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Bruit rose à la brune.

["La poésie est mémoire, mémoire de l'intensité perdue." Yves Bonnefoy]

Bergères | 26 août 2009

Juste ces yeux un peu mouillés que l'on peut avoir

Au creux d'une rue
               d'une oeuvre
               d'un feu

Le corps qui bat sans prévenir
Une valse lente
Une valse de désir calme

Alors on glisse les pieds nus dans des chaussures
On valse sur place, les pieds qui chantent

Et tout s'échappe
                            comme l'averse qui s'arrête

Publié par déviante à 19:59:20 dans nyctalope | Commentaires (0) |

Sendlinger Tor | 26 août 2009

Carrelage jaune -
Nid d'abeilles
Un tranchant de rouge -
Un nom: blanc de bruit

Publié par déviante à 19:53:35 dans despiration | Commentaires (0) |

Pour qui toutes ces fleurs | 13 mai 2009

 

Mon ami les pensées galopent, elles sautillent sur le bitume sous les platanes volettent parmi le pollen, elles ne me lâchent pas et filent entre les doigts entre les rayons qui filtrent à travers la végétation et l’obscurité de l’avenue bordée de hauts platanes

Le trottoir est large et elles ondulent dessinent de souples diagonales puis reviennent puis s’échappent devant loin devant fatiguée je regarde les buissons de l’autre côté de l’avenue leurs feuilles sont courtes et sombres et leurs fleurs perdues dans la masse vert foncé et presque indiscernables exhalent du miel au milieu des poussières des pourritures et des pollutions

Et la valse s’échappe toujours, elle s’échappe au-devant de moi et je vois des marionnettes gracieuses qui dansent la ronde nostalgique le ballet des ans passés les pieds s’entrecroisent de plus en plus vite

La paresse m’attrape viens par là

Je m’arrête ; 

Il fait silence

 

Toujours les rayons qui filtrent entre les platanes

Il fait jour

Les voitures ont cessé d'aller et de venir

 

Mon ami la valse du temps est dure rigide et grinçante comme des pieds de vieille danseuse

 

Publié par déviante à 04:24:35 dans monades proches | Commentaires (0) |

Au musée des colères | 09 mars 2009

 

 

Une rangée de lavabos, sans miroirs. Ici, quand on regarde son visage, on redresse la tête vers le pan de mur blanc sale qui jouxte le lavabo, et on écoute la musique qui s'échappe par petits morceaux étouffés de phrases, à travers les fentes et les fissures des murs, qui passe doucement sous les doubles portes. On écoute tous ces soupirs, on écoute les visages des autres qui travaillent, les doigts qui filent, les sons qui transpirent, les phrases qui se délient.

On regarde par la fenêtre alors. On s'en approche, on se penche un peu. Des enfants qui jouent à chat dans la cour. Encore des éclats de musique. La ville étendue au soleil comme une nappe parsemée de cheminées, voilée par un doux smog bleuté. La ville dans toute sa blancheur, trouée de surprenantes places floues et lignes nettes, qui dessinent la complexité de son grand corps. La ville qui paraît muette et plane, immuable, comme si tous les grouillements et les embrouillaminis qui l'animent et l'amusent n'étaient qu'artifices et artefacts.

Je fais le tour de sa souple taille avec mon bras, et je ne vois plus rien.

Publié par déviante à 01:37:31 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) |

Emétique III | 02 décembre 2008

Poudres, papier de riz, perles épars sur une table frêle;
Une balance d'un modèle courant, aux plateaux légèrement creux
D'un laiton martelé presque gracieux, sur une ossature d'un noir brutal
Pigments charbon, encens bon marché; il est cinq heures de l'après-midi et les odeurs s'installent dans la poussière âpre de la venue du soir.

Banalité et grâce s'emmêlent; c'est l'instant de l'orchidée.

Il avance la main cheveux châtain insipide
Mais soyeusement ordonnés en ondulations et crans et volutes et circonvolutions;
Il pense au temps qu'il sent s'écouler dans son corps.
- Tout sans hâte et sans regret -

Il y a le moment du songe il y a le moment de l'horreur.

Il avance la main pour redresser un plateau de la balance
Le geste pour le geste
Visage de fille, lèvres violettes, peau blanche, bracelets d'argent qui tintent.
La main malade comme une esquisse, il tient une légère tasse de porcelaine nacre, bordée d'une fine bande dorée; le thé tremble légèrement mais le parfum est là.

Il attend le noeud du jour.

Poudres, papier de riz, perles épars sur une table frêle;

Ses yeux sont ouverts encore. 

Publié par déviante à 17:11:29 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) |

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