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Je ne suis pas à vous
Vous n'êtes pas de moi
les couleurs infinies
de notre quart d'heure
se fânent
sans émois
rien de Rome antique
l'envers des squares
vous m'offrez
je les visite le jour
longue allée de tilleuls
bacs à sable et balançoires
l'eau des fontaines ou du fleuve
vous les découvrez la nuit
les arbres deviennent bosquets
les murs jaunissent
et les amants sans visage
n'ont pas d'adresse
Illustration : emprunt à Paul Marandon
Publié par felixmartin à 22:11:52 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

J'ai pour vous
Ce que personne ne peut atteindre
Jusqu'à mon dernier souffle
Ce quelque chose qui vous appartient
Me retient à vous
Ce quelque chose que j'ai déposé
A vos pieds
Que je ne sais nommer
Ame ou identité
Je vous l'ai offert
Pour l'éternité
À l'écho de vos pas
Renaissent incessantes
Les traces de cette attraction
Ni amour ni désir
Vivace effarement
Qui monte de vos reins
À vos paumes
Creux dénudés d'oubli
Courbes habitées
De tous mes égarements
À votre dernier regard
Est éclos un souffle au cœur
Ma vie depuis s'est dilatée
De vous
Jour après jour
S'effacent mes contours
Se drapent mes inspirations
Trou noir stellaire
Vous attirez mes mouvements
De corps démembré et d'esprit consumé
A l'ombre de vos lumières
S'allonge ma tête noire
J'ai fait de ma vie un souffle
Au croisement de nos routes
Ni crucifixion, ni abandon.
J'ai pour vous
Ce que personne ne peut atteindre,
Pas même moi.
illustration : Paul Marandon étude pour le tombeau de blanche neigehttp://www.paulmarandon.com/
Publié par felixmartin à 21:24:23 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

Publié par felixmartin à 22:53:18 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Il n'y a, en fait d'infini, que le ciel qui le soit à cause de ses
étoiles, la mer à cause de ses gouttes d'eau, et le coeur à cause de
ses larmes. Par là seul il est grand, tout le reste est petit. Un ou deux bonheurs le
remplissent, mais toutes les misères de l'humanité peuvent s'y donner
rendez-vous ; elles y vivront comme des hôtes.
Tu me parles de travail ; oui, travaille, aime
l'Art. De tous les mensonges, c'est encore le moins menteur. Tâche de
l'aimer d'un amour exclusif, ardent, dévoué. Cela ne te faillira pas.
L'Idée seule est éternelle et nécessaire. Il n'y en a plus, de ces
artistes comme autrefois, de ceux dont la vie et l'esprit étaient
l'instrument aveugle de l'appétit du Beau, organes de Dieu par lesquels
il se prouvait à lui-même. Pour ceux-là le monde n'était pas ; personne
n'a rien su de leurs douleurs ; chaque soir ils se couchaient tristes,
et ils regardaient la vie humaine avec un regard étonné, comme nous
contemplons des fourmilières.
Gustave Flaubert
Publié par felixmartin à 22:28:54 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

Dans ma ligne de fuite
Se perd la ligne d'horizon
Je remonte
Jusqu'à la ligne de départ
J'aspire la ligne blanche
Les lignes bleues du
temps
m'inspirent des éblouissements
Insoumis aux lignes de
bataille
Je plonge
Dans les lignes de faille
Je suis pêché à la ligne dormante
Les lignes de paroles
Se dérobent
Dans les silences
Où les mots s'effacent
J'aspire la ligne blanche
Des turbulences
Je rencontre le point de
croisement
Entre la ligne des hanches
Et la ligne de mire
Je respire la ligne
blanche
Le cœur cloche
Sans mémoire d'hier
Garder les coudées franches
Sous l'ombre de la ligne sylvestre.
Publié par felixmartin à 22:32:36 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
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