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Quitter Berlin | 22 février 2008

Lisa, Lisa. Elle s'appelait Lisa. Blonde, de la tête aux pieds. Avec des duvets inavoués au creux des genoux et des manières de rire qui n'étaient que blondeur. Lisa-Lisa.

La sirène du bateau agitait le départ. Les passagers se pressaient contre la balustrade blanche, luisante des mains engourdies, potelées, grandes, rouges. Et Lisa, Lisa, Lisa dans ma tête. J'avais rejoint la foule que je dépassais d'une tête. Lisa-Lisa. J'avais peint Lisa, toutes ces nuits à Berlin. Lisa en manteau noir, Lisa dansant sous les feux blancs, Lisa dans le bain, Lisa après l'amour. Lisa, là, proche, à demi pliée sur moi, Lisa loin, loin, si loin.

L'air était frais, le vent déjà brisait l'écume et le bateau s'éloignait, lentement, pesamment et si docilement, sans frôlement, sans trace de violence, là sur les flots bleu noir. Avec l'écume tout autour, l'écume aux bords des lèvres de Lisa, que j'avais tant peintes, tant murmurées. Mon dernier crayon je l'avais jeté à Paris, au fond de la Seine verte. Jamais plus, je le jurai, je ne regarderais la vie pour la peindre.

Le bateau pour l'Amérique engloutissait Lisa. Un océan atlantique me séparait de Lisa. Lisa que je pianotais sur la balustrade blanche. Lisa qui m'abandonnait pour chanter et danser dans les nuits de Berlin.

 

Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
de Corinne Jeanson
- avec le concours du site Bonnes nouvelles
http://www.bonnesnouvelles.net/
© 2007

Publié par felixmartin à 00:19:59 dans Musicales | Commentaires (1) |

Le vague de sa robe noire (version musicale) | 04 décembre 2007

La vague de sa robe noire dans la nuit immobile danse sur ses mollets. Je l'invite à me suivre dans le bar. Elle acquiesce, avec cette indifférence absolue que je prenais pour de l'insolence et qui est sa parure, sa force unique. Derrière le masque, pas de masque. Elle choisit d'être là et n'exprime rien parce qu'elle n'a pas à dire pourquoi, ni comment elle est avec moi. Si choisir signifie encore quelque chose, aujourd'hui, elle a choisi d'entrer dans ce bar avec moi.

Dans le bar, d'autres clients sont assis, spontanés et insolents comme tous les gens qui fréquentent ce côté-ci de la rive. Elle les connaît, elle leur ressemble. Et pourtant elle est d'ailleurs. Nous ne parlons pas. Nous regardons autour de nous. Curieux des autres plus que de nous. Soudain, elle se met à parler très bas et longuement. Elle me raconte notre histoire. Avec les mots que j'attendais. Sans complaisance, elle en décrit tous les temps, lentement. Bien avant moi, elle en avait déroulé le sens caché.


Un homme entre qui la connaît. Il s'approche de notre table et s'assoit sans se présenter. Elle me sourit étrangement, un sourire qui signifie que tout est dit, que s'il n'y a pas d'espoir, il n'y pas non plus à en souffrir. Elle fait signe à l'homme et ils repartent ensemble. Je ne sais pas où l'homme l'entraîne, s'il est son amant, s'il lui a donné rendez-vous là. Elle part avec lui, avec le vague de sa robe qui bat ses mollets.

 

Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
de
Corinne Jeanson - avec le concours du site Bonnes nouvelles
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Publié par felixmartin à 17:04:56 dans Musicales | Commentaires (2) |

Qu'est-ce que t'as ? | 11 octobre 2007

Dans la chambre de Jacques
Pierrot - Qu'est-ce que t'as à chialer comme un gosse dans le noir ?
Jacques - Notre amour n'a jamais cessé, qu'elle m'a dit ce matin au bord du canal.
Pierrot - Votre amour ? La bonne blague, il a jamais commencé avec ta brune, qui te court après et qui te lâche au premier courant d'air. Allez, viens, on va chez Jo bouffer...


Au bistrot
Pierrot - Qu'est-ce que t'as encore à soupirer devant ton plat chaud là dans notre bistrot de tous les jours ?
Jacques - Tu es mon unique, qu'elle m'a chuchoté à l'oreille.
Pierrot - Unique, ça c'est vrai t'es unique avec ta gueule de mac et tes mains de chaudronnier...


Au ciné
Pierrot - Qu'est-ce que t'as encore à revoir ce film d'amour, autant quoi déjà... ?
Jacques - Tu seras mon mari, je serai ta femme.
Pierrot - Ouais, t'en fais un beau de mari ! Même pas capable d'enfiler deux verres sans être saoul...


Dans la rue
Pierrot - Qu'est-ce que t'as encore à brailler son nom dans la rue, c'est pas ça qui te la fera revenir. Viens on va rater le tramway.
Jacques - Elle m'a dit que mes baisers sentaient le miel.
Pierrot - L'anis, oui, l'anis. Tes sucettes ont le goût de l'anis, mon pauv'gone...
Qu'est-ce que t'as à pas vouloir marcher ? Allez viens on sera bien chez la Véro. Au moins, y fera chaud et t'y verras des filles.
 

Au bord du canal
Jacques - Je pense à toi qu'elle me dit mais elle se retourne jamais quand elle part. Je peux pas dormir, je peux pas manger, je peux pas baiser, elle est là dans ma tête, elle est là dans mon assiette, elle est là dans les yeux des hommes. J'ai plus qu'à crever comme un veau. Laisse-moi mon Pierrot. Je ferai la vie ou je ferai le mort.

Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
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Corinne Jeanson - avec le concours du site Bonnes nouvelles
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Publié par felixmartin à 20:38:19 dans Musicales | Commentaires (0) |

Pablo Escobar (version musicale) | 04 septembre 2007

 J'étais jeune, j'avais envie de vivre
Qu'as-tu fait de moi, Pablo ?


Chaque jour, tes mules m'apportent
leur lot de consolation
Les dames blanches aspirent
L'un après l'autre
Mes souffles de vie.
Dans la discothèque allumée
Je veine de dynamite
Mes dernières gouttes de sang.

Tu m'as tout pris
Et j'en redemande.
Mes voyages ne sont pas
Inscrits dans les guides
Je les sniffe avec délice.


Qu'as-tu fait Pablo
Des enfants de Medellin ?
Des sicarios aux abonnés absents
Des Zombies défoncés
Qui errent dans les forêts
Amazones abattues.
La colombe enfarquée
Tient dans son bec
Le rameau sacré.


J'étais jeune, j'avais envie de vivre
Qu'as-tu fait de moi, Pablo ?

 

Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
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Corinne Jeanson - avec le concours du site Bonnes nouvelles
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Publié par felixmartin à 19:00:15 dans Musicales | Commentaires (0) |

Le jeune modèle (version musicale) | 10 juillet 2007

C'est un tableau ancien. Un jeune homme se tient debout devant une fenêtre fermée. Il regarde dehors la surface grise et bleue. Il appuie une main contre le carreau froid. Sa tête repose presque sur l'angle ainsi formé de son avant-bras. Sur le plan avant, une table, une sellette plus exactement, est esquissée, peinte en jaune. Le jeune homme est très blond mais ce n'est pas certain, peut-être est-ce le reflet du soleil qui dore ses cheveux. Sa longue silhouette et ses épaules étroites sans être fragiles, respirent presque un air de repos ou de force maîtrisée. Si le jeune homme se retournait à présent, on verrait son sourire calme et généreux, absolument ouvert au regard de l'humanité fixée dans le décor en-dehors de la toile.

Soudain, derrière la fenêtre fermée, le ciel grise à l'acier et sur la surface de la vitre coulent les larmes de la pluie. Le jeune homme en essuie une puis une autre, il trace de l'autre côté de la vitre la traînée avec son index. Il devient cette goutte d'eau, il en goûte la force et la mélancolie.

Le jeune homme s'est retourné.  Il aperçoit le vieux sculpteur qui a déposé l'argile sur la sellette jaune et qui tente de fixer l'âme de son modèle. A travers sa mémoire, écho sans vocable, le vieil artiste projette dans la terre humide le croisement de son émotion mêlée à la présence du modèle debout contre la fenêtre fermée.

Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
de
Corinne Jeanson - avec le concours du site Bonnes nouvelles
©  2007

Publié par felixmartin à 20:48:42 dans Musicales | Commentaires (0) |

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