèmes

LurbaineVisual

<A href="http://www.blogarama.com/"><IMG src="http://www.blogarama.com/images/button.gif" border="0" alt="blogarama - the blog directory" title="blogarama - the blog directory"></A>ogorama

blogarama - the blog directory

Diggons

Mon profil sur Diggons.com

UT Infocoms

Rechercher

Luna

critéo

K und K

Lurbaine infocom

mailto

Tags

   A.Lagueulebée La Dame à la mycose Urbane Tattack L'UrbaineDesArts Editeur Humour et Décoloration grand concours de Cougnes   Berluscono   Blondeur vagale   Chômdur   Chômmou   Communiqués   Demain j'arrête de péter by lofti benayak   Déconnation   Editions la Découverte   Exclusif : le Prix Glancourt décerné à H.T.Fumiganza pour Walter Chéchignac (L'Urbaine des Arts Editeur) au premier tour de scrutin.   France 2   Fumiganza   G.M.Neoletto   Grand jeu concours Urbane Tattack de quelle couleur est le cheval Blanc d'Obama L'Urbaine des Arts   Gross Paris Plage   H.T.Fumiganza   Happeningue   Humouritude   Interview du webmaster de http://urbanetattack.blogg.org lurbaine des arts éditeur   L'UrbaineDesArts   L'UrbaineDesArtsEditions   La Cellule de maintien idéologique 3/3 Par G.M.Néoletto   La Gouv'Ac 2 par Lofti Benayak 1/1   La dernière lettre de votre petit Guy... urbane tattack l'urbaine des arts editeur humouritude et décoloration Guy Hocquet   La sextape de Christine Boutin et Jean-Louis Boorla (extraits). Urbane Tattack Humour et décoloration L'urbaine des Arts Editions   Lauvergeon pas tirable   Le Parisien   Le Royal Chouquettes à l'assaut! 1/1 by G.M.Neoletto   Le clochard dans le bac à sable de lofti benayak urbane tattack l'Urbainedes Arts feuilletons   Le dernier des... permanents!   M'sarkozy &fils   Michael Jackson est ressuscité   Nicolas Sarkozy est retourné en prison lofti benayak urbane tattack feuilleton sur internet l'urbaine des arts éditeur Nick Sarkozaïe went back to jail. Par Lofti Benayak 1/1   Nordnmark one point ! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark   Nordnmark one point ! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 15... urbane tattack humour l'urbaine des arts editeur   Nordnmark one point by H.T.Fumiganza Urbane Tattack L'Urbaine des Arts éditeur web-feuilletons   Nordnmark one point!   Nordnmark one point! Journal intîme du prince consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza 17 L'urbaine des arts votre web feuilleton sur Urbane Tattack   Nordnmark one point! journal intîme du Prince Consort Raoultkë de Nordnmark by H.T.Fumiganza L'Urbaine des Arts Urbane Tattack littérature humour   Noveling-Press   Prince consort pas Raoultkë de Nordnmark L'Urabaine des Arts votre feuilleton de l'été sextape Christine Boutin   Raoultkë de Nordnmark journal intîme du prince consort de Nordnmark H.T.Fumiganza L'URBAINE DES ARTS Editeur URBANE TATTACK humour   Raoultkë de Nordnmark prince consort roman humoristique bt H.T.Fumiganza feuilleton Urbane Tattack   Revue Lurbaine http://revue.lurbaine.net urbane tattack l'urbaine des arts editeur humour fumiganza   Strategical closeed!   Urbane Tattack blog   Urbane tattack   UrbaneTattack   UrbaneTattack réveillon chez les régressifs Lofti Benayak   VEHM   au merveilleux pays des putes   bienvenue à l'armée russe   bienvenue à nos libérateurs   blog interdit aux mâles blancs et aux chiens   by H.T.Fumiganza 18... urbane tattack   couilles   dalaï-lama urabane tattack carla bruni   droit   ebooks lurbaine   feuilletons   france   grand prix simone veil de la famille française   hommage national au dernier soixante huitard   humour   humour bd festival   humour et course à pied   humour feuilleton urbane-tattack blogg.org h.t.fumiganza lurbaine des arts éditions nordnmark one point journal intîme prince consoert raoultkë de Nordnmark   je veux un bébé non fumeur; fumiganza;humour;sexe   jean-pierre Chassavagne   journal de François.F. soumis   journal de la France de pendant par François F... soumis   l'urbaine des arts   l'urbaine des arts editeur   l'urbaine des arts editeur france   l'urbaine des arts éditeur humour et décoloration   l'urbaine des arts éditions   la garde à vue loisirs préféré des français   la présidence Choukroun & fils   la sextape d'Ingrid Bettancourt   le schtroumpf aux étoiles   lofti benayak   lofti benayak urbane tattack   loisirs préférés des français   lurbaine.net   mon infernal féminin   nain de cirque   opposable   paris   proclamation   revue   sarkozy   scandale   sondage IFLOP   urnbane tattack   vider   walter chéchignac ht fumiganza lurbaine des arts urbane tattack   web-feuilletons   webfeuilletons   éco lieux mémoriel jean-pierre chassavagne urbane tattack l'urbaine des arts éditeur A.Sottos  

Kliosk

fuseaux

morback

game

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03