Hier encore
J'avais vingt ans
Je caressais le temps
Et jouais de la vie
Comme on joue de l'amour
Et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours
Qui fuyaient dans le temps
J'ai fait tant de projets
Qui sont restés en l'air
J'ai fondé tant d'espoirs
Qui se sont envolés
Que je reste perdu
Ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel
Mais le cœur mis en terre
Hier encore
J'avais vingt ans
Je gaspillais le temps
En croyant l'arrêter
Et pour le retenir
Même le devancer
Je n'ai fait que courir
Et me suis essoufflé
Ignorant le passé
Conjuguant au futur
Je précédais de « moi »
Toute conversation
Et donnais mon avis
Que je voulais le bon
Pour critiquer le monde
Avec désinvolture
Hier encore
J'avais vingt ans
Mais j'ai perdu mon temps
A faire des folies
Qui ne me laissent au fond
Rien de vraiment précis
Que quelques rides au front
Et la peur de l'ennui
Car mes amours sont mortes
Avant que d'exister
Mes amis sont partis
Et ne reviendront pas
Par ma faute j'ai fait
Le vide autour de moi
Et j'ai gâché ma vie
Et mes jeunes années
Du meilleur et du pire
En jetant le meilleur
J'ai figé mes sourires
Et j'ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent
A présent mes vingt ans?
Parce que des souvenirs se rappellent soudain à vous,
et que la nostalgie s'invite dans vos nuits...
Publié par Spleen36 à 07:24:04 dans Obsédé textuel | Commentaires (2) | Permaliens
Ma tentation de Venise
Connaîtra les mots qui me grisent
Lorsque la nuit improvise
Des intimités lascives.
Nous irons habiter ensemble
Dans des châteaux en Espagne,
Même si je sais que mes mains tremblent
D'écrire son nom sur le sable.
Elle saura la langue des Elfes,
Aura la peau de porcelaine
Et des danseuses de Delphes
Elle sera la souveraine.
Elle me fera partager
De l'Olympe les secrets,
Me dira les chansons des fées
Qui consolent les âmes brisées.
Elle s'habillera d'arcs-en-ciel,
A trop vouloir la regarder
Même le puissant roi Soleil
Refusera d'aller se coucher.
En posant sa main sur mon front
Comme la rosée sur une fleur,
Elle connaîtra mes émotions
En prise directe sur mon cœur.
Au gré des aurores boréales,
Nous nous promènerons de concert
Sur la grande piste aux étoiles
Du cirque de l'Univers.
Ma tentation de Venise
Aura les lèvres au goût cerise
Attisant la convoitise
De mes baisers gourmandises.
Mais fi des châteaux en Espagne
Elle habite les nuages
Éphémères des rivages
De mon pays de Cocagne.
Publié par Spleen36 à 14:43:18 dans Obsédé textuel | Commentaires (1) | Permaliens
M'enivrer de ton corps jusqu'à en tituber,
Valser dans le décor pour mieux t'y culbuter,
Pour te donner encore d'érotiques baisers
Qui t'amènent juste au bord de la félicité.
M'abreuver au goulot de ta source divine,
Y murmurer les mots que tu cherches et devines,
Tes yeux déjà sont clos et ma langue est féline,
La liqueur d'abricot est mon nectar ultime.
Aller de verres en vers, pour contenter Vénus,
Sans pour autant déplaire à l'illustre Bacchus,
Tes courbes me conduisent jusqu'à l'intempérance
De caresses exquises en orgasmes intenses.
Au creux de ton calice, je veux m'abandonner
A l'ivresse complice de nos corps survoltés
Aux foudres du plaisir, béates voluptés,
Qui font de ces instants une grande cuvée.
Mais si je dis que tu me saoules...
Publié par Spleen36 à 17:07:46 dans Obsédé textuel | Commentaires (2) | Permaliens
Pourquoi veulent-ils graver leurs noms dans les étoiles,
En écrasant les autres d'égoïsme orgueilleux,
Fiers, hautains, méprisants, le cœur impénétrable
Insensibles et sans âmes, pourvu qu'on parle d'eux !
Dénués de sentiments, mots d'amour illusoires,
Débitant leurs discours, mais sans jamais y croire,
Ils donnent à penser à de belles histoires,
Mais n'aiment rien vraiment que l'image du miroir.
Ils se servent de toi, ils se servent de lui
Manipulant dans l'ombre avec pour seul dessein
De briller un peu plus dans le cœur de leurs nuits
Éphémères paillettes dans le cours du Destin.
Ils bruissent et fanfaronnent, martelant à l'envie
Que sans eux, c'est couru, la Terre s'arrêterait,
Que les autres ne sont que de bénins ennuis
Dont ils se débarrassent d'un air un peu distrait.
Plus dure sera la chute quand ils s'apercevront
Qu'ils se retrouvent seuls au but du firmament
Sans soutien, sans amis, sans Amour, sans pardon,
Sans ce qui fait la vie humble des pauvres gens.
Le bonheur n'est pas dans le regard des autres,
mais dans la simplicité de son propre cœur...
Publié par Spleen36 à 14:24:18 dans Obsédé textuel | Commentaires (0) | Permaliens
Évanescente comme une flamme,
Tu es l'essence même de la femme
Dont mes rêves ont fait le portrait
Au fil de mes jours esseulés.
Corps souple au mille et un tourments,
Non dénué de sentiments,
Tu joues de mon cœur, de mon corps
En élégante matador.
Tu virevoltes et tu m'estoques
Sans même me laisser, réciproque,
M'attentionner de caressance
A t'en faire chavirer les sens.
Sans répit, en douces tortures,
Je suis la proie que tu captures
Dans tes filets d'amour tissés
De fils de soie, de voluptés.
Belle et sensuelle odalisque,
C'est l'infarctus que je risque
Sous l'abondance de tes baisers
Mais ai-je l'air de m'en soucier ?
Que m'importe si je dois mourir
En avalanche de plaisir
Qu'aurai-je alors à regretter ?
Hormis ne pas recommencer...
Publié par Spleen36 à 14:24:56 dans Obsédé textuel | Commentaires (4) | Permaliens
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