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Je n'aime
pas les promenades à la campagne. Surtout le dimanche. C'est déprimant. Vous
quittez la ville, en suivant une file de voitures dont les passagers, comme
vous, se sont donnés pour objectif de respirer l'air pur.
La seule promenade que je supporte, c'est celle qui me conduit au Parc. Les parcs et les jardins publics sont préférables aux champs. Avez-vous déjà fait l'expérience de trouver un lieu sans avoir à rouler des kilomètres ? Un lieu où l'herbe est tendre et verte, les arbres bien plantés ? Un lieu où, à coup sûr, vous ne croiserez pas une barrière en fil de fer qui vous oblige à l'enjamber au risque de déchirer votre costume neuf ?
A la campagne, l'herbe est grise, c'est de la mauvaise herbe, dure, tordue, jonchée de détritus, laissés par d'indésirables prédécesseurs. Et allez chercher des fleurs dans cet amas informe ! Quelques marguerites frêles et poussiéreuses, sorties de là comme par hasard, osant à peine se montrer. Et s'il vous prend l'envie, au mois de mai, de cueillir quelques muguets, à moins de venir très tôt le matin -ce que je ne saurais faire- vous ne trouverez rien. Vous gagnerez en revanche un lumbago à force de vous baisser, si ce n'est une avalanche d'éraflures, de coups de toutes sortes à vous être frotté aux broussailles et aux branches mortes qui encombrent nos forêts.
Quant aux
animaux sauvages, ne comptez pas en surprendre, les chasseurs, c'est une
évidence, les auront effrayés avant vous. Je ne vous parle pas des familles
bruyantes que vous croiserez, ni de l'agacement que vous aurez lorsque, attablé
à une auberge, on vous servira des crêpes à peine cuites où l'on vous fera
attendre inutilement dans une salle sans goût, sentant le rance ! Il n'y a qu'à
la campagne que vous trouverez de tels désagréments, vous ne me ferez pas
changer d'avis. L'air des villes me convient et je ne comprends pas cet
engouement pour ce retour à la nature. D'ailleurs, j'ai le rhume des foins et
le printemps, tout comme l'été je fuis tout ce qui est vert et fleuri.
L'homme est fait pour vivre en société, ce n'es pas moi qui l'ai inventé. Un penseur l'a déjà dit, je ne vous ferais pas l'affront de préciser lequel. D'ailleurs, j'ai oublié son nom.
Publié par felixmartin à 01:35:52 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (1) | Permaliens
02-03-2008 21:25
De uhbnji Sujet:
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