INTRODUCTION :
je n'évoquerai ici que la peinture au pistolet, n'ayant tout bonnement aucune expérience de la bombe...
1 Principes
- Que vous utilisiez un aérographe ou un pistolet, ne pas employer une buse plus grosse que 0,6mm.
- Trois couches sont appliquées : 1° apprêt, 2° base couleur (on l'appelle "bicouches" car c'est une peinture à vernir, par opposition au « brillant direct » aussi appelé « laque »), 3° vernis.
- Le mélange de l'apprêt et de la couche finale est composé de peinture + diluant + durcisseur. Le diluant s'évapore le plus rapidement ; le durcisseur se tend et donne du brillant.
- Quand on pulvérise la peinture, on ajoute de l'air au mélange. Une partie du diluant contenu dans le mélange s'évapore dans cet air. Donc, plus on ajoute de l'air, plus le mélange est « sec », moins il y a d'air, plus le mélange est « mouillé ». On ajoute de l'air en augmentant la pression ou en éloignant le pistolet ; inversement, plus la pression est basse et plus on peint de près, plus le mélange est mouillé. Pression trop forte = couche trop mate ; pression trop faible = on pulvérise des gouttes. La pression moyenne est de 1,5 bars.
- En cas de pause en cours de peinture, à la reprise ne pas pulvériser tout de suite sur la pièce à peindre car le pistolet peut commencer par projeter des gouttes.
En aucun cas une couche de peinture ne masquera un défaut : elle se tassera au séchage, à la cuisson, et encore quelques jours après. Même une trace de ponçage finira par ressortir si elle est trop profonde.
2 carrosserie
Etat de surface avant peinture
- Les gros défauts doivent être supprimés au mastic.
- Ne jamais utiliser de papier à poncer d'un grain plus gros que 400 car les traces ressortiront toujours.
Dégraissage des pièces
- Les carrosseries en métal peuvent être dégraissées à l'acétone (le métal blanc étant un peu gras, ce n'est pas superflu...). Pour la résine, si la matière utilisée est de bonne qualité et que le fabricant n'a pas abusé du démoulant, aucune raison de dégraisser. Au cas contraire, utiliser un dégraissant ménager et rincer abondamment.
- Sècher chaque pièce immédiatement à l'air comprimé (forte pression) en faisant particulièrement attention à bien sécher les gravures.
Application de l'apprêt
- Le diluant contenu dans le mélange fait ressortir les résidus de silicone sur la résine (même après dégraissage !). Donc plus on peint « mouillé », plus le silicone ressort : on voit apparaître de petites taches rondes sur lesquelles la peinture refuse absolument de prendre. Pour neutraliser le silicone, faire le premier passage plutôt sec (arrivée de peinture plus fermée, pistolet plus éloigné).
- Faire le deuxième passage moins sec, faire le troisème mouillé.
- Il doit y avoir une couche suffisante d'apprêt pour pouvoir bien égaliser la surface au ponçage sans trop atteindre la résine.
Ponçage de l'apprêt
- Grain pas plus gros que 600.
- Pour les carrosseries qui recevront une teinte métalisée claire, pas plus gros que 800 car le grain de métal fait ressortir toutes les traces (et tous les défauts !!) et le vernis fait effet de loupe...
- Après ponçage, dépoussiérer fortement à l'air comprimé.
Application de la base teintée
- Procéder comme pour l'apprêt, pour les mêmes raisons...
- Plus la couche de base est épaisse et mouillée, plus elle brille, jusqu'à devenir satinée.
Application du vernis
- Bien attendre que la base soit parfaitement sèche avant de passer le vernis, sinon le diluant contenu dans la base cherchera à s'évaporer, et la couche de vernis sera « piquée » parce qu'il passera à travers.
- Pour vernir une carrosserie complète, on compte environ 3,5 ml de mélange.
- Défauts à éviter : manque de tendu, coulure. Coulure = surcharge de peinture, gravure bouchée, etc... Manque de tendu = application pas assez mouillée, oubli de passer à certains endroits (souvent aux extrémités d'une pièce, ou sur la tranche des parties saillantes).
- Pour éviter cela, il faut appliquer la peinture très régulièrement. N'hésitez pas à vous servir du bruit que fait la peinture en s'écrasant sur la surface comme point de repère, trouvez votre rythme.
- On commence toujours par le dessus de la carrosserie (comme pour une vraie voiture), car c'est une partie que l'on peut charger un peu plus sans trop de risque de coulures, et ainsi lorsqu'on peindra les côtés, le léger voile qui se redéposera sur le dessus sera absorbé dans sa couche plus épaisse. Si on fait l'inverse, les côtés ne seront pas assez tendus.
- Pour le toit, tenir la carrosserie verticalement (le nez en l'air) et pulvériser régulièrement en balayant tout de bas en haut, pour les côtés, tenez-la dans son sens normal, le côté bien perpendiculaire à vous. Balayer le plus régulièrement possible, faire des pulvérisations brèves sur les parties saillantes (épaisseurs des ailes, par exemples) ou les détails en creux (entrées d'air, par exemple) pour ne rien oublier.
- Faire de cette manière trois passages mouillés : le premier sert d'accroche, le deuxième assure la régularité de la couche, le troisème donne la quantité suffisante pour que la couche se lisse bien.
- Ne pas chercher un tendu parfait immédiatement : ce sera le travail du durcisseur dans la demi-heure qui suit l'application. Souvent un tendu parfait immédiat = couche trop épaisse. C'est assez normal sur le dessus de la carrosserie, mais attention aux côtés : la peinture va descendre et faire un bourrelet en bas des portes !
Cuisson
- La cuisson n'est pas une opération obligatoire, mais je la recommande (quand on en est là, on n'est plus à ça près...) car elle consolide la peinture, et le nettoyage est plus facile en cours de montage, la carrosserie est moins fragile.
- Il est conseillé d'attendre que la peinture ait naturellement séché (1h30 au moins) avant de la cuire, sinon elle n'aura pas le temps de se tendre correctement.
- Ne pas laisser sécher ou cuire de la peinture dans un placard totalement clos : le diluant continue à s'évaporer toute la durée du séchage et de la cuisson (et même après : tant que cela sent encore la peinture, c'est qu'il y a encore du diluant à évaporer). Si ces vapeurs ne peuvent pas se disperser à l'air libre, elles vont retomber sur la peinture et la « piquer ».
- Cuisson sous lampes avicoles, à l'air libre : 2 ou 4 x 100W, vos lampes règlées pour qu'en dessous il fasse 50° (surtout pas plus !), pendant 45 mn à 1 heure. Bien laisser refroidir avant de ranger.
- Votre carrosserie est prête au montage lorsqu'elle ne dégage plus aucune odeur de peinture !
3 Chassis et pièces intérieures
- Pour les pièces qui ne nécessitent pas d'intervention particulière, on peut se contenter d'utiliser simplement de la base mate, même si elle n'est pas durcie.
- Pour les pièces nécessitant la pose de décalques, ou beaucoup de manipulation, il est préférable d'utiliser une laque + matant.
FIN !
Voilà, vous en savez autant que moi !
Pour info, les produits que j'utilise sont, dans la marque GLASÜRIT :
* du diluant et du durcisseur, bien sûr
* apprêt garnisseur 285-60 (gris)
* pour les couleurs = apprêt blanc 285-65 (moins translucide qu'une base), en ligne 55 du noir 1250, du jaune FIAT 206, du rouge A 324 et SR 336-50, du bleu A 548, alu M 99/09.
* vernis 923-255.