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Zweig | 17 janvier 2009

Seule la passion qui trouve son abîme
Sait embraser ton être jusqu'au fond ;
Seul qui se perd entier est donné à lui-même.

Alors, prends feu ! Seulement si tu t'enflammes,
Tu connaîtras le monde au plus profond de toi !
Car au lieu seul où agit le secret, commence aussi la vie.

 

Tu m'as soufflé l'embrasement,
Ta confusion des sentiments 
Ouvre ma pire déchirure.
Les violences de tes tortures
Valent bien l'enfer et ses flammes 
Tes déviances sont mes tourments
Qui me cloîtrent  au bois dormant
Sans lumière, du fond du puits,
Je ne sais toujours qui je suis.

Publié par felixmartin à 18:17:45 dans Nuits blanches | Commentaires (2) |

Hallucinant | 11 janvier 2009

 

Quand vous goûtez, gourmande, à mes troublantes décadences
Mes racines viriles s'enveloppent à vos hyphes gracieuses
Ma bouche se désaltère à votre hyménium gorgé de rosée
Vos germes saprophytes diluent en douceur mes humeurs 
A votre souffle mes mélancolies s'émiettent en humus fertile
Près de vous mes passions puisent leur meilleur terreau
Quand je vous croque, ma magicienne, mes pensées s'hallucinent
Vous êtes mon meilleur champignon.

Publié par felixmartin à 20:26:59 dans Nuits blanches | Commentaires (1) |

Un coin | 07 janvier 2009

Qu'est-ce qu'elles ont toutes
à me caresser le quatre-heures
moi je fais rien qu'à plonger
dans mes forêts d'hiver
alors quoi
où j'aurais un coin pour elles
sous les feuilles rousses
y a que de l'humus
pas de quoi s'étourdir

Qu'est-ce qu'elles ont toutes
à me demander où je vais
moi je fais rien que suivre mes pas
sur les plages des mers
alors quoi
où j'aurais un lit pour elles
sous les grains de sable
y a que de la boue
pas de quoi se border

Qu'est-ce qu'elles ont toutes
à me regarder dormir
moi je fais rien que rêver
à d'autres mondes
alors quoi
où j'aurais un songe pour elles
sous mes ténébreux émois
y a que des turpides
pas de quoi roucouler

Qu'est-ce qu'elle a celle-là
à s'enfuir devant moi
moi je fais rien qu'à la guetter
pour rejoindre ses secrets
alors quoi
où elle creusera un coin à moi
dans ses bras fragiles
y a que de la chaleur
rien qu'à se brûler

Publié par felixmartin à 23:20:38 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Il voyage | 01 décembre 2008

  

Il voyage
Il vous l'a dit
Il lisse les flancs
Drôle de voyage
Voyage dans la chair
Epines de mots
Autour des fronts perlés


Il voyage
Il vous l'a dit
Il baise des bouches
Ailleurs dans les mots
Drôle de bouches
Sous les orages
Autour des monts absolus


Il voyage
Il vous l'a dit
Il plonge loin
Au creux des désirs
Drôle de désirs
Respirant la soif
Autour des calices vidés

 

Il s'approche
A pas de loup
Ecoutez ses crocs
Sentez son pelage
Il voyage
Drôle de voyage
Mais ne vous oublie jamais

Publié par felixmartin à 23:12:03 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Mes temps du rêve | 22 novembre 2008

 

Marbres moussus, mes temps du rêve sont usés
Les fleuves des jours patients les ont médusés.
Dans mes nuits, je cherche la dame de beauté.
Comme si, dans un livre, je l'avais devinée
Elle s'était posée sur un banc de la ville
Mes yeux requins découvraient sa svelte cheville
De sa bouche voilée, s'échappaient des murmures
Ondoyants, qui se glissaient sous ma blanche armure


Je m'assagis pour ne pas briser son mirage
Est-ce son rêve qui traverse tous mes âges
Ou sa vérité qui m'assaille au bord des nuits
Notre rencontre a bien incendié nos vies
Dans nos jeunes années évanouies, pourtant ?
Mes rêves vieillissent, le temps s'use en guettant
Sous les flots impatients le marbre englouti
Et je m'en vais, aux vents, loin des vains clapotis.

Publié par felixmartin à 14:38:41 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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