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Il n'y a, en fait d'infini, que le ciel qui le soit à cause de ses
étoiles, la mer à cause de ses gouttes d'eau, et le coeur à cause de
ses larmes. Par là seul il est grand, tout le reste est petit. Un ou deux bonheurs le
remplissent, mais toutes les misères de l'humanité peuvent s'y donner
rendez-vous ; elles y vivront comme des hôtes.
Tu me parles de travail ; oui, travaille, aime
l'Art. De tous les mensonges, c'est encore le moins menteur. Tâche de
l'aimer d'un amour exclusif, ardent, dévoué. Cela ne te faillira pas.
L'Idée seule est éternelle et nécessaire. Il n'y en a plus, de ces
artistes comme autrefois, de ceux dont la vie et l'esprit étaient
l'instrument aveugle de l'appétit du Beau, organes de Dieu par lesquels
il se prouvait à lui-même. Pour ceux-là le monde n'était pas ; personne
n'a rien su de leurs douleurs ; chaque soir ils se couchaient tristes,
et ils regardaient la vie humaine avec un regard étonné, comme nous
contemplons des fourmilières.
Gustave Flaubert
Publié par felixmartin à 22:28:54 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

Dans ma ligne de fuite
Se perd la ligne d'horizon
Je remonte
Jusqu'à la ligne de départ
J'aspire la ligne blanche
Les lignes bleues du
temps
m'inspirent des éblouissements
Insoumis aux lignes de
bataille
Je plonge
Dans les lignes de faille
Je suis pêché à la ligne dormante
Les lignes de paroles
Se dérobent
Dans les silences
Où les mots s'effacent
J'aspire la ligne blanche
Des turbulences
Je rencontre le point de
croisement
Entre la ligne des hanches
Et la ligne de mire
Je respire la ligne
blanche
Le cœur cloche
Sans mémoire d'hier
Garder les coudées franches
Sous l'ombre de la ligne sylvestre.
Publié par felixmartin à 22:32:36 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens


« Ce
n'est pas une femme fatale,
mais c'est la vie qui lui a été fatale. »
Sacrifice
A celui de Salomé
Je redoute celui d'Iphigénie
Aux amours de Phèdre
Je console ceux de Juliette
A la trahison de Médée
Je ris à celles de Manon
Rester dans la lumière argentée
De l'astre de la nuit
Evidemment je chéris
Le destin de Nastassia
Et celui d'Eurydice
Et vous quelle femme fatale
Tisse votre imaginaire ?
Publié par felixmartin à 22:32:24 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (1) | Permaliens

Je ne me suis jamais posé
Tourbillon
Comme pavillon
Trop facilement aimé
Mal épris
J'accrocherai des peaux
Au rocher
Eternel ignorant
Jusqu'à ce que je te reconnaisse
Dans la mémoire du fleuve
Tes voiles m'attachent
Je me suis détaché jadis
Moi l'insatisfait
Au dernier jour
Je reviens vers toi
Trop tard
Le tourbillon de la vie
T'emporte au loin
Pas trop loin
La vie n'est pas une tragédie
Sinon je vogue
Ne cherche pas le désespoir
Dans mon regard
Je suis trop vieux
Pour cette inélégance
La jeunesse ne compose pas
La vieillesse a accepté
Depuis longtemps
La vie et sa mélancolie
La vieillesse depuis longtemps
Guette avec lucidité
La passion du désir
Comme un mystique
En prière.
Publié par felixmartin à 23:05:26 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Plus rien ne t'appartient
tu n'entends plus le vent
tu ne verras plus
Œdipe aveugle.
Les feux te mangent la cervelle
sans merci.
Un sourire jadis effleuré
nous glisse entre les doigts.
Reste la pluie qui fait l'amour avec les pierres
et les vieilles maisons qui dansent en secret.
Publié par felixmartin à 13:37:07 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) | Permaliens
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