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Alors que les cloches sonnaient les vêpres, Joseph, le marchand de bois, s'était lavé, parfumé, avait revêtu son costume neuf, lissé un chapeau de feutre, pris une canne en noyer brun et avait remonté la rue jusqu'à la mairie. Sur son chemin, les hommes le saluaient et les femmes souriaient à demi. Les enfants suspendaient un instant leurs jeux bruyants, ne sachant trop si la canne serait utilisée contre eux. Quand Joseph surgissait dans une ruelle, les vieux du village juraient sur son passage et les vieilles croisaient les doigts. On se souvenait de son premier mariage qui n'avait duré qu'un jour. La pauvre épouse, une jeunette, avait fui la nuit même des noces et le pape dut accorder le divorce. Les paysans surnommaient Joseph, le taureau du village parce qu'une fois il avait soulevé d'un coup, sans plier les reins, un jeune taureau pour le hisser dans le camion du boucher à qui il avait vendu la bête. Ce surnom les femmes le lui donnaient pour d'autres raisons. Trapu, les membres courts, le visage basané, creusé de rides paysannes, Joseph se tenait ramassé, prêt à bondir. Ses doigts cassés, souvenirs de la guerre des tranchées, tricotaient inlassablement une pipe noircie qu'il allumait rarement. Le seul soin qu'il accordait à sa toilette était de parfumer sa chevelure noire -qu'il avait belle- avec de la brillantine de qualité. Cette odeur de lavande contrastait avec son allure générale, il le savait et en jouait.Publié par felixmartin à 22:11:32 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (0) | Permaliens
Les contes de fées me font souffrir. Quand ils se réalisent, je souffre encore. Absurde, lui ai-je répondu. Les contes de fées n'existent pas. Un soir de sombre désespoir, tu ne m'as pas secourue. J'ai décidée de ne plus me préoccuper de toi. Elle a ajouté : je renonce à mes illusions. Le désespoir devait être intense, en tout cas il était sombre. Elle était jeune, elle avait des illusions. Notre relation appartient au passé, m'a-t-elle déclaré. C'était hier. Elle m'épuise avec ses phrases d'enfant. Elle me fait sourire aussi. J'aime bien mieux la caresser. Je suis trop sentimental, voluptueux mais sentimental. Je l'attends en début de soirée dans un café au bord de la Nationale 7 qui remonte d'Antibes. Un Africain est entré pour vendre des babioles brillantes. Je pourrais lui faire un cadeau, ce serait romantique. Elle aime ce qui est romantique. Je lui ai acheté le collier le plus brillant. Je me souviens que les ancêtres de ce Black étaient échangés contre les mêmes babioles. Triangle. Je pourrais être son esclave. Elle ne le sait pas. C'est une petite femme de mauvaise vie qui m'enjôle. J'attends ma petite femme. Elle ne sera pas en retard. Je n'aime pas ses retards. J'attends et je n'attends pas l'été et ses orages.
Publié par felixmartin à 22:50:02 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par felixmartin à 22:41:13 dans Nuits blanches | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par felixmartin à 20:32:59 dans Variations sur Ondine | Commentaires (0) | Permaliens
Qu'est-ce que t'as à chialer comme un gosse dans le noir ?
Notre amour n'a jamais cessé, qu'elle m'a dit ce matin au parc.
Votre amour ? La bonne blague, il a jamais commencé avec ta brune, qui te court après et qui te lâche au premier courant d'air. Allez, viens, on va chez Jo bouffer.
Qu'est-ce que t'as encore à soupirer devant ton plat chaud là dans notre bistrot de tous les jours ?
Tu es mon unique, qu'elle m'a chuchoté à l'oreille.
Unique, ça c'est vrai t'es unique avec ta gueule de mac et tes mains de chaudronnier.
Qu'est-ce que t'as encore à revoir ce film d'amour, autant quoi encore ?
Tu seras mon mari, je serai ta femme.
Ouais, t'en fais un beau de mari ! Même pas capable d'enfiler deux verres sans être saoul.
Qu'est-ce que t'as encore à brailler son nom dans la rue, c'est pas ça qui te la fera revenir. Viens on va rater le tramway.
Elle m'a dit que mes baisers sentaient le miel.
L'anis, oui, l'anis. Tes sucettes ont le goût de l'anis, mon pauv'gone.
Qu'est-ce que t'as à pas vouloir marcher ? Allez viens on sera bien chez
Je pense à toi qu'elle me dit mais elle se retourne jamais quand elle part. Je peux pas dormir, je peux pas manger, je peux pas baiser, elle est là dans ma tête, elle est là dans mon assiette, elle est là dans les yeux des hommes. J'ai plus qu'à crever comme un veau. Laisse-moi mon Pierrot. Je ferai la vie ou je ferai le mort.
Publié par felixmartin à 21:41:30 dans Nuits blanches | Commentaires (3) | Permaliens
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