Ce livre livre ( 1 ) semble confirmer que la fécondité littéraire de l'auteur n'a point tari après son parcours politico-intellectuel avec l'ancien Président Mitterrand ( 2 ), et que son imagination débordante sous une plume prolifique , conforte largement son appétit pour la Recherche et le Savoir, lui permettant ainsi une faconde pour, par exemple, l'explication des Textes sacrés, qui ne paraît pas connaître de limites, puisqu'il en extrapole ce qui convient à son argumentation et justifie des « avancées » conformes à une thèse peut-être préalablement conçue !
C'est ainsi que, réunissant en lui une compétence dans les magouilles des jeux politiques en France et dans les milieux intellectuels internationaux, jointe à celle en matières financières et à un penchant certain pour les plongées historiques, le voilà qui nous gratifie d'un énorme volume dans lequel il traite d'un sujet qui a longtemps troublé les hommes de religion comme les hommes de science, et leur a occasionné pas mal de problèmes à travers les temps et le lieux , à savoir la nature et le degré de relations entre l'Argent et l'Homme juif ! Selon l'auteur, les rapports de ce métal/symbole avec les descendants d'Adam, n'auraient singularisé que les Juifs avec des termes souvent péjoratifs , et auraient, du coup épargné d'autres peuplades, vivant aux mêmes époques et non moins « adorateurs » de ce instrument de la richesse et de la puissance ; sans penser que plus tard ( 3 ) ces mêmes rapports devaient bénéficier d'une approche plue réaliste et plus humaine , instituée par une autre Religion.. Mr. Attali semble également prendre de bonne grâce ces diverses qualificatifs , comme s'ils étaient innés spontanément dans une seule et même société, constituant désormais des facteurs spécifiques communs à un groupement humain particulier, devenu avec le temps une « Ethnie » bien distincte.
Ce « gène / argent » que d'aucuns ont transformé en rhésus d'identification et transmetteur de quelques uns de leurs traits héréditaires supposés , a servi de thème prédominant dans cette longue étude qui, loin d'épuiser le sujet , se termine sans qu'on sache que sa lecture ait pu réussir à en confirmer l'existence, à l'effacer ou à le renforcer davantage , tant il est devenu actuellement un signe de ralliement international, auquel paradoxalement, un certain nombre des personnes concernées, et non des moindres d'ailleurs , n'ont pas hésité à recourir pour se tailler de grosses fortunes .
Mais fort de sa laïcité intellectuelle, certainement ancrée en lui par son milieu ambiant de socialisme politique, Mr.Attali ne s'embarrasse point d'un quelconque « message » divin reçu par le peuple juif , ( pour ne pas avoir à le reconnaître sans doute pour dautres Prophètes, comme Jésus ou Mohamed ), et attribue toute l'histoire de ce peuple , dans ses moments de gloire et ses moments de misère, et dans ses diverses pérégrinations à travers le temps et l'espace , à son seul génie et à son remarquable instinct de survie , contribuant involontairement peut-être , à s'appesantir sur l'idée volontairement répandue parmi les juifs non religieux, d'un caractère exceptionnel, d'une « exception » juive, qui auraient permis les « prouesses » au sein de la race humaine. Et c'est à non pas douter, la voie ouverte, par jalousie, par esprit de médisance ou par toute autre bassesse humaine, à la calomnie, à la méchanceté , et par voie de conséquences aux persécutions , aux infamies et autres ignominies.
Mais a-t-il pour autant, en tant que socialiste, été tout à fait fidèle à la vision de cette œuvre , puisqu'il nous livre en fin de compte , non l'histoire du peuple juif et ses rapports avec l'argent, mais bien de celle de ses riches et grandes familles qui n'étaient grandes que par leur accumulation de richesses, délaissant tous les pauvres bougres corvéables à merci qui travaillaient pour elles , et partageant certes avec elles les vilenies, mais non point l'opulence, l'aisance et la sophistication .
Telle était du moins l'auréole sous laquelle aimait se pavaner le jeune Attali, ne mettant point en question les apports des autres facteurs spirituels ou religieux communs aux civilisations anciennes , jusqu'à l'irruption de cet élément « monétaire » qu'il mettra désormais en exergue dans ses analyses et en bonne place dans le titre de ce livre. Pour peu il disputerait la préséance aux « Tables de la Loi » et rappellerait l'épisode du « Veau d'Or ».
Et depuis, il ne fait plus que prêter le flanc à ses détracteurs qui l'accusent de s'être transformé en propagandiste de cette fameuse « exception juive mais laïc » qui, dans sa constante aspiration à la suprématie, et qui s'est déjà vue l'objet à Rome et en Espagne des pires exactions , et à partir de la Russie tsariste et de la Prusse, se faire également le point de mire de toutes les tracasseries de ces deux régimes , pour , quelques décades plus tard, subir les assauts d'une autre tendance raciste et xénophobe à « l'Aryenne » en Allemagne , et à la « Russe » en URSS ; et c'est le clash inévitable qui donnera l'ignominieuse Shoah et les non moins ignobles Goulags. Et sans qu'il ait tord dans son estimation du rôle de l'argent dan l'histoire juive, il passe silence cependant ce même rôle joué avec le nouveau venu sur la scène internationale , le sionisme idéologique , pur et dur , avec lequel non seulement « ces Cousins », mais la Communauté internationale devrait compter , et qu'il ne serait que juste de la part de sa perspicace investigation de lui consacrer tout un ouvrage .
Par ailleurs, on comprend que le Sionisme ait eu besoin de décréter une mobilisation générale de toutes les capacités juives , usant et abusant des jeunes talents dans les premières années de la création d'Israël ! Mr.Attali a dû , lui, obéir à une impulsion intérieure poue se lancer corps et âme, et intellectuellement à sa manière, à faire la chasse dans son domaine d'investigation, aux noms d'origine ou à consonance hébraïque, et à déterrer et proclamer comme juifs , événements, lieux ou personnalités célèbres ayant eu dans le passé une quelconque relation avec le judaïsme . C'est ainsi que l'on lira sous sa plume, à chaque fois qu'il s'agit d'un événement historique ou d'un personnage de légende , il lu faut coller une relation juive, même pour dire qu'il s'agit de converti ! C'est le cas par exemple de Reuter, de Havas , de Lassalle , de Karl Marx pour ne citer que ceux-là, et parce que, à la déconfiture de ceux derrière ce genre de promotion du nom juif, la qualité de juif était de leur vivant le dernier de leurs soucis . Est-ce une nécessité politique et religieuse pour la promotion de ses livres, ou tout simplement un goût de l'histoire, ou par fierté d'appartenance à la même tribu des « Grands » qui, pour être grands, laisserait-on entendre, que peut-être, il faudrait être juif ? Et de ce fait il n'a pas moins contribué , quels qu'aient été ses mobiles, à rendre au juif sa fierté.
Publié par badi à 09:12:04 dans Lu pour vous | Commentaires (0) | Permaliens
C'est ainsi qu'il découvre , lui le laïc et peut-être aussi l'athée , le peuple juif, son propre peuple auquel il semble adhérer de toutes ses fibres, comme étant « l'inventeur du Monothéisme » , alors que toutes les Saintes Ecritures, font remonter celui-ci au Patriarche Abraham, ( adorateur de Dieu l'Unique), longtemps avant le Judaïsme qui n'a commencé lui, qu'avec Moïse et les Tables de la Loi reçues au Mont du Sinaï, lors de l'aventure dans le désert au sortir de l'Egypte. Et s'il veut, par cette formule/choc, proclamer que le peuple juif, en tant que peuple sémite a été le premier à adhérer à cette profession de foi déjà existante, personne ne lui disputera cette prétention, les deux autres Religions monothéistes se situant chronologiquement après Moïse . Peut-être aurait-il été mieux inspiré s'il avait utilisé l'expression de « premier adhérent », auquel cas il ne pourrait qu'avoir raison parce que cette formulation ne serait que justifiée. A moins qu'il ne cherche à accréditer qu'Abraham est lui-même juif , ou le père des seuls Juifs, et dan ce cas, que fait-il d'Ismaël et de sa descendance? Le fait d'être le premier adhérent au Monothéisme en tant que groupe ne donnant aucun droit exclusif ni aucun privilège, il ne sied point à Mr.Attali, de brandir en connaisseur ce faux signe qui se veut très distinctif ! Que Chrétienté et Islam venues après le Judaïsme , ne confère nullement à celui-ci un brevet « d'invention » !
Et dans la même verve, il prend en charge, sans considération pour les croyances des autres peuples de la région, répandues dans à la même époque, en réaffirmant péremptoirement ce qu'il a glané dans ses lectures du 'Pentateuque'' qu'il ne questionne même pas: « ...En l'espace de ces 15 Sièclesau moinsce petit peuple a fait surgir une religion , dont le tiers de l'Humanité d'aujourd'hui aura fait le socle de sa croyance , et a structuré un rapport à l'argent qui servira plus tard de fondement au capitalisme...... » (4).
Quel sens de la modestie ! Et quel sens de l'humilité envers un patriarche qui n'en demandait peut-être pas tant puisqu'il veut lui rattacher son peuple seul ! Que fait-il de tous ces pays d'accueil , de leurs apports à la civilisation commune, de ces nations qui n'ont pas été que des « bourreaux » pour l'ethnie juive, et qui ont fait éclore chez elle « l'Insoupçonnable » et l'Inconcevable », surgis « un peu » grâce aussi à cet « Environnement » qui n'était autrement constitué que par ces rayonnants foyers de culture et de commerce, éparpillés en Andalousie et en Europe occidentale . Et quel orgueil pour un tel qui groupe humain qui, en dépit de ses conditions de réfugiés , n'aspire pas moins pour acquérir la suprématie sur les autres , non par le nombre , mais par ce seul « secret » que détient le « faible, le fier et l'orgueilleux » , celui confère la détention et l'utilisation à bon escient du pouvoir d'argent ! Ce qui explique les récriminations des autres et peut-être aussi leur haine à l'égard de gens si « prétentieux et si sûrs d'eux-mêmes » ( 5 ).
Conscient des objections qui ne peuvent manquer de surgir, et qui ont surgi effectivement, à propos de ces prétention à la domination , et usant alors de son savoir économico - scientifique, il se rattrape tout de suite : « .....Si l'on ne peut affirmer en toute certitude l'existence d'un peuple hébreux avant qu'il arrive en Canaâne .......Même s'il n'existe aucune preuve matérielle des événements que raconte son Livre sacré , ceux-ci resteront pour les Hébreux....une source d'inspiration morale....un acte d'espérance dans le royaume de Dieu. » ( 6 ) , et le voilà à la case départ , celle de l'élément divin qui constituera le vrai ciment contre les tentatives de sa destruction. Et sur ce fonds religieux que ses rapports avec l'argent lui seront facilités , mais sans lui «épargner les rigueurs de l'adversité , dans les exiles et parmi des peuples quelques fois hostiles.
Il y a fort à penser que Mr. Attali , le socialiste et le scientifique n'ajoute pas foi à cette fusion du divin et de l'aptitude personnelle dans l'Etre juif, faute de Textes irréfutables. Il accepte cependant ce « don » divin, alors il aurait été mieux inspiré et plus crédible s'il avait évoqué , comme l'ont fait d'autres écrivains avant lui, de l'existence déjà à cette époque d'une pléthore de grands penseurs , et de grands philosophes dont l'imagination fertile parcourrait les Terres et les Cieux pour apporter aux populations secours et espoirs d'une vie temporelle plus tranquille et d'une vie ultérieure heureuse, et remplir les fantasmes du petit peuple. Et quel plus grand fantasme que celui de l'argent, qui s'est emparé des Juifs de ces époques , comme il a du le faire pour d'autres peuples. Mais incapable de mentionner l'existence d'une « preuve charnelle » dans les textes sacrés , entre l'argent et le Juif, il est, lui aussi la victime des récits et des diatribes de ces époques qu'animaient les scribes, les mécènes et les poètes , pour glorifier ou vilipender des riches avares comme il en existe un peu partout chez les autres . Et, au lieu de suivre la version pourrait-on dire tout è fait « laïque » des maîtres actuels de l'opinion publique , il s'est résolu de coller (sans trop forcer ) à celle retenue par les prépondérants et la hiérarchie religieuse, et ne point risquer une quelconque
« excommunion » d'aucune sorte, pour devenir finalement la seule espèce de chantre , « mi-figue, mi-raisin » du nom de Juif de « Juif » parmi les nombreux écrivains qui se penchent sur la question , lui pourtant qui cherche à passer pour socialiste, admirateur de Karl Marx (7 ), d'athée, de pourfendeur des dieux , et d'iconoclaste . Et c'est tout à son honneur si sa « judaïcité » lui colle à la peau !
Publié par badi à 09:10:21 dans Lu pour vous | Commentaires (0) | Permaliens
Ce faisant, et malgré tous les subterfuges des différentes lectures dans les versions des « Saintes Ecritures », et l'amalgame des diverses interprétations auxquelles elles ont donné lieu, il n'échappe pas à la tendance ancienne et toujours d'actualité , de faire du « Juif », par « intellegence personnelle » ou par « don divin », une « créature à part » , un « phénomène unique en son genre » , perpétuant sans le vouloir peut-être, « cette spécificité juive » longtemps décriée à travers les âges , et qui a causé tant de malheurs à ses adeptes .
Ainsi, Mr. Attali, tout au long de son livre, consignera dans chaque page, ce que l'Humanité doit au génie juif, au labeur juif , à l'efficacité de l'ouvrier et du commerçant juifs, à l'intellectuel juif et à l'érudit juif et surtout aux souffrances juives ( surtout celles des hommes certainement) ;car chose paradoxale, s'il parle de tout son monde avec une plume émerveillée et avec un certain enthousiasme, jamais il ne cite la femme juive et son rôle dans la confection et la procréation de l'identité juive et dans sa pérennité à travers l'histoire ! Est-ce l'effet d'un masochisme personnel camouflé, ou la traduction de l'attitude religieuse juive à l'égard de la femme en général ? On est tenté de se demander s'il n'a pas, par ces silences , pris à son compte les idées contre lesquelles s'élève Israël Shahak ( 8 ) dans son analyse du Talmud à l'égard des Goïm et des femmes .
Il veut faire remonter toute l'histoire des transactions humaines, pour déceler une prédisposition naturelle, un don inné du Juif pour ce genre d'activités, comme pour nous dire que c'est là une affaire de Dieu, semblable à la terre promise par le même Dieu au même Peuple ! Comme pour nous persuader qu'au commencement il y a eu le Juif, et pour finir il n'y aura que Lui. Il semble bien donc que pour Mr. Attali, il ne fait pas de doute que le Ciel a consenti aux Juifs un don spécial dans les échanges commerciaux et les a dotés d'un sens aigu pour l'argent , attitudes tout à fait remarquables qui iraient selon lui, dans le sens de la promesse de la terre , pour les compenser de leurs exiles passées et futurs , en attendant le Retour . Tout cela se marie-t-il parfaitement avec un socialisme engagé et avec un mordu des sciences exactes ? S'agirait-il alors de sciences-fictions ?
On croit rêver ! Voici un Monsieur hautement qualifié, débordant d'intellectualisme, respirant le laïcisme par tous les pores de son être, et pour compléter sa carte de visite, conseiller intime d'un Mitterrand plus agnostique que laïc, le voilà donc qui se met à table et nous débite son livre de chevet dans lequel il nous étale toute sa judaïcité ! Quel déception, car on ne découvrira aucun secret d'alcôve, ni d'idées nouvelles ou originales sur ces sujets à vrai dire tellement rabâchés ! Mais par contre, on lira bien volontiers à longueur de pages tous les récits concernant les malheurs de ce Peuple, comme s'il avait été désigné pour subir les châtiments que d'autres auraient dû recevoir à sa place ! Et quelle déception encore pour le lecteur juif et non juif, que cet intellectuel , formé pourtant à l'universalisme, à la raison
qu' autant à l'objectivité scientifique , que de se cantonner à la promotion d'une seule ethnie humaine, ( bien qu'il semble s'en défendre ), et de la soutenir contre vents et marrées , sous des prétextes prétendument neutres , alors qu'elle n'a besoin que d'un sérieux coup de balai dans sa machine de propagande en adoptant un sens de l'objectivité ou du moi,s de neutralité dans la défense du comportement de certains Juifs qui ne trouve pas de mots pour des génocides qui n'enlèvent rien à la cruauté ni à l'infamie et à l'abomination des fours crématoires nazis !
Mais ne dit-on pas que chasser le naturel il revient au galop ? Et Mr. Attali de continuer sur sa belle lancée, et sans l'affirmer ostensiblement, ( renommée et situation sociale obligent ) , et de donner l'impression d'adhérer lui aussi au mythe du « Peuple élu » , tant par les divers dons investis en lui que par la « promesse » d'une terre au retour d'un long exile et d'une longue errance ! Pour lui, la Terre promise et ces dons exceptionnels ne peuvent être justifiables que parce qu'ils émanent d'une volonté divine qu'il faudra respecter à tout prix ! ( 9 ) Et de laisser entendre en outre :
* Que le Juif faisant partie de l'Elite de chaque pays d'accueil , arrivait souvent à le dominer par des moyens financiers, jusu'à le mettre quelques fois à son service .
*Que le Juif a toujours constitué dans chaque pays, ce levain indispensable à la levée du pain, et cela dans tous les domaines politiques , sociaux-économiques, financiers , scientifiques, culturels et diplomatiques.
*Et de relancer cette invitation au Juif à se dépasser, et à rester fidèle aux dons que lui auraient conférés, à travers l'histoire et l'expérience, le Dieu de « l'Argent et du Commerce ».
Pour sublimer le tout, il semble inciter par ce livre, l'Elite juive à le rester dans chaque pays, et à ne pas se fondre dans le commun des Etres humains, sans constituer pour autant une minorité à part susceptible d'être désignée du doigt pour ses « différences » et son « exceptionnalité ». Qu'est-ce à dire sinon que ce qui semble étrange , venant de la part d'un socialiste émérite et chevronné, c'est qu'il fournit ainsi , sans le vouloir évidemment, aux « antisémites » de par le monde , les arguments de leur insidieuse et souvent criminelle propagande ?
Toutefois, si sa prolifération littéraire lui permet de déborder sur l'explication des Textes sacrés, le poussant ainsi à en extrapoler parfois ce qui convient à renforcer une thèse préalablement admise (Judaïsme/inventeur du Monothéisme (10 ) ou Juif/Argent ), elle lui fait cependant prendre conscience du danger de traiter de tels sujets, tant les sensibilités qui les entourent sont coriaces ; et comme pour se justifier d'avoir entrepris cette œuvre, il écrit : « Ici, le risque est grand de surestimer le rôle de l'argent dans l'histoire du peuple juif et celui de l'argent dans l'histoire du monde. En décidant de raconter cette histoire, on pourrait laisser croire qu'il existe un peuple juif uni, riche et puissant, placé sous un commandement centralisé, en charge de mettre en œuvre une stratégie de pouvoir mondial par l'argent. ». En fait il ne surestime pas, il estime ; mais le nier c'est en quelque sorte le confirmer, ne serait-ce qu'à moitié ; et si ce n'est pas dans l'Antiquité, c'est du moins dans les siècles récents et insidieusement à notre époque ( par multinationales et Banques internationales interposées ).
Et si tout cela s'avérait vrai dans le passé, pourquoi ne le serait-il pas dans le présent , d'autant plus que ce qui a tellement bien marché auparavant ( émaillé d accidents certes ) avec des moyens rudimentaires , ne pourrait que mieux réussir avec les atouts technologiques sophistiqués modernes ? La différence est que les peuples en sont aujourd'hui conscients .
Amoureux à sa manière de son peuple sans être critique de certains de ses côtés, poète de cette liaison sans s'apercevoir ou admettre le côté incestueux et parfois criminel de sa nature, Mr. Attali n'est pas dupe d'une telle concentration d'argent entre les main d'une minorité . Il en a donné des exemples pour ce qui est de l'argent occidental dans le déclenchement des guerres passées ou dans les récents soulèvements révolutionnaires des temps modernes , et bien entendu quelques fois dans l'empêchement de l'établissement d'une paix juste. Et cet argent « international » et souvent « supranational » auquel doit se mêler tout naturellement l'argent juif, pour ne pas dire celui des nantis juifs, Mr. Attali serait certainement inspiré d' y jeter son coup d'œil fureteur d'expert qui rendrait , sans grandiloquence pour le dire, un grand service à l'humanité, et d'abord à son propre peuple, réunis pour une fois dans une tentative commune de compréhension de cet instrument de puissance occulte tant décrié de nos jours .
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Publié par badi à 09:06:59 dans Lu pour vous | Commentaires (0) | Permaliens
Le spectacle féerique de Son & Lumière de Chellah à Rabat qui vient, par les jeux des étincelles des feux d'artifice, et l'éclatement des gerbes de lumières dans la sérénité d'un ciel dégagé pour la circonstance , de clôturer en apothéose les grandioses cérémonies du cinquantenaire du retour d'exile du Roi Mohamed V et de la récupération de l'Indépendance du Maroc, constituera sans doute un repère à nul autre pareil , dans l'histoire des relations entre la Monarchie et le Peuple, et mettra fin à des tensions qui, quoiqu'on en dise, ont jalonné le cours de ces relations, au sein de la dynastie alaouite pour ne parler que d'elle, et dans le lointain ou le récent passé.
C'est que ce Retour d'il y a 50 ans, a marqué l'aboutissement d'une lutte contre 44 années de mise sous tutelle franco-espagnole et internationale de l'ensemble du pays , pour renouer avec une souveraineté perdue dont seuls des lambeaux persistaient encore et s'acharnaient à ne pas mourir. Il a constitué également l'occasion de rendre l'honneur à une Monarchie « trahie » par l'un des siens (1), ainsi que le point de départ véritable d'un élan de reconstruction du pays tous azimuts, pour lui permettre d'entrer sans tarder dans ce 20ième Siècle dont l'empêchaient d'y accéder, ensemble ou séparément, les systèmes de protection de deux puissances, et de contrôle d'une administration internationale à Tanger. C'était donc à n'en pas douter, le premier test d'une Souveraine retrouvée, sous l'égide d'abord d'un Mohamed V plus que jamais adoré, puis d'un Hassan II fort et craint , mais qui savait bien où il voulait faire parvenir son pays, souveraineté dont le souffle continuera jusqu'à l'avènement de Mohammed VI, bien que entrecoupé par les deux dramatiques tentatives de coups d'Etats qui ont failli, pour la seconde fois dans l'Histoire du pays, effacer le régime monarchique, de la carte politique marocaine.
La première, doit-on le rappeler, n'était autre que la signature en 1912 par le Monarque de l'époque en personne, de l'arrêt de mort de cette Dynastie, par l'acceptation des deux protectorats. Et l'on peut dire sans sollicitude , et de l'avis de leurs amis comme de leurs ennemis, que ce sont Mohamed V et Hassan II qui ont été les sauveurs de la Monarchie ( mise en hibernation en 1912, et menacée sérieusement en1971/72 ) qui l'ont réintroduite dans le jeu politique du Pays, pour s'ouvrir davantage plus tard et aboutir à ce nouveau souffle qui lui sera donné par Mohamed VI , et qui ne pouvait être célébré autrement que par les somptueuses manifestations de ce Cinquantenaire.
A non pas douter, le Jeune Monarque d'aujourd'hui, certainement conscient du rôle, de l'importance et de la nécessaire pérennité de l'Institution monarchique au Maroc, ne saurait concevoir sa propre future action, sans avoir tiré les leçons d'une période passée, proche ou lointaine et quelque peu amère, et sans surtout être constamment à l'écoute des doléances de son peuple et de sa jeunesse . Une Monarchie rénovée qui s'ouvre pleinement sur la vie moderne, et qui ne se coupe pas de ses propres racines populaires qui lui ont toujours donné une identité particulière, voilà peut-être le message qu'auront compris les jeunes auditeurs, qu'auront illustré les majestueuses festivités de ce cinquantième anniversaire et que semble attendre toute une population de filles et de garçons, dont l'ardeur au travail et le dévouement à leur patrie ne le cèdent en rien à leur attachement à leur Monarchie.
Comme ils sont , tout au moins pour les plus engagés d'entre eux politiquement, loin d'accepter un système de gouvernance qui soit une copie conforme d'une république bananière, ils semblent adhérer plutôt et plus que jamais, à un système politique qui soit différent des autres existant dans la région et qui confirme « l'exception » marocaine dans le respect de l'autre, qui soit plus encore représentatif des profondes traditions du pays, et qui épouse enfin les valeurs de la modernité dans leurs aspects démocratiques et de droits de l'Homme . Et si la Monarchie actuelle représente tout cela à la fois, il n'y a aucune raison pour eux de regarder ailleurs, d'autant plus qu'ils viennent de ressentir, à l'occasion de ce Cinquantenaire, une sûre fierté d'appartenir à la monarchie sous ce jeune Roi dont ils attendent cependant beaucoup de choses encore .
L'évocation pendant toutes ces cérémonies, de tout qui s'est déroulé dans le pays en fait de sacrifices consentis et de douleurs ressentis, avec l'accompagnement de leurs lots de littérature , de poésie , de chansons , de musique et de toutes sortes d'oeuvres littéraires produites avant et après la libération du pays, n'a pu qu'émouvoir les diverses assistances , jeunes et moins jeunes , surtout celles qui ont vécu ces douloureux et inoubliables événements .
En dehors donc de toute autre considération, la réalité telle qu'elle se présente, et qui tient compte d'un fameux dicton qui dit que « la douleur »est génératrice quelques fois de « vertu », n'est-il pas nécessaire d'aider à tourner la page , quelle ait été sa noirceur ? Et ainsi , en consolidant l'attachement réciproque de la Royauté à son Peuple, en l'occurrence celui de ce même peuple à son jeune Monarque, on ne pourra qu'assister , à la fin d'une époque et à la naissance d'une autre, dans la longue histoire de la monarchie marocaine , qui se veut désormais autre et surtout différente . Qu'à cela ne tienne proclament tous ces jeunes, et qu'il en soit ainsi ! ./.
Rabat le 19 Novembre 2005 Signé : Aïssa Benchekroun Ancien Ambassadeur
NOTES : (1) Il s'agit du Sultan Moulay Hafid en signant le Traité du Protectorat avec la France en 1912.
Publié par badi à 11:24:50 dans Histoire du Maroc | Commentaires (0) | Permaliens
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