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Télex | 21 mars 2007


Les télex sont tombés sur la table
Les libellules bourdonnaient
Sans cesse dans le rayon de soleil
Perdu sous le nuage de la plaine agglutinée
Sous le bouton blanc du jasmin. 

J'entendais ta voix venue de loin
Pour me rappeler la merveille des vies
Finissant au printemps
Finissant aux portes de chêne coupé
Au chevet des bureaux asphyxiés. 

Tu étais si grand dans tes gestes
Tu étais si grand dans ta gaucherie
Que mon corps a tremblé
Et le culbuto vacillait
Sur sa base alourdie des jours
De fin des jours de l'oubli. 

Tu as ri très fort pour perdre la raison
Evanouie, lointaine,
Posée sur l'abeille dans le rai de lumière
La raison avec le pollen n'a rien murmuré
Et nous avons ri sur le tapis laineux.

Publié par felixmartin à 21:37:45 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Les mots | 19 mars 2007



C
e sont peut-être ceux-là les plus terribles.
Dans la nuit de deux heures
Quand la foule accusatrice des rêves a frappé.
Le cri s'écrase dans la gorge

Et le hurlement interdit se répercute à l'infini
En toute impossibilité.
Ce sont peut-être ceux-là les plus vrais,
Les mots qu'on écrit après pour apaiser.

J'étais un cri, j'écris
Dans le tremblement du matin
Avant le lever du jour
Qui tressaille là au fond
D'une cicatrice me liant au monde du néant.

J'écris, je crie pour m'évader
De moi qui existe à peine
Ou déformé par des fantasmes impuissants.
Ecrire toute la nuit
Le matin ne viendra pas plus vite
Le malentendu s'est tissé solide
ouvrir le livre du futur et oublier.

Toute la nuit j'ai dansé dans les lumières,
J'ai jeté par les fenêtres les mots.
Les mots par les fenêtres.
Au petit matin, j'étais ivre,
étourdie au bras d'un inconnu sans joie.
Sur le trottoir les mots se sont dressés,
ils se sont dépliés et m'ont appelée.
Ils ont repris possession de moi
et ne cessent de défiler leurs histoires de mots.

Publié par felixmartin à 22:51:09 dans Poésies lointaines | Commentaires (1) |

Océan | 08 mars 2007

J'ai regardé la terre
je me suis penchée
l'océan m'a engloutie.

Publié par felixmartin à 21:10:06 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

L'idée d'un amour | 07 mars 2007

Dans l'échappement incertain des jours en creux,
l'idée d'un amour jamais accompli chemine.
Le regard seul, ferme et lointain, illumine le voyage.
Las de la bonté fade et de ses faciles dons,
l'homme et la femme cherchent la magnifique
horreur de l'amour refusé, déjoué.

Guerriers désarmés dans les jardins de brume,
ils esquissent un duel à mort.
Deux faunes brûlants, deux cœurs de pierre
à force de sourires et de larmes
contraignent leurs désirs à la non-existence,
à l'arrêt des sens et des émotions.
En leur contraire, le couple sans union dessine les gestes de l'amour.

A l'infini, sans aveux, avec l'unique conscience de leur lutte
L'homme et la femme dans la violence absolue du renoncement
S'affrontent sans effroi.
Plus loin que la pâleur du baiser,
plus loin que la douceur des caresses,
plus loin que l'étreinte douceâtre.
L'homme et la femme, à l'encontre du cours fatal de la vie,
dans leur liberté mortuaire, réinventent la nature.

Publié par felixmartin à 22:08:04 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Jour après jour | 02 mars 2007

Je parle de toi sans te connaître
Je t'écris sans voir
Ton regard posé sur moi
Je parle d'amour sans savoir
Si nous nous sommes jamais aimées.
Ma main tendue ne t'atteindra jamais
Et mes jambes ne me porteront jamais
Jusqu'à tes bras.

Tu ne reviendras jamais
Ce jamais qui grandit
M'ensorcelle.
Je n'ai plus ma raison
Parce que ta mort n'est pas raisonnable.

Les mots sont brouillés
Ils s'effacent tout doucement
Ils s'effacent au mépris de ma mémoire.
La vie grandit dans les jours qui passent
Et m'éloigne à jamais de ton souvenir.
Une photo et la mémoire des autres
Voilà ce que je garde de toi.

Et partout, dans la bouche, les yeux, les gestes,
Mon corps qui se tord,
Partout le souvenir de toi
Crie en moi
Et le deuil ne vient pas.

Publié par felixmartin à 23:51:53 dans Poésies lointaines | Commentaires (3) |

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