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Musicales

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Belles jardinières | 16 avril 2008


Quel malheur
Mes mots se meurent
Tes rires fleurissent ailleurs
J'ai les yeux têtards
Face aux marais desséchés
Tu trimballes tes longues jambes
Sur d'autres fourrés griffus
Je t'avais aimée Eve
Je te perds Manon
Aucun espoir
De te revoir
Je le sens à ta poitrine
Gonflée à d'autres mains
Mes rêves ont quitté ton imaginaire
Tu flottes agrandie sous des cieux
Barbus et obscènes
Tu te fous de mes sentiments
Flétris et ternis
A force de les redire.
Quel malheur,
Mes mots dans les filets
S'emprisonnent
La vie s'épuise
Hélas sans toi
Je vais céder à la mâle faiblesse
J'irai paître les champs femelles.

 

Illustration :
Belle jardinière
Paul Marandon
http://www.paulmarandon.com/

 

Publié par felixmartin à 20:19:54 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Guitare sèche | 03 avril 2008

 

 

La guitare sèche au fond du pub
Accorde sa complainte
Eh Jack, donne-moi ta force d'oubli
Pendant qu'elle fait sa grande dame
Dans les bas-fonds verts
Voilà que je titube sur le granit
Ses yeux de louve se reflètent
Dans les trottoirs humides
Le brouillard tombe
Je m'enroule dans ses peaux de serpent
Mes jambes fléchissent
Depuis qu'elle a oublié mes cuisses
En mémoire de sa bouche d'ange
Ma langue s'alourdit
Je répands mon sang blanc
A l'ombre de son palais
Et mes veines palpitent de son manque
Jadis nos corps s'arrimaient aux mêmes rimes
Jadis tu m'aimais
Ce n'était pas rien
A jamais ton âme porte mon souffle
Jusqu'au tombeau.

 

Illustration :
détail amazone bronze
Paul Marandon
http://www.paulmarandon.com/


Publié par felixmartin à 23:42:00 dans Nuits blanches | Commentaires (1) |

Dernier baiser | 01 avril 2008

Je n'ai pas de souvenir
Ce dernier baiser
L'as-tu réellement déposé ?
J'appartiens à ton monde intérieur
Je suis veuve de toi
Tu es sous terre et tu n'es pas sous terre
Tu me tenais par la main
Dans le froid de janvier
Le ciel était bleu je crois
Le souvenir est resté
Le dernier, l'unique
Je ne me suis pas retournée
Tu n'étais déjà plus là
Les portes du tramway ont grincé
Il m'a éloignée de l'ultime sensation
Ta main chaude dans la mienne
L'enfer s'est dressé
Des pans de murs dans la vie à jamais
Toutes ces murailles érigées
M'exilent de jour en jour de ta trace effacée
Cette femme en robe noire qui me suit
Pourquoi me chuchote-t-elle dans la nuque
Le nom que tu me donnais
Quel nouveau jeu inventes-tu
Pour me rappeler à toi ?
Illustration :
fragment n° 30 marbre de Carrare
Paul Marandon
http://www.paulmarandon.com/

 

Publié par felixmartin à 21:55:06 dans Nuits blanches | Commentaires (1) |

Soubrette | 29 mars 2008

Ça ne tourne pas rond
Ma vie de soubrette
Dans l'alcôve marron
Ils soufflent mes œillettes
Tous mes petits messieurs
Qui brandissent leur fortune
A mes jeux capricieux
Faut bien gagner sa tune
Y me font la révérence
Pour mieux lapper leur enfer
Et moi je m'en balance
Je préfère ton regard vauvert
Quand tu me mets à l'envers.

 

Illustration :
iles ménines, détail
Paul Marandon
http://www.paulmarandon.com/

 

Publié par felixmartin à 13:50:36 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Vendredi saint | 21 mars 2008

La mia bella dona
je me coule oeuvre
à tes pieds.
Je me tapis
aux ombres de tes sept collines.
Au nom du père
et de tous tes seins
je bois à ton calice.
Au sang de tous tes fils
je suis crucifié.
La mia bella putana
sous ta lune haram
ti voglio di bene.
Mon jour de gloire
s'effondre à tes armes.
Ma citoyenne
je marche à genoux
pour sillonner ta liberté impure.
Je romps tous mes serments.
Toutes mes vérités
je les abandonne
pour boire en vampire soumis
à ton sang d'immortelle.
Gira gira
Eppur si muove
me souffle Galiléo.
Renonce à tes sens
me balbutie Boudha.
Mais à tes vœux d'enfer
je me soumets.
En loup je cherche
dans la lumière de tes nuits
tes yeux de louve insoumise
inch'allah


Illustration :
les dessous du paysage plâtre, verre ...
Paul Marandon

 

Publié par felixmartin à 22:24:44 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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