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rien.Publié par déviante à 19:54:20 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
5h55
je me réveille un instant. saisir la nuit, hors de sa chrysalide, pas encore morte pourtant. les premiers instants de splendeur, beaux car ce sont les derniers sans doute.
un scooter sur la route fend les cristaux d'air, de sa lame aiguë. il passe et repasse. combien de fois, je ne sais pas. mais il ponctue de son sifflement l'air immobile, qui attend le jour. surgit peu à peu de la pénombre sonore le grondement lent et paisible presque du camion-poubelle. il passe; on entend le choc du plastique sur les pavés; puis la route se rendort, la nuit se referme un peu. bientôt le soleil va se lever.
je pense aux faces repues que je croiserai demain.
Publié par déviante à 12:12:30 dans nyctalope | Commentaires (0) | Permaliens
l'autre, l'ami/e, cela arrive...qu'un individu au coeur fou se détache de la masse appellée les autres, avec courage, pour tenter de nous parler...
(j'avoue que j'avais perdu l'espoir d'une altérité reposante, après plusieurs vrais échanges avortés après quelques années. par reposante, j'entends: qui vit en soi, mais en existant elle-même. une douce confrontation, pleine, franche. le calme qui revient toujours.)
l'autre, ou plus précisément son idée même, devient une épaule en soi-même, un bouclier contre la solitude même lorsqu'on est seul. mais il existe aussi en tant que personne réelle. il évolue, comporte des faiblesses. par contre, il entend lorsqu'on parle, plus ou moins bien, mais il ne répugne pas à entendre. il est la fenêtre par laquelle les regards s'échappent. il est le poing qui brise le miroir. il est celui qui nous montre un des chemins pour être humain. on peut le suivre; on peu l'aider à frayer son chemin; on peut construire son chemin à l'aide du sien; on peu décider de creuser une nouvelle voie.
l'ami est l'instrument de vision de soi-même le plus précieux, après le miroir et le terrible couple papier-crayon. il est subjectif, et sa vision est une mise en abyme de celle des autres. (pour moi, la subjectivité de son jugement propre, mon jugement mien à moi sur moi, n'est pas pleinement subjectif.)
mon autre, si elle veut bien, aujourd'hui, c'est celle que l'on appellera "Baptistine".
on prend parfois beaucoup de temps à se rendre vraiment compte de l'identité de son autre. si vous l'avez trouvé, sachez ceci: qui veut voyager loin ménage sa monture.
Publié par déviante à 22:00:56 dans monades proches | Commentaires (1) | Permaliens
quand j'étais enfant, je rêvais d'attraper des bêtes. attraper, sentir bouger, se tordre de peur et de douleur dans sa propre main. la tenir fermée. rire, rire de son pouvoir, sans pour autant oser ouvrir sa main. un insecte, un poisson, une écrevisse de rivière, une grenouille. tous ces animaux qu'un enfant peut croire asservir.
je rêvais d'avoir une épuisette. ces morceaux de filet de plastique au bout d'un manche me semblaient être le plus beau des sceptres. enfin dominer tous les animaux assez petits pour remplir mon poing.
maintenant, je rêve d'avoir une épuisette pour rattraper mes rêves, libellules de papier plié, qui volent à travers mon cerveau, épuisé.
Publié par déviante à 21:43:41 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (2) | Permaliens
je ne veux pas
vous voir
moues de certitude
arrivisme imprimé sur le visage
calvities naissantes; travail
matérialisme sans beauté
fonctionnel, performant
jugements, semblants
mais sans savoir que
la nuit tous les chats sont gris
mépris, peut-être?
je ne veux pas
vous voir
car
je ne veux pas savoir
<< Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ. >>
(Cioran)
Publié par déviante à 21:35:49 dans despiration | Commentaires (1) | Permaliens