UrbaneTattack le blog-feuilletons de L'UrbaineDesArts/NovelingPress/info@lurbaine.net
Toujours à la pointe du progrés et poursuivant notre oeuvre d'électrification de la littérature françoise, nous informons les lecteurs d'Urbane Tattack que les ouvrages de l'UrbaineDesArts Editions/Noveling-Press seront désormais téléchargeables sur Smashwords, et ce pour un prix modique qui ne couvre pas mâme le coût de la vapeur (quelle époque!), les premiers tîtres de notre catalogue disponibles en ebook et dans une foultitude de formats attrayants et du meilleur goût parisien sont ici:Lurbaine ebooks
7 Juillet
Deux jours de calme ou à peu prés, comme tous les jours après le repas je vais agréablement le vomir sur la passerelle, l'Atlantique cela bouge quand même, mes aptitudes amphibies semblent m'avoir complétement abandonné, je ne comprends pas.
Quelqu'un se met à crier en dessous alors que je reléve la tête, soulagé d'un gros poids:
-Ma Vafanculo stronzo! Figlio di puta!
Je reconnais la voix de cet imbécile de Pezzolino, il était en train de manger son énième pizza sur un transat et il semble peu apprécier le nappage que je viens de lui livrer sans supplément.
Je regarde les matelots s'affairer, les uns lavent le pont, les autres font des travaux de couture, parfont leur bronzage où se consacrent à leurs tricôts, drôles de guerriers, il est vrai que le pacifisme niais dans quoi ils baignent depuis l'enfance ne les prédisposent certes pas aux grandeurs et servitudes militaires, au beau métier de soldat.
D'autant que le ministre de La Défense (mais rien de plus!) a fait repeindre en rose tous les batîments de la flotte y compris les sous-marins maintenant déguisés en suppositoires flashy.
J'en suis là de mes réflexions peu aménes quant à l'évolution du monde quand tombent sur les ponts une demi-douzaine d'hommes-grenouilles!
Ah non là je n'ai rien fait pourtant! Qu'est-ce qu'il se passe encore?
Les marins lévent les mains en l'air, un réflexe pourtant à proscrire dans le corps de troupe car il devient vite une habitude néfaste et nuisible au moral des hommes.
L'Amiral arrive pareillement érigé avec son état-major au complet quand le chef de nos assaillants aéroportés qui brandit un sabre retrousse sa capuche d'homme grenouille et apparaît alors le visage rubicond de Eriktkë le Mauve, à ses côtés tout aussi hilare le cher Petcho Larigaïe.
Je fais signe à tous de baisser les bras, c'est vrai c'en devient déprimant et j'emmène mes batraciens dans l'arrière-pont.
-Voilà Monseigneur vous m'aviez demandé d'organiser une rencontre avec le Baron Kingööfzethöf, c'est fait.
-Fort bien et je vous en remercie mon cher ami mais ne vous avais-je point mentionné la discrétion comme condition dirimante.
-Dirimante? C'est grave? Va falloir que j'en re-référe...
-Brisons-là mon cher ami et laissez-moi en tête à tête avec le baron, je vous prie.
Eriktkë le Mauve est encore tout triomphant de son exploit aéroporté dont je le félicite sobrement:
-Monseigneur est connaisseur, je le sais.
-J'ai fait mon temps à Saumur...
-EXXcellent!
Je ne lui dis pas que j'y avais été versé dans les troupes à pied et plus précisément dans le service auxiliaire à la suite d'une cabale aprés que j'eusse nourri la monture d'un chef d'escadron avec une luzerne fermentée qui fit gonfler la pauvre bête jusqu'à son éclatement finale, vrai il y en avait partout . C'était un animal de prix avec quoi il devait concourir aux jeux olympiques dans les épreuves montées de saut d'obstacles, le pauvre garçon, démonté, n'eut plus que la ressource de s'inscrire dans les épreuves à pied où il ne brilla point.
-... puis dans les troupes de marine à Castres.
-EXXcellent! EXXcellent !
Bien que marsouin je ne vis jamais la mer! Consigné aux quartiers par un commandant de compagnie parachutiste qui se scandalisa lors de notre première sortie du fait que je sautasse en pyjama, c'était pourtant un exercice de nuit.
Aprés quoi je demandais à monsieur mon père d'intervenir dans le cours de ma carrière militaire à fins d'obtenir une affectation plus en rapport avec mes compétences et c'est ainsi que je me retrouvais au tître de la coopération à Gstaad où je participais à l'implantation de nouvelles remontées mécaniques, expérience très enrichissante, humainement parlant.
-Malheureusement ce que je vois ici n'est guère encourageant!
Je lui désignais du geste non la vastitude de l'océan mais notre contre-torpilleur rose bonbon.
-Certes! Certes! Quelle honte!
-Jusque où tomberons-nous? Vous êtes parlementaire vous mâme?
-Je ne m'en vante pas Monseigneur!
-Malgré tout vous êtes une voix, cher baron, et l'on vous entend, et l'on vous écoute!
-Certes; certes mais l'on m'inculpe plus souvent que l'on ne m'écoute Monseigneur.
-C'est signe que l'on vous craint et que votre parole porte!
-Dans les prêtoires...
Je l'espérais plus saignant le viking.
-Quand même lorsque je découvre les projets de loi que vos collégues se proposent de mettre aux voix... dernièrement encore ces assurances que l'on voudrait prendre sur ma personne sous le prétexte de ne point avoir à dépenser dans un futur improbable l'argent des contribuables...
-Mais ils s'en foutent bien Monseigneur, ils ne veulent que vous... vous diminuer!
-C'est le mot que je cherchais! Ne serait-il possible pour une fois de leur rendre la pareille et tout en conservant l'esprit de salubrité publique de cette proposition de l'orienter vers d'autres instances, autrement plus encombrantes et dépensières que ma très modeste personne...
L'on remarquera avec quelles précautions et subtilités et tournures et nuances et apaisements de langage, l'écrivain que je suis s'était engagé sur ce terrain miné mais je ne peux dire autrement que la réponse de Kingööfzethöf exprima tout abruptement ma pensée et mes intentions:
-Vous voulez couper les couilles au chef du gouvernement mais c'est mon rêve de toujours Monseigneur!
L'idée l'avait ranimé et il commençait de s'exalter avant que de buter sur le premier obstacle:
-Mais comment ce faire Monseigneur?
-Une proposition de loi de stérilisation des parlementaires?
-Je ne peux proposer une loi dépopulatoire, même pour des saloperies de parlementaires de merde, mon public ne l'accepterait pas. Dans le Thöf l'hiver hors la baise il n'y a rien pour s'occuper depuis qu'ils ont interdit la chasse aux Rennes et classer les agents des impôts en espéces protégées!
-Et bien agissons comme eux, camouflons notre intention finale dans une loi de lutte contre le machisme et promouvant l'égalité contraceptive.
-EXXcellent!
Il se propose de déposer son texte dés la rentrée parlementaire en attendant je l'invite à nous accompagner dans notre périple.
-C'est beaucoup d'honneur Altesse pour un petit baron batailleur comme moi.
-Appelez-moi donc Tétesse comme tous mes amis mon cher Eriktkë.
-Ah Tétesse voici mon sabre il est comme moi tendu dans l'espérance de vos ordres.
-Repos Baron!
Nous en restons là de nos effusions toutes viriles et je m'en vais finir de vomir mon dessert, le Baron Mauve a une haleine lourdement chargée. Malgré tout quelle excellente recrue que voilà! (à suivre...)
Publié par urbane à 05:04:38 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
Le Royal Chouquettes à l'assaut! 1/1 by G.M.Neoletto
"Messieurs les Mestres, assurez vos chapeaux, nous allons avoir l'honneur de charger!"
Quand j'ai signé mon engagement au 12° Trembleurs j'aurais jamais pensé que trois mois après je me retrouverais en Afghanistan, je me disais que l'armée ça me donnerait un métier, je pouvais pas penser que ce serait "fossoyeur".
Après six jours d'instruction complète où on nous a appris à remplir les formulaires, fait signer une "convention obsèques 48 heures chrono rendu devant votre porte en cercueil plombé", expliqué comment faire notre paquetage et dire en anglais dés qu'on croisait un civil suspect (ils le sont tous!):
"We are here to defend your dignity and the global democracy please raise yours hands, put you against the wall and take down your trousers hurry-up! I ask you please... drink Coca-Cola!"
On s'est installé au camp militaire Françoise Dolto à Pushtwadla à une centaine de bornes de Kaboul c'était au moment des fumanges, la récolte de la fumette quoi.
Notre colonel nous a fait un spiche, c'était un jeune gars moderne, fils de géné, neveu de géné, beau-père de futur géné, diplômé de psychologie d'état-major, c'est dire s'il connaissait la combîne, il nous a expliqué qu'il fallait surtout décontextualiser le conflit et il a conclu:
-N'oubliez pas que dans une guerre asymétrique il ne faut jamais insulter à la dignité des populations locales.
Les anciens ils priaient tous pour qu'il soit décontextualisé le plus vite possible, le colon, il devait passer général comme tout le monde et aller pantoufler dans une filiale d'une grande boîte parisienne de publicité, d'événementiel et de Relations Publiques, bref il s'était reconverti dans le trafic d'influence et la location de carnet d'adresses mais la nomination arrivait pas.
Les ritals qu'on avait remplacés étaient pas sortis une seule fois, la maman de leur colonel qui le leur avait défendu.
A notre droite on était les voisins d'un contingent jamaïcain, ils faisaient une foire du Diable, ils étaient venus avec leurs "soeurs", eux ils se mêlaient vachement aux populations locales, ils prêtaient leurs soeurs en cas de besoin contre une participation aux frais, ils ont même pris part aux fumanges, il faut dire aussi qu'ils avaient acheté la récolte sur pieds et puis un matin ils sont partis, ils avaient tout revendu, uniformes, jeeps, flingots, interprètes de l'OTAN, et même leurs soeurs sur le marché aux bestiaux du coin, comme ça qu'on s'est retrouvé voisins de palier d'un seigneur local qui leur avait racheté leur part y compris leur droit au bail sur un bout du camp militaire:
-C'est pas des trucs à faire entre collègues de l'axe du bien. Il a résumé le colon vachement déçu par la mentalité otanesque.
Bon notre nouveau voisin de palier c'était pas non plus une buse le khan Kiluiamine Unchtar, il était pachtoune, il avait fait des études d'Econométrie Médiévale à Aix-La-Chapelle et de Plastiquage Comparé à Karachi, il roulait en vélib', souvenir de Paris, il rêvait de faire bobo parisien mais il était pas encore résolu à se faire couper les couilles, c'était un amoureux de la culture classique française, il avait tous les disques de Simone Sartre et tous les bouquins de Michèle Torr. Il avait reçu chez lui pas mal d'intellectuels parisiens, BHL c'était son grand copain, il avait même fait financer avec le fric de l'ONU un square à sa gloire avec un buste du grand homme. Le marrant c'est que d'habitude un square c'est au coin de deux rues, mais là comme il n'y avait pas de rues c'était au coin de nulle part et de rien du tout, remarquez ça résumait bien l'oeuvre de l'embusté.
Quand je l'ai vue aux jumelles la statue de l'intellectuel parisien elle était tout maculée de merdes de pigeons.
-'Pas croyab' ce qu'ils peuvent chier ces bestiaux-là je dis à Blanzac,
-Pauv' couillon qu'y me répond t'en as beaucoup vu des pigeons dans le coin? C'est de la merde de peshmergas.
-Quoi tu veux dire...? Putain c'est des acrobates les Pêches-Melba!
-C'est surtout des gros chieurs!
Ceci dit ils sont quand même assez modernes dans le secteur ils pratiquent le tri sélectif des poubelles il y a même un bac à infidèles c'est celui avec le couvercle toujours rouge.
Les ricains on les voyait pas beaucoup et on évitait de les appeler, y se foutaient de nous les frenchies, y nous appelaient les conserves de nouilles "tin noodles" à cause des planchers en alu de nos blindés qui se déchiraient comme une conserve quand on se faisait bomber.
C'est que dans le coin ils en connaissent un bout rayon armurerie, les mômes à huit ans ils savent démonter une Kalach les yeux fermés et dévisser un soldat de l'Otan à quinze mètres sans avoir à viser.
L'ennui c'est que le khan Kiluiamine Unchtar un matin il a décidé que nos chiottes étaient chez lui, il faut dire que c'est des nomades ces mecs-là, et comme ça depuis Alexandre le Grand et même avant, ils ont que les limites qu'ils se donnent alors il pouvait aussi bien faire le tour du camp et nous le réquisitionner pan à pan. Le colon il a appelé le géné qui lui a dit que les problèmes de voisinage il ne voulait pas en entendre parler, il attendait lui aussi d'embaucher comme DRH dans la société de Miss France une filiale de TF1.
- Les histoires de voisinage il me semble que c'est quand même une bonne part de la problématique de la guerre. Il a dit le colon en raccrochant re-déçu.
Alors il a décidé de faire une démonstration de force pour dégager ses chiottes:
-Bon on se dirige à trois compagnies en sécurité maximale vers le square BHL la section Jaunard en ternaire se détache et reprend la position dans un mouvement enveloppant, vous m'envelopperez bien ça hein Jaunard, dans la tradition, vous voyez, pas trop large... pas trop serré non plus... pendant que la colonne de route continue sa marche en avant, le tout bien entendu dans la discrétion il s'agit de montrer sa force mais sans insulter à la grande dignité des populations.
Un mouvement enveloppant avec une section ça ne me plaisait pas trop, surtout que j'en étais de la section Jaunard, ça risquait de pas tellement envelopper grand chose, on allait manquer de papier d'emballage.
On se met en route, le square BHL Intellectuel parisien était à pas cinq cent mètres mais on l'a jamais atteint.
On a subi quatorze attaques, les ménagères de moins de 50 ans qui leur faisaient l'appui feu, entre deux feuilletons égyptiens à la télé elles nous balançaient des rasades de RPG 7 et quand on est arrivé en vue du square les mômes ont lâché leurs balançoires pour nous jeter des pétards qui nous ont torché deux VAB c'est dire si ils sont doués et comme on est aimé
Avec la section Jaunard on a quand même réussi à envelopper ce qu'on pouvait et on est arrivé devant nos chiottes, nos chiottes outragés, nos chiottes capturés mais nos chiottes bientôt ... libérés, instant émouvant, le lieutenant il a détaché trois hommes dont moi pour faire les sommations d'usage, en sueur, on avait tous passablement les chouquettes, j'ai frappé héroïquement à la première porte (comme ça que j'ai obtenu ma Légion d'Horreur) et on a entendu:
-Y a quelques uns!
Ils étaient 600 peshmergas enfermés là-dedans.
Le lieutenant il a préféré décrocher, ça devenait un peu trop asymétrique, s'agissait de pas finir d'insulter à ce qu'il nous restait de dignité comme aurait dit not' chef de corps.
-Bon a dit le colon pendant qu'on se repliait en ordre... élastique, vous me creuserez des feuillées réglementaires en attendant l'installation de nouveaux lavatories, mais cette fois vous les mettrez à côté de mon bureau que je puisse garder un oeil dessus, j'ai pas envie qu'il me les barbote encore une fois, pour un pays de khan c'est vraiment un pays de khan!
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Publié par urbane à 05:26:06 dans / Le Royal Chouquettes | Commentaires (0) | Permaliens
La Cellule de maintien idéologique 3/3 Par G.M.Néoletto.
Les aventures de Jean-Plaude et Jean-Cluc militants Umpistes de la Basse-Meuse
Là-dessus Jean-Plaude est arrivé, il était vachement excité:
-Il est là! Il est là! Il gueulait en se mettant à genoux, en se relevant sans les mains, en rayant le carrelage avec les dents, en embrassant la serpillière qu'essorait la fille de salle.
-Mais qui est là? A demandé le bon docteur Craquebume intrigué par le Jean-Plaude.
-Le... le président est là! Il arrive, il descend du ciel dans une énorme colombe blanche.
On est sorti sur le seuil, il y a avait effectivement un gros hélicoptère blanc qui était en approche, dessus il était écrit République Française-Drink Pepsico.
J'étais émotionné et je serrais les fesses, la dernière fois que je l'avais vu et touchu en vrai c'était lors d'une féria UMP dans le Bromurois quand la Morano avait été élue Miss Bromurois, on avait remplacé les vachettes par des streap-teaseuses et les toreros par des militants UMP, c'était simple et de bon goût mais c'était bien la première fois que je voyais des vachettes encornées par des toreros!
La présidente aussi était venue, elle balançait par la lucarne de l'hélico des capotes aux victimes en dessous, quel beau geste!
L'hélico a atterri et on a d'abord descendu des types qui se sont mis à gueuler et applaudir spontanément au signal quand il a débarqué, il était en "Claude François", vrai il avait un costard clignotant blanc, doré et argent avec des franges et des guirlandes lumineuses il s'était fait teindre en blond et il remuait de partout comme s'il était branché sur le secteur (en vérité le service de sécurité nous a expliqué qu'il avait des batteries portatives dans les talonnettes).
Nous on cherchait les clodettes forcément mais on les a pas trouvées, à part Roselyne Bachelot mais elle bougeait pas dans le rythme des tics du Président, il y avait plein de pipoles aussi dont Pierre Arditi qui pleurait son verre de contact paumé dans l'herbe et surtout des équipes de TF1 qui filmaient tout, tellement qu'à la fin elles se filmaient les unes les autres et le Président a dû les engueuler.
-Moi seulement! Le reste on s'en fout!
Le Président il était pas venu les mains vides, il nous a espliqué après, il savait pas trop quoi apporter, c'est toujours comme ça quand on va chez les gens: des gerbes c'est convenu et ça chiffre tout de suite si on veut bien faire les choses alors ils s'étaient arrêtés avec madame la présidente à la pizzeria Colombani sur la route de Fleurizy-le-Michton et ils en avaient commandées quatorze douzaines, c'était Madame la Présidente qui avait payé parce que même les fonds secrets ils étaient à sec.
-Je vais les faire à quinze euros la grande et douze euros la moyenne c'est honnête non? De toutes les façons il y a pas de concurrence.
Momo le livreur de pizzas il a protesté:
-C'est sûr par hélicoptère c'est plus facile et forcément ça reste chaud.
Lui les siennes de pizzas pour les servir chaudes, il les mettait deux minutes à la sortie du pot d'échappement de sa mobylette.
-En plus ça donne du goût!
Le président il l'a fait mettre aussi sec en garde à vue pour conccurence à chef de l'état.
-Ces types-là ne respectent vraiment rien.
Il avait apporté des pizzas Ibiza aux moules bavaroises et des glaces pour tout le monde, deux parfums au choix: "Danseuse du Lido avant la douche" ou "Gendarme mobile en excursion".
Le plus marrant c'est que tout le monde s'est précipité sur le parfum "Gendarme mobile en excursion".
-C'est vrai que c'est plus pareil l'ex-France c'est étonnant ce goût que les gaulois ont pris pour le mâle et le fonctionnaire adipeux. Il a dit le bon Docteur Craquebume en caressant, pour se rassurer, les fesses de mademoiselle Chaudaz.
-Attention elles sont encore bien chaudes! A gueulé le Président.
De voir le Président distribuer la pizza aux moules aux agonisants et encaisser la monnaie ça nous a tous ému aux larmes, on chialait, ce qu'il était resté simple
On avait complètement oublié que les secours étaient toujours pas arrivés, le plus important c'était que "lui" il était là.
J'ai demandé à un officiel, qui s'empiffrait de pizzas, si les secours allaient arriver enfin, il m'a répondu:
-Les secours? Quels secours on a tout annulé, mesures d'économie... on a déclenché le plan Vachier++++++... fameuse la pizza au camembert! "Il" est là ça devrait vous suffire non et puis je veux pas vous vexer mais un TGV qui rentre pleine bourre dans un métingue UMP j'appelle pas ça une catastrophe nationale ça reste du mickey péteux, du con de base manipulable qui vote avec le troupeau, trente ans qu'il nous emmerde, on va pas se mettre en frais pour cette engeance-là!
A ce moment que la présidente s'est trouvée mal en voyant tous ces cadavres et ces agonisants autour d'elle, elle était choquée... elle angoissait, elle craignait comme le père Mouillot que la nature reste à jamais marquée par le déraillement du TGV homicide.
On a appelé la cellule de soutien psychologique, le docteur Craquebume est arrivé avec le belge Monsieur Wadong, ils ont un de ces métiers:
-Mais non voyons ça va pas rester là ma p'tite dame vous pensez bien, on va tout débarrasser, voyons vouére doncque les poubelles passent quel jour ici?
-Les encombrants c'est le lundi .
-Ils vont nous parachuter des cercueils en cornets à frites recyclés et des bodybags biodégradables en peau d'estivant on emballera tout ça et on l'apportera à la déchetterie, il y aura plus qu'à trier: les militants UMP dans le bac à couvercle bleu et les braves gens dans le cimetière du village.
-Justement on en a une ultramoderne de déchetterie qui vient d'être inaugurée sur la place de l'Ex cathédrale.
-Vous voyez ça demain il y aura plus rien et on va replanter et ce sera bien aussi beau qu'avant allaye doncque.
Déjà deux délégués du "droit à mourir dans la dignité, en silence après 22 heures et sans tâcher les parties communes" avaient commencé à faire le ménage, ils se promenaient dans les rangs des victimes et administraient ceux qui étaient plus assez dignes. Y fallait voir comment les agonisants ils se redressaient en les voyant pour faire bonne figure et le Raymond Pointecourt le tout premier il sifflotait et souriait tout en se tenant les couilles mais vu qu'il s'en était mis partout ils tâchait et ça la foutait mal, vrai il manquait par trop de dignité et ils lui ont mis très dignement une balle dans le chignon.
La fille qui était chargé des "outdoors shows, hula hoopers, juggling and live performance" à la présidence est venue et elle nous a demandé à Jean-Plaude et à moi où elle pouvait monter le podium?
-Quoi le podium?
-Le Président va faire un discours éthique il va annoncer une taxe sur les catastrophes nationales pas éthiques et après c'est sa tournée avec madame la ministreuse il vaccine tout le monde contre la grippe du castor. On lui a fait des prix c'est moins cher que l'autre celle du porc et puis c'est plus consensuel, personne n'aurait l'idée de bouffer du castor.
D'ailleurs parmi les pipoles il y avait le Mufti de la Grande Mosquée de Palavas-les-Flots, il inspectait les lieux, on l'avait fait venir pour qu'il certifie tout hallal, c'était la première catastrophe nationale certifiée hallal. Oui un grand jour décidément.
Le président il avait fini sa caisse:
-Bah ça fait pas des mille et des cent mais enfin ça paiera toujours le kérozéne, et puis ça fait une distraction le dimanche quand on a plus les moyens de faire du shoppingue.
Et il a voulu voir les secours et comme il y avait que les types de la cellule de soutien psychologique d'arrivés il est venu pour les féliciter devant les caméras de TF1.
C'est là que le Docteur Craquebume a craqué on l'a pas vu à la tévé quand il a essayé d'étrangler le clown Balpo son beau-frère, on l'a vite évacué à l'arrière vers une cellule de soutien psychologique et c'est le viet pas rigolo qui a pris sa place, lui avant de faire du soutien psychologique il avait fait du maintien idéologique chez les cocos, dire s'il était rodé.
Nous avec Jean-Plaude, on a poussé jusqu'aux Pinouillettes la polyclinique d'Orthogénie, le TGV il était rentré dans la salle de travail en plein "avortement thérapeutique", la fille était morte, le toubib idem, y manquait juste le bébé, on l'a retrouvé un peu plus loin, vivant, elle l'avait expulsé sous le choc, le môme il avait été sauvé par une catastrophe nationale, quand même ça nous a fait réfléchir Jean-Plaude et moi.
Publié par urbane à 05:59:58 dans / La cellule de maintien idéologique | Commentaires (0) | Permaliens
5 Juillet
Je ne cacherais pas que les premiers jours passés à bord me furent pénibles. Incroyable ce que cela peut tanguer un contre-torpilleur, il est vrai que celui-ci n'est pas de la première jeunesse, tiens c'est à noter cela, j'en toucherais deux mots à Sir John Branke: le possible remplacement du sus-dit navire par un plus nouveau, au moins mieux récent.
Est-ce le soudain dépaysement, les ennuis familiaux, bref j'ai été malade à n'en plus pouvoir, je me flatte pourtant d'avoir toujours eu l'âme et le pied marins, allez savoir.
Et cet imbécile de Pezzolino qui s'engouffre de renouvelées pizzas à longueurs de journée et presque sous mon nez.
J'aimerais d'ailleurs bien savoir comment il se les fait livrer à bord.
Nous quittons bien heureusement la Baltique par une porte dérobée et enfourchons gaillardement l'Atlantique, après c'est longtemps tout droit:
-Mais il ne faut pas rater la sortie! Me dit cet imbécile d'Amiral alors que je me renseignais auprès de lui sur la route que nous aurons à suivre.
Le cher Sir John Branke passe une grande partie de son temps avec la délégation tsilongaise, le leader perpétuel N'Gutu N'Gutu
se plaignant d'être chaque jour de corvée de pluches pendant son voyage officiel.
Et quoi il a bien fallu leur trouver une occupation, rien de plus dangereux qu'un leader révolutionnaire à qui l'on n'occupe pas les mains, alors j'ai donné des ordres pour qu'on le mette lui et ses ministres à la cuisine et aux tâches ménagères du bord .
Je retrouve quelque accalmie hépatico-stomacale sur l'Atlantique jusqu'à ce que ce cher Sir John Branke vienne me trouver fort alarmé:
-N'Gutu N'Gutu s'étonne que les couleurs Tsilongaises ne soient pas hissées en haut de mat prés du drapeau Nordmois?
-Et quoi encore?
-C'est qu'il est votre hôte et toujours chef d'état selon les usages internationaux qui n'ont rien prévu en cas de submersibilité du sus-dit état, d'autant qu'il demeure toujours un ilôt émergé de trois pieds carrés.
-Et bien qu'il aille donc y vivre sur ses trois pieds carrés, si nous passons devant je l'y ferais déposer avec toute sa troupe! Enfin cette farce va-t-elle bientôt finir mon cher ambassadeur?
-C'est qu'il menace d'appeler en phonie la Caisse d'Epargne d'Uügsborgh... s'il découvre que le compte est vidé...
Je le sens ému et pour émouvoir un britannique de carrière il faut un peu plus qu'un krach boursier ou un sacrifice de belle-mère.
-Et bien soit nous ferons hisser votre torchon nous dirons que c'est là mon nouveau pavillon personnel.
-Ah merci Tétesse... véritablement merci, vous m'êtes merveilleusement amical, c'est d'un brave!
Je demeure accoudé au bastingage, réconforté par ce bel élan et dévisageant l'Atlantique, c'est vaste il n'y a pas à dire.
Je suis en pleine évocation intérieure, invocation poético-philosophique lorsque, levant le nez sur les mouettes, surgit devant mes yeux le drapeau tsilongais que l'équipage est en train de hisser. Je fais appeler Strikeman qui surveille l'opération prés de la délégation Tsilongaise au bord du ravissement.
-Ah vous voilà! Dîtes-moi cher Brank ne dirait-on pas... enfin une paire de...
-Mais c'en sont Altesse, adroitement stylisées: une paire de testiculous de bélier avec un membre turgide au milieu: symbôle de force et de virilité du peuple tsilongais agrémenté d'une faucille et d'un pezburn, c'est un outil agricole, je ne saurais en traduire l'utilité, pour marquer son attachement prolétarien à la cause des peuples, au centralisme démocratique, à l'agriculture administrée et à tout ce genre de choses, l'ensemble sur un très joli fond rouge sanglant et...
-Et c'est ce... cette saloperie bolchévico-rurale que vous m'avez faite accrochée... cet ignominie qui voisine avec nos trois couleurs... bleues... ah non là mon cher... non là vraiment...
-Ne vous tourmentez pas outre mesure cher Tétesse. Dés que nous entrerons dans un port nous les masquerons aisément, j'ai l'habitude vous imaginez bien dans la diplomatie, il faut savoir mettre ses couleurs dans la poche, in ze pocket of ze queen's trousers comme disait mon oncle dans le jardin de ma tante, ce ne sont là qu'enfantillages de peuplades primitives, regardez plutôt comme ils sont contents, ah je ne vous remercierai jamais assez Altesse de...
Je n'entends plus rien de ce qu'il me dit, un vacarme infernal occupant l'air, je regarde sur le pont en dessous, ces p... de nég... les tsilongais s'agitent avec frénésie en tapant sur des bidons d'huile et en vociférant.
Ce pauvre Brank ravi me gueule à l'oreille:
-C'est leur hymne national et révolutionnaire: "la Marche à l'aise" et je me permets de vous faire remarquer chére Tétesse qu'ils la chantent toute entiérement en français pour en marquer uniment le caractère fougueusement révolutionnaire.
Peuple attachant que ces tsilongais... ne puis-je m'empêcher de penser ému en me raidisssant au passage de leur hymne francophonée. (à suivre...)
Publié par urbane à 01:52:01 dans / Nordnmark one point ! (roman-feuilleton en cours...) | Commentaires (0) | Permaliens
Blondeur vagale by Lofti Benayak 1/1
Journal de la France de pendant par François F... soumis
Quand j'ai appris que mon maître vénéré s'était effondré dans un massif de fleurs du parc de Versailles, je me suis effondré à mon tour, mais sur les gravillons de Matignon pour que ça fasse plus mal.
J'étais désespéré en me rendant à son chevet au Val-de-Grâce-Kelly en brouette officielle (il m'a supprimé le tandem parce que c'était encore trop polluant mais je m'en fous, j'ai pris comme chauffeur un jardinier culturiste de Matignon, un costaud pas croyab' qui vient du Chauvinois comme moi, Monsieur Blémont de Laturluthe-Poursanbal tout près de Pathétique-Sur-Navrant mon pays natal et avec lui je peux vous assurer qu'on lambine pas même dans les embouteillages et puis quoi de plus démocratique que la brouette même noire métallisée avec les vitres fumées !)
J'imaginais que ça devait être grave, c'est pas dans les habitudes de mon maître vénéré de s'effondrer dans les massifs, je pensais que s'il était trop diminué, il ne me punirait plus jamais et que la vie deviendrait invivable, bien sûr il me resterait Pineulope qui en connait un bout question dressage mais quand même ce serait pas pareil.
Je m'en voulais aussi, ces derniers temps j'étais très remonté contre lui, je m'étais même carrément rebellé et j'avais changé... ma mèche de côté, ni Pineulope, qui me coiffe pourtant tous les matins avant de me conduire à ... Matignon, ni mon maître vénéré ne s'en étaient aperçu, mais quand même je l'avais fait et pire encore je m'y étais tenu.
Quand je suis entré dans la chambre il n'était pas seul, il y avait un monsieur et une dâme qui étaient en train de le coiffer.
Le plus étonnant c'est qu'il m'a reconnu tout de suite, pourtant depuis le dernier remaniement on ne se voit plus que le mercredi.
Il était souriant:
-Tu es là toi... c'est gentil d'être venu, viens plus près... tiens tu as changé ta mèche de côté, tu as bien fait ça te va bien... je te présente Josy et Jean-Marcel tu vois je suis en train de me faire faire une couleur, c'est Carla qui en a eu l'idée, elle a que des bonnes idées...
-Hum... hum... j'ai toussé, pas convaincu du tout.
Mais ce coup-ci il ne m'a pas engueulé et il a commencé une véritable confession:
-Il faut que les gens comprennent que je suis comme les autres, je suis très émotionnel, certaines de mes copines américaines me trouvent même:"glandularious", c'est vrai que tout part de là chez moi, il faut que je sois au top toujours bien dans mon corps, bien dans ma tête, j'ai essayé tous les régîmes, les dissociés, l'allégé complet avec juste des bols d'air toutes les deux heures, il y a que le régime pénitentiaire que j'ai pas encore essayé, il parait que ça marche bien les types qui se suicident pas y perdent en moyenne une bonne douzaine de kilos, je demanderai à Villepin quand il sortira...
Il parlait un peu comme un article de fond d'un journal féminin, j'ai pensé à son évaporation pardon son malaise qui était lui aussi assez dans le ton, j'ai compris que j'allais penser mal et me moquer de la nature pétassogêne de mon maître admirable et pour me changer les idées j'ai regardé les bouquins sur la table de nuit:
-Oui je prends un peu de temps pour lire, ce que je préfère c'est les bouquins américains, il y a plus de pages mais c'est normal c'est plus grand l'Amérique mais j'aime aussi les romans français surtout ceux où ça se termine bien et que le héros finit en garde à vue, pour ça Émile Zorba et les Roujons-Macquards c'est bien mais il y a pas assez de garde à vue tu trouves pas... dis donc toi qu'est au courant c'est vrai qu'il était grec?
Il y a eu un silence, les coiffeurs en avaient terminé et il était maintenant d'un blond éblouissant mon maître vénéré, il m'a pris le bras et il m'a murmuré:
-Écoute j'ai fait un retour sur moi, j'en ai même fait plusieurs grâce à Carla qui connait un tour-opérator spécialiste du retour sur soi (et aller sur les autres), eh bien j'ai compris une chose, il faut mo-ra-li-ser.
Ah là j'étais content, enfin il avait compris:
-Ah bien on en parlait justement avec Pineulope, c'est ce que je pense aussi, toute cette putasserie klaxonnante ce n'est plus possible, les gens voient bien que vous vous foutez du monde et conduisez comme des maffieux susceptibles, ils en sont réduits à bouffer des ersatz pendant que les épicemards se font des fortunes comme leurs pères sous l'occup' bientôt les pères de famille s'échangeront des pneus de Traction contre des boîtes de lait condensé...
-Eh bien alors ils s'adaptent, je vois pas le problème?
-Mais vous vous rendez pas compte on va tous finir tondus et encore dans le meilleur des cas si c'est pas plutôt pendus aux lampadaires de la Place de la Concorde, le français c'est un côcu de naissance...
-Et alors c'est justement ça, ça rentre tout seul pourquoi se priver...
-Mais dans les belles histoires de cul c'est le cocu qui se congestionne soudain et se met à buter à tout va... mais enfin excuse-moi je t'ai coupé, oui tu disais que tu voulais moraliser... les pratiques financières scandaleuses d'abord je suppose ...
-Non mais tu n'as rien compris c'est le peuple qu'il faut moraliser, j'en parlais dernièrement avec des copains banquiers, ce n'est plus acceptable, on a été trop bon, on les a tolérés trop longtemps, pourtant j'ai été hu-main, j'ai fait de la pédagogie pour qu'ils comprennent, j'ai supprimé l'amnistie, installé des miradors... enfin des radars à tous les coins de rue, je les ai pénalisés, fliqués, verbalisés, adéhenisés comme du bétail, encartés comme des putes tout en laissant s'installer la violence quotidienne pour que pris entre deux feux ils puissent plus bouger une antenne et voilà pas qu'ils s'arrêtent de consommer ces salauds-là!
-Mais je te dis qu'ils peuvent plus.
-Qu'est-ce que tu racontes, consommer on peut toujours, c'est un devoir sacré, moi-même depuis que j'ai quatre ans j'ai toujours consommé, d'abord des roudoudous et puis des figurines Panini et ensuite des putes suisses à crédit et puis des montres en platine et... pas un jour où j'ai pas consommé, quand on veut on peut.
Je ne pouvais m'empêcher de l'admirer, quel sens du devoir, quel dévouement... à soi!
-Alors j'ai réuni une commission de moralisation du peuple, ici même, présidé par le patron de T F Huns qui a lui même une grande expérience dans les domaines du peuple et de la morale et il a été décidé quelques mesures simples et je pense efficaces. D'abord autoriser le cannibalisme en praïme-taïme de soirée, non c'est vrai pourquoi interdire à Bryan le dominant de dévorer Jonathan le dominé en direct parce qu'il louchait sur Vanessa la pute en chaleur, c'est une vision saine de la société et puis c'est un loisir simple, pas cher et familial, ensuite réintroduire la corvée seigneuriale le dimanche devant les établissements bancaires histoire qu'ils comprennent qui sont leurs maîtres, enfin rendre obligatoire le passeport intérieur biométrique, le collier bipeur et le servage à mi-temps afin d'améliorer l'employabilité chez les 8/88 ans...
Il caressa longuement sa nouvelle blondeur avant de reprendre:
-Mais attention cela ne va pas sans contreparties, s'ils font des efforts, leurs bons maîtres doivent en faire aussi alors j'ai décidé de réduire ton salaire de moitié, vrai tu t'en rendais pas compte mais ça la foutait mal tout ce fric que tu touchais pour rien!
Publié par urbane à 07:26:25 dans / Blondeur vagale | Commentaires (0) | Permaliens
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