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Des coquelicots dansent au bord de la voie, dans leur venteux tutu rouge, trop vif, léger tout de même; les bords sont mangés de noir. Certains pans-pétales du tissu vivant sont déchirés, et saignent de blanc. Ils virevoltent sous la vitesse, facétieux, changeants; ils ne sont jamais pareils; le regard ne peut les suivre dans leur course inverse. Le spectacle qu'ils prodiguent, c'est l'arabesque finale, le chant du cygne; l'instant qu'ils offrent, c'est la pirouette vers l'invisible.
Derrière la carapace d'air massif, incolore, à l'odeur fade, mais ô combien impénétrable, les fluides filent et se fondent; les points se font lignes et les lignes se font rubans. Le sol vole, ivre; il est aspiré par la bruyante respiration du train, qui cherche l'air et la matière, du fond de sa gorge terrible. La course halète aux virages; l'urgence se fait plus grande. Le chaos des couleurs plates anime l'espace de ses légères crêtes, de ses saillies à peine écloses qui accrochent l'air.
A dix mètres pourtant, le paysage déroule sa banderole, intact.
Publié par déviante à 21:48:07 dans despiration | Commentaires (2) | Permaliens
Les oiseaux qui grisent et éclatent, dans le flou du ciel. Comme si l'on avait fait craquer une vitre vers le réel, ils s'enfuient; comme si l'on avait frotté une allumette sous un réverbère. L' indifférence de ces matins où on laisse la vie tourner, las, sincère, soulagé; face aux nausées de larmes inutiles avalées, qui caressent la gorge d'une irritation qui entrave l'air. Chassés les ni-jours ni-nuits indécis entre les feuilles; chassés les pauvres microcosmes moqueurs. La conscience des vanités inégales aiguisée par l'indifférence polie, usée, le calme qui s'excède.Publié par déviante à 09:36:38 dans monades proches | Commentaires (3) | Permaliens
4h52
Des tigres de papier-chiffon rouge bataillent, légers, sur le corps déformé.
Une sauterelle est tapie, dans la fleur mangée d'une rose trémière.
C'est le calme avant le combat; c'est la contemplation avant la confrontation. Le soleil gronde, de l'autre côté des limbes; et ses salves étouffées parviennent, à travers le velours mité nocturne. Dans l'obscurité cramoisie, l'éther s'envole, des poupées aux yeux crevés chevauchent les mouettes. Les lys épanchés hocheront bientôt la tête, secouant un nuage.
La fenêtre sale palpite bruyamment, elle demande à être rouverte.
Publié par déviante à 17:09:17 dans nyctalope | Commentaires (2) | Permaliens
Et les visages pleuvent dans la ville, sur les clochers, au fond des ruelles; les visages assaillent les immobiles assommés, confetti follement grimaçants et acharnés. Ils aveuglent ces voyageurs qui regardent le futur passé se dévider, de leurs yeux retournés. La pluie colorée trempe leurs cheveux de sueur églantine; les éléphants processent, balançant leur queue. Des cornacs vêtus de vinyle jaune les montent; ils sont harnachés de cuir blanc, épais et râpé. Les orchidées explosent; une neige de pollen mordoré-vert moire l'air froid.Publié par déviante à 23:09:53 dans monades proches | Commentaires (0) | Permaliens
Etreintes agressives à couteaux tranchés
Ces maladroits et faux amis qui grimacent
Les bons mots, qui leur font cracher autant de limaces;
La guillotine est blanche chaude; elle est branchée.
Publié par déviante à 22:56:00 dans sans les mains, sans les yeux | Commentaires (0) | Permaliens