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vêpres | 13 mars 2006

vous allez dormir.
la tête sur l'oreiller, vous retournez le jour dans votre tête. les pensées roulent comme des galets. elles se frottent, se mélangent, crépitent et étincellent. toujours grises.

Publié par déviante à 22:26:54 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) |

nuit du 11 au 12 mars | 13 mars 2006



2h54

Une coupe de poires
Surplombe l'hémicycle enversé
"Le noir c'est l'espoir"
Dit le penseur aux yeux crevés

Tombe sur nous
L'impur voile du matin
Je te briserai; tu tomberas à genoux
Je te connais; je t'ai façonné de mes propres mains.


Le poète aux tympans déchirés qui ne connaît plus la musique des mots pleure un peu; ce verdict lumineux le laisse à terre. Personne ne le relève. Et il reste, fond doucement sur les dalles, se fond dans le miel de la lumière.


Publié par déviante à 22:12:32 dans nyctalope | Commentaires (0) |

fil blanc | 11 mars 2006



oiseaux rouges qui ploient sous le mystère
créatures aveuglantes
vitesse grisée

au-dessous, les morses crient faux
et se noient d'air;
j'entends les énigmes des hauteurs

moments; chute dans le monde...

Publié par déviante à 19:23:31 dans paroles de papier | Commentaires (1) |

impression: platitudes béates | 11 mars 2006

aujourd'hui encore on me reproche de ne pas sourire
pourtant je pourrais
mais je n'ai pas envie
j'ai l'impression d'être "heureuse": je ne veux plus rien.

il me semble que mes pensées ont le goût de "Dirty Boots" de Sonic Youth
de la soie dans les oreilles; étoupe magnifiante et merveilleuse
qui laisse apercevoir quelques minces étoiles sonores,
clignant au loin dans la léthargie blanche;

ô douceurs insulaires

le bonheur est fragile comme une image

Publié par déviante à 12:32:33 dans despiration | Commentaires (1) |

dans le train | 08 mars 2006

les rails filent et sifflent
serpents jumeaux d'épais métal mouillé
sans crisser ils tissent la course
du train qui se balance comme une danseuse

dehors, de graciles branches
gorgées d'eaux
dévorées de lichens
balancent lasses sous le crachin

la paix la paix des heures le front à la vitre
laisser couler l'immensité tranchante du ballast

la contemplation lâche
qui me nourrit

Publié par déviante à 22:32:48 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (3) |

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