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Moi

   J'aime l'automne en rouge et sang

Qui goutte à goutte d'or déshabille les arbres,

J'aime l'automne en coups de vent

Qui bouche à bouche mord les branches inconsolables.

 La vigne toujours vierge ensanglante les murs,

Tandis que les platanes racontent leurs blessures

En forme d'oriflammes.

 L'automne fait la fête

Pour ne pas sentir le froid qui vient la prendre,

L'automne fait la fête

Pour ne pas mourir au linceul de novembre.

 Et je me sens chez moi, dans cette saison-là

Qui s'abandonne...

Et je me sens l'amour d'un arbre déjà lourd

De trop de pommes...

 Serais-je en mes automnes,

Ai-je déjà cueilli les fruits

Sur tous les pommiers de ma vie ?

Serais-je en mes automnes,

Ai-je déjà raté mon tour

A tous les Noëls de l'amour ?

Je voudrais faire la fête

Pour ne pas vieillir des larmes qui me viennent,

Je voudrais faire la fête

Pour ne plus souffrir d'un amour en carême.

 Et pourtant...

 J'aime l'automne sur ma peau

Même quand elle y fait des rides au passage,

J'aime l'automne dans mon cœur

Le soleil est plus doux vers la fin du voyage,

J'aime l'automne entre tes bras

Pour la prison-velours où mon corps se révèle,

J'aime l'automne au fil de toi

Pour ce nouvel amour, où je me sens.... plus belle




 


 




 

Texte de Mannick






 







 









 





 


















 

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RÊVE DE VIE | 23 mai 2007

RÊVE DE VIE
 
C'était un galvaudeux
Nourrissant avec flamme
Une kyrielle de songes creux.
Pourtant il avait une belle âme....
Le temps malgré ses griffures
N'entamait pas ses illusions
Sur ses rêves de vie .
Il allait sans faire allusion
Aux multiples blessures
Infligées par l'overdose
De ses maladresses
Envers lui-même
et les autres.
Il en avait sa dose
Malgré la tendresse
Qu'il leur portait , aux
autres !
Il voulait qu'on l'aime
C'était son rêve de vie
A ce pauvre galvaudeux.....

Jeanne "Chanteplume"

Publié par jeanneperrotin à 10:56:59 dans Mes pages | Commentaires (0) |

SAINTONGE...Henri-Frédéeic AMIEL (1855) | 11 mai 2007

  

La mer baigne la Saintonge
Je me baigne dans la mer
Juste aux lieux où se prolonge
Du fleuve aux Gascons si cher
L'onde jaunâtre en flot vert
Et l'eau douce en flot amer.
 
La côte, gâteau que ronge
Aujourd'hui, demain, hier,
La vague à la faim d'enfer,
S'y creuse en cirques de fer
Qu'un fin sable enferme et longe.
Là, sous jupe avec spencer
Les dames vont au flot clair ;
Mais gêné, le sexe fier
Se costume comme un ver.
 
Donc, fermant Platon et Blair,
Cuvier, Decandolle et Monge,
Bref tout livre sauf Schiller
Et le chantre de l'Enfer,
Tout le jour comme une éponge,
M'imbibant de sel ou d'air
Pour tonifier ma chair,
J'erre, hume, marche et plonge
Et soigne aussi mon gaster.
Puis, le soir venu, je songe
Quand les phares de l'éther,
Phébé, Vénus, Jupiter,
Des feux tournants de la mer
Éclipsant le rouge éclair
Dorent les flots de Saintonge.
Voilà pour Royan, Messer.
 
De Lyon, d'Abd-el-Kader,
De Biarritz, de Quimper,
Sache... mais, par Lucifer,
Ce billet sans fin s'allonge !
Coupons court ; assez trés cher,
Adieu, le reste à l'hiver !
À toi de cœur, sans mensonge
De Royan, près de la mer
Ce vingt-trois de September.

Henri-Frédéric AMIEL (1855)

 

Publié par jeanneperrotin à 19:20:18 dans Poètes ...Ecrivains....Peintres... | Commentaires (0) |

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