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Bruit rose à la brune.

["La poésie est mémoire, mémoire de l'intensité perdue." Yves Bonnefoy]

fil blanc | 11 mars 2006



oiseaux rouges qui ploient sous le mystère
créatures aveuglantes
vitesse grisée

au-dessous, les morses crient faux
et se noient d'air;
j'entends les énigmes des hauteurs

moments; chute dans le monde...

Publié par déviante à 19:23:31 dans paroles de papier | Commentaires (1) |

impression: platitudes béates | 11 mars 2006

aujourd'hui encore on me reproche de ne pas sourire
pourtant je pourrais
mais je n'ai pas envie
j'ai l'impression d'être "heureuse": je ne veux plus rien.

il me semble que mes pensées ont le goût de "Dirty Boots" de Sonic Youth
de la soie dans les oreilles; étoupe magnifiante et merveilleuse
qui laisse apercevoir quelques minces étoiles sonores,
clignant au loin dans la léthargie blanche;

ô douceurs insulaires

le bonheur est fragile comme une image

Publié par déviante à 12:32:33 dans despiration | Commentaires (1) |

dans le train | 08 mars 2006

les rails filent et sifflent
serpents jumeaux d'épais métal mouillé
sans crisser ils tissent la course
du train qui se balance comme une danseuse

dehors, de graciles branches
gorgées d'eaux
dévorées de lichens
balancent lasses sous le crachin

la paix la paix des heures le front à la vitre
laisser couler l'immensité tranchante du ballast

la contemplation lâche
qui me nourrit

Publié par déviante à 22:32:48 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (3) |

gioia nera | 07 mars 2006

 

sono stanca...
ho male a la testa
ma non è la testa mia...

vorrei partire
vorrei tutte cosa sapere
e è il mio sangue che vorrebbe bere...

sono nessuno:
non conosco
il mio viso

 

c'est la joie noire qui fait son entrée. elle glisse, évanescente compagne; éclatant et sombre farfadet, aperçu dans l'entrebaîllement d'une porte dérobée de ma mémoire. joie de ne pas se connaître; joie de ne pas être connue. joie d'être la seule à penser comme moi-même; joie d'être seule, avec ces si belles bêtes noires aux carapaces de jais, qui grouillent et bourdonnent, dévorant mon cerveau. je les caresse, songeuse; plus fidèles et plus douces qu'un chat, avec leur enveloppe lisse qui laisse glisser mes mains. rondes, parfaites, invincibles; ces bêtes, ce sont des galets vivants, qui ne vivront que le temps de ma vie. mais elles ont un espoir: si je les écrase, et que dans leur sang je trempe mes doigts, elles seront mon encre, et vivront peut-être une courte éternité...

Publié par déviante à 18:50:43 dans paroles de papier | Commentaires (5) |

ennui accompagné | 06 mars 2006

je m'ennuie. je m'ennuie au milieu des gens. je les regarde, je les retourne dans tous les sens. je tente de leur trouver de l'intérêt, désespérément, comme on tire ses paupières blanches de sommeil pour s'empêcher de dormir. les cils s'arrachent et on les retrouve exsangues, sur la pulpe ronde du doigt, palpitant faiblement . geste dérisoire.

je ne trouve de sens qu'à très peu d'entre eux. dans les gens, certains sont gentils, la majorité même. mais ils n'impriment pas leurs émotions sur leur visage. dignité, peur de l'égoïsme; je ne sais pas. je les vois. parfois je les regarde même, tant ils m'étonnent.         ils sourient. ils sont ouverts.

ils vivent

peut-être...

"je m'emmerde
j'ai mal aux yeux"
                 Guerilla Poubelle, "Demain Il Pleut" (Il faut repeindre le monde...en noir)

 

Publié par déviante à 21:14:26 dans monades proches | Commentaires (1) |

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