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Egratignures étincelantes, neiges fines qui s'effilent dans le bleu
Le papier libre qui crisse et bruisse
Dresse des paravents-oiseaux;
Les étoiles dans l'odeur du bois luisent entre les feuilles avec un son sourd et flou,
Avec une étrange nuance rose-orangée, comme une poudre nue pour la peau du soir.
Libertés amusées qui construisent un vent parlant
Les blanches images penchées ondulent
Dans les vagues d'air moiré tiède qui s'exhalent du langage;
Les sons tissent un sens dans les silences respirés.
Publié par déviante à 13:43:02 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
Eveil. Remous. Violet. L'écorchure du vert. L'odeur du vert. Marbres matinaux. Exil.
Roses apprivoisées qui brillent
Au creux de la chaussée;
Au-dessus, forêt de rutilances,
Vélos fourbis, voitures léchées
Femmes à ventre mou et structure maigre,
La geste parcimonieuse et terrible
Le regard joyau
Comme les femmes de Klimt
Et puis je cherche l'automate à cigarettes.
Publié par déviante à 20:11:16 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
Une rangée de lavabos, sans miroirs. Ici, quand on regarde son visage, on redresse la tête vers le pan de mur blanc sale qui jouxte le lavabo, et on écoute la musique qui s'échappe par petits morceaux étouffés de phrases, à travers les fentes et les fissures des murs, qui passe doucement sous les doubles portes. On écoute tous ces soupirs, on écoute les visages des autres qui travaillent, les doigts qui filent, les sons qui transpirent, les phrases qui se délient.
On regarde par la fenêtre alors. On s'en approche, on se penche un peu. Des enfants qui jouent à chat dans la cour. Encore des éclats de musique. La ville étendue au soleil comme une nappe parsemée de cheminées, voilée par un doux smog bleuté. La ville dans toute sa blancheur, trouée de surprenantes places floues et lignes nettes, qui dessinent la complexité de son grand corps. La ville qui paraît muette et plane, immuable, comme si tous les grouillements et les embrouillaminis qui l'animent et l'amusent n'étaient qu'artifices et artefacts.
Je fais le tour de sa souple taille avec mon bras, et je ne vois plus rien.
Publié par déviante à 01:37:31 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
Poudres, papier de riz, perles épars sur une table frêle;
Une balance d'un modèle courant, aux plateaux légèrement creux
D'un laiton martelé presque gracieux, sur une ossature d'un noir brutal
Pigments charbon, encens bon marché; il est cinq heures de l'après-midi et les odeurs s'installent dans la poussière âpre de la venue du soir.
Banalité et grâce s'emmêlent; c'est l'instant de l'orchidée.
Il avance la main cheveux châtain insipide
Mais soyeusement ordonnés en ondulations et crans et volutes et circonvolutions;
Il pense au temps qu'il sent s'écouler dans son corps.
- Tout sans hâte et sans regret -
Il y a le moment du songe il y a le moment de l'horreur.
Il avance la main pour redresser un plateau de la balance
Le geste pour le geste
Visage de fille, lèvres violettes, peau blanche, bracelets d'argent qui tintent.
La main malade comme une esquisse, il tient une légère tasse de porcelaine nacre, bordée d'une fine bande dorée; le thé tremble légèrement mais le parfum est là.
Il attend le noeud du jour.
Poudres, papier de riz, perles épars sur une table frêle;
Ses yeux sont ouverts encore.
Publié par déviante à 17:11:29 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
Cris et chuchotements-
L'animé est-il
mort?
-
Cris et chuchotements
L'animal est-il
toujours vivant?
-
Et moi
Je suis assise
Dans l'ombre de la porte
-
Lumière du soir
Lumière électrique-
Je me regarde
-
Cris et chuchotements-
Une saison j'ai perdu
Ma peau
-
Cris et chuchotements-
Une plainte évanouie
Je dors.
Publié par déviante à 17:57:21 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens