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Charivari quarantenaire

Les états d'âme qu'un quadra...génère

Coq en stock | 31 mai 2006




Les querelles de clochers souvent m'ennuient
Et ce régionalisme qui partout est de mise
A travers de faux sourires, de vraies moqueries
Se pare d'une incommensurable bêtise !

Un pamphlet de Brassens à l'attention de ces porteurs de cocardes,
qui passent leur temps à se contempler le nombril sans s'ouvrir aux autres...




La balade des gens qui sont nés quelque part

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours, leurs musées, leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête, on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C'est pas un lieu commun celui de leur naissance
Ils plaignent de tout coeur les malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Mon Dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si l'on n'y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part




Publié par Spleen36 à 18:33:44 dans Obsédé textuel | Commentaires (5) |

Liberté... | 11 mai 2006



Aux confins de l'horizon et loin des servitudes,
S'affranchir sans regret des moindres habitudes...



Ô vie heureuse des bourgeois
Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle,
Ils sont fiers et contents
Ce pigeon est aimé,
Trois jours par sa pigeonne
Ça lui suffit il sait
Que l'amour n'a qu'un temps

Ce dindon a toujours
Béni sa destinée
Et quand vient le moment
De mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs
« C'est la que je suis née
Je meurs près de ma mère
Et j'ai fais mon devoir »

Elle a fait son devoir
C'est a dire que oncque
Elle n'eut de souhait
Impossible elle n'eut
Aucun rêve de lune
Aucun désir de jonque
L'emportant sans rameur
Sur un fleuve inconnu

Et tous sont ainsi fait
Vivre la même vie
Toujours pour ces gens là
Cela n'est point hideux
Ce canard n'a qu'un bec
Et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir
Ou bien d'en avoir deux

Ils n'ont aucun besoin
De baisers sur les lèvres
Et loin des songes vains
Loin des soucis cuisants
Possèdent pour tout cœur
Un viscère sans fièvre
Un coucou régulier
Et garanti dix ans

Ô les gens bien heureux
Tout à coup dans l'espace
Si haut qu'ils semblent aller
Lentement en grand vol
En forme de triangle
Arrive, plane et passe
Où vont ils? ... Qui sont-ils ?
Comme ils sont loin du sol

Regardez les passer, eux
Ce sont les sauvages
Ils vont où leur désir
Le veut par dessus monts
Et bois, et mers, et vents
Et loin des esclavages
L'air qu'ils boivent
Ferait éclater vos poumons

Regardez les avant
D'atteindre sa chimère
Plus d'un l'aile rompue
Et du sang plein les yeux
Mourra. Ces pauvres gens
Ont aussi femme et mère
Et savent les aimer
Aussi bien que vous, mieux

Pour choyer cette femme
Et nourrir cette mère
Ils pouvaient devenir
Volailles comme vous
Mais ils sont avant tout
Des fils de la Chimère
Des assoiffés d'azur
Des poètes des fous

Regardez les vieux coqs
Jeune Oie édifiante
Rien de vous ne pourra
Monter aussi haut qu'eux
Et le peu qui viendra
d'eux à vous
C'est leur fiente
Les bourgeois sont troublés
De voir passer les gueux.




paroles de Jean Richepin
musique de Georges Brassens

Publié par Spleen36 à 09:15:42 dans Obsédé textuel | Commentaires (1) |

Attention fragile | 05 mai 2006



Je laisserai le lit comme elle l'a laissé
Défait et rompu, les draps emmêlés
Afin que l'empreinte de son corps
Reste gravée dans le décor
Je resterai là, immobile
Les bras croisés, presque tranquille

Je laisserai la chambre comme elle l'a laissée
L'odeur de Camel, Gauloises mêlée
Afin que la lumière retienne
Son ombre nue dans les persiennes
Au bout du quai tombe le jour
Je reste là sentant l'Amour

Dans ce port de fêlés juste à l'envers du monde
Où d'énormes soleils me renvoyaient mes ondes
Où les normes basculent au fond des volcans sourds
Où je traînais mes bottes gaspillant ton Amour
Attention fragile
Attention fragile

Je laisserai ma peau comme elle l'a laissée
Sueur et cannelle, orange poivrée
Afin que ma mémoire revienne
Me dessiner cette Eurasienne
Cette criola de secours
Quand je titube au petit jour

Je prendrai ma vie comme elle l'a laissée
Avec un sourire en coin, un secret
Afin d'accepter la tendresse
Que j'avais refusée sans cesse
Avec l'impression d'être fort
Le sommeil, c'est presque la mort

Dans ce port de fêlés juste à l'envers du monde
Où d'énormes soleils me renvoyaient mes ondes
Où les normes basculent au fond des volcans sourds
Où je traînais mes bottes gaspillant ton Amour
Attention fragile
Attention fragile


Bernard Lavilliers

Publié par Spleen36 à 14:09:11 dans Obsédé textuel | Commentaires (5) |

La vie n'est jamais ce qu'on pense... | 04 mai 2006



Il doit être bon parfois de tout savoir...

Savoir comprendre, savoir aimer, savoir écouter, savoir aider
Savoir ne rien attendre, savoir ce qu'il convient de faire, de dire, de penser...

Pouvoir tenir les ficelles du destin au creux des mains,
Connaître celle qu'il convient de tirer au moment opportun

Regarder vers les autres pour comprendre leurs tourments
Les aiguiller vers la voie de l'apaisement

Maîtriser tous les paramètres de la vie,
Et quoi qu'il arrive n'être jamais surpris...

Mais, illusion, on ne décide finalement de rien
On ne peut que donner ce qui nous appartient
Ne pas se regarder constamment le nombril
Voir ceux qui nous entourent tourmentés ou fébriles
Et sans bruit superflu, sans tapage rageur
Leur faire un petit clin d'œil en direction du cœur....





Quand j'étais gosse, haut comme trois pommes,
Je parlais bien fort pour être un homme
Je disais, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS

C'était le début, c'était le printemps
Mais quand j'ai eu mes 18 ans
J'ai dit, JE SAIS, ça y est, cette fois JE SAIS

Et aujourd'hui, les jours où je me retourne
Je regarde la terre où j'ai quand même fait les 100 pas
Et je ne sais toujours pas comment elle tourne !

Vers 25 ans, je savais tout : l'Amour, les roses, la vie, les sous
Tiens oui l'Amour ! J'en avais fait tout le tour !

Et heureusement, comme les copains, j'avais pas mangé tout mon pain :
Au milieu de ma vie, j'ai encore appris.
Ce que j'ai appris, ça tient en trois, quatre mots :

« Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau,
je peux pas mieux dire, il fait très beau ! »

C'est encore ce qui m'étonne dans la vie,
Moi qui suis à l'automne de ma vie
On oublie tant de soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse !

Toute ma jeunesse, j'ai voulu dire JE SAIS
Seulement, plus je cherchais, et puis moins je savais

Il y a 60 coups qui ont sonné à l'horloge
Je suis encore à ma fenêtre, je regarde, et je m'interroge ?

Maintenant JE SAIS,
JE SAIS QU'ON NE SAIT JAMAIS !

La vie, l'Amour, l'argent, les amis et les roses
On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses
C'est tout ce que je sais ! Mais ça, je le SAIS... !

Paroles de Jean-Lou Dabadie





Publié par Spleen36 à 08:59:21 dans Obsédé textuel | Commentaires (4) |

Envol et crash | 21 avril 2006



Aujourd'hui, j'ai un peu de vague à l'âme (mais ça ne va pas durer)
et l'envie de vous faire partager ce texte sublime de Jacques Brel...

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
La pluie les a soudés
Semble-t-il l'un à l'autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire: « je t'aime »
Elle doit lui dire: « je t'aime »
Je crois qu'ils sont en train
De ne rien se promettre
C'est deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et brusquement il pleure
Il pleure à gros bouillons
Tout entourés qu'ils sont
D'adipeux en sueur
Et de bouffeurs d'espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L'exploit de les juger

La vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de Dieu !
C'est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et maintenant ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l'heure c'était lui
Lorsque je disais « il »
Tout encastrés qu'ils sont
Ils n'entendent plus rien
Que les sanglots de l'autre
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment lentement ces deux corps
Se séparent et en se séparant
Ces deux corps se déchirent
Et je vous jure qu'ils crient

Et puis ils se reprennent
Redeviennent un seul
Redeviennent le feu
Et puis se redéchirent
Se tiennent par les yeux
Et puis en reculant
Comme la mer se retire
Ils consomment l'adieu
Il bave quelques mots
Agite une vague main
Et brusquement il fuit
Fuit sans se retourner
Et puis il disparaît
Bouffé par l'escalier

La vie ne fait pas de cadeau !
Et nom de Dieu !
C'est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et puis il disparaît
Bouffé par l'escalier
Et elle, elle reste là
Cœur en croix bouche ouverte
Sans un cri sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser
Voilà qu'elle se retourne
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu'à terre
Ça y est elle a mille ans
La porte est refermée
La voilà sans lumière
Elle tourne sur elle-même
Et déjà elle sait
Qu'elle tournera toujours
Elle a perdu des hommes
Mais là elle perd l'amour
L'amour le lui a dit
Revoilà l'inutile
Elle vivra de projets
Qui ne feront qu'attendre
La revoilà fragile
Avant que d'être à vendre

Je suis là je le suis
Je n'ose rien pour elle
Que la foule grignote
Comme un quelconque fruit


Publié par Spleen36 à 09:20:12 dans Obsédé textuel | Commentaires (15) |

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Passage obligé ?


Prendre en souriant ce que me donne la Vie.

Me repaître avec gourmandise
de ces petits plaisirs quotidiens
et de ses grandes joies ponctuelles.

Côtoyer le pire et en sortir vainqueur.

Tantôt l'œil en éclat de rire,
tantôt l'âme en vague au cœur,
tantôt les mains pleines de plaisir,
tantôt le sourire ailleurs.

Bienvenue dans ce jardin
Bonne lecture

Et merci de modifier le paysage
par vos commentaires.

Et si l'envie vous vient de m'en dire plus :

Spleen36@hotmail.fr

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