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Le jeune modèle (version musicale) | 10 juillet 2007

C'est un tableau ancien. Un jeune homme se tient debout devant une fenêtre fermée. Il regarde dehors la surface grise et bleue. Il appuie une main contre le carreau froid. Sa tête repose presque sur l'angle ainsi formé de son avant-bras. Sur le plan avant, une table, une sellette plus exactement, est esquissée, peinte en jaune. Le jeune homme est très blond mais ce n'est pas certain, peut-être est-ce le reflet du soleil qui dore ses cheveux. Sa longue silhouette et ses épaules étroites sans être fragiles, respirent presque un air de repos ou de force maîtrisée. Si le jeune homme se retournait à présent, on verrait son sourire calme et généreux, absolument ouvert au regard de l'humanité fixée dans le décor en-dehors de la toile.

Soudain, derrière la fenêtre fermée, le ciel grise à l'acier et sur la surface de la vitre coulent les larmes de la pluie. Le jeune homme en essuie une puis une autre, il trace de l'autre côté de la vitre la traînée avec son index. Il devient cette goutte d'eau, il en goûte la force et la mélancolie.

Le jeune homme s'est retourné.  Il aperçoit le vieux sculpteur qui a déposé l'argile sur la sellette jaune et qui tente de fixer l'âme de son modèle. A travers sa mémoire, écho sans vocable, le vieil artiste projette dans la terre humide le croisement de son émotion mêlée à la présence du modèle debout contre la fenêtre fermée.

Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
de
Corinne Jeanson - avec le concours du site Bonnes nouvelles
©  2007

Publié par felixmartin à 20:48:42 dans Musicales | Commentaires (0) |

Coeur d'Afrique (version musicale) | 10 juillet 2007

Cœur de l'Afrique noire. Bière bouteille de pays. Chaleur et vent rafraîchissant. Solitude avec paysages nouveaux en décor. Je suis au cœur de l'Afrique. Dans une ville basse avec toute sa vie, ses musiques, ses bruits, ses vendeurs des rues, derrière leurs tables de bois aux pieds cassés mais tenant bons car la verticale n'est pas une loi de la nature. Les sorcières ont mangé mon âme. Dans la maison aux génies, je cherche mamy wata. Je sais que je ne la trouverai pas ou bien elle se nomme habitude. Je m'habitue.

Les Africaines rient fort dans les cafés. Un homme porte sur sa tête une machine à coudre. Marque : Éléphant (les lettres sont effacées). Pour rythmer ses pas, il joue avec une paire de ciseaux. Les ânes ont les pieds de devant attachés. Les cochons sont noirs, les jarres renversées et les maisons de terre enfumées. La meunière en sueur écrase le mil sur la large meule en pierre. On entend les crissements du broyage. La farine de mil blanc tombe sur le sol de terre battue, la terre rouge africaine. La cabaretière plonge les calebasses dans ses canaris de bière. Les Africains sont emplis d'amour jamais perdu qui leur donne une force tranquille. Cette force tient tout leur corps. Ils sont comme les arbres plantés dans la savane qui étendent leurs branches lourdes, au-dessus des troncs pleins, jamais écrasants.

L'orage et le bruit du tonnerre emplissent l'espace et le rendent moins menaçant. Sa présence -qu'elle soit divine ou naturelle- suffit à estomper tous mes désarrois. Si je pleure sous la pluie battante, c'est parce que je me libère enfin, comme le ciel, de la pesanteur des jours sans noms. L'amour passé reste l'amour, bien qu'on n'ose plus tout à fait le nommer ainsi à force d'usure. Quand le cœur doucement écoute les silences d'hier, tout autour les colons aux jambes rudes s'assoient et fument, jusques aux cieux africains, leur félicité commune. L'heure du thé, moment privilégié, s'accompagne de la silhouette respectueuse du boy, habitué ici aux manières de l'aristocratie servante. Dehors, les enfants jouent dans les détritus et les femmes aux seins flasques se baignent dans le marigot boueux.

Tout cela se déroule alors que toi, dans le même temps, du fond de l'Europe blanche, tu souris à la jeune danseuse en sueur. Sous le ciel africain, je songe à notre rencontre et à sa fin.

Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
de Corinne Jeanson -
avec le concours du site Bonnes nouvelles
©  2007

Publié par felixmartin à 18:49:06 dans Musicales | Commentaires (0) |

Tout a une faim | 06 juillet 2007

Envie de dévoration
sans fin
bien sûr
comme un long cigare
doré
à point
les parenthèses
sont meilleures que les points.

Publié par felixmartin à 23:20:18 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Léo, Léa | 03 juillet 2007

 A la manière de

 

 

 

 

 

 

 

 


Mon âme,
emmène-moi près de tes rives
prends ma main
Pour passer une nuit sans fin
je sais que tu es à moitié folle
A moitié seulement
C'est pourquoi je veux rester

Sur un plateau de vermeil
tu me sers du thé acide
Et quand je voudrais te dire
je n'ai pas d'amour pour toi
tu m'appelles dans tes ondes
Et j'entends la mer répondre
Que depuis toujours je t'aime

Je veux rester à tes côtés

Maintenant, je n'ai plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flamme brûle dans mon cœur.

 

Publié par felixmartin à 19:47:46 dans Si on chantait | Commentaires (1) |

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