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Histoire de vie | 22 mai 2009

Vous m'écrivez

Je suis de ceux que l'on peut attendre, ce n'est pas rien.
Oui, prenez soin de moi. Je me soucie de vous.
Deux écrins ! Deux écrins rouges, de velours ajoutés, de...
écrivez-moi, encore, toujours.

Ma patience à vous attendre tire sa force de vous
vous êtes ma plus belle histoire de vie
je trempe mes mots dans vos eaux de feu
je trempe vos mots dans mes eaux limpides
ces eaux de sève et de sang
comme au premier matin du monde
juste avant le premier cri

quelle écume, quelle fleur toutes deux mêlées
me conduisent à vous à l'infini de mes pas incertains
souvent j'ai cru vous échapper
quand une âme trop pure
soufflait à mon coeur
quand un corps trop vigoureux
laissait des traces à mon réveil

mais je suis de vous
le diamant que vous avez une nuit
glissé à mon doigt me rappelle à votre souvenir
terrible mémoire sans mot, sans image
vos rires de joie résonnent à mon âme
que je vous ai offerte il y a bien longtemps
je crois
emmenez-là au pays qu'il vous plaira
votre vie se tapisse de gloire
je me vide, statue de sable, à vos pieds

un jour, une nuit,
j'en fais le serment, je m'endormirai
loin de vos tourments,
près de moi

un jour, une nuit
j'en fais le serment, vous vous endormirez
loin de vos tourments,
près de moi

 

Publié par felixmartin à 11:42:16 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Requins | 09 mai 2009

Requins aux longues dents
je me frotte à vos flancs
pareils à des crocs
je ne crains ni vos morsures
ni vos caresses de verre
vos écailles sont des manteaux
à mes épaules nues
la nuit je me berce à vos sommeils
enveloppés par les courants marins
dans les jours froids des fonds océaniques
vous êtes mes ombres je suis votre regard
tandis que vous nagez incessamment
en quête de votre part de vie
dans les liquides sous-marins
mes ondulations vous guident
près des chaines de coraux
où frétillent les bancs de poissons
mais n'approchez pas les dauphins
qui soulèvent leur museau
au-dessus des flots bleus
leur dieu est d'ailleurs
sa cruelle lumière
vous éblouirait
vous êtes des profondeurs
vous gardez votre sang froid
Requins aux longues dents
je ferai votre poisson pilote.

 

Publié par felixmartin à 17:13:35 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Vous | 07 mai 2009

 

Les mystères qui vous habitent
sont le flux qui me ramène sans cesse à vous
je vous aime ainsi
par vos insensibles volontés de fer
je vous aime quand votre souffle est à ma bouche
je vous aime quand vous déposez
dans mes creux vos indicibles tourments
je vous aime dans vos gestes et vos silhouettes
je vous aime dans vos regards graves au loin
quand vos mains enserrent mes doigts à l'infini
au dessus d'une table de bistrot
et que la place alentour s'efface
je vous aime quand vous écartez
votre armure éclatante ou votre habit rouge
je vous aime quand vous vous dressez
au-dessus de moi allongée
pour plonger du corps à l'âme
je vous aime quand je m'accroche à vous
en apesanteur dans vos bras
je vous aime quand j'entends vos soupirs
dans vos sommeils troublés
je vous aime quand vos rires
d'une tristesse inavouée emplissent la pièce 


puisque vous m'échappez
je ne vous appartiens pas
ne me demandez pas de choisir
entre vous deux  
laissez-moi nager sur vos océans
ou longer vos cercles infernaux
je vous rejoins parfois 
dans vos désarrois
par la profondeur de votre amour
éternellement unique 


vos ors se transforment en diamant
à l'ombre de mes chairs
vos lèvres arrachent le sang
de mes veines vampirisées
en louve grise je hume
vos effluves de neige
et lèche vos fêlures
je vous aime ainsi
échappant à toutes les normes
parce que vous êtes
les êtres les plus précieux
que la terre m'ait confiés

Publié par felixmartin à 20:34:13 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Coquelicot | 04 mai 2009

Je serai le coquelicot
dans tes champs de blé
je serai la pomme
dans tes jardins suspendus
je serai le coucou
dans ton nid frisé
je serai le gazelle
entre tes crocs léonins
je serai l'étoile
dans l'arc de ta lune
je serai le sable
buvant ton écume
je serai l'édelweiss
aux bords de tes gouffres
je serai ton repos
quand tu dégrafes ton armure
je serai ton dernier cercle
aux fonds des enfers
je serai tout entière
aspirée par ton souffle

Publié par felixmartin à 12:23:46 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Au flux des minuits | 26 avril 2009

Tu es venu au flux des minuits,
rejoindre les souffles de l'amour
ton visage grave s'apaisait en moi
par la force des désirs en abandon
l'infini s'est courbé sur nos étreintes
en leur point l'espace s'est reposé
A l'écho de mon regard levé en toi
nos peaux exaltées s'approfondissaient

Quand, de toutes ses étoiles, la nuit régnait
au-dessus des villes éteintes
je me dressais contre toi debout
tu me renversais en arrière, recevant
ton baiser que jamais l'oubli n'a effacé

O quelle forte certitude fut semée en moi
quand ton sourire croisa mon regard
O quel puissant trouble s'empara de mon âme
quand tu prononças des mots insoupçonnés
Tu es venu, si tard, enfin
Les anges n'auront jamais autant de délicatesse.

 

Publié par felixmartin à 00:37:52 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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