Dans le cas d’espèce, celui du héros de livre ( 1 ) qui n’est autre que Karl Marx, cherche-t-il à le dénaturer aux yeux des jeunes de ce 21ième.S ou bien à le réconcilier avec eux , au moment où tout pour lequel ce héros a combattu toute sa vie, vient de s’effondrer devant leurs yeux, par les coups conjugués de ses successeurs qui l’ont trahi dans la forme et dans le fonds et de ses ennemis initiaux qui lui ont déclaré la guerre dès les débuts sans jamais lui laisser de répit ? Car auparavant, il ne semble pas qu’un quelconque auteur de l’envergure d’Attali, ait traité ce sujet avec autant de sérieux , de passion, d’émotion, et d’ardeur à rapporter l’œuvre d’un grand philosophe , d’un grand économiste et d’un non moins grand créateur , écrivain et journaliste , et dénoncer implicitement les misères qu’a connues cet homme hors de pair au sein de la société , nationale et internationale , chose qu’ont « oubliée » de rapporter les grands « pontes » des régimes communistes en URSS et ailleurs , et des Partis communistes de l’ Occident et du Tiers-monde, qui ont bâti leur système dictatorial sur une déformation de ses théories, selon ce qu’en écrit Mr.Attali
A dire vrai, on peut légitimement se demander pourquoi Mr. Attali s’est choisi pour modèle un Karl Marx pour illustrer son argumentation sur la trahison des idées des grands hommes de l’Histoire, laquelle va en l’occurrence, selon lui, jusqu’à leur dénaturation. ? Beaucoup d’illustres hommes et non des moindres, ont connu dans l’Histoire le même sort, sinon pire ! Que craint-il , la susceptibilité des Chrétiens , en rappelant l’exemple de l’Evangile lui-même dont sont sortis , après Jésus, plusieurs autres vrais Evangiles ? Ou bien parce qu’il est l’un des derniers de ces « grands juifs» qui soit le plus proche de ses idées, et pourrait-on dire peut-être aussi de son « cœur » ? Est-ce pour rendre hommage au genre de « Judaïcité » de son personnage dont il n’a pu ne pas en tenir compte, parce que ressentant la chose dans son for intérieur et sachant parfaitement que l’intéressé lui-même en avait abandonné plus le fonds et la forme traditionnelle , pour laisser entendre sans y trop insister, qu’il n’était guère facile déjà à l’époque prussienne de faire partie de l’Elite intellectuelle juive, et de prétendre y exercer une influence déterminante , sans subir les rigueurs de l’esprit rétrograde , xénophobe et raciste , prédominant le régime politique en place ? Ou bien tout simplement pour ne pas faillir à sa vocation littéraire et historique de n’attribuer que des vertus au « Juif » et de conforter la tradition de « Peuple élu » sur laquelle sa plume prolifique s’était étendue à longueur de pages dans son livre « Les Juifs, le monde et l’argent » ?
Toujours est-il que cette question du « pourquoi » restant suspendue, il est indéniable que Mr. Attali nous a offert un Karl Marx peu connu , humain , sensible et aux prises avec les difficultés de la vie et de la société , comme un Monsieur tout le monde, loin du portrait qu’en ont fait par la suite ses thuriféraires , communistes et socialistes à travers le monde . En rendant à César ce qui est du à César , et en situant l’homme dans son véritable milieu de l’Europe du milieu du 19ième.S , cet homme qui s’est attelé à étudier objectivement la société industrielle européenne naissante , d’en dégager les maux dont elle souffre déjà , et qui s’est essayé d’en prévoir « l’antidote » nécessaire ( 2 ) pour éviter les catastrophes . Ce qui n’allait pas manquer d’influencer d’une manière ou d’une autre, sur toute l’évolution des sciences humaines , ainsi que sur le cours politique du 20ième jusqu’à nos jours . Mr.Attali a raison de le souligner ; et parle d’un groupe de savants contemporains presqu’en marge de la société et en mal avec elle , dispersés, poursuivis pas les régimes et leurs polices , d’où émerge un personnage hors du commun que n’épargnent non plus, ni les tracasseries policières, ni les aléas de l’exile ou des douleurs familiales , un Karl Marx que l’auteur malgré tout, qualifiera d’« orgueilleux et dictatorial » et dont il a voulu à tout prix souligner la personnalité juive , comme si , seul un juif est destiné à être aussi grand et à souffrir autant . Et tout le livre pourrait se résumer en un long plaidoyer en faveur de la relecture de son œuvre , en vue « de réinterpréter ce XIX siècle dont nous sommes les héritiers et de comprendre comment certains de ses successeurs ont créé nos démocraties pendant que d’autres, récupérant et distordant ses idées , en ont fait la source des deux principales barbaries de l’histoire moderne ». ( 3 )
Mr.Attali parle certainement en son nom et de celui des pays semblables qui se sont impliqués dans les mesquineries et les magouilles de leur Droite politique, ainsi que dans les fanfaronnades de leur gente militaire, pour n’avoir pas su s’y opposer , mais nullement au nom des masses du Tiers-Monde , qui ont connu elles, « les pires barbaries » des mains des propres victimes de cette même histoire moderne dont parle l’Auteur, d’autres Shoahs et d’autres Goulags .
Il reste bien entendu à écouter tous ces « grands pontes »de la période communiste , qui vivent toujours encore, et qui, il n’y a pas longtemps encore, faisaient la loi dans leur pays. On aimerait bien entendre par exemple un Gorbatchev sur les propos de Mr. Attali et j’ai bien peur que , pour lui, tout n’était pas noir , et que s’il y a eu des Goulags , les falsifications de l’Occident et les manipulations des spécialistes de la CIA, n’y ont pas été sans les gonfler et sans « les sortir de leur contexte » étrangères ! Nous ne sortirions alors point de l’auberge !
D’ailleurs, on ne voit pas comment la source de ces « deux principales barbaries » doive remonter, même indirectement , à l’enseignement de Karl Marx , à moins que l’auteur ne cherche à faire dire à l’Histoire plus qu’elle n’en possède, surtout quant il entend, comme tout le suggère, compter la Shoah parmi ces deux plus grandes infamies, ( ce dont il aura raison, car elle en est une , mais pas la seule, autrement que dirait-on de l’Inquisition ). Et puis ne voit-il pas le paradoxe d’une responsabilisation « même morale » du fondateur du Marxisme dans le massacre de peuples qui y adhéraient pourtant sincèrement, croyant y trouver leur salut, et dont certains n’avaient pour « crime » que le fait d’être juif, et non d’être marxiste ?
Cependant , et malgré toutes ces assertions que peuvent lui disputer des historiens plus spécialisés, en les contestant par des arguments moins « personnels » et plus « neutres », mais qu’approuvent certainement des politiciens « engagés » , Mr. Attali aura réussi à humaniser son personnage et à le rendre plus acceptable . Mais de grâce que l’on cesse de brandir sa judaïcité qui n’y est pour rien , ni dans ses malheurs ou ni dans sa grandeur ; et s’il arrive comme on peut s’y attendre, à lui faire traverser encore des siècles , c’est que le bonhomme le devra à lui-même, à la fécondité des ses pensées et la profondeur de ses écrits .
Publié par badi à 09:38:38 dans Baddi News | Commentaires (0) | Permaliens
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