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..........je serais probablement cet enfant là.......
Publié par Bernard à 17:07:28 dans REFLEXION.. | Commentaires (2) | Permaliens
..........il serait probablement oriental....
Regard volé...regard voilé..
Plonger et se perdre dans la noire incandescence d'un iris oriental
y trouver le muet appel de la beauté bâillonnée...
des mots étouffés des phrases gardées qui filtrent l'ultime barrière des cils
pour envahir votre fantasme et vous prendre tout entier en invisible étreinte..
Etrange communion qui vous laisse égaré
dans les sombres reflets d'un diamant des ténèbres
aux éclairs veloutés d'une troublante tourmaline...
Publié par Bernard à 18:05:53 dans NATURE & VOYAGE.. | Commentaires (4) | Permaliens
...........j'irais rejoindre Barbara..........
« A voir tant de gens qui dorment et s'endorment à la nuit,
Je finirai, c'est fatal, par pouvoir m'endormir aussi.
A voir tant d'yeux qui se ferment, couchés dans leur lit,
Je finirai par comprendre qu'il faut que je m'endorme aussi. »
Publié par Bernard à 11:30:22 dans REFLEXION.. | Commentaires (1) | Permaliens
.........j'aurais un point commun avec Pierre de Marbeuf.....
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.
Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.
La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.
Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.
Pierre de Marbeuf (1596-1645)
Publié par Bernard à 15:15:00 dans POESIE.. | Commentaires (2) | Permaliens
..........ce serait sans hésiter celle de Noël...........
D'abord me revient le ciel......
D'un noir d'encre velouté , piqué de millions d'étoiles vibrantes dans la nuit limpide...
Il ne fait pas froid du tout......
pourtant je suis emmitouflé de pied en cap comme un trappeur du grand nord......
comme ma grand-mère qui me traîne par la main engoncée dans son long manteau d'hiver son chapeau de feutre vissé sur son chignon......
comme ma petite sœur empoignée de l'autre côté qui trottine à petits pas sautillants , écharpe et bonnet de laine au ras des yeux....
Ensuite me reviennent les odeurs.......
de terreau mouillé......
de feuilles mortes en décomposition.......
des odeurs humides de fin d'automne rural......
et puis le silence immobile........
un grand silence qui enveloppe le tout , nimbant l'instant d'un calme apaisé......j'ai six ou sept ans....et l'impression d'évoluer dans un décor irréel où le mystère se mélange au sacré.......le merveilleux à l'étrange...
Tout à l'heure nous avons laissé Papa et Maman auprès du sapin multicolore......la table débarrassée de la vaisselle du repas , les dernières miettes balayées de la nappe du Dimanche , ne subsiste qu'une assiette garnie de pain de fromage et de saucisson ainsi qu'un verre de bon vin pour le visiteur tant espéré et une autre avec des carottes et de la salade pour les rennes de son traîneau.....Grand-mère a la délicate mission de nous amener à la messe de minuit où je compte prier très fort pour que mon chez moi ne soit pas oublié dans la grande distribution...
Nous suivons la rue déserte des casernes en direction de la Saline , sur notre gauche les fortifications avec ses bosquets et taillis noyés dans l'ombre et ses grands arbres fantomatiques qui me font serrer d'avantage la main de mémé dans un délicieux frisson de crainte inavouée....sur notre droite une succession de casernes...éclairées de loin en loin par la pâle lumière jaune d'un lampadaire.....une succession de guérites avec leur factionnaire en armes qui nous regarde passer d'un œil endormi...
Nous franchissons le portail du quartier Rochambeau.....au fond de la grande cour le réfectoire est brillamment éclairé....les fenêtres sont cernées de guirlandes d'or et d'argent décorées de dessins naïfs en papier découpé....transformé en chapelle pour un soir , c'est là que l'aumônier officie....
nous entrons le plus discrètement possible pour nous glisser au dernier rang derrière une foule de dos en uniforme.......
tandis que quelque part , venue d'on ne sait où , une voix de Stentor , belle , grave , puissante , entonne dans le silence recueilli le chant de circonstance .....
» Minuit chrétiens...c'est l'heure solennelle..... »
Publié par Bernard à 13:58:09 dans ACTUALITE.. | Commentaires (2) | Permaliens