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Le soir allait tomber, je t'attendais au pied de la véranda. Mon exil allait prendre fin. Dans l'allée de graviers, tu approchais. Droit, élancé, tu ressemblais toujours à nos peupliers qui se courbaient à ton passage et murmuraient pour t'accueillir. Tu te penchas pour me saluer. Est-ce que tu m'embrassas ? Est-ce que tu me serras comme un frôlement pour nos retrouvailles ? Je reconnus ta démarche, je reconnus ta voix, je retrouvai ton regard. Nous nous sommes assis sur la terrasse, en surplomb du lac. Il faisait frais. Nous écoutions les grands peupliers trembler dans le jardin, je frissonnai, ce n'était pas seulement le vent qui s'était levé. De quoi avons-nous parlé au juste ? Je parlais de moi, tu parlais de toi ? Entrecoupé de silences. Je compris que tu avais pris une de tes drogues. Je fumais tes cigarettes. Des Craven comme dans la chanson. Je savais que tu n'avais pas toute ta raison, et la mienne chancelait.
Publié par felixmartin à 20:13:13 dans Le train de la vie | Commentaires (0) | Permaliens
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