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Voici venir le temps où les souvenirs tombent
Dans le calice de l'absence en ronde folle
Les voix et les chairs tournent dans l'air et s'envolent
Valse nostalgique où ma pauvre âme succombe.
Tes traces s'effacent et rien ne me console
Le souffle du vent me rapproche de la tombe
Valse nostalgique où ma pauvre âme succombe
Au chant des oiseaux perdus dans les tristes saules.
Voici venir le temps où les souvenirs tombent.
Ton ombre tremblée du bout de l'amour me frôle
Ton bel enchantement exilé me rend folle
Sur l'écran des jours maussades meurt la colombe.
Vaste et noir le néant des jours sans ton épaule.
La douce lune se noie dans ma sombre tombe
Ton œil de loup affamé sans pudeur surplombe
Ma douleur où repose ta bouche en étole.
Publié par felixmartin à 23:08:41 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) | Permaliens
Faussaire
Je viens de l'au-delà
Et toute joie
Est en ce jour un aiguillon
De l'extase
Encore quelques temps
Et une fois délivrée
Je me dresse, enivrée
Dans le sein de l'Amour
La vie infinie
Coule puissamment en moi
Je regarde d'en bas
Vers toi en haut
Près de l'astre opale
S'illumine ton éclat
Une madeleine apporte
L'épineuse couronne
O ! je t'aspire, mon bien-Aimé
Avec force vers toi
Que tu t'endormes
Et que je puisse t'aimer
Je sens de la vie
Le flux rajeunissant
Mon sang se change
En baume et en éther
Je vis des jours
Emplis de ma foi et de ta force
Et je renais pendant les nuits
Dans ton embrasement sacré.
Original romantique
Je vais vers l'au-delà,
Et toute peine
Sera un jour un aiguillon
De l'extase.
Encore quelques temps
Et une fois délivré,
Je gis, enivré
Dans le sein de l'Amour.
La vie infinie
Coule puissamment en moi.
Je regarde d'en haut
Vers toi en bas.
Près de ce tertre
S'éteint ton éclat -
Une ombre apporte
La fraîche couronne
O ! aspire-moi, Bien-Aimée,
Avec force vers toi,
Que je m'endorme
Et puisse aimer.
Je sens de la mort
Le flux rajeunissant.
Mon sang se change
En baume et en éther.
Je vis des jours
Pleins de foi et de courage
Et je meurs pendant les nuits
Dans un embrasement sacré.
Novalis
Publié par felixmartin à 15:00:20 dans A la façon de | Commentaires (0) | Permaliens
Elle a touché les arbres, leurs feuilles se sont desséchées, elle a marché sur le lit de la rivière, il a coulé à flot, couleur de sang, elle a touché son genou, elle s'est mise à boiter. Elle regardait derrière les croix noires au-dessus des tombes, les fosses encore ouvertes où les hommes debout, nus, attendent la mort. Dans le silence de l'horreur, dans le silence, par respect pour ceux-là qui déjà ne souffraient plus, par respect pour ceux-là qui se souviendraient de leurs pères, ensevelis pour toujours. L'Histoire, majestueuse, aux seins massifs, avançait le regard oublieux. Comment pourrait-elle les voir ces tombes ? Sa démarche lente et assurée recouvrait d'ombre les tombes, les tombes et l'agonie lente et cruelle des hommes debout dans la terre noire. Le lendemain, les herbes folles recouvraient les charniers. L'homme marchait debout dans la ville reconstruite par-dessus. Assane s'éveilla en sursaut, la langue pâteuse. Il détestait s'endormir dans le train. Le jeune homme continuait à puer. Il se leva pour boire un café et oublier son rêve. Ava portait au bras, gravé, un numéro bleu. Entre Lyon et Paris, il lut dans le journal acheté à la gare qu'une jeune femme avait brûlé dans un incendie accidentel. Ava s'était endormie oubliant d'éteindre sa cigarette. Le temps de l'oubli était venu.
Publié par felixmartin à 22:17:57 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (0) | Permaliens
Il héla un taxi et l'accompagna jusqu'à son domicile. Elle ne résista pas quand il entra avec elle. Elle était troublée par sa déclaration alors qu'ils se tenaient sur le pont et qu'elle lui donnait la preuve de sa déchéance à elle. Cette scène se répétait depuis des mois sans qu'elle ne tentât rien pour l'empêcher. Au contraire, elle portait sa déchéance en témoin, en preuve. Elle voulait encore plus de vermine pour se haïr tout à fait, regarder les regards propres des civilisés autour d'elle et leur montrer son visage de Gorgone. Elle pensait à d'anciens amants. « Ils m'ont appris à rire, à chanter dans la vie. Leurs mains dans mon corps, ils m'ont appris à crier. Avec le temps, ils sont partis ou je suis partie ; ils ont laissé mon sourire se figer, mes chants se blesser et mes cris se taire. » Elle pensait au premier qui lui avait appris à marcher et qui était parti trop tôt dessous la terre.
Sa tête, alourdie par le vide qui l'encombrait, lui interdisait tout espoir et elle ne s'approcha pas d'Assane. Elle réclamait du feu pour sa cigarette blonde. Elle vacilla jusqu'à la cuisine et se pencha au-dessus de la cuisinière. Ses cheveux blonds valsaient au-dessus des flammes. Elle s'étala sur un canapé. Malgré son effondrement elle restait superbe et intouchable. Sa cigarette entre les lèvres oubliées, elle regardait Assane avec reconnaissance mais quand il voulut l'embrasser, elle le supplia de partir. Il ne l'écouta pas et resserra son étreinte. Il empoigna sa nuque longue, approcha sa bouche à sa bouche, glissa sa langue entre ses lèvres ouvertes. Leur souffle se mêlait, haletant. Ses mains modelaient ses jambes, ses cuisses chaudes tremblaient. Il la déshabilla pour sentir sa peau, son odeur de désir. Agenouillé, il glissait son visage, son torse lisse, son sexe dressé, sur tous les points tendus d'Ava. Et ses râles accentuaient encore sa quête. Elle eut à peine à le guider jusqu'à son point le plus humide. Il la pénétrait déjà. Avide, elle en demandait davantage.
à suivre
Publié par felixmartin à 10:21:07 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (0) | Permaliens
Ils marchèrent en silence le long des quais désertés par les passants. Dans les rues, les voitures démarraient emportant leur lot de jeunes gens chics, exagérément bruyants. Il était deux heures du matin et elle ne voulait rien d'autre que marcher. Errer dans la nuit. La ville en dédale chancelait sous ses pas. Son pied se posait dans le vide des lignes blanches et sous les nuages sans pluie, sa tête blanchissait. Au coin de ses lèvres, la vomissure avait le goût de l'absence. Claudicant, elle pavanait, l'âme en ballade, avec sa gorge ronde et chaude sous le regard d'Assane, qui, lui, avait la gorge sèche et brûlante à chaque respiration ; elle attendait le moment de la délivrance et elle se hâtait. Les lumières de la ville tombaient dans le fleuve boueux, violent.
Depuis le pont aux lignes incurvées, on découvrait l'espace de la ville, ses collines de maisons délavées. Assane se fortifiait dans le froid sous les étoiles énormes et luisantes. D'une place étroite, parvenait la voix d'une chanteuse de jazz qui glissait sur les pavés mouillés depuis la salle rouge ouverte devant laquelle se tenait un groupe de jeunes gens silencieux. Un rideau de souffre s'abattait sur la ville. A chaque respiration, les poumons d'Ava s'emplissaient de granit. Elle tordit ses chevilles entre les pavés glissants et s'affaissa contre le parapet rouge du pont. Elle ployait à la recherche de l'impossible, en manque du manque ; l'énorme silhouette d'Assane à ses côtés, tendu en homme puissant, n'empêcha pas qu'elle sombrât fac au vide avec les vagues au-dessous. Elle se contenta de vomir, en écarquillant ses yeux cernés et planta ses ongles rubis dans les paumes d'Assane.
à suivre
Publié par felixmartin à 21:43:26 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (0) | Permaliens
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