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| La route | Retrouvailles >>
Monotonie. La voiture avale l'asphalte. Les roues tournent, entraînées par le moteur. Les phares éclairent l'autoroute. Le clignotant est activé, le véhicule se déporte et double un camion. La lumière se reflète sur des panneaux bleus. Dans le ciel, la lune est pleine. La radio crachote, la station change, une douce musique se fait entendre. Une lueur dans le rétroviseur, un bolide dépasse et disparaît au loin, dans les ténèbres. Bâillements.
Elle entortille ses cheveux autour de ses doigts. Que c'est long. L'excitation du départ a laissé la place à l'ennui de la route. Elle le regarde, il a le regard rivé sur le pare-brise, scrutant l'horizon. Ses mains sont serrées sur le volant, il est concentré. Où peut-être rêve-t-il éveillé ? Où ses pensées peuvent-elles l'emmener ? Sûrement ailleurs. Ailleurs ? Mais où ?
Elle cherche à quoi il peut bien réfléchir. Peut-être à son prochain texte, ou à son travail, ou au jeu qui le passionne en ce moment... Elle sourit dans le noir. C'est amusant de chercher à quoi il peut penser.
A la radio passe une vieille chanson de Gainsbourg, interprétée par Jane Birkin.
« je vais je vais et je viens
entre tes reins
et je
me retiens »
Elle rit intérieurement. Peut-être se rappelle t-il la dernière fois où ils ont fait l'amour, ou la fois d'avant, ou leur première fois, ou... Elle se passe la langue sur les lèvres, pour les humecter. Une langue... Sa langue. Comme elle aime qu'elle parcoure son corps, qu'elle frémisse sous ses douces caresses. Elle frissonne, sent une douce chaleur l'envahir. Inconsciemment, elle passe son doigt sur sa bouche, sur son menton, le long de son cou, puis suit le tissu qui couvre sa gorge. Le doigt continue son chemin alors qu'elle imagine que c'est le sien, à lui. Elle passe son ongle sur sa peau, glissant sous son décolleté. Son autre main se pose sur son genou, à la lisière de sa jupe.
Elle le regarde du coin de l'œil. Ses muscles sont dessinés par son tee-shirt. Il fait chaud dans la voiture. Elle a envie d'être serrée dans ses bras virils, tout contre lui, d'enfouir sa tête contre son torse. Imagine-t-il qu'à cinquante centimètres de lui, elle a tant envie de le sentir en elle, d'être prise, là, maintenant ? Sûrement que non. Elle est si sage d'habitude. Mais là... Elle le veut. Et ce n'est pas possible. Elle se mord les lèvres de dépit. Elle a glissé son doigt sous son petit top. Elle caresse doucement le pourtour de son soutien-gorge, promenant le bout de ses doigts sur la peau si douce de ses seins. Comme elle aimerait que ce soit ses doigts à lui qui la caresse ainsi ! Son autre main glisse sous sa jupe, effleurant l'intérieur de ses cuisses. Elle sent une douce chaleur envahir son bas-ventre, elle sent le désir monter peu à peu en elle.
Elle lui rejette un coup d'œil. Il a les mains rivées sur le volant. Il ne s'aperçoit pas de son état. Tout en le surveillant, elle laisse ses pensées et ses mains dériver. Elle effleure sa culotte. Le tissu est humide et moule son intimité. Elle frissonne en promenant doucement son doigt sur ce rempart. Elle écarte légèrement les cuisses, pour se donner plus de liberté de mouvement. Ses autres doigts se sont glissés sous la dentelle fine du soutien-gorge, venant titiller son téton dressé. Elle soupire et ferme les yeux. Elle se rappelle une étreinte, sauvage, dans cette même voiture. Ils s'étaient à peine dévêtus, elle n'avait ôté que son pantalon, lui n'avait fait que sortir son membre de sa braguette. La passion les avait poussé, les avait chauffé, ils s'étaient laissé aller, laissé envahir par une envie presque bestiale. Ça n'avait pas été long, mais au combien torride.
Il lui jette un œil. Elle a la respiration haletante. Que se passe t-il ? Il déglutit quand, à la lueur des phares, il remarque ses mains qui se sont glissées dans son corsage et sous sa jupe. Les mouvements qu'il aperçoit sous les tissus le laissent pantois. Ses mains se serrent sur le volant. Que fait-elle ? Sans arrêt, il passe son regard de la route à sa compagne. Il se mord les lèvres en sentant son sexe se durcir. Sa respiration devient de plus en plus saccadée. Il humecte ses lèvres. Vivement la prochaine aire de repos. Un panneau. Quinze kilomètres. Il peste contre ces haltes trop espacées. Il n'ose rien dire, de peur de briser cet instant qu'il perçoit comme merveilleux.
Elle se laisse envahir. Son pouce a décalé le tissu désormais trempé qui protégeait sa fleur. Elle écarte ses lèvres intimes doucement, en glissant un doigt entres elles. Elle fond sous ses caresses. Elle humidifie ses doigts en se caressant doucement puis vient effleurer son bouton d'amour. Il est si dur, si tendu. Elle ne peut retenir un gémissement quand ses doigts se posent dessus.
Elle sort son sein de sa prison de dentelle, le caresse sensuellement. Elle colle sa paume contre cette poire, l'entoure de ses doigts, les fait aller et venir sur sa peau élastique. Elle se mord les lèvres et écarte plus encore ses cuisses.
Son index tourne sur et autour de son clitoris, elle imagine que c'est la langue de son homme. Elle veut se sentir pleine, elle veut le sentir en elle. Délaissant son sein, elle glisse sa main le long de son torse, de ses abdominaux, de son bas-ventre. Elle la passe sur ses cuisses et agrippe sa jupe. Elle la remonte, laissant son intimité ouverte sans aucun rempart contre les yeux qui pourraient se poser sur elle.
Elle continue à caresser son bouton d'amour, sent le plaisir réchauffer de plus en plus son ventre. Elle passe ses autres doigts sur ses lèvres, puis les glisse entre elles. Elle gémit, fait venir ses phalanges dans sa grotte inondée, oubliant toute retenue. Elle cri quand le plaisir la submerge, quand son ventre explose, quand son vagin se contracte de lui-même sur ses doigts.
Il lâche le volant d'une main et la passe tendrement sur le front de sa femme, ôtant une mèche de cheveux rebelle. Elle le regarde, rouge comme une fraise. « Pardon... » Il lui sourit, heureux. « Non, merci à toi. Tu es belle. Je t'aime. »
Publié par Nours à 00:57:09 dans Contemporain | Commentaires (0) | Permaliens