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Charivari quarantenaire

Les états d'âme qu'un quadra...génère

L'éloge de la paresse... | 17 octobre 2009

 

Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine,
Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites enfin que je suis fatigué.

Oui je suis fatigué, Monsieur, et je m'en flatte.
J'ai tout de fatigué, la voix, le coeur, la rate,
Je m'endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas.
Ou quand je m'en soucie, je me ridiculise.
La fatigue souvent n'est qu'une vantardise.
On n'est jamais aussi fatigué qu'on le croit !
Et quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ?

Je ne vous parle pas des sombres lassitudes,
Qu'on a lorsque le corps harassé d'habitude,
N'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons...
Lorsqu'on a fait de soi son unique horizon...
Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre...
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;
Elle fait le front lourd, l'oeil morne, le dos rond.
Et vous donne l'aspect d'un vivant moribond...

Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable,
Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain,
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,
Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s'en user le coeur...
Cette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur.

Et sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre,
On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu'on est le port et la route et le quai,
Où prendrait-on le droit d'être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
Parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.

La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste,
C'est le prix d'une journée d'efforts et de luttes.
C'est le prix d'un labeur, d'un mur ou d'un exploit,
Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,
C'est la preuve, Monsieur, qu'on marche avec la vie.

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
J'écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
Et ma fatigue alors est une récompense.

Et vous me conseillez d'aller me reposer !
Mais si j'acceptais là, ce que vous me proposez,
Si j'abandonnais à votre douce intrigue...
Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue.

 

Robert Lamoureux

Publié par Spleen36 à 18:27:11 dans Obsédé textuel | Commentaires (0) |

Spleenitude | 14 septembre 2009

 

Lorsque les mots se dérobent dans la noirceur de mes idées

Et que mes déambulations se labyrinthent dans la cité.

Quand mon regard transperce les Autres de vacuité,

Ignorant leurs présences croisant ma destinée.

 

Quand, par trop d’habitude, je ne vois plus les jours

Qui se lèvent pourtant éclatants de lumière,

Quand ils ne percent plus mes nuits de troubadour

Que d’une lueur falote, diffuse et délétère.

 

Le vent des solitudes asséchant mes sourires

Tourbillonne en sifflant m’enveloppant de froideur

Du quai où je contemple le Pont des Soupirs

Le discours des amants s’étiole et puis se meurt.

 

Les sicaires du temps, égrenant leurs antiennes

Font peser l’immobile débit des lendemains,

Transformant le futur en humeurs baudelairiennes

Mille ans de souvenirs jalonnent mon destin.

 

Ainsi mélancolie, rimant de lassitude

Emporte aux quatre vents de la désuétude

Les écrits rebattus de ma plume incertaine,

Me vient alors le spleen, nostalgie inhumaine.

 

Publié par Spleen36 à 16:51:22 dans Obsédé textuel | Commentaires (1) |

[re]trouver sa voix... (la sienne...) | 28 juillet 2009

 

 

Les « donc… », les « heu… », et les « voilà… »

Témoins improvisés de moments délicats,

Respirations subtiles des mots qui s’improvisent

Au fil des émotions que la passion attise.

 

Balancement de ta voix qui cherche un peu la sienne,

Hésitante et timide, chaste ou épicurienne,

Seule, derrière un micro en position « record »,

A n’avoir préparé que les mots de l’exorde.

 

La suite du propos, tu l’inventes à l’envi

Au hasard des idées qui naissent et prennent vie

Imaginant déjà, derrière le monologue

L’écho de mes réponses donnant vie au dialogue.

 

Combien de fois en boucle ai-je écouté ces phrases

Que m’apportent des mails diffusés par Pégase ?

Te rêvant près de moi, devinant ta chaleur,

Respirant ton parfum tout près des haut-parleurs. 

 

Je manque de ton corps et j’espère tes lèvres,

Qui cisèlent tes paroles en dentelle d’orfèvre.

Sur elles poser ma bouche et pouvoir te faire taire

En un baiser profond, sans autre commentaire.

 

 

Publié par Spleen36 à 14:16:47 dans Obsédé textuel | Commentaires (3) |

Pour le plaisir... | 08 juillet 2009

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure

 

Guillaume Apollinaire

Publié par Spleen36 à 14:00:46 dans Obsédé textuel | Commentaires (2) |

Silhouette... | 17 mars 2009

 

Silhouette,

Vapeur évanescente aux contours acérés

Aux courbes improbables, ondoyant dans l'été

A l'image diffuse, aux couleurs délavées.

 

Silhouette,

Contre-jour en travelling sur le film de ma vie,

S'inscrivant dans le vent en brume graffiti

Imprimant ma rétine de lueur dans ma nuit.

 

Silhouette,

Faiseuse de songes équivoques, ambigus

D'envies de baisers fous jouant sur la peau nue

De sensuels arpèges, partitions impromptues.

 

Silhouette,

Musique d'escarpin, balancement de soie

Forçant l'imaginaire à esquisser déjà

Une réalité qui jamais ne sera.

 

Silhouette,

Complice du temps qui passe sans jamais s'arrêter,

Glissant sur mon destin en fausse volupté

Et s'évaporant là, en myriade de fumée.

 

Publié par Spleen36 à 16:35:47 dans Obsédé textuel | Commentaires (4) |

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Passage obligé ?


Prendre en souriant ce que me donne la Vie.

Me repaître avec gourmandise
de ces petits plaisirs quotidiens
et de ses grandes joies ponctuelles.

Côtoyer le pire et en sortir vainqueur.

Tantôt l'œil en éclat de rire,
tantôt l'âme en vague au cœur,
tantôt les mains pleines de plaisir,
tantôt le sourire ailleurs.

Bienvenue dans ce jardin
Bonne lecture

Et merci de modifier le paysage
par vos commentaires.

Et si l'envie vous vient de m'en dire plus :

Spleen36@hotmail.fr

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