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Au creux du sommeil s'est joué un terrible festin
Dans le tiède corps de la terre que la pluie trempe
Et enveloppe d'un bain à la douceur d'estampe.
Le regard se dépose sur ces mystères, invité clandestin.
Lentement s'épanchent les lueurs du long matin
Qui se mêlent à l'électricité obstinée de la faible lampe
L'esprit endormi cherche encore le songe et sa souple hampe.
Silencieusement là-bas, l'air déploie son large satin.
Au pied du lit, las, reposent quelques sauvages iris jaunes
Qui chantent les éclats-sanglots étranges du faune
Avec les mots vrais d'une antique et pure geste.
L'odeur vénéneuse de la rose sanguine baigne tout, comme l'amour d'un apôtre
Et anime la lumière fauve du midi d'un éclat autre
La nuit est avalée dans sa ronde bouche; maintenant seul l'ambre amer du jour reste.
Publié par déviante à 05:11:27 dans le jardin de l'émeraude | Commentaires (0) | Permaliens
Les coudes à la fenêtre, le visage dans les mains
J'observe la métamorphose du présent
Les jeux d'immobiles, leur nébuleux bruit pesant
La rondeur du monde et le goût de demain
Au-dehors, le soir en ultime robe d'étain
Le couchant étouffé au coeur des immeubles tiédissants
Les toits muets, au canevas de tuiles s'éternisant
La sombre blancheur des murs et leur ombre-fusain
Tout près devant, l'air d'hiver et son âpre olifant
Chuchotent un fleuve de mots verts aux enfants
Qui recherchent sa caresse brûlante et cristalline
Et dans leur visage on peut lire le muet reflet
Des promesses que la première neige leur a fait
Tombant douce dans la nuit, évanouie avant que la nuit ne décline.
Publié par déviante à 23:43:47 dans le jardin de l'émeraude | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a au bord de l'été comme une frange
Une longue lisière écumeuse frontière
Aux marées vomissantes qui secouent les pierres,
Au pli du poli d'un bras, limite qui dérange.
A l'extérieur du soi, comme toujours, la guerre
Entre les monades et les groupes qui prêts se rangent.
Les groupes éclatent, les monades entre elles s'arrangent;
Voyons cela de l'oeil qui blesse la lumière.
Les parfums de prison s'emmêlent et s'épaissisent,
Se détachent des vieux chiens qui glapissent;
Ils emplissent la pièce céleste d'un beau noir.
Pauvre décor permanent qui ennuie les grands yeux
Et parvient à les occulter pour trouver mieux
Avant un suicide dansant, sale désespoir.
Publié par déviante à 23:17:43 dans le jardin de l'émeraude | Commentaires (1) | Permaliens
Les acacias tremblent et s'étranglent, sous la paresse
De leur propre ombre épineuse. Sur le chemin,
Ils balancent leur image projetée, lente caresse
Aux cailloux haïs soudés, qui naissent mains dans les mains.
Un vieux papillon à l'aile tachée de brun
Volette contre lui-même, dans une ultime ivresse;
Ses longs battements cycliques claquent et agressent
Ponctuent le silence plein, jusqu'au lendemain.
Ce chemin en clair-obscur, aux fleurs arrachées
Cette voie que l'herbe a peu à peu empanachée
Cette route semée de minuscules pierres
Faux paisible, semblant de banal petit passage
A la nature qui bataille, comme un lent dressage
Ce chemin aux prismes, c'est du réel la frontière.
Publié par déviante à 19:44:04 dans le jardin de l'émeraude | Commentaires (0) | Permaliens
Le ponant se reflète dans la flaque d'eau;Publié par déviante à 23:08:38 dans le jardin de l'émeraude | Commentaires (0) | Permaliens