COVALEJE
©Textes
Je livre dans ce blog
des textes en désordre
nouvelles pour personnages en quête
poèmes pour nuits blanches
musicales pour accords bleus entre textes et musique
Merci à vous visiteurs
de vos regards croisés
Corinne Jeanson
romanzini(at)hotmail.fr
Depuis le 02-01-2006 :
237608 visiteurs
Depuis le début du mois :
9506 visiteurs
Billets :
412 billets

Je l'avais pourtant cloué au sol. J'avais même réussi à l'enterrer comme la hache. De guerre lasse elle s'était évaporée. Même pas un nuage. Rien. Rien. Que du palpable, du réel, de la journée à s'emplir les poumons, le cœur et tous les organes. J'avais fait le ménage, j'avais balayé devant ma porte. Rien, rien, je n'avais rien laissé au hasard. Changement de métier. Changement de ville. Changement d'habitude. Elle avait renoncé. Elle était restée sur le bord des chemins de poussière, elle s'était recroquevillée dans les caniveaux gras des cités. Elle avait fini par rouiller, par être oubliée, par s'oublier à elle-même. Le soleil pouvait se lever après la nuit, aucun nuage à l'horizon. La simplicité. La naïve vie sans ombres. Putain, j'avais tout juste. Tout était bien à sa place, l'arbre à fleurs, les poissons dans le bassin, le balcon ensoleillé. Tout. Vous savez bien ce que je veux dire. La vraie vie quoi, celle qu'on met en vitrine, pour dire, regardez je n'ai plus d'ombre. Je n'ai plus d'égarements. Plus de friture dans la ligne. Même pas peur. Même pas du faux. Non, rien que du vrai, rien à dire sur le divan, tout lisse, tout joyeux. Pleinement disponible à la vie. Jusqu'à oublier qui on est. Là dans le virage, putain, la garce, elle m'a reconnu. Elle m'a sifflé. Elle m'a plaqué au sol avec ses empreintes. Elle m'a redessiné mes ombres. Putain, la voilà qui est revenue. Putain, je l'avais oubliée, j'avais oublié ses enserrements, ses enroulements, ses longues étreintes. Dire que les poètes se l'arrachent. Garce de mélancolie.
Elle se barre ce lone - YM Jacob
http://clubphotoromans.hautetfort.com/album/barcelonne/blog%20photo05.html
Publié par felixmartin à 20:43:21 dans Nuits blanches | Commentaires (1) | Permaliens
Et pourtant, je l'aime
Comme la terre tourne
Comme j'aurais pu l'aimer
Si j'avais été moins fou
Comme on aimerait Van Gogh
De loin
Le laissant reposer
Au vent de ses toiles
Sa palette en couleurs
Caressant son oreille
Je me souviens
Viens sucer mes envies
Sifflait-elle à mes sens
Jamais assouvis
Je l'aime entièrement
Comme on aime l'absolu de la folie
Mais j'ai oublié
Que son entier est ailleurs
Mon avidité dévale ses pentes
Son offrande de chair ravage
Mes viriles jalousies
Son retrait permanent au monde
Irrite mes nécessités
J'ai le cœur qui lâche
Je suis lâche
Je la fuis
Je la rejoins
Elle ne me lâche plus
Je me souviens d'elle
Elle m'échappe
comme l'eau glisse entre les doigts
Ma douce, mon aimée, ma tendre
Elle joue de toutes les métamorphoses
pour me filtrer ses lumières
pour me philtrer ses magies
pour me flirter ses mystères.
Publié par felixmartin à 23:23:30 dans Nuits blanches | Commentaires (1) | Permaliens
Africaine,
J'attache dans mon dos
Mon petit enfant
Antarctique,
Tu me magnétises
Dans tes éternelles glaces
Perdus, éperdus
Aux cimes de tes monts hallucinés
Pour la nuit des temps.
Photo : Michel UDNY
Publié par felixmartin à 21:19:37 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Dans les jardins suspendus
Publié par felixmartin à 23:41:54 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Elle veut que je vous parle d'elle ?
Je l'ai trahie il y a longtemps
Je l'ai perdue
Je le sais bien
Vous qui la croisez
Dites-lui bien que je l'aime encore
Effacez la larme sur ma joue
Je vous en prie
Je n'ai plus la force
De la prendre dans mes bras
Ne lui dites pas que sur mon lit
Je meurs déjà.
La chaste Suzanne Gustave Moreau
Publié par felixmartin à 23:41:13 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens