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A toi, ce chuchotement
venu des pierres lorsque tu longes le mur.
Ces coups sur le mur que s'adressent les prisonniers,
ou bien deux salles d'attente près du quai d'embarquement.
Gardons-nous à l'abri du temps.
Gardons-nous des sortilèges du temps.
Ceux qui restent partagent des grottes souterraines.
Immenses sans doute, les rencontres sont rares...
Mais il suffit d'une fois.
C'est drôle de voir ma main
s'effacer à l'amorce d'un signe.
Je songe à Eurydice, un rôle
que nous tenons tour à tour.
Pour l'instant, parle et ne te retourne pas.
Cet amour n'a jamais cessé. C'est ainsi.
Tu es mon unique.
Publié par felixmartin à 21:13:13 dans Nuits blanches | Commentaires (1) | Permaliens
Seule la passion qui trouve son abîme
Sait embraser ton être jusqu'au fond ;
Seul qui se perd entier est donné à lui-même.
Alors, prends feu ! Seulement si tu t'enflammes,
Tu connaîtras le monde au plus profond de toi !
Car au lieu seul où agit le secret, commence aussi la vie.
Tu m'as soufflé l'embrasement,
Ta confusion des sentiments
Ouvre ma pire déchirure.
Les violences de tes tortures
Valent bien l'enfer et ses flammes
Tes déviances sont mes tourments
Qui me cloîtrent au bois dormant
Sans lumière, du fond du puits,
Je ne sais toujours qui je suis.
Publié par felixmartin à 18:17:45 dans Nuits blanches | Commentaires (2) | Permaliens
Quand vous goûtez, gourmande, à mes troublantes décadences
Mes racines viriles s'enveloppent à vos hyphes gracieuses
Ma bouche se désaltère à votre hyménium gorgé de rosée
Vos germes saprophytes diluent en douceur mes humeurs
A votre souffle mes mélancolies s'émiettent en humus fertile
Près de vous mes passions puisent leur meilleur terreau
Quand je vous croque, ma magicienne, mes pensées s'hallucinent
Vous êtes mon meilleur champignon.
Publié par felixmartin à 20:26:59 dans Nuits blanches | Commentaires (1) | Permaliens
Qu'est-ce qu'elles ont toutes
à me caresser le quatre-heures
moi je fais rien qu'à plonger
dans mes forêts d'hiver
alors quoi
où j'aurais un coin pour elles
sous les feuilles rousses
y a que de l'humus
pas de quoi s'étourdir
Qu'est-ce qu'elles ont toutes
à me demander où je vais
moi je fais rien que suivre mes pas
sur les plages des mers
alors quoi
où j'aurais un lit pour elles
sous les grains de sable
y a que de la boue
pas de quoi se border
Qu'est-ce qu'elles ont toutes
à me regarder dormir
moi je fais rien que rêver
à d'autres mondes
alors quoi
où j'aurais un songe pour elles
sous mes ténébreux émois
y a que des turpides
pas de quoi roucouler
Qu'est-ce qu'elle a celle-là
à s'enfuir devant moi
moi je fais rien qu'à la guetter
pour rejoindre ses secrets
alors quoi
où elle creusera un coin à moi
dans ses bras fragiles
y a que de la chaleur
rien qu'à se brûler
Publié par felixmartin à 23:20:38 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
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