Je livre dans ce blog
des textes en désordre
nouvelles pour personnages en quête
poèmes pour nuits blanches
musicales pour accords bleus entre textes et musique.
Merci à vous, visiteurs,
de vos regards croisés.
COVALEJE
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Lundi soir
L'Empereur, sa femme et le p'tit
prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
Au lavoir j'fais la lessive de mes petits, je suis sortie
Mardi soir
L'Empereur, sa femme et le p'tit
prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
A la fontaine, j'puise l'eau
pour mes marmots, je suis sortie
Mercredi soir
L'Empereur, sa femme et le p'tit
prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
J'cherche pour mes chérubins des
baies sauvages, je suis sortie
Jeudi soir
L'Empereur, sa femme et le p'tit
prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
Dans les vergers, j'cueille des
fruits pour mes chéris, je suis sortie
Vendredi soir
L'Empereur, sa femme et le p'tit
prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
Avant la pluie j'glane le
foin de mes bébés, je suis sortie
Samedi soir
L'Empereur, sa femme et le p'tit
prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
J'fais les ménages pour
gagner leurs p'tites vies, je suis sortie
Dimanche matin
L'Empereur, sa femme et le p'tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
Le temps est beau au jardin avec mes enfants, je suis partie
Le p'tit prince a dit
Puisque c'est comme ça
Nous ne reviendrons pas !
photo : Richard Vantielcke LudImaginary www.ludimaginary.net
Publié par felixmartin à 22:25:18 dans Si on chantait | Commentaires (0) | Permaliens
Je n'aime
pas les promenades à la campagne. Surtout le dimanche. C'est déprimant. Vous
quittez la ville, en suivant une file de voitures dont les passagers, comme
vous, se sont donnés pour objectif de respirer l'air pur.
La seule promenade que je supporte, c'est celle qui me conduit au Parc. Les parcs et les jardins publics sont préférables aux champs. Avez-vous déjà fait l'expérience de trouver un lieu sans avoir à rouler des kilomètres ? Un lieu où l'herbe est tendre et verte, les arbres bien plantés ? Un lieu où, à coup sûr, vous ne croiserez pas une barrière en fil de fer qui vous oblige à l'enjamber au risque de déchirer votre costume neuf ?
A la campagne, l'herbe est grise, c'est de la mauvaise herbe, dure, tordue, jonchée de détritus, laissés par d'indésirables prédécesseurs. Et allez chercher des fleurs dans cet amas informe ! Quelques marguerites frêles et poussiéreuses, sorties de là comme par hasard, osant à peine se montrer. Et s'il vous prend l'envie, au mois de mai, de cueillir quelques muguets, à moins de venir très tôt le matin -ce que je ne saurais faire- vous ne trouverez rien. Vous gagnerez en revanche un lumbago à force de vous baisser, si ce n'est une avalanche d'éraflures, de coups de toutes sortes à vous être frotté aux broussailles et aux branches mortes qui encombrent nos forêts.
Quant aux
animaux sauvages, ne comptez pas en surprendre, les chasseurs, c'est une
évidence, les auront effrayés avant vous. Je ne vous parle pas des familles
bruyantes que vous croiserez, ni de l'agacement que vous aurez lorsque, attablé
à une auberge, on vous servira des crêpes à peine cuites où l'on vous fera
attendre inutilement dans une salle sans goût, sentant le rance ! Il n'y a qu'à
la campagne que vous trouverez de tels désagréments, vous ne me ferez pas
changer d'avis. L'air des villes me convient et je ne comprends pas cet
engouement pour ce retour à la nature. D'ailleurs, j'ai le rhume des foins et
le printemps, tout comme l'été je fuis tout ce qui est vert et fleuri.
L'homme est fait pour vivre en société, ce n'es pas moi qui l'ai inventé. Un penseur l'a déjà dit, je ne vous ferais pas l'affront de préciser lequel. D'ailleurs, j'ai oublié son nom.
Publié par felixmartin à 01:35:52 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (1) | Permaliens
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