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Désir jaune | 06 janvier 2008

Je suis dans la mort âpre.
Un dieu grimaçant coule mes jours dans sa forge.
Je ne connais pas la paix.
Passante sans nom, aucun peuple n'est le mien.
La mort, quelque temps, joue avec ma chair.
Jouisseuse et impudique, elle me pénètre de son souffle assoiffé.
Sa main caresse des émotions lointaines.
D'un trait, elle les efface. Seul, son désir jaune demeure.

Publié par felixmartin à 00:12:37 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Jadis | 23 novembre 2007

  Boléro

Jadis, tu m'as profondément tué
Qu'en est-il aujourd'hui de ces cicatrices
Jadis, je me suis abandonné à te guider
Qu'en est-il aujourd'hui de ces empreintes

Jadis, je t'ai profondément aimée
Qu'en est-il aujourd'hui de nos étreintes
Jadis, tu m'as abandonné à tes caprices
Qu'en est-il aujourd'hui de tes errances ?

Les fades saveurs d'aujourd'hui 
dévorent l'absolu de jadis.

 

 

 

Publié par felixmartin à 17:35:09 dans Nuits blanches | Commentaires (1) |

Ecce homo | 17 novembre 2007

Ecce homo
Je ne suis pas un homme.
Je tiens dans mes bras ton corps
Abandonné avant son envol.

 

Pourquoi n'as-tu jamais été sage
Pour en savoir long sur la vie ?
Si encore tu écrivais de bons livres
Mais à l'origine quelle tragédie
Habite ta vie, si humaine, trop humaine ?
Hélas, l'aurore s'éloigne
Par-delà nous
Le crépuscule s'annonce
C'est fatal.

 

Publié par felixmartin à 17:56:42 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Statue | 19 octobre 2007

Longtemps je caresse
Ta joue d'ivoire
Mes paumes s'enroulent
Sur tes courbes marbrées
Ma langue languit
Du sel de ta peau muette
Je souffle sur ta nuque
Des paroles de désir
Tes yeux fermés voilent leur lumière
Face à ton éternelle mort
Se dresse ma solitude
Et toute la couleur du jour
Devient noire.

 

Photo : Dominique Guebey Zone
http://dominique.guebey.club.fr/photo/linhof/index.htm

 


Publié par felixmartin à 21:10:33 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Adriana ou le labyrinthe | 08 septembre 2007

 Ma femme labyrinthée
Tu m'incites à te suivre
Pour mieux me perdre.
A quoi bon cette lettre
Adriana ?
 

Dans les forêts des mondes
Je couve du regard
Ton corps nu de naïade.
A quoi bon cette lettre
Adriana ?
 
Le bord du jour se balance
Depuis tes cheveux auréolés
Jusqu'à tes pieds perlés de rosée.
A quoi bon cette lettre
Adriana ?
 
Je ne saurais tenir
Dans mes mains terreuses
Ton visage étoilé.
A quoi bon cette lettre
Adriana ?
 

Depuis que je te rejoins
Ma femme désir
Je suis perdu.
Adriana
A quoi bon cette lettre volée !

 
 Photo :  kyrsun.net

Publié par felixmartin à 21:59:27 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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