
Ariel Wizman, agitateur cathodique, journaliste pour Actuel et Vogue, décrypteur de faits de société pour Canal+ et Arte, mais aussi disc-jockey et musicien, se définit comme un électron libre curieux, et rêve d'un premier rôle au cinéma.
Chaque "Vendredi et Samedi pétantes", sur Canal+, l'ancien acolyte d'Edouard Baer sur Radio Nova donne la réplique à Stéphane Bern, entre impertinence décalée et absurdité, rebondissant tel un Zébulon.
A 43 ans, Ariel Wizman, touche-à-tout inspiré, jongle avec gourmandise sur plusieurs registres: pour "Lundi investigation", magazine de société de la chaîne privée, il signe des documentaires pointus, "à la découverte du monde".
Après s'être intéressé au "free-fight", sport de combat ultra-violent, Ariel Wizman propose le 13 mars, à 22H50, une enquête inédite sur la "folie crunk", nouvel avatar du hip-hop célébrant les outrances machistes.
"Faire plusieurs choses m'est indispensable. Je ne pourrais choisir une seule facette. Sur +Pétantes+, je tiens un rôle dans un dispositif, celui de l'improvisation au service de l'émission, comme un comédien. Avec les documentaires, je regarde le monde et je veux réveiller les consciences", souligne-t-il.
Ariel Wizman travaille actuellement sur un nouveau documentaire consacré au journalisme-citoyen, abordant la révolution éditoriale qu'entraînent les images d'actualité tournées par des anonymes grâce par exemple aux téléphones portables. Une enquête sur l'avenir de la télévision et "l'inévitable convergence des écrans" est également programmée.
"Canal+ offre un confort total, avec une curiosité que les autres chaînes n'ont pas", estime Ariel Wizman.
A ses heures perdues, il rejoint son complice musical Nicolas Errera. Au sein du "Grand Popo Football Club", groupe de "house-pop", ils préparent un nouvel album. "La musique est une drogue. C'est un autre langage qui permet aussi de dire des choses", déclare-t-il.
Ariel Wizman a enregistré un message de prévention contre le piratage artistique, à la demande des ministères de l'Industrie et de la Culture. Comme un pied de nez, des internautes ont détourné ses propos pour le ridiculiser. "J'ai été critiqué par des gens qui n'ont pas compris. Ce fut pénible à vivre", indique-t-il.
Après quelques apparitions au cinéma, notamment "La Bostella" d'Edouard Baer, Ariel Wizman aimerait franchir le pas : s'atteler à la réalisation et jouer un rôle dans une comédie. Une comédie sociale à quatre mains avec Clémence Boulouque, fille du juge Gilles Boulouque assassiné en 1990, est dans les tuyaux.
Ancien élève et disciple pendant deux ans du philosophe Emmanuel Lévinas, période qui lui a donné "stabilité et ancrage", Ariel Wizman dit s'inquiéter des crispations de sa communauté. De ce jardin secret, il confie poursuivre ses recherches sur la pensée juive.