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Je regagnais aux premières lueurs du jour l'appartement que je laissais dans un état de délabrement écoeurant. Ce désordre me plaisait. Je le voyais comme un ordre nouveau. Il respirait comme je respirais à l'intérieur, pas dans les poumons mais dans la tête ou dans l'âme, à l'intérieur. Si je devais en donner une vue d'ensemble pour qu'on puisse en juger, je commencerais par les livres. Les livres tout au long des murs, en largeur, en hauteur, débordant, empilés, rangés, ployant les étagères, respirant. Les plantes : vertes, atteintes de gigantisme. Leurs feuilles larges et charnues, immenses comme les plantes d'une serre. Des plantes vivantes, monstrueuses et splendides. Les pots étaient prêts à basculer sous la lourdeur des feuillages. Je ne ramassais plus les feuilles qui tombaient, je rempotais parfois une plante au hasard. Les feuilles et la terre jonchaient le plancher nu. La musique, troisième élément majeur de cet univers. La musique assurait la mélodie de ce désordre, la musique de Bach. Les objets, les meubles, les tableaux, achetés au hasard de désirs anciens, étaient posés çà et là, rangés au gré de l'encombrement. Ils ternissaient sous la poussière et le manque de soin. Je les délaissais. Ils n'existaient pas. Ustensiles. Pourtant je les avais aimés, autrefois. Parfois, je voyais l'un d'entre eux et je pleurais doucement.
à suivre
Publié par felixmartin à 21:52:16 dans Décembre en Afrique | Commentaires (0) | Permaliens
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