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Bruit rose à la brune.

["La poésie est mémoire, mémoire de l'intensité perdue." Yves Bonnefoy]

argent fin, cheveux morts de boréale trouvés par terre, encore sanglants de nouveauté | 27 mars 2006

 tout ce que je peux encore vouloir
c'est être un enfant sans morale

ce n'est même plus possible
alors semblons.

à tracer des croix mouillées sur les ardoises, au petit matin...
faire une croix sur les pensées qui reviennent
marée vomissante, lourde, renversante

des morceaux d'épaves rouillées en travers de la gorge
l'orbe rouge passé des anciennes douleurs
avec la blessure présente, la cicatrice blanche qui se rouvre

(
ce sont les pensées qui laissent les cicatrices les plus profondes
pas de jamais pas de toujours
noyez-vous pensez)

Publié par déviante à 22:32:57 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (2) |

"Here is the time for us to know A secret sky for us to go You've never been before" [Ghinzu: Jet Sex] | 20 mars 2006


Marcher là où l'on n'a jamais posé les pieds

Eaux sifflantes et murmurantes
Dansant royaume de flammes vertes
Champ de blé
Le sang le sang coule de tes pieds

Eponyme lenteur
Des trônes brisés:
Un tronçon de bois doré
Jaillit de l'air immobile

Il plante dans l'orbe de ton regard
Ses pointes tranchantes
Il chante la complainte
Du roi qui se meurt

Et le temps ne passe plus
Tu peux saisir à sa source
La corde de pierre qui sonne les heures
Mais les cloches sont muettes

Le temps le temps est mort

et la lenteur du futur t'accable...



Publié par déviante à 20:38:07 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) |

iphigénie | 17 mars 2006

Un coup de frein.
Des branches graciles, volées, pleutres, qui griffent de gris les pourpres du couchant.

Arrêter le temps sur un instant. Le moduler, revivre, s'emplir de la sensation, l'inspirer, pour ne jamais l'expirer.
Enfermer en soi un instant de sa propre existence.

Iphigénie a été quatre années durant ma poupée de chiffon, ma créature. Elle est passée par tous mes états d'âme; elle a porté ma vie. Elle n'a juste pas fait les choses exactement comme moi, ni dit les mêmes choses aux mêmes personnes. C'est le jouet de mes émotions; c'est le moi onirique aux infinies possibilités.

Publié par déviante à 20:27:17 dans despiration | Commentaires (0) |

non à l'immense (ceci est de la mauvaise foi) | 15 mars 2006


cherche ton essence. là -dedans, tu devrais bien trouver un bonheur.

l'univers est une pelote d'épingles. tu ne sais pas encore bien utiliser l'épingle pour décider de ta souffrance, et tu tentes encore de la saisir par la pointe. maladroite!

Publié par déviante à 21:15:47 dans sans les mains, sans les yeux | Commentaires (0) |

enfance 1 | 15 mars 2006

un
fruit rouge qui coule, généreux peut-être, au coeur d'une coquille
d'escargot, trempée de parfums. le givre sanglant dessine son léger
ruisseau, lent, sûr et léger, sur les pommes qui jonchent le sol. elles
pourissent; leur peau jaune se piquette de brun. à côté d'elles, des
mirabelles ont crevé leur peau fine, presque bleue. tous ces fruits
soupirent d'aise, fondent leur odeur douceâtre dans le soir. une enfant
arrive près des fruits. ils n'ont pu l'entendre; elle a les pieds nus.
elle tient une gerbe d'herbes blondes entre ses bras, un bouquet de ces
sèches graminées qui chuchotent les voix des morts, les jours de grand
vent. elle s'approche; elle a tout son temps. et doucement, elle marche
sur les fruits. ils éclatent, ils roulent, ils tentent de la faire
tomber. mais elle est légère encore. elle traverse la nappe de fruits
expirante. elle ramasse une de ses herbes qui a glissé à terre, lie la
gerbe d'une branche de lierre, et la pose au pied de l'arbre. elle y
grimpe, en glissant un peu à cause de ses pieds mouillés. elle s'assoit
sur une fourche, dos au soleil, sent ses jambes légèrement s'érafler
contre l'écorce rugueuse du pommier. elle enlace une des branches, y
frotte une de ses joues qui bientôt devient chaude et la pique. elle
aime cet arbre; il lui rappelle son père.

le soleil rougeoie encore pour une heure; l'enfant s'endort, à plat
ventre contre une branche, les bras et les jambes pendant mollement
dans le vide. l'animal au sang froid s'est vidé. ne reste qu'une mince
coquille, qui balotte très légèrement, souvenir de l'enfance qui l'a un
moment habitée.

Publié par déviante à 21:11:01 dans despiration | Commentaires (0) |

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