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Les mystères qui vous habitent
sont le flux qui me ramène sans cesse à vous
je vous aime ainsi
par vos insensibles volontés de fer
je vous aime quand votre souffle est à ma bouche
je vous aime quand vous déposez
dans mes creux vos indicibles tourments
je vous aime dans vos gestes et vos silhouettes
je vous aime dans vos regards graves au loin
quand vos mains enserrent mes doigts à l'infini
au dessus d'une table de bistrot
et que la place alentour s'efface
je vous aime quand vous écartez
votre armure éclatante ou votre habit rouge
je vous aime quand vous vous dressez
au-dessus de moi allongée
pour plonger du corps à l'âme
je vous aime quand je m'accroche à vous
en apesanteur dans vos bras
je vous aime quand j'entends vos soupirs
dans vos sommeils troublés
je vous aime quand vos rires
d'une tristesse inavouée emplissent la pièce
puisque vous m'échappez
je ne vous appartiens pas
ne me demandez pas de choisir
entre vous deux
laissez-moi nager sur vos océans
ou longer vos cercles infernaux
je vous rejoins parfois
dans vos désarrois
par la profondeur de votre amour
éternellement unique
vos ors se transforment en diamant
à l'ombre de mes chairs
vos lèvres arrachent le sang
de mes veines vampirisées
en louve grise je hume
vos effluves de neige
et lèche vos fêlures
je vous aime ainsi
échappant à toutes les normes
parce que vous êtes
les êtres les plus précieux
que la terre m'ait confiés
Publié par felixmartin à 20:34:13 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Je serai le coquelicot
dans tes champs de blé
je serai la pomme
dans tes jardins suspendus
je serai le coucou
dans ton nid frisé
je serai le gazelle
entre tes crocs léonins
je serai l'étoile
dans l'arc de ta lune
je serai le sable
buvant ton écume
je serai l'édelweiss
aux bords de tes gouffres
je serai ton repos
quand tu dégrafes ton armure
je serai ton dernier cercle
aux fonds des enfers
je serai tout entière
aspirée par ton souffle
Publié par felixmartin à 12:23:46 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Tu es venu au flux des minuits,
rejoindre les souffles de l'amour
ton visage grave s'apaisait en moi
par la force des désirs en abandon
l'infini s'est courbé sur nos étreintes
en leur point l'espace s'est reposé
A l'écho de mon regard levé en toi
nos peaux exaltées s'approfondissaient
Quand, de toutes ses étoiles, la nuit régnait
au-dessus des villes éteintes
je me dressais contre toi debout
tu me renversais en arrière, recevant
ton baiser que jamais l'oubli n'a effacé
O quelle forte certitude fut semée en moi
quand ton sourire croisa mon regard
O quel puissant trouble s'empara de mon âme
quand tu prononças des mots insoupçonnés
Tu es venu, si tard, enfin
Les anges n'auront jamais autant de délicatesse.
Publié par felixmartin à 00:37:52 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

Nos bras se content des énigmes
enflamées qui bordent nos gouffres
nous sommes en sursis
dans ce temps des amours esquissées
nos étrangetés se mêlent
dans la profondeur de nos peaux
les ombres vivaces de nos enfances
gravissent nos creux d'écaille
nous avons tant guetté un signe
dans la caverne endormie
que la lumière devant nous effraie
quand nos chaînes éclatent enfin
étourdis, nous goûtons au ravissement
enchanté
avons-nous rêvé ?
Publié par felixmartin à 18:31:32 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
En ces moments
ils se tiennent quelque part
assis sur un rocher
après les grands combats
ils mêlent leurs repos
la route est encore longue
autour du feu de camp
offre-leur un verre de vin
et deux cigarettes
cela leur fera du bien
reste silencieuse
ou chantonne de vieux refrains
là couchés sous le grand arbre
un lit de feuilles brunes
pour manteau
ils hument les fougères
aux frondes dressées
leurs tuiles arrondies évoquent
des airs de toit maternel
dans la nuit étoilée
sous vénus et la lune
ils campent
en hommes blessés
demain à l'aube
ils repartiront
pour l'ultime combat
tu veilleras sur eux
Publié par felixmartin à 09:00:47 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
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