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Espoir quoi ? | 21 juin 2007

   

 Dis, c'est quoi l'espoir ?
Est-ce que la lune espère le soleil ?
Est-ce que l'enfant espère l'amour de sa mère ?
L'attente tient lieu d'espoir
J'ai la tentation de l'espoir infini
Je me retourne et la porte s'ouvre
Je renonce à la tristesse
Dans les infinis des séparations
J'espoire que la vie est plus forte
Notre père qui êtes aux cieux
Si vous buvez notre espoir
Laissez-nous sur terre votre fils
On en prendra soin.

 

 

 

 

 

 

 

Lord Elgin, Paul Marandon

 

Publié par felixmartin à 21:27:20 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Blessé plusieurs fois | 20 juin 2007

Blessé plusieurs fois, je lui demandai le coup de grâce.
C'est un peu triste ta fin, non ?
Attends, ce n'est pas fini
Il ne parvint jamais à me laisser mourir.
Je préfère, et ensuite ?
Eh bien, je ne sais pas
Tu es l'auteur
Oui mais je manque d'imagination
Reprenons, on est sur un champ de bataille
Sur le front d'Orient
Ah bon je croyais que c'était dans les Ardennes
Peu importe
Que se passe-t-il pour un soldat blessé ?
On le porte à l'hôpital militaire
A* traîne H* jusqu'à l'hôpital de Verria
Verria ?
Oui ça sonne bien
Quelles sont les blessures de H* ?
Il a perdu deux doigts, main gauche, par éclats d'obus,
Coup de baïonnette à l'aine.
Et le cœur ?
Ça il l'a déjà perdu, plusieurs fois
Aux bordels de la vie.

 

Publié par felixmartin à 21:11:52 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

P'tite pétasse | 18 juin 2007

 

Petite pétasse
C'est quoi ta nouvelle excuse
Pour sortir de mon lit
En catimini
T'aimes bien te promener
Les nuits de pleine lune ?
Cette chanson elle a vieilli
J'suis pas ton soupirant


Petite connasse
T'en n'as pas marre d'allumer
Dans tes discothèques
Tous ces chiens qui te balancent
Avec la lune dans le caniveau
Tu crois que je vais t'attendre 
Sous ton balcon ?
J'suis pas ton roméo


Fillette, fillette
T'imagines quoi
Que j'ai que ça à foutre
Te calculer entre deux ?
Tu te goures
Ta saison des zamours
Elle va plus durer longtemps
L'instant fatal approche


Lolita tu fictionnes
Méfie-toi que ma parano n'te pulpe
Par surprise, façon satisfaction
Demain je t'envoie
Tous les macs en noir
Je les parraine pour te ramener
Dans mon lit, dans mon four
N'oublie pas j'suis ton homme.

Je vais y réfléchir,
tu dis ?
Y aura plus de temps
L'idiot Fédor
t'aura plantée.



Publié par felixmartin à 19:22:46 dans Nuits blanches | Commentaires (1) |

Le premier | 16 juin 2007

Ils m'ont appris à rire, à chanter à la vie. Les mains dans mon corps ils m'ont appris à crier. Avec le temps, ils ont laissé mon sourire se figer, mes chants se blesser et mes cris se taire. Ils sont partis.

Je me souviens du premier qui m'a appris à marcher et qui est parti dessous la terre.

Publié par felixmartin à 16:48:46 dans Souvenirs d'en France | Commentaires (0) |

J'ai perdu ma Lolita | 15 juin 2007

Avez-vous déjà goûté une deuxième fois à la vie ? Moi ça m'est arrivé au printemps. Je suis né une deuxième fois. Elle m'a prise par surprise. J'avais oublié qu'un bout de femme pouvait vous susurrer d'aussi beaux mots et vous tenir par le cœur. Avec tous ses atours flottant autour d'elle, elle m'accroche dans ses nuits, cabarets, fumée de cigarettes, lignes fuyantes, elle se tient au milieu de ses soupirants, qu'elle joue à tous les temps. Voilà comment on y croit encore au pianotement des doigts sur la table avant de les glisser sous ses déshabillés satin. Vous l'avez rencontrée parfois dans vos nuits ? Moi je voudrais la retenir tout contre moi depuis ce jour de printemps où elle m'a fait signe. Son manchon frotté aux pierres, ses jambes dans les talons. Je suis devenu son mari en amour pour plaire à ses amusements. Elle me rappelle que l'amour se conjugue à l'éternel. Quand elle m'échappe dans ses nuits au volant de son cabriolet vert, la terre tourne trop vite, toupie dans mon cœur, je m'étourdis, je respire ses robes dans les coffres ouverts de sa chambre aux ombres de solitude. L'avez-vous vue ? Où s'est-elle enfuie encore ? Antibes ? Paris ? Elle glisse dans toutes ses lignes droites. Moi j'attends ses lignes courbes. Mes doigts pianotent et je dégouline de ses désirs ailleurs. Je bande pour rien dans son lit déserté. Où est-elle ma Lolita ? Vous l'avez vue ? Dites-lui que je l'attends. Je l'attends depuis si longtemps. Mais elle s'en moque, elle parcourt toutes ses routes pour trouver son bout d'éternité. Putain, à quoi bon revivre pour crever encore et encore dans le temps qui s'échappe et qui ne me la ramène pas.

Publié par felixmartin à 22:48:14 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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