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Il y a des images que l'on garde, des sons aussi.
Il y a presque vingt ans, course de côte de Belbeuf, nous passions en spectateurs férus de tout ce qui peut se mouvoir sauvagement sur quatre roues...
Bugatti ? Oui, mais c'est loin, et puis c'est vieux ! Lorsqu'on ne connaît pas...
Et soudain le bruit de la meute à travers la forêt, et l'impressionnante performance de ces ancêtres, vives et légères, rapides ! Qui avait parlé d'âge ? Certaines sensations sont intemporelles.
Ils étaient venus des quatre coins de la France, mais aussi d'Angleterre, de Hollande, par leurs propres moyens, pas sur un plateau ! Car une Bugatti, on vit avec. Ca n'est pas un objet décoratif, c'est une bête de sport.
Et ces propriétaires parlaient si simplement de leur passion qu'un autre monde devenait accessible.
C'est là que nous avons commencé à prêter l'oreille à ce qui pouvait sembler destiné au rayon des souvenirs, découvrant combien le passé avait pu livrer de mécaniques fascinantes, de sensations grisantes.
Il y a parfois une suite logique aux événements, aux émotions.
Hier nous avons photographié, mesuré cette auto qui va traverser le miroir pour se retrouver au 1/43ème.
Observé, noté, beaucoup discuté aussi, les aventures, les anecdotes, et puis fatalement, est arrivé le moment de quitter le garage, ce moment où tout le monde se fige parce qu'il manque quelque chose.....
"On la met en route ???"
Comment résister à cette envie ?
"Je ne sais pas si elle va partir, hein." Bah voyons.......
Tirer la manette, laisser l'essence arriver, un coup de démarreur, et voilà, le bruit du 8 cylindres qu'on écoute en souriant, intemporel. Et pour le monteur d'automobiles miniatures, un instant mettre un peu les doigts dans le passé vivant, juste le temps d'accélérer ce moteur froid pour lui faire tenir le ralenti. Les rencontres passent à travers le temps, et c'est certainement ce que nous recherchons tous.
Publié par van doren à 07:14:37 dans Pour la petite histoire... | Commentaires (0) | Permaliens
Rien de tel qu'un peu d'humour pour dérider la morosité ambiante !
Un grand remerciement pour sa collaboration à notre ami Arawak pour ce dessin, mais aussi pour suivre nos aventures et les accompagner.
Ne manquez pas son feuilleton quotidien ICI !
Vous remarquerez que le logo s'est coloré... mais de quoi cela peut-il bien être le signe ???
Publié par van doren à 10:18:50 dans Pour la petite histoire... | Commentaires (3) | Permaliens
La naissance d'un modèle peut se faire de plusieurs manières.
A l'ère où l'informatique est roi, beaucoup lui concèdent le rôle de déterminer les volumes d'une future carrosserie, les dessins préalables, assemblages de prises de cotes numérisées bien proprement alignées dans la froide rigidité d'un projet conçu in vitro, derrière un écran.
Et puis il y un autre monde, celui de la sensibilité et de l'expression humaine, beaucoup plus rare et je dirais même en voie d'extinction.
Ce croquis, c'est la future Rolls ch. 3CP38, dans toutes les interrogations qui se mêlent au fond du cerveau de Francis (Bensignor). Et si, dans cette phase de doutes où l'on s'approprie les proportions et les lignes, il ne peut s'empêcher de lui donner une "bouille" (on reste un grand enfant ou pas...), ce n'est que pour mieux l'apprivoiser.
Ce croquis me bouleverse, car au-delà de la tendre dérision il y a déjà la justesse des traits, ébauchés à l'instinct.
Prenez le temps de suivre les lignes du crayon : tout le caractère de l'auto y est contenu, compris, ressenti, assimilé, juste en quelques gestes lancés sur le papier.
C'est ce qui distingue une copie basiquement mise à l'échelle d'une création qui restituera tout l'esprit de l'automobile qu'elle reproduit, c'est ce qui distingue un modèle lambda parmi d'autres sorties du mois dans la vitrine d'un commerçant d'une petite rareté de laquelle émanera une sorte de vie, ce "quelque chose" difficile à identifier qui la rendra attachante.
Alors lorsque vous regardez une vitrine, un catalogue ou un site de modèles réduits, souvenez-vous qu'à l'ère de la conception par clavier, scan et logiciels, il existe encore des gens qui s'expriment du fond d'eux-mêmes...
Publié par van doren à 06:03:16 dans Pour la petite histoire... | Commentaires (11) | Permaliens
Peut-être qu'à force de devoir bouger on n'ose plus s'installer.
Il aura fallu cinq mois avant que je pose le décor de cet atelier et le fasse mien. Mais il semble que tout soit en place, un chez soi du travail indispensable à l'envie de se mettre à l'ouvrage.
Quelques affiches et leurs histoires, un dessin de Françoise Lemaître du temps où elle peignait des Ferrari, des couleurs et souvenirs familiers, et quelques babioles dont je ne sais me séparer.
Publié par van doren à 15:10:11 dans Pour la petite histoire... | Commentaires (2) | Permaliens
Celui-là n'était pas capitaine, mais il regardait droit devant, l'esprit tendu vers les espoirs d'une vie à accomplir.
Il s'appelait Paul Vandewalle et ce serait mon grand-père, mais ce jour-là, 1er octobre 1922, le submersible Jean Autric allait quitter Toulon avec à son bord un marin qui ne savait rien encore de son futur, de ses six enfants, des dimanches au sable fin sous le vent du Nord, d'une autre guerre où il perdrait un fils dans les batailles de l'ombre, de la fatigue qui l'emporterait trop tôt à peine l'eussé-je croisé, laissant derrière lui pour seul bagage un goût pour les arts et tout ce qui se conçoit de main d'homme, beaucoup de souvenirs, quelques regrets peut-être...
L'aventure humaine est faite de destins tissés, dont la trame est toujours la même : aller de l'avant, inventer, croître, construire, conquérir, découvrir et on aura fait le tour.
Généraux, esthètes et ingénieux divers ont contribué à l'élaboration d'objets d'exploration et de fascination, flottants, volants, roulants, et ces quelques pages où circulent des relfets de cette agitation permanente sont aussi là pour rappeler ce besoin de manger des distances, de gravir des sommets... sachant que seuls y restent ceux qui ne sont plus.
Ils s'appelaient Voisin, Figoni ou Rolls, ils réalisaient pour leur ego, le monde ou l'universel, peu importe, et chaque coup de lime des prototypistes qui créent le contenu de vos vitrines les rejoint dans le geste, approche de quelques héritages parmi d'autres vestiges du grand théâtre humain.
Publié par van doren à 07:32:45 dans Pour la petite histoire... | Commentaires (0) | Permaliens
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